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Fièvres sur Serendib par Jean-Louis Trudel

Fiche de Fièvres sur Serendib
Titre : Fièvres sur Serendib (Tome 5 sur 5 – Les mystères de Serendib)
Auteur : Jean-Louis Trudel
Date de parution : 1996
Editeur : Médiaspaul
Première page de Fièvres sur Serendib
« Le stylet levé, j’hésite au moment d’écrire l’année. C’est que je suis habituée au calendrier de Nou-Québec. Sur ma planète d’origine, on compte les années depuis l’incarnation du Christ et leur nombre s’élève maintenant à 4109.
Mais je suis sur Serendib, maintenant, et le Gouverneur m’a désignée pour cette mission parce que j’ai appris à connaître la culture des colons humains. Or, les habitants de la fameuse Planète Perdue comptent les années depuis l’arrivée de leurs ancêtres sur Serendib et je dois m’habituer à penser comme eux.
Ainsi, Serendib a fait 765 fois le tour de l’étoile baptisée Gautama depuis que les premiers humains ont entamé la colonisation de Serendib. Durant ce temps, elle a connu des guerres qui ont détruit toutes ses installations orbitales, elle a été conquise par une poignée d’aventuriers glogs et, il y a quatre ans maintenant, elle a été libérée par des explorateurs du Second Empire terrien. Depuis bientôt un an, Elbert d’Elvec est arrivé de ma planète natale, Nou-Québec, pour représenter officiellement le Second Empire sur Serendib. Comme Gouverneur, on peut dire qu’il n’a pas eu la tâche facile ! »
Extrait de : J.L Trudel. « Fièvres sur Serendib. »
Des colons pour Serendib par Jean-Louis Trudel

Fiche de Des colons pour Serendib
Titre : Des colons pour Serendib (Tome 4 sur 5 – Les mystères de Serendib)
Auteur : Jean-Louis Trudel
Date de parution : 1996
Editeur : Médiaspaul
Première page de Des colons pour Serendib
« Au cœur du vieux palais de Badulla, le Conseil du Gouverneur de Serendib se réunissait pour la deux centième fois dans la salle des glaces. Elbert d’Elvec avait ouvert la réunion en soulignant le chiffre, puis tous les ministres avaient pris place autour de la table.
Yola MacDonal, ministre des Finances, avait retenu un bâillement. Depuis, elle songeait vaguement que les temps héroïques étaient définitivement révolus. Il n’était plus question d’enfants perdus dans la nature, de guerre avec les Glogs, d’enlèvement inopiné ou même de coopération avec la nouvelle assemblée planétaire. Depuis un mois, la routine de l’administration au jour le jour prenait le dessus.
Ainsi, l’exposé de Mikayel Garro sur l’agrandissement de l’astroport de Badulla distillait un ennui irrésistible. Yola luttait contre l’envie de s’endormir. Après Mikayel Garro, Richar Makina était censé livrer un énième rapport sur la population de Serendib et Yola savait déjà qu’il s’efforcerait d’expliquer pourquoi chaque nouvelle évaluation de la population humaine donnait un chiffre plus élevé que la précédente. »
Extrait de : J.L Trudel. « Des colons pour Serendib. »
Les princes de Serendib par Jean-Louis Trudel
Fiche de Les princes de Serendib
Titre : Les princes de Serendib (Tome 3 sur 5 – Les mystères de Serendib)
Auteur : Jean-Louis Trudel
Date de parution : 1996
Editeur : Médiaspaul
Première page de Les princes de Serendib
« Les cent derniers étages du perce-ciel n’avaient pas été habités depuis au moins un siècle. Mais en débarquant de l’ascenseur au six centième étage, les deux jeunes explorateurs découvrirent tout de suite les traces de la terrible bataille qui avait fait rage en ces lieux.
Celle qui était aux commandes de l’ascenseur était une jeune humaine. Quatorze ans depuis peu. Cheveux bruns crépus, yeux verts, peau légèrement hâlée. Le résultat du métissage des races sur le monde de Nou-Québec, colonisé des siècles auparavant par des Terriens. Elle s’appelait Orica Castel et elle commençait à regretter d’avoir suivi son compagnon dans son ascension d’un perce-ciel ruiné de la ville de Badulla.
Celui qui écarta de force les battants de la porte de l’ascenseur était un Glog. Petit mais musclé, il appartenait à une espèce extraterrestre qui avait souvent été l’ennemie des humains. Dix-huit ans. La nuque et le crâne couverts d’écailles turquoise, les yeux jaunes, la peau verte et lisse. »
Extrait de : J.L Trudel. « Les princes de Serendib. »
Le prisonnier de Serendib par Jean-Louis Trudel
Fiche de Le prisonnier de Serendib
Titre : Le prisonnier de Serendib (Tome 2 sur 5 – Les mystères de Serendib)
Auteur : Jean-Louis Trudel
Date de parution : 1995
Editeur : Médiaspaul
Première page de Le prisonnier de Serendib
« Le soldat avait peur. Il était jeune, un humain né sur Nou-Québec, à des années-lumière de Serendib. Il portait un pistolaser en bandoulière, une tenue de camouflage et des lunettes aux verres teintés. Des ordinateurs incorporés à ces lunettes spéciales lui permettaient de déceler des mouvements infimes dans la jungle qui l’entourait. Il aurait aperçu du coin de l’œil une gargouille changeant d’appui sur la plus haute branche d’un orme-bronze. Avant de tourner la tête, il aurait su que ce n’était qu’un volatile sans danger.
De son côté, le Glog Shayenko ne bougeait pas. Son uniforme de toile caméléon avait pris l’aspect du feuillage des arbustes autour de lui. La peau verte de son visage et de ses bras se confondaient avec la végétation environnante. Le petit humanoïde avait enduit les écailles turquoise de sa tête d’une peinture de camouflage. Il respirait doucement, par deux orifices situés de part et d’autre de son cou musclé. Son odorat aiguisé, propre aux Glogs, sentait la peur que dégageait le soldat humain. »
Extrait de : J.L Trudel. « Le prisonnier de Serendib. »
Les rescapés de Serendib par Jean-Louis Trudel

