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Le ciel sous la Terre par Robert Clauzel

Fiche de Le ciel sous la Terre
Titre : Le ciel sous la Terre
Auteur : Robert Clauzel
Date de parution : 1977
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le ciel sous la Terre
« Le Dr Roy Erwin rangea son interminable Cadillac violine sur le parking du motel. Il n’était pas loin de Sacramento et il avait conduit toute la journée. Il préféra s’arrêter pour la nuit dans cet endroit déferlant de néon multicolore. Il faisait chaud – il avait fait une chaleur torride toute la journée – et le crépuscule orange et mauve adoucissait à peine cette jungle d’asphalte, de béton, de lumière fluorescente, de publicité monstrueuse.
Il descendit, redressa sa longue silhouette et regarda autour de lui. Le bâtiment était ultra-moderne, écrasé, plat ; les pompes à essence ressemblaient à des êtres humains, molochs du XXe siècle présidant à notre destinée jusque dans ses moindres détails.
D’innombrables motos comme d’innombrables insectes s’entassaient dans un coin, brillant de mille feux. Une musique violente, style marteau pneumatique, provenait de la salle principale ainsi que les crépitements des jeux. »
Extrait de : R. Clauzel. « Le Ciel sous la Terre. »
La Terre, échec et mat… par Robert Clauzel

Fiche de La Terre, échec et mat…
Titre : La Terre, échec et mat…
Auteur : Robert Clauzel
Date de parution : 1976
Editeur : Fleuve noir
Première page de La Terre, échec et mat…
« Le Dr Griffon ouvrit la porte de son pavillon de banlieue et reçut, comme un bienfait du ciel, la douce caresse du crachin vespéral. Il referma derrière lui, mit la clef dans sa poche et alluma une cigarette malgré la pluie. Il releva le col de son trench-coat et traversa le bout de jardin qui s’étendait devant la maison. Le gravier mouillé crissa sous son pas. Il poussa la grille dont les barreaux laissaient échapper des perles d’eau froide et se retrouva dans la rue. Il regarda la rue. Il ne la reconnaissait pas. Tout lui semblait étrange et hostile tout d’un coup.
Soir d’hiver, passants anonymes, silhouettes vagues qui se pressaient, entre chien et loup, vaquant à leur obscure besogne…
Des gens de son quartier avec leurs habitudes, leurs soucis, leurs espérances… Des femmes, des hommes, des enfants, des vieillards… »
Extrait de : R. Clauzel. « La Terre, échec et mat. »
La planète suppliciée par Robert Clauzel

Fiche de La planète suppliciée
Titre : La planète suppliciée
Auteur : Robert Clauzel
Date de parution : 1976
Editeur : Fleuve noir
Première page de La planète suppliciée
« Patrick Maughan avait échappé à ses très lourdes préoccupations expérimentales et se rendait en voiture à cette soirée ennuyeuse chez les de Mandria, près de Ballainvilliers. S’il s’était imposé cette corvée, c’était surtout parce qu’il espérait revoir, ce soir, Nancy Linda qu’il avait connue à un bal mondain à Versailles chez des amis, puis revue à deux ou trois reprises à Honfleur, en vacances. Puis encore, alors que rien ne l’autorisait à envisager d’autres rencontres, en Italie, à Venise, par le plus grand des hasards. Là, elle était avec un homme assez beau, de type napolitain, mais n’avait eu d’yeux que pour lui, Patrick, comme si elle était heureuse de le revoir, comme si elle avait souhaité lui parler, ou être avec lui. C’était à la terrasse du Vantori, par un soir bleu et chaud. Ses yeux luisaient à son intention par-dessus les petites lampes orangées qui éclairaient les tables de leur velours lumineux. Il en avait éprouvé une attirance accrue et une secrète jalousie momentanée. Nancy était si belle. Si étrange aussi. »
Extrait de : R. Clauzel. « La planète suppliciée. »
La flamme des cités perdues par Robert Clauzel

