Étiquette : livre
La voie obscure par Guy Gavriel Kay
Fiche de La voie obscure
Titre : La voie obscure (Tome 3 sur 3 – La tapisserie de Fionavar)
Auteur : Guy Gavriel Kay
Date de parution : 1986
Traduction : E. Vonarburg
Editeur : J’ai lu
Première page de La voie obscure
« Connais-tu ton désir le plus profond ? »
Kim Ford était étudiante, autrefois, trop jeune pour l’université et trop jeune pour son âge, quand on lui avait posé cette question devant un cappuccino, lors d’un premier rendez-vous. Elle en avait été fort impressionnée. Plus tard, ayant beaucoup perdu de sa naïveté, elle avait souvent souri à ce souvenir, en se rappelant comme ce garçon avait été près de se retrouver dans son lit sur la simple foi d’une bonne réplique et de son aisance avec les serveurs dans un restaurant chic. Mais elle n’avait jamais oublié la question.
Et à l’instant présent, guère plus âgée mais néanmoins dotée de cheveux blancs, et aussi loin de son univers qu’elle pouvait l’imaginer, Kim en possédait la réponse.
Son désir le plus profond, c’était de voir mourir d’une mort immédiate et douloureuse l’homme barbu penché sur elle, avec ses tatouages verts sur le front et les joues. »
Extrait de : G.G Kay. « La Tapisserie de Fionavar – La voie obscure. »
Le feu vagabond par Guy Gavriel Kay
Fiche de Le feu vagabond
Titre : Le feu vagabond (Tome 2 sur 3 – La tapisserie de Fionavar)
Auteur : Guy Gavriel Kay
Date de parution : 1986
Traduction : E. Vonarburg
Editeur : J’ai lu
Première page de Le feu vagabond
« L’hiver arrivait. La neige de la nuit précédente n’avait pas fondu et saupoudrait les arbres dénudés. À son réveil, ce matin-là, Toronto se retrouvait vêtue et maquillée de blanc, et c’était seulement le mois de novembre.
Devant les volutes symétriques de l’hôtel de ville, Dave Martyniuk traversait la place Nathan Philips en marchant avec la plus grande prudence et en regrettant de ne pas avoir mis ses bottes. Tout en manœuvrant vers l’entrée du restaurant sur le trottoir d’en face, il constata avec une certaine surprise que les trois autres l’attendaient déjà.
« Un nouveau costume, Dave ! » dit Kevin Laine dont le regard vif ne manquait rien. « Quand est-ce arrivé ?
— Salut, tout le monde, répondit Dave. Je l’ai acheté la semaine dernière. Je ne peux quand même pas porter les mêmes vestes de velours côtelé toute l’année, n’est-ce pas ? »
Extrait de : G.G Kay. « Le feu vagabond – La tapisserie de Fionavar. »
L’arbre de l’été par Guy Gavriel Kay
Fiche de L’arbre de l’été
Titre : L’arbre de l’été (Tome 1 sur 3 – La tapisserie de Fionavar)
Auteur : Guy Gavriel Kay
Date de parution : 1984
Traduction : E. Vonarburg
Editeur : J’ai lu
Première page de L’arbre de l’été
« Pendant les brèves périodes de calme qui survinrent par la suite, la question refit surface : pourquoi eux ? Il y avait une réponse facile, qui avait trait à Ysanne au bord de son lac, mais ne répondait pas à la question la plus importante. Kimberly aux cheveux devenus blancs, dirait qu’elle pouvait sentir la lueur obscure d’un dessein lorsqu’elle scrutait ses souvenirs, mais nul n’est besoin d’être prophétesse pour juger après coup de la trame changeante de la Tapisserie, et Kim, de toute façon, était un cas spécial.
Seuls les départements techniques n’avaient pas terminé leur session ; les cours et les sentiers ombragés du campus de l’Université de Toronto auraient dû être déserts en ce début de mai, surtout un vendredi soir. Que le plus vaste des espaces libres ne le fût pas justifiait la décision des organisateurs du Second Colloque international sur les Celtes ; en agençant le programme pour accommoder certains conférenciers importants, on avait couru le risque de voir une bonne partie de l’auditoire potentiel disparaître sur les chemins de l’été avant le début du colloque. »
Extrait de : G.G Kay. « La Tapisserie de Fionavar – L’Arbre de l’Eté. »
Le Seigneur des Empereurs par Guy Gavriel Kay
Fiche de Le Seigneur des Empereurs
Titre : Le Seigneur des Empereurs (Tome 2 sur 2 – La mosaïque de Sarance)
Auteur : Guy Gavriel Kay
Date de parution : 2000
Traduction : E. Vonarburg
Editeur : J’ai lu
Première page de Le Seigneur des Empereurs
« Dans les premiers vents rigoureux de l’hiver, le Roi des rois de Bassanie, Shirvan le Grand, Frère du Soleil et des Lunes, Glaive de Pérun, Fléau d’Azal le Noir, quitta les murailles de sa cité fortifiée de Kabadh pour le sud-ouest avec une bonne partie de sa cour ; il voulait examiner l’état des fortifications dans cette partie des contrées sur lesquelles il régnait. Il sacrifierait à l’antique Flamme Sacrée de la caste religieuse et chasserait les lions dans le désert. Au matin du premier jour de chasse, il fut blessé juste en dessous de la clavicule.
