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Contes de Capitole et de la forêt des eaux par Orson Scott Card

Fiche de Contes de Capitole et de la forêt des eaux
Titre : Contes de Capitole et de la forêt des eaux (Tome 2 sur 2 – La geste Valois)
Auteur : Orson Scott Card
Date de parution : 1989
Traduction : C. Faure-Geors
Editeur : L’Atalante
Première page de Contes de Capitole et de la forêt des eaux
« Bergen Bishop voulait devenir artiste.
Parce qu’il en manifesta l’envie dès l’âge de sept ans, on s’empressa de lui fournir des crayons, du papier, des fusains, des tubes d’aquarelle et de peinture à l’huile, des toiles, une palette, un magnifique assortiment de pinceaux, ainsi qu’un professeur qui vint lui donner des cours une fois par semaine. En un mot, on lui procura tout ce que l’argent peut acheter.
Le professeur était suffisamment fin pour savoir que quiconque entend gagner sa vie en enseignant aux gosses de riches doit savoir jongler avec la vérité et le mensonge. Ainsi s’était-il souvent surpris à déclarer : « Cet enfant a du talent. » Mais cette fois il était sincère, et il avait du mal à faire en sorte que ces exclamations fallacieuses sonnent vrai.
« L’enfant a du talent, s’exclama-t-il, un réel talent ! »
Extrait de : O.S Card. « Contes de Capitole et de la forêt des Eaux – La geste Valois. »
Jason Valois par Orson Scott Card

Fiche de Jason Valois
Titre : Jason Valois (Tome 1 sur 2 – La geste Valois)
Auteur : Orson Scott Card
Date de parution : 1989
Traduction : C. Faure-Geors
Editeur : L’Atalante
Première page de Jason Valois
« LA DOULEUR fit irruption par une journée de labeur en tous points semblable aux autres, et bientôt il n’y eut plus un seul village, plus une seule ville des mondes habités qui n’en ressentît les effets. C’était comme si une présence immémoriale et rassurante, qu’ils n’avaient pas vraiment remarquée jusque-là, les quittait brusquement. Personne ne sut d’abord qu’en penser, mais tous comprirent vite qu’un changement profond avait eu lieu au cœur même de l’univers. Nul ne vit s’embraser l’étoile du nom d’Argos ; il faudrait des années avant que les astronomes ne fissent le lien entre le Jour de la Douleur et la fin du monde Valois. Mais déjà le changement était consommé, les mondes démantelés, l’âge d’or terminé.
Dans le village de Lared, le changement survint alors qu’ils dormaient encore. Cette nuit-là aucune scène bucolique ne vint égayer leurs rêves, et Sala, la petite sœur de Lared, se réveilla en hurlant que grand-mère était morte : « Grand-mère est morte ! »
Extrait de : O.S Card. « Jason Valois – La geste Valois. »
La cité de cristal par Orson Scott Card

Fiche de La cité de cristal
Titre : La cité de cristal (Tome 6 sur 6 – Les chroniques d’Alvin le Faiseur)
Auteur : Orson Scott Card
Date de parution : 2003
Traduction : P. Couton
Editeur : L’Atalante
Première page de La cité de cristal
« Alvin regardait le capitaine Howard accueillir à son bord un nouveau groupe de passagers, une famille prospère avec cinq enfants et trois esclaves.
« C’est le Nil d’Amérique, dit le capitaine. Mais Cléopâtre elle-même n’a jamais navigué avec autant de faste que vous autres allez connaître sur le Yazoo Queen. »
La famille va en profiter, se dit Alvin. Sans doute pas les esclaves. Quoi que, en tant que serviteurs, ils seraient mieux lotis que les deux douzaines de fugitifs enchaînés en plein soleil tout l’après-midi, sur le pont.
Alvin les avait à l’œil depuis qu’Arthur Stuart et lui étaient arrivés au port fluvial de Carthage City, vers onze heures. Arthur Stuart avait une envie folle de partir explorer la ville, et Alvin l’avait laissé faire. La ville qui se targuait d’être la Phénice du Nord avait beaucoup de choses à révéler à un garçon de l’âge d’Arthur. Oui, même à un garçon à moitié noir. Puisqu’elle se trouvait sur la rive nord de l’Hio, on le soupçonnerait d’être un fugitif. »
Extrait de : O.S Card. « La Cité de Cristal – Les chroniques d’Alvin le Faiseur. »
Flammes de vie par Orson Scott Card