Fiche de Les rescapés de Serendib
Titre : Les rescapés de Serendib (Tome 1 sur 5 – Les mystères de Serendib)
Auteur : Jean-Louis Trudel
Date de parution : 1995
Editeur : Médiaspaul
Première page de Les rescapés de Serendib
« — Je suis Mikkkilo Iloha, sergent. Est-ce que je peux entrer ?
Le soldat de garde ne leva pas les yeux de l’écran de jeu. Il pressa distraitement un bouton et grommela sans regarder le Glog en face de lui :
— Mouais, vas-y.
La porte coulissa silencieusement. Mikkkilo pénétra dans la cale de l’astronef impérial Temujin sans dire mot. Un séjour de trois ans au cœur du Second Empire terrien l’avait habitué aux préjugés des humains. Une peau verte attirait à tout le moins des regards de travers, ou franchement hostiles, souvent des remarques acerbes ou des injures, et parfois des brimades ouvertes dans les magasins ou les bureaux de l’administration. Mikkkilo serra les poings en y repensant. Il préférait avoir affaire aux robots qui ne faisaient pas de distinction selon la couleur de la peau. »
Extrait de : J.L Trudel. « Les rescapés de Serendib. »
Les yeux de la terre folle par Philippe Pastor
Fiche de Les yeux de la terre folle
Titre : Les yeux de la terre folle
Auteur : Philippe Pastor
Date de parution : 1993
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les yeux de la terre folle
« Hiéronimus Vox songea en examinant les individus qui l’entouraient que le crime réunissait souvent les plus étranges compagnons. Rakri, d’abord : un grand escogriffe décharné, tout en bras et en jambes, qui arborait le sourire stupide du drogué sentant monter la Glace dans son cerveau cramé. Cet homme était fou, Vox le savait ; qui ne l’était pas dans la Zone ? Ce qui l’ennuyait, c’est que Rakri n’avait rien de l’épave inoffensive qu’il paraissait être. Non que la vacuité de son regard fût feinte ; en cet instant Rakri voguait, bien loin d’ici, dans un territoire imaginaire qui reflétait certainement toute l’étendue de sa béate imbécillité. Mais il avait été si bien conditionné que ses capacités se situaient au niveau du pur réflexe. Il aurait pu tuer en dormant ; c’est ce qui déplaisait à Vox.
Accroupi dans un coin d’ombre, Spice le bourreau astiquait sa prothèse manuelle à l’aide d’un chiffon de soie blanche. Spice au moins ne manquait pas d’intelligence. C’était un ancien ouvrier du Cartel Urbanisme qui avait perdu sa main lors du fameux enfoncement du Connex 8. »
Extrait de : P. Pastor. « Les Yeux de la terre folle. »
Hnoss par Manuel Essard

Fiche de Hnoss
Titre : Hnoss (Tome 3 sur 3 – Les Dits du Midgardr)
Auteur : Manuel Essard
Date de parution : 2015
Editeur : Editions L’ivre-Book
Première page de Hnoss
« Telle une floche solitaire crucifiée par les feux du sólin, Hnoss offrait son corps pâle et fragile aux rayons lumineux qui poignardaient ses os de leurs crocs de glace. La chevelure de miel reposait, immobile, tout comme sa maîtresse accrochée à la rambarde du minuscule balcon surplombant le borg ; le vindr semblait s’écarter d’elle pour ne pas la meurtrir davantage.
Parfois une crispation douloureuse ridait ses paupières translucides, et ses lèvres se serraient pour refouler encore et encore les larmes qui menaçaient de jeter sa détresse aux faces souriantes et hypocrites qui attendaient derrière elle, dans le salon des appartements familiaux.
— Hnoss !
Malgré la tendresse s’épanchant de la voix rude, la jeune fille en ressentit une souffrance extrême ; avec un sifflement, le souffle s’échappa de sa poitrine, rondement formée déjà. Une eau glissa de sous ses cils et se gela à la rencontre de sa bouche. »
Extrait de : M. Essard. « Les Dits du Midgardr – Hnoss. »
Fenja par Manuel Essard

