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La république des voleurs par Scott Lynch

Fiche de La république des voleurs

Titre : La république des voleurs (Tome 3 sur 7 – Les salauds gentilhommes)
Auteur : Scott Lynch
Date de parution : 2013
Traduction : O. Debernard
Editeur : Bragelonne

Première page de La république des voleurs

« Entassez une centaine d’orphelins devenus voleurs sous un ancien cimetière, dans un repaire formé de tunnels et de cryptes humides, puis placez-les sous la surveillance d’un vieillard éclopé. Vous ne tarderez pas à comprendre que commander n’est pas chose facile.
Malgré son handicap, le Faiseur de voleurs était loin d’être sénile et aucun de ses petits protégés crasseux n’aurait eu l’audace de s’opposer à l’éminence secrète du royaume des orphelins qui s’étendait sous la Colline des Ombres, dans les vieux quartiers de Camorr. Le vieil homme restait cependant prudent : il se méfiait de leurs mains avides et des pulsions propres à transformer une foule en meute féroce, d’autant plus que l’entraînement qu’il dispensait aux enfants les rendait chaque jour un peu plus dangereux. Sa vie dépendait d’un semblant d’autorité qui, dans le meilleur des cas, était aussi fragile qu’une feuille de papier gorgée d’eau. »

Extrait de : S. Lynch. « Salauds Gentilshommes – La République des Voleurs. »

Des horizons rouge sang par Scott Lynch

Fiche de Des horizons rouge sang

Titre : Des horizons rouge sang (Tome 2 sur 7 – Les salauds gentilhommes)
Auteur : Scott Lynch
Date de parution : 2007
Traduction : O. Debernard
Editeur : Bragelonne

Première page de Des horizons rouge sang

« Locke Lamora se tenait sur la jetée de Tal Verrar. Le vent chaud provenant d’un navire en flammes lui caressait le dos et le carreau glacé d’une arbalète était appuyé contre son cou.
Il grimaça un sourire et se concentra pour garder son arbalète pointée sur l’œil gauche de son adversaire. À si courte distance, ils ne manqueraient pas de s’asperger mutuellement de sang s’ils pressaient la détente en même temps.
— Sois raisonnable, dit l’homme qui lui faisait face. (Des gouttes de sueur coulaient sur son visage et son front, traçant des sillons dans la crasse qui couvrait sa peau.) Reconnais que tu n’es pas dans une position très avantageuse.
Locke grogna.
— À moins que tu aies de la merde dans les yeux, reconnais que le désavantage est mutuel. »

Extrait de : S. Lynch. « Les Salauds Gentilhommes – Des horizons rouges sang. »

Les mensonges de Locke Lamora par Scott Lynch

Fiche de Les mensonges de Locke Lamora

Titre : Les mensonges de Locke Lamora (Tome 1 sur 7 – Les salauds gentilhommes)
Auteur : Scott Lynch
Date de parution : 2006
Traduction : K. Chergui
Editeur : Bragelonne

Première page de Les mensonges de Locke Lamora

« C’est au plus fort de l’été long et humide de la soixante-dix-septième année de Sendovani, que le Faiseur de voleurs de Camorr rendit une visite soudaine et impromptue au Prêtre Aveugle du temple de Perelandro. Il souhaitait désespérément lui vendre le petit Lamora.

— J’en ai un pour toi, tu m’en diras des nouvelles ! entama le Faiseur de voleurs, dont la venue n’était généralement pas placée sous les meilleurs auspices.

— Des nouvelles comme j’en ai eu de Calo et Galdo, peut-être ? J’ai encore toutes les peines du monde à débarrasser ces deux débiles de toutes les mauvaises habitudes que tu leur as données pour les remplacer par celles dont j’ai besoin. »

Extrait de : S. Lynch. « Les Mensonges de Locke Lamora – Les salauds gentilhommes. »

Le puits d’argent par Robin Hobb

Fiche de Le puits d’argent

Titre : Le puits d’argent (Tome 8 sur 8 – Les cités des anciens)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 2013
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pygmalion

Première page de Le puits d’argent

« UN CADAVRE, ÇA FLOTTE. »

Le Chalcédien s’exprimait d’un ton ferme, comme s’il s’agissait d’un ordre ; les hommes las réunis sur le pont s’agitèrent, gênés, mais aucun ne répondit : il était évident pour eux qu’un dragon mort ne flottait peut-être pas. À la fin de la bataille tumultueuse de la nuit précédente, ils avaient tué le monstre bleu et l’avaient vu couler sous les cris consternés de nombre d’entre eux ; les autres leur avaient conseillé d’attendre, en affirmant qu’il réapparaîtrait à la surface.

