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Ayesha – intégrale par Ange

Fiche de Ayesha – intégrale

Titre : Ayesha – intégrale
Auteur : Ange
Date de parution : 2012
Editeur : Bragelonne

Sommaire de Ayesha – intégrale

  • Le peuple turquoise
  • La flamme d’Harabec
  • La mort d’Ayesha

Première page de Le peuple turquoise

« La galère coulait lentement, comme à regret. Les membres d’équipage avaient été tués dès les premières minutes ; la bataille s’était ensuite éloignée vers la rive sud du lac, abandonnant le vaisseau et les prisonniers à leur sort.

L’eau avait envahi l’embarcation par petites vagues, l’une après l’autre, déséquilibrant la coque, jusqu’à ce que la galère décide de s’enfoncer par l’arrière. Le plus surprenant, avait pensé Arekh en contemplant le lac, c’était le calme. Les cris des officiers des autres vaisseaux, les hurlements des marins agonisants, le bruit des voiles ravagées par les flammes étaient maintenant très loin. Les vaisseaux de l’émir et de ses ennemis avaient disparu derrière une avancée rocheuse.

Là-bas, le massacre continuait, mais autour de la galère, l’eau était redevenue paisible. Le cadavre du grand Mérinide qui marquait le rythme sur son tambour flottait à quelques mètres des quarante galériens entravés à leurs bancs. Le niveau de l’eau montait, atteignant maintenant la poitrine des prisonniers des derniers rangs.

Les rayons du soleil chauffaient les visages, murmurant des promesses de printemps. »

Extrait de : Ange. « Ayesha – L’Intégrale. »

La saison des orages par Andrzej Sapkowski

Fiche de La saison des orages

Titre : La saison des orages (Tome 6 sur 6 – Le sorceleur (romans))
Auteur : Andrzej Sapkowski
Traduction : C. Raszka-Dewez
Date de parution : 2015
Editeur : Milady

Première page de La saison des orages

« Il n’existait que pour tuer.

Il était allongé sur le sable chauffé par le soleil.

À travers ses antennes piliformes et ses pédicelles plaqués au sol, il percevait les vibrations qui se propageaient.

Les secousses étaient encore lointaines ; Idr les ressentait distinctement pourtant, et leur intensité lui permettait de déterminer non seulement la direction exacte prise par sa proie et la cadence à laquelle elle se déplaçait, mais également d’en estimer le poids. Pour la majorité des prédateurs de son espèce, le poids de la victime était d’une importance capitale. Rester en planque, charger, pourchasser, impliquait une perte d’énergie qui devait être compensée par la qualité de la pâture. La plupart de ces prédateurs renonçaient à attaquer lorsque la proie était trop petite. Mais pas lui. Idr n’existait pas pour manger et entretenir la race. Lui n’avait pas été créé dans ce but.

Idr vivait pour tuer. »

Extrait de : A. Sapkowski. « La saison des orages – La saga du Sorceleur. »

La dame du Lac par Andrzej Sapkowski

Fiche de La dame du Lac

Titre : La dame du Lac (Tome 5 sur 6 – Le sorceleur (romans))
Auteur : Andrzej Sapkowski
Traduction : C. Raszka-Dewez
Date de parution : 1999
Editeur : Bragelonne

Première page de La dame du Lac

« C’était à n’en pas douter un lac enchanté.
Pour commencer, il était niché non loin des gorges de la vallée ensorcelée de Cwm Pwcca, cette vallée mystérieuse, éternellement nimbée de brume, célèbre pour ses enchantements et phénomènes magiques.
Et puis il suffisait de le regarder.
D’un bleu profond, intense et limpide, la surface de l’eau faisait immanquablement penser à un saphir. Elle était lisse comme un miroir, au point que le reflet des cimes du massif d’Y Wyddfa était bien plus beau que les montagnes elles-mêmes. Une brise légère, froide et vivifiante soufflait du lac et rien, pas même le saut des poissons ou le cri des oiseaux de mer, ne venait troubler le calme majestueux qui régnait alentour.
Le chevalier en fut tellement impressionné qu’il frissonna. Mais plutôt que de continuer sa route le long de la crête, il dirigea son cheval vers le bas de la montagne, en direction du lac.  »

Extrait de : A. Sapkowski. « La dame du lac – Le sorceleur. »

La tour de l’hirondelle par Andrzej Sapkowski

Fiche de La tour de l’hirondelle

Titre : La tour de l’hirondelle (Tome 4 sur 6 – Le sorceleur (romans))
Auteur : Andrzej Sapkowski
Traduction : C. Raszka-Dewez
Date de parution : 1997
Editeur : Bragelonne

