Étiquette : Léourier
Je vous ai donné toute l’herbe par Christian Léourier

Fiche de Je vous ai donné toute l’herbe
Titre : Je vous ai donné toute l’herbe
Auteur : Christian Léourier
Date de parution : 2022
Editeur : Bélial
Première page de Je vous ai donné toute l’herbe
« Même sans le secours du traceur individuel de Dan, l’unité n’aurait éprouvé aucune difficulté à le localiser. Elle le trouva sans surprise le dos calé contre un rocher enluminé par le lichen, les pieds appuyés sur deux pierres émergeant de la mousse, face à la désolation ocre de l’Extérieur. Il ne bougeait pas. On aurait pu croire qu’il dormait pour se reposer de la longue marche qui l’avait mené jusqu’ici. Ce n’était pas le cas : ses yeux demeuraient grands ouverts. Sans doute, le regard perdu dans le vague, ruminait-il une de ses innombrables questions. Depuis sa plus tendre enfance, Dan avait un don pour les spéculations qu’il ne savait pas résoudre. De ce point de vue, l’adolescence n’avait rien arrangé, au contraire.
Pour atteindre les Confins en partant de la Structure, il avait traversé tour à tour le Jardin, puis la futaie, la savane, la prairie et enfin l’épais tapis de mousse verte qui, ceinturant la Zone, constituait l’avant-garde de la conquête. »
Extrait de : C. Léourier. « Je vous ai donné toute herbe. »
Jarvis – l’intégrale par Christian Léourier

Fiche de Jarvis – l’intégrale
Titre : Jarvis – l’intégrale
Auteur : Christian Léourier
Date de parution : 2021
Editeur : Editions Critic
Sommaire de Jarvis – l’intégrale
- Le messager de la grande île
- Le paradis des hommes perdus
- L’envoyé du quatrième règne
- Les rebelles de la soif
- La cité des hauts remparts
- L’astéroïde noir
- Les chemins d’espérance
Première page de Le messager de la grande île
« Le vent et la pluie sont entrés avec l’étrangère. Loïc l’a aidée à repousser la porte. Elle a remercié d’un signe de tête, jeté un regard approbateur sur le poêle fumant et gagné d’un pas hésitant la table que Joël avait cessé d’essuyer à son arrivée.
Après un moment de flottement, les hommes reprirent leurs activités pour ne pas montrer quelle curiosité elle leur inspirait. Mais, par-dessus leurs cartes crasseuses, ils l’observaient à la dérobée.
Le caban de rude tissu, alourdi de pluie, semblait trop pesant pour ses épaules étroites. Cependant, ses traits volontaires contrastaient avec l’apparente fragilité de sa stature. Les plus jeunes échangeaient des clins d’œil. Le vieux Parson lança une remarque au garçon qui lui faisait face, mais une gifle de pluie plaquée par une bourrasque sur les vitres couvrit sa voix. »
Extrait de : C. Léourier. « Jarvis – l’intégrale. »
Helstrid par Christian Léourier

Fiche de Helstrid
Titre : Helstrid
Auteur : Christian Léourier
Date de parution : 2019
Editeur : Bélial
Première page de Helstrid
« Parfois, Vic s’interrogeait : pourquoi diable avait-il échoué sur Helstrid ? Il reconnaissait sans vergogne avoir, comme tous les volontaires qui s’y étiolaient, succombé à l’appât du gain: cinq années d’activité sur la base, temps terrestre, permettait d’engranger plus qu’il aurait touché dans une vie sur la Terre, à supposer qu’il ait déniché un emploi un tant soit peu durable. Il lui arrivait aussi de s’inventer des mobiles plus nobles : la curiosité, l’appel de l’aventure, l’exaltant sentiment d’appartenir à l’élite qui participait à l’expansion de l’espèce humaine, en somme tout ce ronflant galimatias qui nourrit les campagnes de recrute-ment et les discours
officiels, ce vernis si chatoyant qu’on finissait par y souscrire en toute bonne foi à défaut de lucidité. »
Extrait de : C. Léourier. « Helstrid. »
Dur silence de la neige par Christian Léourier

