Étiquette : Les chroniques de Thomas Covenant

 

Le pouvoir de l’or blanc par Stephen R. Donaldson

Fiche de Le pouvoir de l’or blanc

Titre : Le pouvoir de l’or blanc (Tome 6 sur 6 – Les chroniques de Thomas Covenant)
Auteur : Stephen R. Donaldson
Traduction : I. Troin
Date de parution : 1983
Editeur : Le pré aux clercs

Première page de Le pouvoir de l’or blanc

« GÊNÉE PAR L’ABSENCE DE SON MÂT PRINCIPAL, la Gemme de la voie céleste vira pesamment vers le nord, tournant sa poupe vers l’eau saturée de sable et d’écume qui trahissait la disparition de l’Arbre primordial. Des géants s’affairaient dans la mâture, poussés d’une ligne à l’autre par le rauque aiguillon des ordres de Sevinnand, alors que Songemer gisait, mort, sur le pont en contrebas. Debout à la poupe du navire, le maître d’ancre – silhouette sèche et visage buriné – glapissait ses instructions d’une voix éraillée par trop de chagrin contenu. Lorsque la célérité de l’équipage laissait à désirer, Ragetyphon, le maître de cale, secondait Sevinnand en lançant ses aboiements tels des projectiles de granit. Elle ne connaissait pas d’autre moyen d’endurer la ruine de l’expédition. Si le dromond se dirigeait vers le nord, c’était uniquement pour mettre de la distance entre lui et la tombe abyssale de son espoir. »

Extrait de : S.R Donaldson. « Le pouvoir de l’or blanc – Les chroniques de Thomas Covenant. »

L’arbre primordial par Stephen R. Donaldson

Fiche de L’arbre primordial

Titre : L’arbre primordial (Tome 5 sur 6 – Les chroniques de Thomas Covenant)
Auteur : Stephen R. Donaldson
Traduction : I. Troin
Date de parution : 1982
Editeur : Le pré aux clercs

Première page de L’arbre primordial

« LINDEN AVERY MARCHAIT À CÔTÉ DE COVENANT dans les couloirs de Coercri. En contrebas, le vaisseau de pierre des géants, la Gemme de la voie céleste, glissait vers l’unique jetée intacte qui saillait encore au pied de l’ancienne cité, mais la jeune femme ne lui prêtait aucune attention. Plus tôt, elle avait vu la façon miraculeuse dont le dromond à la fois massif et délicat chevauchait les vagues. Malgré ses voiles gonflées, il manœuvrait avec une précision remarquable. Il constituait un moyen providentiel, pour Covenant et Linden, de poursuivre leur quête. La jeune femme aurait dû l’étudier avec plaisir tandis que, accompagnés par Brinn, Cail et Veyn, qui fermait la marche, Covenant et elle descendaient vers la grève rocheuse de la Désespérance. La vitalité qu’exsudait le vaisseau de pierre réjouissait ses sens. »

Extrait de : S.R Donaldson. « L’Arbre Primordial – Les chroniques de Thomas Covenant. »

Le rituel de sang par Stephen R. Donaldson

Fiche de Le rituel de sang

Titre : Le rituel de sang (Tome 4 sur 6 – Les chroniques de Thomas Covenant)
Auteur : Stephen R. Donaldson
Traduction : I. Troin
Date de parution : 1978
Editeur : Pocket

Première page de Le rituel de sang

« LORSQUE LINDEN AVERY ENTENDIT FRAPPER À SA PORTE, elle poussa un grognement. Elle était d’une humeur noire et ne voulait voir personne. Elle n’aspirait qu’à une douche froide et à un peu de tranquillité – une chance de s’habituer à l’austérité intentionnelle de sa nouvelle demeure.

Elle avait passé le plus gros d’un après-midi de printemps étrangement lourd à emménager dans l’appartement que l’hôpital avait loué pour elle, transportant sa maigre garde-robe, ses meubles inadéquats et un tas de cartons remplis de livres depuis sa berline fatiguée jusqu’au premier étage de la vieille maison en bois accroupie au milieu des mauvaises herbes tel un crapaud perclus de rhumatismes.

Quand elle était entrée dans l’appartement pour la première fois, Linden avait découvert trois pièces et une salle de bains aux murs jaunes crasseux et au plancher recouvert par une simple couche de peinture beige écaillée. Une atmosphère de désuétude confinant à l’insalubrité… Un message traînait, qui avait dû être glissé sous la porte. D’épaisses lignes écarlates comme du sang frais ou du rouge à lèvres formaient un triangle grossier, à l’intérieur duquel se détachaient ces deux mots : « JÉSUS SAUVE.  »

Extrait de : S. R Donaldson. « Le rituel du sang – Les chroniques de Thomas Covenant. »

La terre dévastée de Stephen R. Donaldson

Fiche de La terre dévastée

Titre : La terre dévastée (Tome 3 sur 6 – Les chroniques de Thomas Covenant)
Auteur : Stephen R. Donaldson
Traduction : I. Troin
Date de parution : 1977
Editeur : Le pré aux clercs

Première page de La terre dévastée

« THOMAS PARLAIT EN DORMANT. Parfois, il s’en rendait compte ; telles des étincelles d’innocence, les fragments de sa voix pénétraient son sommeil. Mais si lourd était le poids de son épuisement qu’il ne parvenait pas à s’y arracher. Il bredouillait comme tant de gens avant lui, malades ou en bonne santé, fidèles ou infidèles. Dans son cas, cependant, il n’y avait personne pour l’entendre. Il n’aurait pas été plus seul s’il avait été le dernier rêveur sur Terre.