La flèche était fichée en profondeur et aucun de ceux qui se trouvaient avec lui dans les sables n’osa tenter de la déloger. On emporta le Roi des rois en litière jusqu’à la forteresse de Kérakek, non loin de là. On craignait fort de le voir trépasser.
Les accidents de chasse étaient choses communes. La cour bassanide comptait un certain nombre d’archers à la fois enthousiastes et erratiques. »
Extrait de : G.G Kay. « Mosaïque de Sarance – Le Seigneur des Empereurs. »
Le chemin de Sarance par Guy Gavriel Kay
Fiche de Le chemin de Sarance
Titre : Le chemin de Sarance (Tome 1 sur 2 – La mosaïque de Sarance)
Auteur : Guy Gavriel Kay
Date de parution : 1998
Traduction : E. Vonarburg
Editeur : J’ai lu
Première page de Le chemin de Sarance
« Les orages étaient assez fréquents à Sarance, les nuits d’été, pour accréditer l’histoire bien souvent répétée selon laquelle l’empereur Apius avait rejoint le dieu au milieu d’un monumental déchaînement d’éclairs et de tonnerre sur la Cité sainte. Pertennius d’Eubulus lui-même, quelque vingt ans plus tard, le relate ainsi, en y ajoutant la chute d’une statue de l’Empereur devant la Porte de Bronze de l’Enceinte impériale, et un chêne fendu du faîte à la racine devant les murailles extérieures. Ceux qui écrivent l’histoire préfèrent souvent le dramatique à la vérité. C’est l’une des faiblesses de la profession.
En réalité, la nuit où Apius rendit son dernier souffle dans la salle de Porphyre, au palais Atténin, il ne pleuvait pas sur la Cité. Plus tôt dans la soirée, on avait vu de temps à autre un éclair, avec deux ou trois grondements de tonnerre, bien au nord de Sarance, du côté des terres à grains de Trakésie. Compte tenu des événements ultérieurs, cette direction septentrionale aurait déjà pu paraître porteuse d’un présage suffisant. »
Extrait de : G.G Kay. « Le chemin de Sarance – La mosaïque de Sarance. »
Les chevaux célestes par Guy Gavriel Kay
Fiche de Les chevaux célestes
Titre : Les chevaux célestes (Tome 1 sur 2 – Les chevaux célestes (nouvelle traduction))
Auteur : Guy Gavriel Kay
Date de parution : 2010
Traduction : M. Cabon
Editeur : L’Atalante
Première page de Les chevaux célestes
« Parmi les dix mille bruits, le jade et l’or, les tourbillons de poussière de Xinan, il veillait souvent jusqu’au matin entouré de ses amis du district nord en buvant du vin épicé avec les courtisanes.
Ils écoutaient la flûte et le pipa, ils déclamaient des vers, se mesuraient à coups de quolibets et de citations. Parfois, ils se retiraient dans une alcôve avec une belle parfumée toute de soie vêtue. Alors, quand les tambours de l’aube sonnaient la fin du couvre-feu, ils rentraient chez eux d’un pas incertain pour consacrer la journée au sommeil plutôt qu’aux études.
Désormais, là dans les montagnes, seul dans l’air pur impitoyable des rives du Kuala Nor, loin à l’ouest de la cité impériale, au-delà même des frontières de l’empire, Tai gagnait sa couche étroite dès la nuit tombée, sous les premières étoiles, et la quittait à l’aurore. »
Extrait de : G.G Kay. « Les chevaux célestes. »
Le fleuve des étoiles par Guy Gavriel Kay
Fiche de Le fleuve des étoiles
Titre : Le fleuve des étoiles (Tome 2 sur 2 – Les chevaux célestes)
Auteur : Guy Gavriel Kay
Date de parution : 2013
Traduction : E. Vonarburg
Editeur : Editions Alire
Première page de Le fleuve des étoiles
« Une fin d’automne, tôt dans la matinée. Il fait froid, de la brume monte du sol de la forêt, enveloppant les grands bambous verts du bosquet, étouffant les sons, dissimulant les Douze Pics, à l’est. Sur le sentier, les feuilles rouges et jaunes tombent des érables. Les cloches du temple, à la lisière de la ville, semblent lointaines lorsqu’elles sonnent, comme en provenance d’un autre monde.