Fiche de Dur silence de la neige
Titre : Dur silence de la neige
Auteur : Christian Léourier
Date de parution : 2016
Editeur : Les moutons électriques
Première page de Dur silence de la neige
« Ce matin, la neige a cessé de tomber. L’homme s’est arrêté sur le seuil. Il a humé un ciel net, sans nuages, cloué par un soleil aussi blanc qu’un galet. Les gens d’ici le savent, une telle lumière annonce plusieurs jours de grand beau. L’homme, lui, n’est pas sûr : l’hiver ne lui est pas familier. C’est au printemps qu’il est venu, à peine avait-on semé l’orge et réparé les chemins. Il a dit s’appeler Mazé, puis il a demandé si l’on avait vu passer un gros sanglier. Non, ni gros ni petit : ces bêtes-là ne montent jamais jusqu’au Chambon. Le voyageur s’est tourné vers le bois noir. Il plissait les paupières, comme si, malgré la distance, il pouvait en pénétrer le mystère. Pas de sanglier, lui a-t-on répété, jamais par ici. Mais lui secouait la tête. Le cochon se cachait sur ces pentes, pas moyen de l’en dissuader. Ce regard qu’il avait ! Sec, fiévreux. On commençait à s’en inquiéter, quand le Finhaut à la Miette est arrivé. »
Extrait de : C. Léourier. « Dur silence de la neige. »
La terre de promesse par Christian Léourier

Fiche de La terre de promesse
Titre : La terre de promesse (Tome 7 sur 7 – Le cycle de Lanmeur)
Auteur : Christian Léourier
Date de parution : 1994
Editeur : J’ai lu
Première page de La terre de promesse
« Depuis quatre mille ans, il tombait dans l’abîme… Le P.R.M.T. glissait dans le vide. Loin derrière lui poudroyait une galaxie. Loin devant, une autre s’étirait. Tous les vingt ans, l’astronef heurtait un grain de poussière. L’énergie dispersée par la collision, si infime fût-elle, constituait la catastrophe la plus importante que cette région de l’espace eût connue depuis l’origine. L’équilibre de l’univers s’en trouvait modifié.
Encore cet événement ne comptait-il pour rien au regard de ce que le vaisseau portait dans ses flancs. »
Extrait de : C. Léourier. « La terre de promesse – Le cycle de Lanmeur. »
Les masques du réel par Christian Léourier

Fiche de Les masques du réel
Titre : Les masques du réel (Tome 6 sur 7 – Le cycle de Lanmeur)
Auteur : Christian Léourier
Date de parution : 1991
Editeur : J’ai lu
Première page de Les masques du réel
« Le palais était ancien. On ne pouvait croire à la légende qui le faisait remonter à l’ère anté-privalienne ; toutefois son enceinte renfermait les plus vieux monuments de la planète. Deux règnes auparavant, Enid, cent vingt-quatrième Thoréide, avait fait raser toute trace d’architecture moderne. Répondant à un de ces mouvements d’humeur auxquels la prédisposait sa nature emportée, elle entendait ainsi démontrer que les souveraines thoréides, définitivement supplantées par l’aréopage statistique, étaient désormais des figures surannées. Cet état de fait, bien sûr, la désolait ; mais ses annalistes lui avaient démontré qu’il est des courants qu’on ne peut remonter, voire qu’il serait hasardeux de chercher à briser. Elle se plia. Toutefois, puisque l’histoire la reléguait au rang d’une pièce de musée, au moins entendait-elle montrer qu’elle n’était pas sa dupe. »
Extrait de : C. Léourier. « Les masques du réel – Le cycle de Lanmeur. »
La loi du monde par Christian Léourier

Fiche de La loi du monde
Titre : La loi du monde (Tome 5 sur 7 – Le cycle de Lanmeur)
Auteur : Christian Léourier
Date de parution : 1990
Editeur : J’ai lu
Première page de La loi du monde
« C’est un pays d’ocre et de grisaille. L’herbe y est drue, mais blanche ; le vent la couchant y dessine des moires. L’hiver, la neige émousse l’arête des rochers fendus par le gel. L’été, les orages emportent la terre que la chaleur effrite.
Chez les hommes des plaines, le premier gradin de l’escalier titanesque qui monte à l’assaut de la chaîne perdue là-bas, dans les brumes du nord, passe pour le moins rude. Cela ne signifie pas qu’il soit hospitalier.
Ce n’est pas tout à fait un désert. Des épineux s’accrochent de toute la force de leurs racines noueuses à un sol poudreux. Des oiseaux attendent, saisis de torpeur, que mûrissent les baies rouges du gleis dont ils s’enivrent. »
Extrait de : C. Léourier. « La loi du monde – Le cycle de Lanmeur. »
Les racines de l’oubli par Christian Léourier

