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La Vénus de l’Himmenadrock par Jacques Hoven

Fiche de La Vénus de l’Himmenadrock
Titre : La Vénus de l’Himmenadrock
Auteur : Jacques Hoven
Date de parution : 1975
Editeur : Fleuve noir
Première page de La Vénus de l’Himmenadrock
« Silhouette hiératique plaquée sur fond de ciel violet, Erl il Horlan se tenait immobile au sommet de l’à-pic de pierre rouge. Debout sur les étriers de son grand hippogriffe de combat, jambes raidies sous les ailes repliées de sa monture, l’hipparque évoquait un personnage fabuleux de l’antique mythologie terrienne.
Il poussa un cri guttural dont les échos se répercutèrent en cascade entre les parois abruptes des monts du Harz. Puis il releva son casque de fibres bouillies à profil de mante religieuse, dressa sa lance verticalement, et l’agita trois fois. Les pennons colorés de la hampe étincelèrent dans le soir naissant.
À ce signal, quelques centaines de mètres plus bas, la petite troupe se remit en marche entre les entassements rocheux des contreforts. Elle s’étira avec lenteur en gravissant l’étroit corridor qui montait en délovant ses méandres entre d’immenses monolithes aux formes tourmentées, vers les escarpements qui commandaient le défilé. »
Extrait de : J. Hoven. « La Vénus de l’Himmenadrock. »
La porte des enfers par Jacques Hoven

Fiche de La porte des enfers
Titre : La porte des enfers
Auteur : Jacques Hoven
Date de parution : 1978
Editeur : Fleuve noir
Première page de La porte des enfers
« Sept rais de lumière foraient en oblique la pénombre du temple de justice. Ils convergeaient, au-dessus du chœur, sur la masse colossale de l’autel.
Visages figés, recueillis, murés ou illuminés par la foi, les fidèles attendaient l’heure du sacrifice. Confite en piété, l’assistance retenait son souffle. Un éclair d’or scintilla dans le halo pailleté d’un vitrail. Aussitôt mille regards hallucinés se levèrent en direction de la chaire où l’huissier maître des cérémonies venait de lever sa hallebarde.
Il y eut un moment d’anxiété, de ferveur et d’impatience mêlées. Le temps parut s’arrêter. Enfin la lourde hampe de bois retomba sur le plancher de la chaire avec un bruit sourd. Les trois coups frappés, une rumeur de murmures, de tissus froissés, de toux, de semelles et de sièges raclant le sol s’éleva dans la nef. »
Extrait de : J. Hoven. « La porte des enfers. »
Il était une fois dans l’espace par Jacques Hoven

Fiche de Il était une fois dans l’espace
Titre : Il était une fois dans l’espace
Auteur : Jacques Hoven
Date de parution : 1973
Editeur : Fleuve noir
Première page de Il était une fois dans l’espace
« Sur le panneau hémisphérique qui dominait la consolette de pilotage, une lampe orange se mit à clignoter.
L’aiguille d’un cadran franchit en tremblant le repère rouge de la limite de poussée. Sur l’écran du central-navigation, un chiffre s’inscrivit, se modifia, revint avec insistance éclairer l’angle du tube cathodique. Un vibreur fit entendre un son grave intermittent.
De service au cerveau-machines, l’officier mécanicien en second Chlang se leva. Il considéra avec une moue critique la multitude de voyants colorés où se résumait la vie complexe de la machinerie et, sans précipitation, manœuvra d’une infime pression du pouce la molette de contrôle des canalisations d’énergie.
Aussitôt, l’écran du robot-navigation reprit sa teinte rose pâle, la lampe d’alerte cessa de clignoter ; la pointe de l’aiguille se stabilisa entre les marques noires déterminées par la calculatrice électronique. Le vibreur se tut. »
Extrait de : J. Hoven. « Il était une fois dans l’espace. »
Adieu Cered par Jacques Hoven

