Étiquette : Les huit mondes

 

Blues pour Irontown par John Varley

Fiche de Blues pour Irontown

Titre : Blues pour Irontown (Tome 4 sur 4 – Les huit mondes)
Auteur : John Varley
Date de parution : 2018
Traduction : P. Marcel
Editeur : Denoël

Première page de Blues pour Irontown

« La frangine entra dans mon bureau comme une brise chaude exhalée par le Pacifique. En d’autres circonstances, je l’aurais invitée à danser le jitterbug toute la nuit sur la jetée de Santa Monica, au swing de la clarinette d’Artie Shaw et des Gramercy Five.

Mais une paralèpre, ça gâche.

Elle était habillée à la mode rétro-Noir. Son visage se limitait à une forme vague derrière une épaisse voilette accrochée à un chapeau chargé de ce qui ressemblait bien à un paon. Pas seulement les plumes : le paon au complet. Son corsage portait des fronces à la gorge et sa veste était suffisamment rembourrée aux épaules pour qu’on puisse y poser deux verres de martini. Ses escarpins, aux talons carrés de dix centimètres, étaient ouverts au bout et découvraient deux ongles vernis de carmin. J’étais tout disposé à parier que ses bas arboraient une couture à l’arrière.

Non que je sois le mieux placé pour me ficher d’elle. Elle pouvait très bien s’être habillée ainsi pour s’assortir au décor. Mon bureau lui-même aurait pu avoir été transporté en totalité d’une autre époque par une machine à voyager dans le temps. »

Extrait de : J. Varley. « Blues pour Irontown – Les huit mondes. »

Le système Valentine par John Varley

Fiche de Le système Valentine

Titre : Le système Valentine (Tome 3 sur 4 – Les huit mondes)
Auteur : John Varley
Date de parution : 1998
Traduction : P. Marcel
Editeur : Denoël

Première page de Le système Valentine

«  J’ai interprété Roméo et Juliette en one-man-show, une fois, expliquai-je. Faire le doublé avec Mercutio ne posera aucun problème. »

Le rideau était déjà levé, et Dahlia Smithson – notre belle aurore, colombe de neige dans une troupe de corneilles, riche joyau à l’oreille d’une Éthiopienne – n’était toujours pas apparue en coulisses. Cela n’avait rien d’une surprise. Au cours des deux dernières soirées, nous avions dû hisser sa beauté jusqu’au balcon avec un palan et l’amarrer pour l’empêcher de basculer par-dessus bord.

« T’es devenu cinglé », s’écria Larry Crocker, dit la Sangsue, notre producteur, metteur en scène, régisseur : cérumen dans l’oreille de l’Éthiopie. La fureur lui exorbitait les yeux, il tremblait, il était en nage… Et donnait l’impression d’un calme olympien en comparaison avec Dee, l’assistante régisseuse, qui continuait à repousser le scénario en lambeaux de Larry, comme si elle craignait de se faire mordre.

Il avait été question d’engager une doublure, à cause de la récente conduite de la Smithson, mais on n’était pas dans les Tournées Schubert, ici, mesdames et messieurs, mais dans la troupe Crocker ; si vous n’avez jamais entendu parler des seconds, c’est sans doute que vous vivez à moins d’un parsec de la civilisation. »

Extrait de : J. Varley. « Le Système Valentine – Les huit mondes. »

Gens de la lune par John Varley

Fiche de Gens de la lune

Titre : Gens de la lune (Tome 2 sur 4 – Les huit mondes)
Auteur : John Varley
Date de parution : 1992
Traduction : J. Bonnefoy
Editeur : Denoël

Première page de Gens de la lune

«  Dans cinq ans, le pénis sera obsolète », déclara l’attaché commercial.
Il s’interrompit, le temps de laisser cette information d’amplitude tellurique s’imprimer dans nos cervelles ébaubies. Personnellement, je me demandais combien je pourrais encaisser de surprises de ce genre d’ici le déjeuner.
« Avec la campagne promotionnelle adéquate, poursuivit-il sans reprendre haleine, la cause pourrait être entendue en moins de deux ans – moins de deux ans ! »
Et il avait peut-être raison. J’avais vu des trucs encore plus bizarres au cours de mon existence. Mais je décidai de ne pas appeler tout de suite mon agent de change pour lui dire de fourguer illico mon stock de suspensoirs.
La conférence de presse se tenait dans un vaste auditorium appartenant à la Générale de Génie génétique. Sa capacité était d’environ mille places ; pour l’heure il accueillait environ le cinquième de cet effectif, en majorité agglutiné aux premiers rangs.
L’attaché commercial de la 3G était aussi passe-partout qu’un animateur de jeu télévisé. La voix allait avec le personnage. Un personnage type. Un de ces jours, ils finiront pas standardiser l’aspect physique pour vous donner, au sens propre, la tête de l’emploi. À l’exemple des uniformes. »

Extrait de : J. Varley. « Gens de la lune – Les huit mondes. »

Le canal ophite par John Varley

Fiche de Le canal ophite

Titre : Le canal ophite (Tome 1 sur 4 – Les huit mondes)
Auteur : John Varley
Date de parution : 1977
Traduction : R. Lobry
Editeur : Calmann-Lévy

Première page de Le canal ophite

« Bulletin juridique quoditien, publié par l’Office intersystème de recherche et de contrôle criminel, 14 Verseau 568 V.T.
Affaire Lilo-Alexandr-Calypso/Le Peuple de Luna.

(Résumé Légal

Pour publication immédiate.)
L’Etat accuse Lilo-Alexandr-Calypso de s’être, du 3/1/556 au 18/12/567, livrée volontairement et en connaissance de cause à des expériences sur du matériel humain dans le but de provoquer artificiellement des mutations dans ledit matériel. L’Etat accuse également Lilo-Alexandr-Calypso d’avoir produit des blastocystes ainsi que des embryons humains présentant des caractéristiques contraires aux normes humaines généralement admises, violant ainsi le Code unifié de la confédération des Huit Mondes, article trois (Crimes contre l’humanité), paragraphe sept (Crimes génétiques). L’Etat requiert la peine de mort à perpétuité. »

Extrait de : J. Varley. « Le canal ophite – Les huit mondes. »