Il y a des tigres dans la forêt, mais ils chassent la nuit, ils n’auront pas faim maintenant, et c’est un petit bosquet. Les habitants de Shengdu, même s’ils craignent les grands félins et si les plus âgés déposent des offrandes sur les autels du dieu tigre, se rendent malgré tout dans la forêt pendant le jour, quand c’est nécessaire, pour aller chercher du bois de chauffage ou pour chasser, à moins que ne soit connue la présence d’un mangeur d’hommes. Une terreur primitive s’empare d’eux alors, les champs restent en friche et les théiers intacts tant que la bête n’a pas été abattue, ce qui peut demander beaucoup d’efforts et, parfois, il y a des morts. »
Extrait de : G.G Kay. « Le Fleuve des étoiles – Les chevaux célestes. »
Sous le ciel par Guy Gavriel Kay

Fiche de Sous le ciel
Titre : Sous le ciel (Tome 1 sur 2 – Les chevaux célestes)
Auteur : Guy Gavriel Kay
Date de parution : 2010
Traduction : E. Vonarburg
Editeur : Editions Alire
Première page de Sous le ciel
« Souvent, au milieu des bruits, de l’or, du jade et des tourbillons de poussière de Xinan, Tai avait passé toute la nuit avec des amis à boire du vin épicé dans le District Nord, en compagnie des courtisanes.
Ils écoutaient de la musique, flûte ou pipa, déclamaient des vers, s’adressaient des piques ou des citations pour se mettre à l’épreuve, se cherchaient parfois une chambre privée, en compagnie d’une femme soyeuse et parfumée, puis ils retournaient chez eux d’un pas incertain, après avoir entendu résonner les tambours de l’aube qui annonçaient la fin du couvre-feu, et ils dormaient le reste de la journée au lieu d’étudier.
Ici, dans les montagnes, seul dans l’air dur et froid au bord des eaux du Kuala Nor, loin à l’ouest de la cité impériale, et même au-delà des frontières de l’empire, Tai se retrouvait dans un lit étroit à la tombée de la nuit, sous l’éclat des premières étoiles, et il s’éveillait au lever du soleil. »
Extrait de : G.G Kay. « Sous le Ciel – Les chevaux célestes. »
Ender Wiggin par Orson Scott Card

Fiche de Ender Wiggin
Titre : Ender Wiggin – Premières rencontres (Hors Série – Le cycle d’Ender)
Auteur : Orson Scott Card
Date de parution : 2005
Traduction : F. Bury
Editeur : L’Atalante
Sommaire de Ender Wiggin
- Le petit polonais
- L’étudiant
- La stratégie Enfer
- Conseiller financier
Première page de Le petit polonais
« Jean-Paul détestait l’école. Sa mère faisait de son mieux, mais comment aurait-elle pu rien lui apprendre alors qu’elle avait huit autres enfants – six à qui elle devait faire classe et deux petits bébés à materner ?
Ce que Jean-Paul détestait le plus, c’est qu’elle s’entêtait à vouloir lui apprendre ce qu’il savait déjà. Elle lui imposait des lignes d’écriture, de copier et recopier des lettres pendant qu’elle enseignait des choses intéressantes à ses aînés. Aussi Jean-Paul s’efforçait-il de comprendre la bouillie d’informations qu’il tirait de leurs conversations. De vagues notions de géographie – il avait appris le nom de dizaines de nations et leur capitale sans bien savoir ce qu’était une nation. Des rudiments de mathématiques – elle rabâchait les polynômes à Anna qui ne paraissait même pas essayer de comprendre, mais cela permettait à Jean-Paul d’assimiler la démarche. Toutefois il apprenait machinalement, sans la moindre idée de ce que cela signifiait réellement. »
Extrait de : O.S Card. « Premières rencontres – Le cycle d’Ender. »
Ender l’exil par Orson Scott Card

Fiche de Ender l’exil
Titre : Ender l’exil (Hors Série – Le cycle d’Ender)
Auteur : Orson Scott Card
Date de parution : 2008
Traduction : F. Bury
Editeur : L’Atalante
Première page de Ender l’exil
« Theresa Wiggin était assise sur son lit, la lettre de Graff à la main.
« Appelé à « témoigner ». Ce qui implique de le placer sous les projecteurs en tant que… quoi ? Héros ? Ou monstre, plutôt, puisque certains sénateurs décrient déjà l’exploitation des enfants.
— Ça lui apprendra à sauver l’espèce humaine, répondit John Paul, son mari.
— Ce n’est pas le moment de faire de l’esprit.
— Theresa, sois raisonnable. J’ai autant envie que toi de voir Ender rentrer à la maison.
— Non, répondit-elle férocement. Tu ne saignes pas chaque jour tellement il te manque. »
Elle sut à l’instant même où elle tenait ces propos qu’elle se montrait injuste envers lui et elle se couvrit les yeux en secouant la tête.
À son honneur, il comprit et s’abstint d’ergoter avec elle sur ce qu’il ressentait ou non. »
Extrait de : O.S. Card. « Ender L’exil – Le cycle d’Ender. »