Fiche de Flammes de vie
Titre : Flammes de vie (Tome 5 sur 6 – Les chroniques d’Alvin le Faiseur)
Auteur : Orson Scott Card
Date de parution : 1998
Traduction : P. Couton
Editeur : L’Atalante
Première page de Flammes de vie
« Arthur Stuart s’était immobilisé devant la vitrine du taxidermiste, captivé. Alvin Smith avait parcouru la moitié du pâté de maisons lorsqu’il s’aperçut que le petit métis ne le suivait plus. Le temps qu’il revienne, un grand Blanc questionnait le gamin.
« Où est ton maître, dis ? »
Arthur ne le regarda pas, les yeux rivés sur un oiseau empaillé dont l’attitude donnait l’impression qu’il allait se poser sur une branche.
« Réponds-moi, petit, sinon j’appelle l’agent…
— L’est avec moi », fit Alvin.
L’homme devint aussitôt aimable. « Ravi de l’apprendre, l’ami. On se dit qu’un drôle de cet âge, s’il était libre, ses parents lui auraient enseigné le respect quand un Blanc…
— J’crois qu’il s’intéresse seulement aux oiseaux dans la d’vanture. » Alvin posa une main légère sur l’épaule d’Arthur. « Qu’esse y a, Arthur Stuart ? »
Seul le son de la voix d’Alvin pouvait tirer Arthur de sa rêverie. « Comment il a vu ? »
Extrait de : O.S Card. « Les chroniques d’Alvin le Faiseur – Flammes de vie. »
Le compagnon par Orson Scott Card

Fiche de Le compagnon
Titre : Le compagnon (Tome 4 sur 6 – Les chroniques d’Alvin le Faiseur)
Auteur : Orson Scott Card
Date de parution : 1995
Traduction : P. Couton
Editeur : Gallimard
Première page de Le compagnon
« Je croyais avoir fini d’écrire sur Alvin Smith. Tout le monde me répétait que non, mais je connaissais bien pourquoi. Par rapport que tout le monde avait entendu Mot-pour-mot et sa manière de conter. Ses histoires à lui, quand il a fini, sont joliment ficelées en un beau paquet et le pourquoi des événements n’échappe à personne. Ce n’est pas qu’il mette les points sur les i, notez bien. Mais on a l’impression que tout s’explique tout seul.
Moi, je ne suis pas Mot-pour-mot, certains l’ont peut-être déjà deviné vu qu’on ne se ressemble guère, et je ne compte pas le devenir dans l’immédiat, ni même m’en inspirer, non par rapport que je le trouve déplaisant, indigne de ses émules, mais surtout par rapport que je ne vois pas les choses du même œil que lui. Les choses, je ne les comprends pas toujours. Elles arrivent, voilà tout, des fois on découvre un semblant de sens dans une calamité, et d’autres fois une journée de grand bonheur reste incompréhensible. Les pires pétrins où j’ai vu les gens se fourrer, c’était quand ils essayaient de suivre leur raison. »
Extrait de : O.S Card. « Le compagnon – Les chroniques d’Alvin le Faiseur. »
L’apprenti par Orson Scott Card

Fiche de L’apprenti
Titre : L’apprenti (Tome 3 sur 6 – Les chroniques d’Alvin le Faiseur)
Auteur : Orson Scott Card
Date de parution : 1989
Traduction : P. Couton
Editeur : Gallimard
Première page de L’apprenti
« L’histoire d’Alvin apprenti, je la commencerai là où se manifestèrent les premières anomalies. C’était très loin dans le Sud, chez un particulier qu’Alvin ne connaissait pas et qu’il ne connaîtrait jamais. Ce fut pourtant lui le responsable d’une chaîne d’événements qui allaient l’amener à commettre un meurtre, selon les termes de la loi, le jour même où il achevait son apprentissage et devenait véritablement un homme.
C’était en Appalachie, en 1811, avant que cet État ne signe le Traité des Esclaves en fuite et ne rejoigne les États-Unis. Près de la frontière qui le sépare des Colonies de la Couronne, dans une région où il ne se trouvait pas un homme blanc qui ne souhaitât posséder toute une ribambelle d’esclaves noirs pour lui abattre son travail.
L’esclavage, c’était une sorte d’alchimie pour ces Blancs-là, du moins le considéraient-ils ainsi. Ils cherchaient le moyen de transmuter chaque goutte de sueur d’homme noir en or et chaque gémissement de désespoir qui s’échappait de la gorge d’une femme noire en tintement clair et doux à l’oreille de la pièce d’argent tombant sur la table du changeur. On achetait et vendait des âmes dans ce pays-là. Pourtant aucun de ces gens ne comprenait ce qu’il leur en coûtait de posséder d’autres êtres humains. »
Extrait de : O.S Card. « L’apprenti – Les chroniques d’Alvin le Faiseur. »
Le prophète rouge par Orson Scott Card