Fiche de Les racines de l’oubli
Titre : Les racines de l’oubli (Tome 4 sur 7 – Le cycle de Lanmeur)
Auteur : Christian Léourier
Date de parution : 1988
Editeur : J’ai lu
Première page de Les racines de l’oubli
« Quand je regarde en arrière, je ne peux me défendre d’un sentiment de surprise, qui confine au malaise. Quoi ? Tant d’années ont passé ? Il est donc bien vrai que je suis un vieillard ? Je parle d’un monde heureusement révolu, aussi mort que les cités enfouies sous la forêt. Pourtant, il me semble que c’était hier. Que c’est aujourd’hui. Peut-être parce que je recule chaque soir l’heure du sommeil, de crainte que mon cauchemar ne me projette à nouveau dans la peau d’un forçat. Et la peur n’y fait rien. Je m’éveille la nuit en criant, le front ruisselant ; malgré la lumière en permanence allumée, je mets plusieurs secondes à comprendre où je suis. Je vois les tentures, le plafond. »
Extrait de : C. Léourier. « Les racines de l’oubli – Le cycle de Lanmeur. »
Mille fois mille fleuves… par Christian Léourier

Fiche de Mille fois mille fleuves…
Titre : Mille fois mille fleuves… (Tome 3 sur 7 – Le cycle de Lanmeur)
Auteur : Christian Léourier
Date de parution : 1987
Editeur : J’ai lu
Première page de Mille fois mille fleuves…
« L’homme qui revient après deux ans d’absence a mûri. Ses traits se sont affermis. Je me rappelais avec précision la chaleur de ses yeux. Mais pas la blondeur de ses boucles. Il a laissé pousser ses cheveux. Ils tombent sur ses épaules ; une lanière de cuir les retient sur son front. Il parle haut, et rit trop fort. Il ne ressemble plus au jeune homme un peu gauche de mes souvenirs. Je ne sais pas si je dois m’en réjouir.
Dans ses bagages, il y avait des cadeaux pour les enfants. Et aussi un bracelet de jais. Il l’avait rapporté pour moi, j’en jurerais. Mais son regard s’est posé sur Brenn. Quand il a quitté le village, elle avait douze ans. Tout d’abord, il ne l’a pas reconnue. Dans sa mémoire, elle était une gamine osseuse, un peu braillarde. Elle a bien changé. De ces changements qui attirent le regard des hommes. Et il lui a donné le bracelet. »
Extrait de : C. Léourier. « Mille fois mille fleuves… – Le cycle de Lanmeur. »
L’homme qui tua l’hiver par Christian Léourier

Fiche de L’homme qui tua l’hiver
Titre : L’homme qui tua l’hiver (Tome 2 sur 7 – Le cycle de Lanmeur)
Auteur : Christian Léourier
Date de parution : 1986
Editeur : J’ai lu
Première page de L’homme qui tua l’hiver
« Fort et puissant était le dieu Bléoc, le dieu du feu. Il parut ; devant son front flamboyant, Héloc connut la peur et s’enfuit.
Alors Nédim aima Bléoc. Elle lui donna de nombreux enfants car fécond est son flanc. Et de tous ses enfants l’homme est le préféré.
Mais se sachant tout-puissant, Bléoc crût en arrogance. Il prit ombrage de l’amour que Nédim portait à sa progéniture, et se mit en devoir de dévorer ses propres enfants.
Or, un homme, un fils d’Héloc, le défia, le combattit, le blessa. Les forces de Bléoc déclinèrent. Des profondeurs surgit la longue plainte d’Héloc. Nédim eut pitié. Elle rappela près d’elle son premier époux, et, à nouveau, s’ouvrit à sa semence.
Las, Héloc redevint le dieu cruel d’autrefois. Dans un puits creusé au fond du ciel, il enchaîna son rival affaibli. Son épouse, notre mère, il la couvrit d’une chape de glace pour que ses flancs ne s’alourdissent plus. »
Extrait de : C. Léourier. « L’homme qui tua l’hiver – Le cycle de Lanmeur. »