Fiche de La flamme des cités perdues
Titre : La flamme des cités perdues (?? – Claude Eridan)
Auteur : Robert Clauzel
Date de parution : 1979
Editeur : Fleuve noir
Première page de La flamme des cités perdues
« Je n’avais jamais vu le Pr Georges Béranger dans cet état-là.
— Oui, grogna-t-il avec férocité. Oui, ce roman a été écrit par un ordinateur. Aussi invraisemblable que cela puisse paraître. D’ailleurs…
— Vous voulez dire que ce manuscrit intitulé La Flamme des Cités Perdues…
— Ai-je déclaré autre chose ? M’avez-vous entendu annoncer autre chose que cela ? Oui, je le répète… à votre corps défendant… ce manuscrit est l’œuvre d’un ordinateur. Et pourquoi ce fait vous choque-t-il, s’il vous plaît ?
— Mais…
Le vent soufflait avec rage et précipitait des paquets de pluie sur les carreaux des grandes baies du living-room de la Planésie. Novembre vomissait toutes ses bises aigres et faisait naître des flaques d’eau où traînaient des lueurs crépusculaires, annonçant l’hiver tout proche. Les grands arbres du parc se tordaient dans tous les sens, véritable houle végétale. Le vent soufflait et murmurait des choses inconnues des hommes de la Terre et essayait d’envelopper la Planésie dans son linceul irréel et mouvant. »
Extrait de : R. Clauzel. « La flamme des cités perdues. »
La fantastique énigme de Pentarosa par Robert Clauzel

Fiche de La fantastique énigme de Pentarosa
Titre : La fantastique énigme de Pentarosa
Auteur : Robert Clauzel
Date de parution : 1974
Editeur : Fleuve noir
Première page de La fantastique énigme de Pentarosa
« Si Gilbert Krone n’avait pas décidé de prolonger de vingt-quatre heures ses vacances à Saint-Jean-Cap-Ferrat, rien de tout cela ne serait arrivé. Tout serait passé inaperçu et le mécanisme diabolique aurait pu se mettre en place en toute tranquillité, en toute impunité, tandis que les hommes auraient continué leurs sordides querelles jusqu’à l’incroyable événement.
Mais Gilbert a décidé de rester, et, de ce fait, va se produire une insolite conjonction. Le signal approche, la distance se réduit entre le lieu où se trouve le jeune homme et celui qui arrive en vue de la station balnéaire…
La blonde journée s’achève. Septembre a rendu la mer, le sable et le ciel évanescents, presque anémiques ; l’air a été comme une stase de velours. Pas un souffle dans cette marine immobile et figée. Maintenant, à l’heure où le jour bascule, le crépuscule a allumé un incendie derrière les pins parasols et l’horizon flambe tout entier. »
Extrait de : R. Clauzel. « La fantastique énigme de Pentarosa. »
La cité de l’éternelle nuit par Robert Clauzel

Fiche de La cité de l’éternelle nuit
Titre : La cité de l’éternelle nuit
Auteur : Robert Clauzel
Date de parution : 1983
Editeur : Fleuve noir
Première page de La cité de l’éternelle nuit
« Il s’avança jusqu’à ce paysage chaotique qu’il ne comprenait pas et qui était fait de piliers démolis et de bâtiments en ruine, de pierres vitrifiées et d’éboulis. Le ciel était lie-de-vin, comme la plupart du temps, et des nuées étranges roulaient comme de la fumée ; comme de la fumée en provenance d’un incendie qui n’en finirait pas. Il était habitué à ça, ainsi qu’à tous les curieux changements qu’opérait ce ciel incompréhensible.
Une dartre noire détala en grinçant comme de la tôle rouillée, ses pinces tendues menaçantes, et feula à plusieurs reprisés. Elle était énorme. Elle creusa une pierre et s’y enfonça, tapissant ensuite son abri d’une paroi aussi duré que le minéral. Il y a longtemps que Aad était habitué aux dartres et réciproquement. Mais un instinct lui disait qu’il ne fallait pas y toucher et une impression de malaise se dégageait toujours de ces crustacés de terre qui vivaient dans les pierres. »
Extrait de : R. Clauzel. « La Cité de l’éternelle nuit. »
L’horrible découverte du Dr Coffin par Robert Clauzel

Fiche de L’horrible découverte du Dr Coffin
Titre : L’horrible découverte du Dr Coffin
Auteur : Robert Clauzel
Date de parution : 1982
Editeur : Fleuve noir
Première page de L’horrible découverte du Dr Coffin
« Richard Temple prenait du bon temps avec un groupe de jeunes sirènes dans un motel de la chaîne « Impérial 400 Motels » sur la route d’Annatown, à 17 kilomètres exactement de cette charmante localité californienne, et, bien que son métier l’obligeât à laisser en permanence ses propres coordonnées à ses supérieurs hiérarchiques directs, rien ne l’autorisait à penser que quelque chose se préparait qui allait bouleverser le destin d’une bonne centaine de ses concitoyens à court terme.
La température était encore douce et clémente, l’air était de velours et le calme serein de cette fin septembre se cachait dans l’atmosphère, un peu nostalgique pourtant, d’une saison finissante.
L’eau de la piscine était agréable, bleue et fraîche, et son étendue miroitait au soleil couchant.
Laura était une fille splendide, assise, en maillot saumon, à sa table et sirotant un Damarkin… »
Extrait de : R. Clauzel. « L’horrible découverte du Dr Coffin. »
Et la nuit garda son secret par Robert Clauzel