Première page de La tour de l’hirondelle

« L’univers, comme chacun sait, de même que la vie, suit une trajectoire circulaire. Sur la circonférence de ce cercle figurent huit points magiques qui forment une rotation complète, soit un cycle annuel. Ces points vont par paires et se font face sur la circonférence du cercle : Imbaelk, la germination, et Lammas, la maturation ; Belleteyn, la floraison, et Saovine, l’étiolement ; le solstice d’hiver, appelé Midinvaerne, et d’été, Midaëte ; l’équinoxe de printemps, Birke, et d’automne, Velen. Le cercle est ainsi divisé en huit parties qui correspondent au découpage d’une année dans le calendrier elfique.
Les humains qui débarquèrent sur les plages à l’embouchure de la Iaruga et du Pontar possédaient leur propre calendrier ; basé sur la lune, il divisait l’année en douze mois et indiquait au laboureur le cycle annuel de son travail, de la fabrication des gaules en janvier jusqu’à l’époque des grands froids et du gel de la terre. »

Extrait de : A. Sapkowski. « La tour de l’hirondelle – Le sorceleur. »

Le baptême du feu par Andrzej Sapkowski

Fiche de Le baptême du feu

Titre : Le baptême du feu (Tome 3 sur 6 – Le sorceleur (romans))
Auteur : Andrzej Sapkowski
Traduction : C. Raszka-Dewez
Date de parution : 1996
Editeur : Bragelonne

Première page de Le baptême du feu

« Les oiseaux piaillaient dans les buissons.

Les flancs du ravin étaient envahis de ronces et d’épines-vinettes qui formaient une masse épaisse et compacte, repaire idéal pour la nidification et la pâture. Rien d’étonnant à ce que l’endroit pullule de volatiles. Les verdiers d’Europe lançaient leurs trilles acharnés, les passereaux et les fauvettes gazouillaient, les pinsons faisaient retentir leur chant à tout instant. Les pinsons annoncent la pluie, se dit Milva en levant instinctivement les yeux vers le ciel. Je ne vois pas de nuages. Mais le chant des pinsons annonce toujours la pluie. Un peu de pluie, enfin, ça ne ferait pas de mal !

Le poste de guet que s’était choisi Milva, face à la vallée, était une carte maîtresse pour une chasse fructueuse, particulièrement ici, à Brokilone. Les dryades, qui possédaient une bonne partie de la forêt, n’y chassaient que très rarement, et l’homme se risquait plus rarement encore dans les environs. »

Extrait de : A. Sapkowski. « Le baptême du feu – Le sorceleur. »

Le temps du mépris par Andrzej Sapkowski

Fiche de Le temps du mépris

Titre : Le temps du mépris (Tome 2 sur 6 – Le sorceleur (romans))
Auteur : Andrzej Sapkowski
Traduction : C. Raszka-Dewez
Date de parution : 1995
Editeur : Bragelonne

Première page de Le temps du mépris

« Pour bien gagner sa vie, avait coutume de rabâcher Aplegatt aux jeunes cadets dont il avait la charge, un courrier à cheval doit posséder deux choses : une tête en or et des fesses en acier.

Une tête en or est indispensable, expliquait Aplegatt à ses apprentis courriers, car, sous son habit, dans sa fine besace en cuir ceinte à même la poitrine, le courrier transporte uniquement des informations de moindre importance, de celles que l’on peut sans crainte confier à la perfidie d’un papier ou d’un parchemin. Quant aux nouvelles confidentielles, de portée réelle, celles dont dépendent beaucoup de choses, le courrier doit les garder en mémoire pour les répéter à qui de droit. Mot pour mot. Et ces mots ne sont pas toujours faciles. Les formuler se révèle déjà compliqué, alors les retenir… Pour y parvenir, pour ne pas commettre d’erreur en les rapportant, il faut avoir une sacrée tête en or.

Quant à l’utilité des fesses en acier, ça, tout courrier en fera lui-même rapidement l’expérience lorsqu’il devra rester assis sur sa selle trois jours et trois nuits durant, à parcourir cent ou deux cents lieues, voire trois cents parfois, sur les routes, ou de temps à autre, s’il le faut, à travers champs. »

Extrait de : A. Sapkowski. « Le temps du mépris – Le sorceleur. »

Le sang des elfes par Andrzej Sapkowski

Fiche de Le sang des elfes

Titre : Le sang des elfes (Tome 1 sur 6 – Le sorceleur (romans))
Auteur : Andrzej Sapkowski
Traduction : L. Waleryszak
Date de parution : 1994
Editeur : Bragelonne

Première page de Le sang des elfes

« La ville était en feu.

Les étroites ruelles qui menaient aux douves, à la première terrasse, crachaient de la fumée et de la braise ; les flammes dévoraient les toits des chaumières étroitement serrées les unes aux autres, et léchaient les murs du château. À l’ouest, depuis la porte qui donnait sur le port, s’élevait un énorme vacarme, les échos d’une lutte sans merci, les coups sourds du bélier qui faisaient trembler les
remparts.

Ils avaient été submergés par surprise, après que les assaillants eurent renversé la barricade défendue par quelques soldats, des habitants armés de hallebardes et des arbalétriers de métier. Des chevaux enveloppés de caparaçons noirs survolaient les obstacles tels des spectres, des lames blanches et scintillantes semaient la mort parmi les défenseurs en fuite.