Le soleil avait dépassé le zénith, et nulle dépouille n’avait fait son apparition. Personne n’avait dormi : tous les hommes montaient la garde, inquiets au début que la dragonne ne fût pas morte et ne se risquât à une nouvelle attaque. Puis, comme le soir tombait et qu’elle ne revenait pas, ils commencèrent à craindre que leur précieuse proie, fondement de tous leurs rêves, ne restât au fond du fleuve, à jamais hors de leur portée. »

Extrait de : R. Hobb. « Le Puits d’Argent – Les cités des anciens. »

Le vol des dragons par Robin Hobb

Fiche de Le vol des dragons

Titre : Le vol des dragons (Tome 7 sur 8 – Les cités des anciens)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 2013
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pygmalion

Première page de Le vol des dragons

« TINTAGLIA SE RÉVEILLA GLACÉE, avec une impression de grand âge. Elle avait fait bonne chasse et mangé abondamment, mais elle avait mal dormi ; la plaie qui suppurait sous son aile la gênait pour trouver une position confortable. Si elle s’étendait, elle tirait sur la blessure brûlante et enflée, et, si elle se roulait en boule, la flèche enfouie dans sa chair la poignait. La douleur se propageait désormais dans son aile quand elle la déployait, comme si une plante épineuse envoyait des sarments dans ses muscles. Le temps s’était refroidi à mesure qu’elle se rapprochait du désert des Pluies. Il n’y avait pas de déserts, pas de sables chauds dans cette région du monde, alors que la chaleur semblait monter du cœur de la terre dans les déserts chalcédiens et les faisait ressembler aux contrées du Sud à cette époque de l’année. Mais elle avait abandonné sécheresse et douceur, et l’hiver conservait sa mainmise sur le printemps ; le froid raidissait les muscles sur le pourtour de sa plaie, et chaque matin était un supplice. »

Extrait de : R. Hobb. « Le Vol des dragons – Les cités des anciens. »

Les pillards par Robin Hobb

Fiche de Les pillards

Titre : Les pillards (Tome 6 sur 8 – Les cités des anciens)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 2010
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pygmalion

Première page de Les pillards

« LA NOUVELLE DE LEUR ARRIVÉE les avait précédés. Comme la gabare s’approchait des quais, Leftrin vit le coursier qui l’attendait écarter ses mèches mouillées de ses yeux et hocher la tête avant de détaler sous les arbres. Le capitaine n’en fut pas surpris ; Mataf avait croisé de petits bateaux de pêche avant de parvenir à Cassaric, et deux d’entre eux étaient aussitôt redescendus à toute allure vers la cité des arbres pour annoncer la nouvelle : la vivenef Mataf revenait de son expédition en amont du fleuve. L’information principale était que nul dragon ne l’accompagnait.

Leftrin n’avait donné aucun détail aux pêcheurs sur l’expédition ; aux questions qu’ils lui criaient, il avait seulement répondu qu’il mouillerait bientôt à Cassaric et ferait alors un compte rendu détaillé devant le Conseil des Marchands. La connaissance, c’était le pouvoir, et il n’avait pas l’intention de partager ce pouvoir avant d’en avoir usé autant que possible. Qu’ils rongent donc un peu leur frein en se demandant où étaient passés les dragons mal formés et leurs gardiens ! Le suspens est un excellent outil pour déstabiliser les puissants ; il fournit un solide levier pour marchander, levier dont Leftrin se doutait qu’il aurait bien besoin. »

Extrait de : R. Hobb. « Les Pillards – Les cités des anciens. »

Les gardiens des souvenirs par Robin Hobb

Fiche de Les gardiens des souvenirs

Titre : Les gardiens des souvenirs (Tome 5 sur 8 – Les cités des anciens)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 2010
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pygmalion

Première page de Les gardiens des souvenirs

« ELLE VOLAIT AVEC AISANCE sur les courants aériens, les pattes repliées contre le corps, les ailes déployées. Sur les dunes du désert qui défilaient sous elle, son ombre ondoyante faisait d’elle une créature serpentine avec des ailes de chauve-souris et une longue queue dotée d’ailerons. Un ronronnement de plaisir faisait vibrer dans les graves la gorge de la dragonne. Ils avaient chassé à l’aube, et ils avaient bien chassé ; ils avaient tué séparément, comme toujours, et passé la matinée à festoyer puis à dormir. À présent, maculés de sang et d’abats, les deux dragons poursuivaient un autre but.En avant d’elle, un peu en contrebas, la masse noire de Glasfeu scintillait. Sa longue silhouette se tordait lorsqu’il s’inclinait pour prendre le vent ; plus grand que Tintaglia, il avait le poitrail plus large et plus massif qu’elle ; ses écailles semblables à des plumes jetaient des éclats bleus, mais le noir profond était sa couleur dominante. Son interminable enfermement dans la glace avait laissé son organisme affaibli, et il lui faudrait des années pour s’en remettre ; ses ailes montraient encore des déchirures dans les membranes entre les nervures ; les blessures mineures avaient disparu depuis longtemps, mais ces entailles guériraient lentement, et leurs cicatrices en ressaut resteraient toujours visibles. »