Fiche de Et la nuit garda son secret
Titre : Et la nuit garda son secret
Auteur : Robert Clauzel
Date de parution : 1975
Editeur : Fleuve noir
Première page de Et la nuit garda son secret
« Qu’était-il arrivé à Igor Cavendish qui justifie cette convocation mi-suppliante mi-précipitée ? Qu’était-il arrivé qui justifie ce coup de téléphone en catastrophe ? Que se passait-il exactement et où voulait-il en venir ?
Éric terminait de se raser et se vaporisait un de ces after shave fresh up qui encombrent la publicité contemporaine et qui au lieu de l’adoucir lui fit l’effet d’une brûlure sur le visage. Puis il s’examina attentivement dans le grand miroir rond de son cabinet de toilette. Il n’aimait pas les rasoirs électriques aussi se tirait-il de cette corvée quotidienne avec quelques égratignures qui saignaient toujours un peu. Il se tamponna minutieusement, après quoi il se lava les mains avec une savonnette au tilleul. Éric était vraiment préoccupé par le coup de téléphone de Cavendish. Ils ne s’étaient pas revus depuis une quinzaine d’années environ et voilà que soudain Igor Cavendish surgissait à nouveau dans sa vie, de façon plutôt extraordinaire. »
Extrait de : R. Clauzel. « Et la nuit garda son secret. »
Comme un orgue d’enfer… par Robert Clauzel

Fiche de Comme un orgue d’enfer…
Titre : Comme un orgue d’enfer…
Auteur : Robert Clauzel
Date de parution : 1979
Editeur : Fleuve noir
Première page de Comme un orgue d’enfer…
« Harry Durban sursauta violemment et écrasa la pédale de frein. Les pneus crièrent sur le macadam brûlant. La Mercury Cougar chassa un peu et finit par stopper. Harry Durban lâcha l’embrayage et le moteur cala.
— Merde ! Merde ! Merde !… gronda-t-il.
Il descendit sans aucune précaution, faisant hurler le conducteur d’une voiture qui passa en trombe près de lui. Durban fit le tour de la conduite intérieure, étincelante sous les feux du couchant, et fit quelques pas.
Des voitures cinglaient sur la grande route bordée de doux halliers et de buissons verts. Durban considéra la marque des pneus sur la route. « Il n’y a guère que dans les accidents qu’on voit ça… », pensa-t-il. Et il ajouta mentalement : « Ce qui aurait bien pu se produire. » Il continua à faire quelques mètres. Il faisait chaud et la température était agréable. Des vagues de fraîcheur, des senteurs de bois et d’humus parvenaient des fourrés et des taillis. »
Extrait de : R. Clauzel. « Comme un orgue d’enfer…. »
A l’aube du dernier jour… par Robert Clauzel

Fiche de A l’aube du dernier jour…
Titre : A l’aube du dernier jour…
Auteur : Robert Clauzel
Date de parution : 1973
Editeur : Fleuve noir
Première page de A l’aube du dernier jour…
« Crachin. Crachin sur la ville…
Petite pluie fine qui descend lentement, comme un voile ténu, arachnéen, presque impalpable. Grisaille d’eau qui baigne toutes choses, qui s’abat, enveloppe, mouille, fait jouer et glisser des gouttelettes sur les fils électriques… Des milliers de gouttelettes, perles limpides, diamants ronds qui se poursuivent, se rattrapent, s’englobent et pleuvent encore, une à une, au bout du parcours… Pluie qui fait luire les pavés, le basalte et les trottoirs ; pluie du matin sur la ville, qui efface, adoucit, estompe les contours des toits, des cheminées, des immeubles livides aux façades lépreuses. Temps froid, couvert… emmitouflé de brume et de coton…
Le comptoir du « snack » est poisseux et le journal humide ; les feuilles molles sentent l’encre d’imprimerie. Les vitres du bar sont embuées, le sol est visqueux et plein de sciure. Une femme de ménage cogne son balai contre les pieds des tables. C’est désagréable. »
Extrait de : R. Clauzel. « A l’aube du dernier jour…. »