Étiquette : Les éditions d’Avallon
Parodie à la mort par Peter Randa

Fiche de Parodie à la mort
Titre : Parodie à la mort
Auteur : Peter Randa
Date de parution : 1960
Editeur : Les éditions d’Avallon
Première page de Parodie à la mort
« Longues plaines flamandes dans le silence épais de la nuit. Parfois un chien hurle en raclant sa chaîne sur le pavé sonore et tous les chiens du voisinage lui répondent à leur tour… les aboiements montent et décroissent et tout à coup l’ombre reste seule… l’ombre qui tantôt va lutter contre le matin blême et qui, vaincue, cherchera un refuge sous les murs noirs du presbytère… l’ombre complice comme un manteau sous lequel se nichent les amours défendues.
Je me retourne dans mon lit et cela m’est difficile comme si j’étais écrasé de fatigue. Le front moite. Je transpire sans avoir chaud et pourtant le médecin prétend que je n’ai pas de fièvre. Une grande faiblesse que rien ne justifie. Je me sens bien, sauf une lourdeur incompréhensible, une pesanteur de tout le corps et ces longues torpeurs à demi éveillées où le cauchemar vient me chercher.
Dès que je reste immobile, tout s’apaise. Il me semble que je pourrais me lever et au premier mouvement je retrouve comme une chape qui me donne l’impression hallucinante de me débattre dans un monde où la pesanteur aurait subitement triplé. »
Extrait de : P. Randa. « Parodie à la mort. »
Lieutenant Fabien Fauvel par Peter Randa

Fiche de Lieutenant Fabien Fauvel
Titre : Lieutenant Fabien Fauvel
Auteur : Peter Randa
Date de parution : 1976
Editeur : Les éditions d’Avallon
Première page de Lieutenant Fabien Fauvel
« Paris, 1976
— Mon lieutenant…
Bartoldi a un élan joyeux, puis un pincement au cœur car Fauvel ne paie pas de mine dans son costume élimé et avec sa barbe de trois jours en train de manger le bas de son visage émacié aux yeux fiévreux. Pas encore le clochard, mais presque.
— Bon Dieu ! Bartoldi…
Fauvel se redresse en essayant de prendre un air désinvolte ; difficile quand la misère vous colle à la peau. Tout ce qui reste, c’est la possibilité de crâner pour soi, car les autres ne sont jamais dupes.
— Ça en fait des années…
— Une bonne douzaine, mon lieutenant.
— Seulement ?
Pour l’ancien lieutenant, la traversée du désert dure depuis beaucoup plus longtemps que ça. Du moins, il en a l’impression. Peut-être parce qu’il n’en voit pas la fin et commence à croire qu’il n’y en aura jamais. Ce que Bartoldi évoque pour lui est aussi lointain que s’il s’agissait d’une autre époque.
Le Moyen Âge ou le Grand Siècle. »
Extrait de : P. Randa. « Lieutenant Fabien Fauvel. »