Fiche de Adieu Cered
Titre : Adieu Cered
Auteur : Jacques Hoven
Date de parution : 1972
Editeur : Fleuve noir
Première page de Adieu Cered
« Du puits à la cabine de contrôle, les membres de l’équipe montante piétinaient le sable rouge. Sous le voile transparent de leurs paupières secondes relevées, leurs yeux mornes, aux prunelles immenses, contemplaient un spectacle perceptible à eux seuls, à jamais inconnu des hommes de la Terre.
De l’autre côté du carreau, les uns après les autres, ceux de l’équipe descendante plongeaient leurs longs bras graciles à travers le guichet pneumatique de la cabine de contrôle, cube de verre pressurisé où un Terrien en uniforme de déporté vérifiait les numéros matricules et pointait les cartes de travail.
Dehors, l’embouchoir de leurs inhalateurs serré entre les dents, les bagnards les poussaient sans un mot vers les galeries en balançant à bout de bras leurs gourdins de plastique blanc. En longues colonnes, résignés, dociles et malhabiles, les Cerdiens allaient, de leur étonnante démarche sautillante, prendre les pics au magasin, les torches à la lampisterie, et ils repartaient, les pans de leurs longues robes blanches flottant sur leurs membres interminables et fragiles, vers les puits de la mine… »
Extrait de : J. Hoven. « Adieu Céred. »
Un goût de fièvre par Pierre Courcel
Fiche de Un goût de fièvre
Titre : Un goût de fièvre
Auteur : Pierre Courcel
Date de parution : 1966
Editeur : Fleuve noir
Première page de Un goût de fièvre
« Sur la route rectiligne qui semblait barrée à l’horizon par les montagnes éclaboussées de soleil, la voiture roulait à toute allure.
À l’entrée du village de Carlitte, l’inspecteur Lieurac ralentit à peine. C’est seulement à proximité de la grande maison catalane qu’il freina sec.
Au moment exact où il mettait pied à terre, la détonation retentit…
Tout parut alors se figer… Lieurac demeurait immobile, près de l’auto, la tête levée vers l’étage de la vieille demeure. Au bout de quelques secondes, il se tourna vers l’inspecteur qui l’accompagnait. Un muscle battait sur le visage de ce dernier. Lieurac le remarqua machinalement, avant de rencontrer le regard de son adjoint qui murmura d’une voix étranglée :
— Encore un !
Ces mots éveillèrent Lieurac. Il réagit enfin, se précipita vers la maison toute proche. La poignée de cuivre tourna sans difficulté sous sa main et il se trouva dans le large vestibule qu’il connaissait déjà. Il fonça vers l’escalier dont il gravit les marches à toute allure.
Au premier, il courut plus qu’il ne marcha vers une porte entrebâillée. À peine en eut-il franchi le seuil qu’il s’immobilisa brusquement. »
Extrait de : P. Courcel. « Un gout de fievre. »
Le délégué à Mexico par Pierre Courcel

Fiche de Le délégué à Mexico
Titre : Le délégué à Mexico
Auteur : Pierre Courcel
Date de parution : 1973
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le délégué à Mexico
« La séance de travail risquait de se prolonger encore plus que les autres fois. Discrètement, Ronald Hampton coula un regard vers la belle pendule ancienne du salon où il était enfermé avec son collègue équatorien depuis le milieu de l’après-midi. Pas loin de 8 heures… Il réprima avec quelque difficulté un soupir de contrariété…
Bavarder pendant des heures, point par point, mais pour quel résultat final ? C’était la cinquième rencontre de ce genre, en terrain neutre, à proximité de Mexico, et chaque fois que Ronald Hampton avait eu l’impression d’une minime progression, un autre problème accessoire était soulevé par Laureano Pradilla, son interlocuteur.
Hampton savait masquer son impatience, voire son mécontentement, sous un sourire affable et une expression attentive. Cependant, les atermoiements de Pradilla, ses demandes de précision, sa manière de présenter comme importants des problèmes mineurs, le crispaient parfois. »
Extrait de : P. Courcel. « Le délégué à Mexico. »
Le coin du bois par Pierre Courcel

Fiche de Le coin du bois
Titre : Le coin du bois
Auteur : Pierre Courcel
Date de parution : 1977
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le coin du bois
« Derrière leurs cigares, dans ce coin de restaurant de luxe où ils s’étaient attardés alors que la salle se vidait, les deux hommes s’observaient.
Durant le repas, soigné, ils n’avaient pas parlé affaires.
C’est seulement après le café, devant un cognac pour Eric, un armagnac pour Gilles, que la conversation avait été lancée. Tout était déjà à peu près réglé et il ne s’agissait plus que d’arrêter les dispositions pratiques.
Gilles Brassac laissait filer maintenant, ne soulevant plus d’objections, se mettant presque dans la position du subalterne qu’il serait bientôt.
Il n’avait pas le choix : l’offre d’Eric Florine était la plus intéressante, car l’industriel traitait pour son propre compte et non pour un groupe.
Florine avait les épaules assez solides pour ça. Lui avait su nager beaucoup mieux que son interlocuteur. Gilles Brassac se le répétait de temps en temps, sans réelle amertume, car c’était chez lui un sentiment qui s’était émoussé.
Cependant, en considérant Eric Florine en pleine force de l’âge à quarante-cinq ans, un homme au cou de taureau surmonté d’une grosse tête à mâchoires volontaires, il se sentait déjà vieilli et las. »
Extrait de : P. Courcel. « Le coin du bois. »
Escales forcées par Pierre Courcel