Quand une sonnerie aiguë et insistante le transperça, il se réveilla en hurlant.

L’espace d’une seconde après s’être redressé en sursaut, il ne put faire la différence entre le téléphone et sa propre terreur. Tous deux se répercutaient à travers le brouillard de son esprit ainsi que l’écho d’un tourment. Puis la sonnerie retentit à nouveau. Elle tira Covenant hors du lit, le poussa titubant tel un ivrogne vers le salon, le força à décrocher. Ses doigts, engourdis par la maladie, eurent du mal à trouver une prise sur le combiné et quand il réussit enfin à s’en saisir, il le porta au côté de sa tête comme un pistolet avec lequel il aurait voulu se faire sauter la cervelle. »

Extrait de : S.R Donaldson. « La Terre Dévastée – Les chroniques de Thomas Covenant. »

La retraite maudite par Stephen R. Donaldson

Fiche de La retraite maudite

Titre : La retraite maudite (Tome 2 sur 6 – Les chroniques de Thomas Covenant)
Auteur : Stephen R. Donaldson
Traduction : I. Troin
Date de parution : 1977
Editeur : Le pré aux clercs

Première page de La retraite maudite

« LE TEMPS QUE THOMAS COVENANT arrive au Refuge, ses souvenirs lui étaient déjà devenus un fardeau insupportable.

En ouvrant la porte de son domicile, il fut de nouveau confronté à l’ordre stérile du salon. Les meubles et les objets étaient exactement là où il les avait laissés – comme si rien ne s’était produit, comme s’il ne venait pas de passer les quatre dernières heures dans le coma ou dans un autre monde, où sa maladie avait été éradiquée… bien que ce fût impossible. Ses doigts et ses orteils aux nerfs morts étaient toujours froids et engourdis. Rien ne pourrait jamais changer cela.

Comme les autres pièces de la maison, le salon était arrangé et capitonné pour protéger Covenant contre le danger omniprésent des meurtrissures, des coupures et des brûlures, potentiellement fatales – car, ne pouvant les sentir, il risquait de les laisser s’infecter. Là, gisant sur la table basse, il aperçut le roman qu’il était en train de lire la veille, alors qu’il hésitait à se rendre en ville. Celui-ci était toujours ouvert à une page qui avait eu un sens très différent pour lui quelques heures plus tôt. « […] Modeler la matière incohérente et vertigineuse dont les rêves se composent est la tâche la plus difficile qu’un homme puisse entreprendre […] Les rêves des hommes appartiennent à Dieu.  »

Extrait de : S.R Donaldson. « La Retraite Maudite – Les chroniques de Thomas Covenant.  »

La malédiction du rogue par Stephen R. Donaldson

Fiche de La malédiction du rogue

Titre : La malédiction du rogue (Tome 1 sur 6 – Les chroniques de Thomas Covenant)
Auteur : Stephen R. Donaldson
Traduction : I. Troin
Date de parution : 1977
Editeur : Le pré aux clercs

Première page de La malédiction du rogue

« ELLE SORTIT DU MAGASIN juste à temps pour voir son jeune fils jouer sur le trottoir – droit sur le passage de l’homme gris et émacié qui descendait la rue à grandes enjambées raides, telle une épave mécanique. L’espace d’un instant, son cœur défaillit. Puis elle bondit en avant, saisit l’enfant par le bras et le tira vers elle, à l’écart de la menace.

L’homme passa sans tourner la tête. Tandis qu’il s’éloignait, elle siffla dans son dos :

— Allez-vous-en ! Filez d’ici ! Vous devriez avoir honte !

Thomas Covenant continua à marcher avec la régularité d’un mécanisme d’horloge remonté à bloc. Mais en lui-même, il s’exclama : « Je devrais avoir honte ? » Son visage se tordit en une grimace féroce. « Prenez garde à l’impur ! »

Il voyait bien que les gens qu’il croisait – ces gens qui le connaissaient, et dont le nom, la maison et la poignée de main lui étaient familiers – faisaient un écart pour l’éviter. Certains d’entre eux semblaient retenir leur souffle. L’indignation de Covenant retomba. Ceux-là n’avaient pas besoin de l’ancien avertissement rituel. Il se concentra pour réprimer le rictus spasmodique qui s’attardait sur ses traits et laissa la machinerie de sa volonté l’emporter plus loin, un pas après l’autre. »

Extrait de : S.R Donaldson. « La Malédiction du Rogue – Les chroniques de Thomas Covenant. »