Fiche de Fenja
Titre : Fenja (Tome 2 sur 3 – Les Dits du Midgardr)
Auteur : Manuel Essard
Date de parution : 2014
Editeur : Editions L’ivre-Book
Première page de Fenja
« La réverbération du sólin sur le manteau immaculé de la neige blessait le regard de Fenja, l’obligeant à plisser les paupières et à protéger ses yeux sombres d’une main. Ses pieds s’enfonçaient dans la poudreuse, profondément. Vêtue d’une simple tunique de nuit, elle supportait le froid tant bien que mal. Son haleine se gelait au sortir de ses lèvres réduites à deux minces lignes de peau blême.
Elle s’arrêta, frotta ses épaules nues de ses mains bleuies, avant de scruter l’horizon derrière elle.
La forêt obscurcissait le lointain d’une barre noire, longue et touffue. La plaine était vide, pas un dragonnier n’avait encore franchi l’orée. Aucun volatile ne venait perturber l’immensité désertique des cieux. Fenja avait toujours trouvé étrange cette faculté du sólin à illuminer certains endroits alors que, depuis le Ragnarøkkr, il croupissait dans la panse de Fenrir, le Dieu-Loup dévoreur.
Fenja ne connaissait pas cette partie de la région. D’habitude, les villageois ne franchissaient guère la frontière naturelle que constituait la forêt ; seuls les guerriers du clan s’y risquaient pour chasser ou commettre quelques rapines.
L’on murmurait la plaine hantée. »
Extrait de : M. Essard. « Les Dits du Midgardr – Fenja. »
Sága par Manuel Essard

Fiche de Sága
Titre : Sága (Tome 1 sur 3 – Les Dits du Midgardr)
Auteur : Manuel Essard
Date de parution : 2013
Editeur : Editions L’ivre-Book
Première page de Sága
« Sága serra les pans de la lourde veste d’ours autour de ses épaules maigres. Les yeux à demi fermés, elle s’engagea sur le chemin qu’elle savait être là uniquement par les petits murets qui le bordaient, veines sombres sous la couche de neige. Son pied glissa sur une plaque de glace, mais elle parvint à garder l’équilibre. Dans le blizzard, son juron fut étouffé, pas même réconfortant à ses propres oreilles.
Le soir tombait rapidement ; la neige se déversait sur la campagne depuis plus de trois heures, accompagnée d’un vent vif, mordant, sifflant autour de la jeune femme transie de froid.
Au loin, à travers les troncs noirs et droits des sapins, des étoiles tremblotaient dans le crépuscule, promesse d’un borg où brûlaient feux et braseros. La porte principale devait être encore ouverte, à cette heure-ci.
Sága claquait des dents, ses lèvres et ses joues lui faisaient mal ; chaque respiration était un véritable supplice. Elle avait l’impression que sa gorge avalait de la poudre de verre à chaque inspiration. »
Extrait de : M. Essard. « Les Dits du Midgardr – Sága. »
La forteresse pourpre par Manuel Essard

Fiche de La forteresse pourpre
Titre : La forteresse pourpre
Auteur : Manuel Essard
Date de parution : 1993
Editeur : Fleuve noir
Première page de La forteresse pourpre
« Un coup de marteau résonna dans le lointain, tel l’entrechoquement de deux lames volontaires. Les échos montèrent dans le ciel dénué de nuages, roulèrent avec lenteur puis s’estompèrent en fugaces murmures dans les frondaisons de la forêt qui barrait l’horizon de sa chevelure verte et sombre.
Dlizona lança un cri de défi à la face des cieux imperturbables et frappa la terre du talon de ses solerets d’apparat. Elle clama son cri de guerre dans le silence revenu à pas de loup.
Dans la voûte céleste, un arc immense se dessina, scintillant de reflets de bois noir, décochant des traits fantastiques qui se perdaient dans l’invisible de l’outre-horizon.
Sentant son cœur s’emballer sous la subite apparition, Dlizona serra les poings et sa mâchoire carrée se durcit. Elle tendit les mains vers l’arc inaccessible, l’appela à l’aide de cri mais l’arme se mit en mouvement et s’éloignait de plus en plus rapidement. Il disparut bientôt dans les cheveux ébouriffes de la forêt.
Dlizona cracha à terre, plaqua ses mains sur ses hanches puis observa le ciel comme un adversaire à vaincre. »
Extrait de : M. Essard. « La forteresse pourpre. »