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La philosophie éternelle par Aldous Huxley

Fiche de La philosophie éternelle

Titre : La philosophie éternelle
Auteur : Aldous Huxley
Date de parution : 1945
Traduction : J. Castier
Editeur : Les belles lettres

Première page de La philosophie éternelle

« Dans l’étude de la Philosophia Perennis, on peut commencer soit par le bas, par la pratique et la morale ; soit par le haut, par la considération des vérités métaphysiques ; soit enfin par le milieu, au point focal où l’esprit et la matière, l’action et la pensée ont leur lieu de rencontre dans la psychologie humaine.

La porte inférieure est celle que préfèrent les maîtres strictement pratiques — les hommes qui, tel Gautama Bouddha, n’ont pas l’emploi de la spéculation, et dont le but primordial est d’éteindre, au cœur des hommes, les feux hideux de la convoitise, du ressentiment et de l’aveuglement. Par la porte supérieure passent ceux dont la vocation est de penser et de spéculer — les philosophes et les théologiens-nés. La porte intermédiaire donne l’accès aux interprètes de ce qu’on a appelé la « religion spiritualiste », — aux contemplatifs dévots de l’Inde, aux soufis de l’Islam, aux mystiques catholiques de la fin du Moyen Âge, et, dans la tradition protestante, à des hommes tels que Denk, Franck et Castellion, qu’Everard et John Smith, que les premiers Quakers et William Law. »

Extrait de : A. Huxley. « La Philosophie éternelle. »

La fin et les moyens par Aldous Huxley

Fiche de La fin et les moyens

Titre : La fin et les moyens
Auteur : Aldous Huxley
Date de parution : 1937
Traduction : J. Castier
Editeur : Les belles lettres

Première page de La fin et les moyens

« Pour ce qui est du but idéal de l’effort humain, on est d’accord dans notre civilisation, et l’on a été d’accord depuis près de trente siècles, sur les grandes lignes. Depuis Isaïe jusqu’à Karl Marx, les prophètes ont parlé d’une seule voix. Dans l’Âge d’Or auquel ils aspirent, il y aura la liberté, la paix, la justice et l’amour fraternel. « Aucune nation n’élèvera plus l’épée contre une autre nation » ; « le libre développement de chacun conduira au libre développement de tous » ; « la terre sera pleine de la connaissance du Seigneur, comme les flots recouvrent la mer. »

Pour ce qui est du but, je le répète, on est d’accord, et on l’a été depuis longtemps, sur les grandes lignes. Il n’en est pas de même en ce qui concerne les voies qui mènent à ce but. Ici, l’unanimité et la certitude cèdent la place à la confusion totale, au choc des opinions contradictoires, que l’on soutient dogmatiquement et suivant lesquelles on agit avec la violence du fanatisme.

Il en est qui croient — et c’est là une croyance fort répandue à l’époque présente — que le chemin royal vers un monde meilleur est le chemin de la réforme économique. »

Extrait de : A. Huxley. « La Fin et les Moyens. »

L’éminence grise par Aldous Huxley

Fiche de L’éminence grise

Titre : L’éminence grise
Auteur : Aldous Huxley
Date de parution : 1941
Traduction : J. Castier
Editeur : Les belles lettres

Première page de L’éminence grise

« Le moine avait retroussé son froc, et ses jambes nues étaient crottées jusqu’aux genoux. Après les pluies du printemps, la route ressemblait à un marécage. Elle avait été semblable à un four à chaux, songeait-il, la dernière fois qu’il était passé par là. Il se rappela le poème qu’il avait écrit lors d’un autre de ses voyages :

Quand, au plus haut du jour, l’ardente canicule
Fait de l’air un fourneau,
Des climats basanés mon pied franc ne recule,
Quoy que je coule en eau.


Cet été de 1618, lorsqu’ils s’étaient, tous les trois, mis en route pour l’Espagne ! Le pauvre Frère Zénon de Guingamp était mort d’une insolation à Toulouse. Et, huit jours plus tard, près de Burgos, le Père Romanus avait été terrassé par la dysenterie. En trois jours, tout avait été fini. Il était arrivé à Madrid en boitillant, et tout seul… Et c’est tout seul, à présent, qu’il arriverait en boitillant à Rome. Car il avait dû laisser le Père Ange derrière lui, chez les Capucins de Viterbe, en proie à une fièvre qui l’empêchait de faire un pas de plus. Puisse Dieu le rétablir bientôt en bonne santé ! »

Extrait de : A. Huxley. « L’Éminence Grise. »

Pleure, ô cher pays ! par J.-P. Andrevon

Fiche de Pleure, ô cher pays !

Titre : Pleure, ô cher pays !
Auteur : J.-P. Andrevon
Date de parution : 1999
Editeur : Les belles lettres

Première page de Pleure, ô cher pays !

« Mel Capuron hurla « Pas moi ! » et se réveilla. Ou alors il s’était réveillé d’abord pour hurler après, va savoir.