Extrait de : R. Hobb. « La cité des anciens – Les gardiens des souvenirs. »

La décrue par Robin Hobb

Fiche de La décrue

Titre : La décrue (Tome 4 sur 8 – Les cités des anciens)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 2010
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pygmalion

Première page de La décrue

« RELPDA DÉCHIQUETAIT LA CARCASSE sans se plaindre de sa puanteur, et Sédric regrettait de ne pouvoir partager son équanimité. Elle demeurait désormais à la périphérie de son esprit et de ses pensées, et l’odeur et le goût de la viande putréfiée flottaient comme des souvenirs spectraux dans sa bouche. Il les repoussa en s’efforçant de ne pas les laisser souiller les fruits que Carson avait récoltés.

Le chasseur était revenu comme il l’avait promis. Comme Relpda renâclait à se replonger dans l’eau, les deux hommes avaient manœuvré la dépouille flottante pour la rapprocher du radeau où se tenait la dragonne ; l’élan était couvert de boue, et les nécrophages avaient commencé à l’attaquer, mais Relpda s’en moquait : depuis qu’on le lui avait livré à domicile, elle avait pour seul but de se remplir l’estomac.

Les arbres à l’écorce lisse qui avaient résisté aux tentatives d’escalade de Sédric avaient cédé à Carson, leste malgré sa corpulence, et qui n’avait pas eu l’air d’avoir plus de mal à grimper qu’une araignée à parcourir un mur. »

Extrait de : R. Hobb. « La Decrue – Les cités des anciens. »

La fureur du fleuve par Robin Hobb

Fiche de La fureur du fleuve

Titre : La fureur du fleuve (Tome 3 sur 8 – Les cités des anciens)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 2010
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pygmalion

Première page de La fureur du fleuve

« LES HUMAINS ÉTAIENT AGITÉS ; Sintara percevait leurs pensées qui allaient et venaient, piquantes, aussi agaçantes qu’un essaim d’insectes. La dragonne s’étonnait qu’ils eussent réussi à survivre alors qu’ils étaient incapables de garder leurs émotions pour eux ; l’ironie de la situation voulait que, projetant à tous les vents les fantaisies qui leur passaient par l’esprit, ils n’avaient pas l’intellect assez fort pour sentir ce que pensaient leurs semblables. Ils traversaient leur brève existence à pas chancelants, sans comprendre leurs voisins ni aucune des créatures qui les entouraient. Elle était restée abasourdie le jour où elle avait découvert que, pour communiquer, ils devaient émettre des bruits avec la bouche puis deviner ce que l’interlocuteur voulait dire par les bruits qu’il faisait en réponse. Ils appelaient cela « parler ».

L’espace d’un instant, elle cessa de bloquer leur feu roulant de couinements et s’efforça de comprendre ce qui mettait les gardiens en effervescence. Comme d’habitude, leurs inquiétudes ne présentaient nulle cohérence ; plusieurs soigneurs s’alarmaient pour la dragonne cuivrée qui était tombée malade, alors qu’ils n’y pouvaient pas grand-chose ; pourquoi s’empressaient-ils autour d’elle au lieu de vaquer à leurs services auprès des autres dragons ? »

Extrait de : R. Hobb. « La fureur du fleuve – Les cités des anciens. »

Les eaux acides par Robin Hobb

Fiche de Les eaux acides

Titre : Les eaux acides (Tome 2 sur 8 – Les cités des anciens)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 2010
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pygmalion

Première page de Les eaux acides

« ACCOUDÉ AU BASTINGAGE, Leftrin se redressa pour regarder sur le quai la procession qui se dirigeait vers le Mataf. Était-ce l’envoi de Trell ? Il se gratta la barbe et secoua la tête. Deux portefaix poussaient des brouettes chargées de coffres pesants, deux autres les suivaient avec un objet de la taille d’une armoire, et derrière eux venait un homme vêtu de façon plus appropriée pour un thé à Terrilville que pour un périple en gabare sur le fleuve du désert des Pluies : il portait une longue veste bleu marine par-dessus un pantalon gris tourterelle, des bottes noires, et il allait nu-tête. Il avait l’air en bonne forme, à la manière d’un homme qui jouit d’une solide constitution mais n’a jamais acquis la carrure d’un métier particulier ; seule une canne lui encombrait les mains. « Celui-là, il n’a pas travaillé un seul jour dans toute sa vie », se dit Leftrin.

La femme à son bras paraissait au moins avoir cherché à s’habiller de manière pratique : un chapeau à bord protégeait son visage, et Leftrin supposa que la résille qui y était attachée servait à la défendre contre les insectes. »

Extrait de : R. Hobb. « Les Eaux Acides – Les cités des anciens. »