Fiche de Le prophète rouge
Titre : Le prophète rouge (Tome 2 sur 6 – Les chroniques d’Alvin le Faiseur)
Auteur : Orson Scott Card
Date de parution : 1988
Traduction : P. Couton
Editeur : Gallimard
Première page de Le prophète rouge
« Il n’y avait pas beaucoup de bateaux plats à descendre l’Hio, par les temps qui couraient, pas avec des pionniers à bord en tout cas, pas avec des familles, des outils, des meubles, des graines et quelques cochons pour entreprendre un élevage. Il suffisait de deux ou trois flèches enflammées pour qu’une tribu de Rouges s’en aille bientôt vendre un chapelet de scalps à moitié carbonisés aux Français de Détroit.
Casse-pattes Palmer, lui, ignorait ce genre de désagréments. Les Rouges connaissaient tous son bateau plat, chargé d’une montagne de barils. Dans la plupart de ces barils clapotait du whisky, la seule musique, ou presque, qu’ils comprenaient, les Rouges. Mais au milieu de ce vaste empilement de futaille il s’en trouvait un où rien ne clapotait. Il était bourré de poudre à canon, et une mèche s’en échappait. »
Extrait de : O.S Card. « Le prophète rouge – Les chroniques d’Alvin le Faiseur. »
Le septième fils par Orson Scott Card

Fiche de Le septième fils
Titre : Le septième fils (Tome 1 sur 6 – Les chroniques d’Alvin le Faiseur)
Auteur : Orson Scott Card
Date de parution : 1987
Traduction : P. Couton
Editeur : Gallimard
Première page de Le septième fils
« La petite Peggy faisait très attention avec les œufs. Elle farfouillait dans la paille avec la main jusqu’à ce que ses doigts cognent contre un objet dur et lourd. Le caca de poule, elle s’en fichait pas mal. Après tout, quand des voyageurs avec des bébés logeaient à l’auberge, maman ne plissait jamais le nez devant leurs langes, et pourtant c’était quelquefois dégoûtant. Alors, du caca de poule, même humide, gluant et qui collait aux doigts, elle s’en fichait pas mal, la petite Peggy. Elle écartait la paille, refermait la main sur l’œuf et le sortait délicatement du pondoir. Et ce, perchée sur un tabouret branlant, dressée sur la pointe des pieds, le bras tendu très loin au-dessus de sa tête. Maman la trouvait trop jeune pour ramasser les œufs, mais la petite Peggy tenait à lui montrer qu’elle n’était pas si petite que ça. »
Extrait de : O.S Card. « Le Septième Fils – Les chroniques d’Alvin le Faiseur. »
Dernière querelle par Joe Abercrombie
Fiche de Dernière querelle
Titre : Dernière querelle (Tome 3 sur 3 – La première loi)
Auteur : Joe Abercrombie
Date de parution : 2008
Traduction : M. Ssossé
Editeur : Pygmalion
Première page de Dernière querelle
« L’Inquisiteur Glotka entra dans le palais et s’arrêta un instant. Il étira son cou tordu d’un côté, puis de l’autre, prêtant l’oreille aux craquements familiers des articulations, suivant le parcours de la douleur qui empruntait ses itinéraires routiniers, à travers l’entrelacs des muscles noués entre ses omoplates. Pourquoi ne puis-je m’empêcher de faire ça, alors que j’en souffre à chaque fois ? Pourquoi sommes-nous toujours enclins à irriter le point sensible ? Agacer l’ulcère de la langue, frotter l’ampoule, gratter la croûte ?
« Eh bien ? » lança-t-il d’une voix sèche.
Le buste de marbre qui trônait au pied de l’escalier ne lui offrit qu’un mépris silencieux en guise de réponse. J’en ai déjà par-dessus la tête de tout ça, Glotka se remit en marche d’un pas traînant, son pied invalide raclait les dalles derrière lui, les moulures du haut plafond lui renvoyaient l’écho du claquement de sa canne. »
Extrait de : J. Abercrombie. « Dernière quérelle – La première loi. »
Déraison et sentiments par Joe Abercrombie

Fiche de Déraison et sentiments
Titre : Déraison et sentiments (Tome 2 sur 3 – La première loi)
Auteur : Joe Abercrombie
Date de parution : 2007
Traduction : B. Mariot
Editeur : Pygmalion
Première page de Déraison et sentiments
« Maudit brouillard, qui se faufile sous vos paupières et vous empêche de voir à plus de trois pas. Qui s’insinue dans vos oreilles et vous plonge dans un tel silence que, lorsque vous finissez par percevoir un bruit, impossible d’en déterminer la provenance. Qui s’immisce dans vos narines pour vous priver de toute odeur, hormis l’humidité et la moiteur. Maudit brouillard ! Une calamité pour les éclaireurs.
En quittant le Nord pour pénétrer dans le pays des Angles, ils avaient franchi la Tumultueuse quelques jours auparavant ; depuis, Renifleur était à cran. Aller en reconnaissance dans un pays étranger en guerre n’était pas leur spécialité. Tous ses compagnons restaient sur le qui-vive. Excepté Séquoia, aucun d’eux n’était jamais sorti du Nord. Sauf le Sinistre, peut-être. Le Sinistre, cependant, ne parlait jamais des endroits qu’il avait visités. »
Extrait de : J. Abercrombie. « Déraison Et Sentiments – La première loi. »