Étiquette : livre

 

La sonate hydrogène par Iain M. Banks

Fiche de La sonate hydrogène

Titre : La sonate hydrogène (Tome 10 sur 10 – Culture)
Auteur : Iain M. Banks
Traduction : P. Dusoulier
Date de parution : 2012
Editeur : Robert Laffont

Première page de La sonate hydrogène

« Dans les derniers jours de la civilisation gzilte, avant son élévation préparée de longue date vers quelque chose de meilleur, et avant les fêtes destinées à marquer cette grave, mais joyeuse occasion, l’un de ses derniers vaisseaux survivants fit la rencontre d’un vaisseau aliène dont la seule tâche était d’amener aux festivités un invité très spécial.
Les deux appareils se rencontrèrent dans la zone d’ombre du fragment planétaire connu sous le nom d’Ablate, un bloc de roche étroit et tordu de trois mille kilomètres de long, et dont la forme évoquait l’intérieur d’une tornade. Ablate était tout ce qui restait d’une planète détruite délibérément deux mille ans plus tôt, avant qu’elle ne le soit naturellement par la transformation de son étoile en supernova. Ablate était restée dans l’immense sphère de débris, de gaz et de radiations, telle une pointe de flèche plongeant éternellement dans la chaleur et les étincelles d’un grand brasier.
Ablate elle-même était tout sauf naturelle. Grossièrement taillée, comme découpée dans un gâteau sphérique, sa pointe et les premières centaines de kilomètres de son extrémité étroite avaient à l’origine été constituées du matériau métallique formant le noyau de la petite planète, tandis que l’autre bout, plus large – un cercle approximatif de quelque deux cents kilomètres de diamètre – ressemblait à un dôme faiblement incurvé, et avait fait autrefois partie de la surface rocheuse. »

Extrait de : I.M Banks. « La sonate hydrogène – Culture. »

Trames par Iain M. Banks

Fiche de Trames

Titre : Trames (Tome 8 sur 10 – Culture)
Auteur : Iain M. Banks
Traduction : P. Dusoulier
Date de parution : 2008
Editeur : Robert Laffont

Première page de Trames

« Une brise légère faisait bruisser sèchement quelques buissons à proximité. Elle soulevait de délicates volutes de poussière des plaques de sable aux alentours, et agitait une mèche de cheveux noirs sur le front de la femme assise sur une chaise de toile. La chaise était posée, légèrement de guingois, sur la roche nue au bord d’une petite crête surplombant les broussailles et le sable du désert. Au loin, tremblant dans la brume de chaleur, on distinguait une route parfaitement rectiligne. Quelques arbres squelettiques, guère plus hauts qu’un homme juché sur les épaules d’un autre, bordaient cette route poussiéreuse. À des dizaines de kilomètres plus loin, des montagnes déchiquetées vibraient dans la chaleur.

Si l’on s’en tenait à la plupart des critères humains, la femme était grande, mince et bien musclée. Ses cheveux noirs et plats étaient coupés court, et sa peau avait la couleur de l’agate pâle. Il n’y avait aucun autre représentant de son espèce particulière à des milliers d’années-lumière de là où elle était assise. S’il y en avait eu, ils auraient pu dire que ce n’était plus tout à fait une jeune femme, mais qu’elle n’en était qu’aux premiers stades de l’âge de la maturité. »

Extrait de : I.M Banks. « Trames – Culture. »

Le sens du vent par Iain M. Banks

Fiche de Le sens du vent

Titre : Le sens du vent (Tome 7 sur 10 – Culture)
Auteur : Iain M. Banks
Traduction : B. Sigaud
Date de parution : 2000
Editeur : Le livre de poche

Première page de Le sens du vent

« À peu près au moment où nous avons su tous les deux que je serais obligée de l’abandonner, il était difficile de dire quels éclairs étaient naturels et lesquels provenaient des armes énergétiques des Invisibles.

Une puissante explosion de lumière bleu-blanc zébra le ciel, changeant en un paysage inversé la surface inférieure des nuages déchiquetés et révélant à travers la pluie la destruction tout autour de nous : la carcasse d’un immeuble lointain, l’intérieur déjà aspiré par quelque cataclysme, les restes enchevêtrés de pylônes de chemin de fer près du rebord du cratère, les canalisations et les tunnels de service éventrés que l’excavation avait mis au jour, et la massive épave du destroyer terrestre qui gisait, à demi submergée, dans la mare d’eau sale au fond du trou. Lorsque la fusée éclairante s’éteignit, il n’y eut plus qu’une image rémanente et le terne scintillement de l’incendie à l’intérieur du destroyer.

Quilan m’agrippa la main avec encore plus de force. »

Extrait de : I.M Banks. « Le sens du vent – Culture. »

Inversions par Iain M. Banks

Fiche de Inversions

Titre : Inversions (Tome 6 sur 10 – Culture)
Auteur : Iain M. Banks
Traduction : N. Serval
Date de parution : 1998
Editeur : Le livre de poche

Première page de Inversions

« Il n’est d’autre péché que l’égoïsme : ainsi parlait le docteur, cette femme excellente. La première fois où je l’entendis énoncer cette opinion, ma jeunesse m’inclina d’abord à la perplexité, puis à la déférence devant ce que je croyais être de la profondeur.