Ensuite il décolla ses paupières et demeura un moment les yeux grands ouverts et la bouche pareille, à regarder droit devant lui. Comme il était couché, droit devant lui, ça voulait dire au-dessus. Et au-dessus de lui il n’y avait rien de spécial, seulement ce qui tenait lieu de plafond à la ruine où il avait dormi, des continents de plastique qui se barraient par plaques, des câbles qui pendaient misérablement, des bâches lourdes du reliquat des pluies printanières, des traverses pourries qui tenaient grâce au seul travail d’entoilage des araignées innombrables, tout un univers plafonnier passionnant et fragile confondu dans une »

Extrait de : J.-P. Andrevon. « Pleure, ô cher pays !. »

Le petit garçon qui voulait être mort par J.-P. Andrevon

Fiche de Le petit garçon qui voulait être mort

Titre : Le petit garçon qui voulait être mort
Auteur : J.-P. Andrevon
Date de parution : 1999
Editeur : Les belles lettres

Sommaire de Le petit garçon qui voulait être mort

  • Le petit garçon qui voulait être mort
  • Regarde-le
  • Et si nous allions danser ?
  • Demain, je vais pousser
  • Mort aux vieux !
  • Qu’est-ce qui va encore arriver ?
  • Condamné
  • Une erreur au centre

Première page de Le petit garçon qui voulait être mort

« La dernière fois que le petit garçon vit sa grand-mère, il la vit morte.

Sa maman l’avait emmené, et son père. Son père lui avait dit : « Il faudra être sage, il ne faudra pas faire de bruit, il ne faudra pas la toucher. Elle dort, tu comprends ? »

Sa maman avait haussé les épaules, elle avait fait avec sa bouche ce bruit que le petit garçon n’aimait pas, elle avait regardé son mari avec ses yeux de colère. Elle avait dit : « Tu es stupide de lui parler ainsi. »

Le petit garçon n’avait pas compris pourquoi sa maman avait prétendu que son père était stupide. Mamie était couchée dans le grand lit à couverture violette et c’était vrai, elle dormait. Dans la chambre, où se trouvaient plusieurs personnes inconnues, flottait une odeur bizarre, un peu écœurante. Il sut plus tard que c’était de l’encens. »

Extrait de : J.-P. Andrevon. « Le Petit Garçon qui voulait être mort. »

Schnock corridor par F. Brown

Fiche de Schnock corridor

Titre : Schnock corridor
Auteur : F. Brown
Date de parution : 1998
Traduction : G. de Chergé
Editeur : Les belles lettres

Sommaire de Schnock corridor

  • Schnock corridor
  • Chat, alors !
  • Du sang de dragon
  • Impromptu pour flûte et mitraillette
  • L’oiseau moqueur
  • Le chat du Siam

Première page de Schnock corridor

« Je posai le journal.

— Ah, quand même ! dit Kit. Pas trop tôt !

Je me levai.

— Tu as raison, ma chérie. Il est temps.

Ses grands yeux sombres s’agrandirent et s’assombrirent encore plus.

— Que veux-tu dire, Eddie ? Si j’ai fait cette réflexion, c’est simplement parce que tu es plongé dans ce fichu journal depuis des heures.

Je jetai un coup d’œil sur la pendule.

— Onze minutes exactement, rectifiai-je.

Je me rassis et lui fis signe de venir sur mes genoux. Elle obtempéra et je sentis ma résolution faiblir.

— Cette lune de miel est bien agréable, lui dis-je, mais ne perdons pas de vue que j’ai un métier. Je pensais que tu étais au courant.

— Tu as une nouvelle enquête en vue ?

— Non, toujours la même affaire. Paul Verne.

— Paul Verne ? Qui est-ce ? »

Extrait de : F. Brown. « Schnock Corridor. »

La guerre et l’avenir par H. G. Wells

Fiche de La guerre et l’avenir

Titre : La guerre et l’avenir
Auteur : H. G. Wells
Date de parution : 2016
Traduction : C. George-Bazile
Editeur : Les belles lettres

Première page de La guerre et l’avenir

« Une des particularités mineures de cette guerre sans précédent, c’est le Tour du Front. Après quelques mois de suppression d’information – pendant lesquels on découragea le correspondant de guerre jusqu’au point de l’éliminer – on découvrit des deux côtés que cette guerre était une lutte dans laquelle l’opinion jouait un rôle plus grand et plus important qu’elle ne l’avait jamais fait auparavant. Cette vivace herbe sauvage fut peut-être d’une importance décisive ; les Allemands, en tout cas, essayèrent d’en faire une fleur cultivée. Il y eut l’opinion fleurissant à l’intérieur, alimentée vigoureusement par la rumeur publique, l’opinion dans les pays neutres, l’opinion dans les pays ennemis, l’opinion se développant en une grande confusion de malentendus et de dissentiments entre les Alliés. La  »

Extrait de : H. G. Wells. « La Guerre et l’Avenir. »