Étiquette : Le meilleur des mondes
Retour au meilleur des mondes par Aldous Huxley

Fiche de Retour au meilleur des mondes
Titre : Retour au meilleur des mondes
Auteur : Aldous Huxley
Date de parution : 1958
Traduction : D. Meunier
Editeur : Plon
Première page de Retour au meilleur des mondes
« En 1931, alors que j’écrivais Le Meilleur des Mondes, j’étais convaincu que le temps ne pressait pas encore. La société intégralement organisée, le système scientifique des castes, l’abolition du libre arbitre par conditionnement méthodique, la servitude rendue tolérable par des doses régulières de bonheur chimiquement provoqué, les dogmes orthodoxes enfoncés dans les cervelles pendant le sommeil au moyen des cours de nuit, tout cela approchait, se réaliserait bien sûr, mais ni de mon vivant ni même du vivant de mes petits-enfants. J’ai oublié la date exacte des événements rapportés dans ma fable, mais c’était vers le sixième ou septième siècle après F. (après Ford). Nous qui vivions dans le deuxième quart du vingtième siècle après J.-C., nous habitions un univers assez macabre certes, mais enfin le cauchemar de ces années de dépression était radicalement différent de celui, tout futur, décrit dans mon roman. Notre monde était torturé par l’anarchie, le leur, au septième siècle après F., par un excès d’ordre. Le passage de cet extrême à l’autre demanderait du temps, beaucoup de temps à ce que je croyais, ce qui permettrait à un tiers privilégié de la race humaine de tirer le meilleur parti des deux systèmes : celui du libéralisme désordonné et celui du meilleur des mondes, beaucoup trop ordonné, dans lequel l’efficacité parfaite ne laissait place ni à la liberté ni à l’initiative personnelle. »
Extrait de : A. Huxley. « Retour au meilleur des mondes. »
Le meilleur des mondes – Aldous Huxley

Fiche de Le meilleur des mondes
Titre : Le meilleur des mondes
Auteur : Aldous Huxley
Date de parution : 1932
Traduction : J. Kamoun
Editeur : Plon
Première page de Le meilleur des mondes
« Un immeuble gris massif, de trente-quatre étages seulement, avec au-dessus de l’entrée principale les mots CENTRE D’INCUBATION ET DE CONDITIONNEMENT CENTRAL DE LONDRES, et, dans un écu, la devise de l’État mondial, COMMUNAUTÉ, IDENTITÉ, STABILITÉ.
L’immense salle du rez-de-chaussée donnait au nord. Froide malgré l’été derrière les vitres et la chaleur tropicale entre les murs, une lame de lumière venue des fenêtres cherchait avidement un modèle anatomique sous sa housse, la silhouette blême d’un universitaire frigorifié, et ne rencontrait que le verre, le nickel et la porcelaine à l’éclat glacial d’un laboratoire. À l’hivernal répondait l’hivernal. Les blouses des employés étaient blanches, leurs mains gantées d’un caoutchouc cadavérique. La lumière était gelée, morte, fantôme.
Seuls les tubes jaunes astiqués des microscopes lui renvoyaient une substance riche et vivante tel du beurre, en coulées alléchantes, d’une paillasse à l’autre jusqu’au fond de la salle. »
Extrait de : A. Huxley. « Le meilleur des mondes [Nvlle trad. de Josée Kamoun]. »
Le meilleur des mondes par Aldous Huxley

Fiche de Le meilleur des mondes
Titre : Le meilleur des mondes
Auteur : Aldous Huxley
Date de parution : 1932
Traduction : J. Castier
Editeur : Plon
Première page de Le meilleur des mondes
« Un bâtiment gris et trapu de trente-quatre étages seulement. Au-dessus de l’entrée principale, les mots : CENTRE D’INCUBATION ET DE CONDITIONNEMENT DE LONDRES-CENTRAL, et, dans un écusson, la devise de l’État mondial : COMMUNAUTÉ, IDENTITÉ, STABILITÉ.
L’énorme pièce du rez-de-chaussée était exposée au nord. En dépit de l’été qui régnait au-delà des vitres, en dépit de toute la chaleur tropicale de la pièce elle-même, ce n’étaient que de maigres rayons d’une lumière crue et froide qui se déversaient par les fenêtres. Les blouses des travailleurs étaient blanches, leurs mains, gantées de caoutchouc pâle, de teinte cadavérique. La lumière était gelée, morte, fantomatique. Ce n’est qu’aux cylindres jaunes des microscopes qu’elle empruntait un peu de substance riche et vivante, étendue le long des tubes comme du beurre.
— Et ceci, dit le Directeur, ouvrant la porte, c’est la Salle de Fécondation.
Au moment où le Directeur de l’Incubation et du Conditionnement entra dans la pièce, trois cents Fécondateurs, penchés sur leurs instruments, étaient plongés dans ce silence où l’on ose à peine respirer, dans ce chantonnement ou ce sifflotement inconscient, par quoi se traduit la concentration la plus profonde. »
Extrait de : A. Huxley. « Le meilleur des mondes. »