Ce n’est qu’à l’âge mûr, longtemps après qu’elle nous eut quittés, que je commençai à soupçonner que l’inverse pût également être vrai. Il est en effet des circonstances où l’égoïsme peut passer pour la seule attitude vertueuse. Le propre des contraires étant de s’annuler, l’égoïsme apparaît dès lors comme un élément neutre, dénué de toute valeur hors d’un contexte moral. Plus tard encore, la sagesse – ou la vieillesse, comme il vous plaira de l’appeler – étant venue, je finis par surmonter mes réticences à l’égard du point de vue du docteur et jugeai avec elle, du moins par défaut, que l’égoïsme est la principale, sinon l’unique source du mal.

Bien sûr, je savais depuis le départ ce qu’elle entendait par là : c’est quand on fait passer ses intérêts avant ceux des autres qu’on risque le plus d’agir mal. »

Extrait de : I.M Banks. « Inversions – Culture. »

Ayesha – intégrale par Ange

Fiche de Ayesha – intégrale

Titre : Ayesha – intégrale
Auteur : Ange
Date de parution : 2012
Editeur : Bragelonne

Sommaire de Ayesha – intégrale

  • Le peuple turquoise
  • La flamme d’Harabec
  • La mort d’Ayesha

Première page de Le peuple turquoise

« La galère coulait lentement, comme à regret. Les membres d’équipage avaient été tués dès les premières minutes ; la bataille s’était ensuite éloignée vers la rive sud du lac, abandonnant le vaisseau et les prisonniers à leur sort.

L’eau avait envahi l’embarcation par petites vagues, l’une après l’autre, déséquilibrant la coque, jusqu’à ce que la galère décide de s’enfoncer par l’arrière. Le plus surprenant, avait pensé Arekh en contemplant le lac, c’était le calme. Les cris des officiers des autres vaisseaux, les hurlements des marins agonisants, le bruit des voiles ravagées par les flammes étaient maintenant très loin. Les vaisseaux de l’émir et de ses ennemis avaient disparu derrière une avancée rocheuse.

Là-bas, le massacre continuait, mais autour de la galère, l’eau était redevenue paisible. Le cadavre du grand Mérinide qui marquait le rythme sur son tambour flottait à quelques mètres des quarante galériens entravés à leurs bancs. Le niveau de l’eau montait, atteignant maintenant la poitrine des prisonniers des derniers rangs.

Les rayons du soleil chauffaient les visages, murmurant des promesses de printemps. »

Extrait de : Ange. « Ayesha – L’Intégrale. »

La saison des orages par Andrzej Sapkowski

Fiche de La saison des orages

Titre : La saison des orages (Tome 6 sur 6 – Le sorceleur (romans))
Auteur : Andrzej Sapkowski
Traduction : C. Raszka-Dewez
Date de parution : 2015
Editeur : Milady

Première page de La saison des orages

« Il n’existait que pour tuer.

Il était allongé sur le sable chauffé par le soleil.

À travers ses antennes piliformes et ses pédicelles plaqués au sol, il percevait les vibrations qui se propageaient.

Les secousses étaient encore lointaines ; Idr les ressentait distinctement pourtant, et leur intensité lui permettait de déterminer non seulement la direction exacte prise par sa proie et la cadence à laquelle elle se déplaçait, mais également d’en estimer le poids. Pour la majorité des prédateurs de son espèce, le poids de la victime était d’une importance capitale. Rester en planque, charger, pourchasser, impliquait une perte d’énergie qui devait être compensée par la qualité de la pâture. La plupart de ces prédateurs renonçaient à attaquer lorsque la proie était trop petite. Mais pas lui. Idr n’existait pas pour manger et entretenir la race. Lui n’avait pas été créé dans ce but.

Idr vivait pour tuer. »

Extrait de : A. Sapkowski. « La saison des orages – La saga du Sorceleur. »

La dame du Lac par Andrzej Sapkowski

Fiche de La dame du Lac

Titre : La dame du Lac (Tome 5 sur 6 – Le sorceleur (romans))
Auteur : Andrzej Sapkowski
Traduction : C. Raszka-Dewez
Date de parution : 1999
Editeur : Bragelonne

Première page de La dame du Lac

« C’était à n’en pas douter un lac enchanté.
Pour commencer, il était niché non loin des gorges de la vallée ensorcelée de Cwm Pwcca, cette vallée mystérieuse, éternellement nimbée de brume, célèbre pour ses enchantements et phénomènes magiques.
Et puis il suffisait de le regarder.
D’un bleu profond, intense et limpide, la surface de l’eau faisait immanquablement penser à un saphir. Elle était lisse comme un miroir, au point que le reflet des cimes du massif d’Y Wyddfa était bien plus beau que les montagnes elles-mêmes. Une brise légère, froide et vivifiante soufflait du lac et rien, pas même le saut des poissons ou le cri des oiseaux de mer, ne venait troubler le calme majestueux qui régnait alentour.
Le chevalier en fut tellement impressionné qu’il frissonna. Mais plutôt que de continuer sa route le long de la crête, il dirigea son cheval vers le bas de la montagne, en direction du lac.  »

