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L’éminence grise par Aldous Huxley

Fiche de L’éminence grise

Titre : L’éminence grise
Auteur : Aldous Huxley
Date de parution : 1941
Traduction : J. Castier
Editeur : Les belles lettres

Première page de L’éminence grise

« Le moine avait retroussé son froc, et ses jambes nues étaient crottées jusqu’aux genoux. Après les pluies du printemps, la route ressemblait à un marécage. Elle avait été semblable à un four à chaux, songeait-il, la dernière fois qu’il était passé par là. Il se rappela le poème qu’il avait écrit lors d’un autre de ses voyages :

Quand, au plus haut du jour, l’ardente canicule
Fait de l’air un fourneau,
Des climats basanés mon pied franc ne recule,
Quoy que je coule en eau.


Cet été de 1618, lorsqu’ils s’étaient, tous les trois, mis en route pour l’Espagne ! Le pauvre Frère Zénon de Guingamp était mort d’une insolation à Toulouse. Et, huit jours plus tard, près de Burgos, le Père Romanus avait été terrassé par la dysenterie. En trois jours, tout avait été fini. Il était arrivé à Madrid en boitillant, et tout seul… Et c’est tout seul, à présent, qu’il arriverait en boitillant à Rome. Car il avait dû laisser le Père Ange derrière lui, chez les Capucins de Viterbe, en proie à une fièvre qui l’empêchait de faire un pas de plus. Puisse Dieu le rétablir bientôt en bonne santé ! »

Extrait de : A. Huxley. « L’Éminence Grise. »