Fiche de Escales forcées
Titre : Escales forcées
Auteur : Pierre Courcel
Date de parution : 1972
Editeur : Fleuve noir
Première page de Escales forcées
« Les deux Galtariens arboraient un visage soucieux trahissant une gravité et une tension d’esprit peu communes. Leurs regards se posaient sur chaque objet de la base souterraine, sur chaque commande et sur les écrans de contrôle, avec une attention particulière.
Eux-mêmes se dévisageaient fréquemment, essayant de saisir sur les traits de l’autre ses sentiments cachés.
C’était la dernière fois…
Bientôt, c’en serait fini d’eux. Leur enveloppe charnelle serait réduite en vibrations et en énergie…
Un pas redoutable à franchir quelle que soit la détermination de Béor et de Théor. Mais ils n’avaient plus le choix et se trouvaient acculés à cette ultime entreprise.
Plus rien à espérer. Aucun moyen de subsister et de survivre dans la base. Plus de vivres et pour ainsi dire plus d’eau, si les ressources en énergie demeuraient considérables.
Les yeux de Béor et de Théor se croisèrent et ils esquissèrent l’un et l’autre un sourire grave. Entre eux, il existait une ressemblance évidente. Même corps allongé et frêle, taille élevée et membres grêles, teint excessivement pâle. »
Extrait de : P. Courcel. « Escales forcées. »
Equipages en péril par Pierre Courcel

Fiche de Equipages en péril
Titre : Equipages en péril
Auteur : Pierre Courcel
Date de parution : 1970
Editeur : Fleuve noir
Première page de Equipages en péril
« Assis devant ses instruments de contrôle, Jean Carlin les quittait fréquemment du regard pour observer cette planète que l’astronef survolait pour la sixième fois.
Un monde à l’atmosphère raréfiée, avec des traces d’oxygène et d’hélium, une absence à peu près complète d’acide carbonique, une très forte proportion d’azote.
Un monde au sol siliceux, couvert de plaques de lichens. L’eau était fort rare, Carlin et ses hommes s’en étaient convaincus au cours de leurs précédents survols. Sauf surprise, ce serait leur dernier vol au-dessus de cette planète décevante.
À côté du chef de bord qui tenait les commandes, Matt Osborn regardait aussi défiler le sol inégal, coupé de nombreuses failles, aux bords arrondis.
Le Lergal filait vers les molles ondulations qui barraient l’horizon. Des montagnes de faible altitude, où n’apparaissait pas la moindre végétation, où l’on ne pouvait pas deviner le plus petit ruisseau. Sous le ciel bleu-gris, qui, par endroits, prenait des nuances violettes, le massif montagneux paraissait lugubre. »
Extrait de : P. Courcel. « Équipages en péril. »
Echelon de destruction par Pierre Courcel

Fiche de Echelon de destruction
Titre : Echelon de destruction
Auteur : Pierre Courcel
Date de parution : 1970
Editeur : Fleuve noir
Première page de Echelon de destruction
« Sa journée de travail terminée, Hilario Alcudia éprouva le besoin de se rafraîchir avant de rentrer chez lui.
Ayant pris son service à quinze heures, il venait d’effectuer huit heures d’affilée à son poste de contrôle, au port de Buenos Aires. A peine avait-il eu le temps de mâchonner un sandwich et de se désaltérer, au cours de la soirée.
Il fit claquer sa langue sur son palais. En ce début de décembre, les approches de l’été se faisaient sentir et la journée avait été chaude.
Ce soir, un léger vent tempérait un peu la chaleur assez lourde.
Au café où il avait ses habitudes, il commanda une bière. Il en avala la moitié d’un coup, savoura le reste à petites gorgées gourmandes, pour mieux en goûter la fraîcheur.
Il ne s’attarda pas dans l’établissement et prit le chemin de son domicile. C’était l’affaire d’un petit quart d’heure à pied, et Hilario fit le chemin sans se presser, par des rues à peu près désertes. »
Extrait de : P. Courcel. « Echelon de destruction. »