Ciri sentit le chevalier qui l’avait emportée sur sa selle talonner violemment sa monture. Elle avait entendu son cri : « Accroche-toi, accroche-toi !  »

Extrait de : A. Sapkowski. « Le sang des elfes – Le sorceleur.  »

Excession par Iain M. Banks

Fiche de Excession

Titre : Excession (Tome 5 sur 10 – Culture)
Auteur : Iain M. Banks
Traduction : J. Martin
Date de parution : 1996
Editeur : Le livre de poche

Première page de Excession

« Un peu plus de cent jours après le début de sa quarantième année de réclusion, Dajeil Gelian reçut, dans sa tour isolée dominant la mer, un avatar du gros vaisseau qui était sa demeure.

Au loin, parmi les lourdes vagues grises sous les bancs de brume à la dérive, les masses lentes de quelques-uns des plus gros habitants de la petite mer glissaient et caracolaient. Des jets de vapeur sortaient des orifices respiratoires de ces animaux en exhalaisons brutales qui s’élevaient comme des geysers fantomatiques et immatériels au milieu des vols d’oiseaux accompagnant le banc. Les volatiles se dispersaient en criaillant, à tire-d’aile, puis décrivaient des cercles et revenaient dans l’air froid. Plus haut, surgissant des nuages teintés de rose ou y rentrant, d’autres créatures minuscules, ressemblant elles-mêmes à de petits flocons de nuages, se déplaçaient lentement, tels des dirigeables ou des cerfs-volants évoluant dans la haute atmosphère, leurs ailes ou baldaquins déployés, se réchauffant dans la lumière aqueuse d’un jour nouveau. »

Extrait de : I.M Banks. « Excession – Culture. »

L’essence de l’art par Iain M. Banks

Fiche de L’essence de l’art

Titre : L’essence de l’art (Tome 4 sur 10 – Culture)
Auteur : Iain M. Banks
Traduction : S. Quémener
Date de parution : 1991
Editeur : Bélial

Sommaire de L’essence de l’art

  • La route des crânes
  • Un cadeau de la culture
  • Curieuse jointure
  • Descente
  • Nettoyage
  • Fragment
  • L’essence de l’art
  • Eclat

Première page de La route des crânes

« ÇA CAHOTE QUELQUE PEU sur la célèbre route des Crânes…

« Bon sang, quoi encore ! » s’écria Mc9, soudain réveillé.

La carriole qui avait bien voulu les prendre, lui et son comparse, était violemment secouée.

Mc9 posa ses mains crasseuses sur la planche de bois pourri qui tenait lieu de ridelle au véhicule et baissa les yeux sur la voie légendaire ; il se demandait ce qui avait transformé ce voyage, jusqu’ici simplement inconfortable et bruyant, en une série de heurts à vous déboîter le squelette. Il s’attendait à constater qu’ils avaient perdu une roue, ou que le cocher porté à la sieste avait laissé le chariot sortir de la route sur un terrain caillouteux… mais non. L’œil exorbité, Mc9 considéra le sol avant de s’effondrer dans la charrette.

« Parole, énonça-t-il pour son seul bénéfice, je ne savais pas que l’Empire avait jamais eu des ennemis avec de si grosses têtes ! Voilà bien une rétribution des morts par-delà la tombe, pour sûr.  »

Extrait de : I.M Banks. « L’Essence de l’art – Culture. »

L’usage des armes par Iain M. Banks

Fiche de L’usage des armes

Titre : L’usage des armes (Tome 3 sur 10 – Culture)
Auteur : Iain M. Banks
Traduction : H. Collon
Date de parution : 1990
Editeur : Le livre de poche

Première page de L’usage des armes

« — Dis-moi, qu’est-ce que le bonheur ?

— Le bonheur ? Le bonheur…, c’est s’éveiller par une belle matinée de printemps après une épuisante première nuit avec une ravissante… et passionnée… multi-meurtrière.

— … Merde, et c’est tout ?

Entre ses doigts, le verre ressemblait à une chose prise au piège et transpirant de la lumière. À l’intérieur, un breuvage de la même couleur que ses yeux tournoyait paresseusement dans le soleil ; derrière ses paupières lourdes, son regard se fixa sur la surface miroitante du liquide, qui dardait des reflets fugaces sur son visage où se dessinaient alors des veines d’or pur.

Il vida son verre, puis l’étudia tandis que l’alcool coulait dans sa gorge. Il sentit un picotement au passage, et eut l’impression que la lumière lui chatouillait les yeux. Il fit tourner le verre dans ses mains d’un geste prudent et régulier, apparemment fasciné par la rugosité de ses parties dépolies et par le brillant soyeux des aires non travaillées. Il l’éleva vers le soleil et ses yeux se plissèrent. »

Extrait de : I.M Banks. « L’Usage des armes – Culture. »