Extrait de : A. Sapkowski. « La dame du lac – Le sorceleur. »

La tour de l’hirondelle par Andrzej Sapkowski

Fiche de La tour de l’hirondelle

Titre : La tour de l’hirondelle (Tome 4 sur 6 – Le sorceleur (romans))
Auteur : Andrzej Sapkowski
Traduction : C. Raszka-Dewez
Date de parution : 1997
Editeur : Bragelonne

Première page de La tour de l’hirondelle

« L’univers, comme chacun sait, de même que la vie, suit une trajectoire circulaire. Sur la circonférence de ce cercle figurent huit points magiques qui forment une rotation complète, soit un cycle annuel. Ces points vont par paires et se font face sur la circonférence du cercle : Imbaelk, la germination, et Lammas, la maturation ; Belleteyn, la floraison, et Saovine, l’étiolement ; le solstice d’hiver, appelé Midinvaerne, et d’été, Midaëte ; l’équinoxe de printemps, Birke, et d’automne, Velen. Le cercle est ainsi divisé en huit parties qui correspondent au découpage d’une année dans le calendrier elfique.
Les humains qui débarquèrent sur les plages à l’embouchure de la Iaruga et du Pontar possédaient leur propre calendrier ; basé sur la lune, il divisait l’année en douze mois et indiquait au laboureur le cycle annuel de son travail, de la fabrication des gaules en janvier jusqu’à l’époque des grands froids et du gel de la terre. »

Extrait de : A. Sapkowski. « La tour de l’hirondelle – Le sorceleur. »

Le baptême du feu par Andrzej Sapkowski

Fiche de Le baptême du feu

Titre : Le baptême du feu (Tome 3 sur 6 – Le sorceleur (romans))
Auteur : Andrzej Sapkowski
Traduction : C. Raszka-Dewez
Date de parution : 1996
Editeur : Bragelonne

Première page de Le baptême du feu

« Les oiseaux piaillaient dans les buissons.

Les flancs du ravin étaient envahis de ronces et d’épines-vinettes qui formaient une masse épaisse et compacte, repaire idéal pour la nidification et la pâture. Rien d’étonnant à ce que l’endroit pullule de volatiles. Les verdiers d’Europe lançaient leurs trilles acharnés, les passereaux et les fauvettes gazouillaient, les pinsons faisaient retentir leur chant à tout instant. Les pinsons annoncent la pluie, se dit Milva en levant instinctivement les yeux vers le ciel. Je ne vois pas de nuages. Mais le chant des pinsons annonce toujours la pluie. Un peu de pluie, enfin, ça ne ferait pas de mal !

Le poste de guet que s’était choisi Milva, face à la vallée, était une carte maîtresse pour une chasse fructueuse, particulièrement ici, à Brokilone. Les dryades, qui possédaient une bonne partie de la forêt, n’y chassaient que très rarement, et l’homme se risquait plus rarement encore dans les environs. »

Extrait de : A. Sapkowski. « Le baptême du feu – Le sorceleur. »

Le temps du mépris par Andrzej Sapkowski

Fiche de Le temps du mépris

Titre : Le temps du mépris (Tome 2 sur 6 – Le sorceleur (romans))
Auteur : Andrzej Sapkowski
Traduction : C. Raszka-Dewez
Date de parution : 1995
Editeur : Bragelonne

Première page de Le temps du mépris

« Pour bien gagner sa vie, avait coutume de rabâcher Aplegatt aux jeunes cadets dont il avait la charge, un courrier à cheval doit posséder deux choses : une tête en or et des fesses en acier.

Une tête en or est indispensable, expliquait Aplegatt à ses apprentis courriers, car, sous son habit, dans sa fine besace en cuir ceinte à même la poitrine, le courrier transporte uniquement des informations de moindre importance, de celles que l’on peut sans crainte confier à la perfidie d’un papier ou d’un parchemin. Quant aux nouvelles confidentielles, de portée réelle, celles dont dépendent beaucoup de choses, le courrier doit les garder en mémoire pour les répéter à qui de droit. Mot pour mot. Et ces mots ne sont pas toujours faciles. Les formuler se révèle déjà compliqué, alors les retenir… Pour y parvenir, pour ne pas commettre d’erreur en les rapportant, il faut avoir une sacrée tête en or.

Quant à l’utilité des fesses en acier, ça, tout courrier en fera lui-même rapidement l’expérience lorsqu’il devra rester assis sur sa selle trois jours et trois nuits durant, à parcourir cent ou deux cents lieues, voire trois cents parfois, sur les routes, ou de temps à autre, s’il le faut, à travers champs. »

Extrait de : A. Sapkowski. « Le temps du mépris – Le sorceleur. »