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Le calumet de l’oncle Chok par Jean-Louis Le May

Fiche de Le calumet de l’oncle Chok

Titre : Le calumet de l’oncle Chok (Tome 10 sur 12 – Chroniques des temps à venir)
Auteur : Jean-Louis Le May
Date de parution : 1984
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le calumet de l’oncle Chok

« L’Oural, le dernier-né des cosmonefs assemblés dans les cylindres ateliers de Cosmoskaïa, à 36000 kilomètres de Yourmansk, n’était plus visible que sur les écrans des télescopes électroniques. Il avait largué depuis longtemps ses accélérateurs à combustibles chimiques que les navettes ramèneraient dans une trentaine de jours.

On apercevait distinctement la tache pâle, bleutée, du cône plasmique créé par ses propulseurs électronucléaires Komarov, les plus puissants jamais mis en service. Grâce à eux, l’Oural allait effectuer l’immense voyage entre la Terre et le système de Saturne en moins de trois cents jours.

Et là, débuterait sa mission. Parvenu à proximité de l’énorme planète aux anneaux, il approcherait à petite vitesse de son satellite le plus célèbre, Titan, afin de tenter, pour la quatrième fois en cinquante ans, d’en prospecter la surface. »

Extrait de : J.-L. Le May. « Le calumet de l’oncle Chok – Chroniques des temps à venir. »

Un peu de vin d’antan par Jean-Louis Le May

Fiche de Un peu de vin d’antan

Titre : Un peu de vin d’antan (Tome 9 sur 12 – Chroniques des temps à venir)
Auteur : Jean-Louis Le May
Date de parution : 1983
Editeur : Fleuve noir

Première page de Un peu de vin d’antan

« La GTXL s’arrête après une dernière protestation de ses pneus ultra-étroits. Yvette Marion-Lachaume ne prend pas la peine d’ouvrir sa portière et enjambe celle-ci. Gérard Marion, son père de par la loi, c’est-à-dire en tant que mari de sa mère, Laure, née Lachaume, sursaute, grommelle, mais se garde de manifester autrement sa réprobation.

Yvette a des cuisses ravissantes, c’est entendu, mais elle n’a vraiment pas besoin d’exposer à qui n’a qu’à lever les yeux la blondeur veloutée de son intimité. Les culottes, ça existe encore, bon sang !

De mauvaise humeur, Gérard Marion ouvre rageusement la porte de la voiture de sport et s’en extirpe comme il peut. Nettement moins élégamment qu’Yvette. Le holster de son 457 double magnum accroche la poignée intérieure. Rien à faire pour le dégager, même en se contorsionnant, ce qui est délicat pour un homme quelque peu enveloppé.

— Yvette !

— Oui, p’pa, qu’est-ce qui arrive ? Merde ! Encore ? Un de ces jours tu vas t’envoyer une bastos dans les tripes ! Et je suis correcte, fait observer la charmante enfant en libérant son père. »

Extrait de : J.-L. Le May. « Un peu de vin d’antan – Chroniques des temps à venir. »

Lacunes dans l’espace par Jean-Louis Le May

Fiche de Lacunes dans l’espace

Titre : Lacunes dans l’espace (Tome 8 sur 12 – Chroniques des temps à venir)
Auteur : Jean-Louis Le May
Date de parution : 1981
Editeur : Fleuve noir

Première page de Lacunes dans l’espace

« Rigide comme le métal dont était constituée la plus grande part de son navire, l’amiral Marcus Douglas Meresdull, campé devant la baie tribord de la passerelle du croiseur spatial Atlanta, regardait défiler pour la dernière fois la onzième flotte d’attaque.

A sa droite, Herbert S. Rawling, le visage gras et luisant, masquait un malaise certain derrière un rictus pouvant imiter un sourire mais n’affectant que ses énormes lèvres de mâcheur de cigare. On peut être le Vice-Président de la Coalition et ne pas apprécier outre mesure de se morfondre sur une passerelle de navire de combat à 215 millions de kilomètres du Soleil, pour voir passer fugitivement quelques dizaines d’insectes bizarres défiant l’imagination d’un entomologiste averti.

A trois pas derrière l’amiral et le visiteur officiel, les douze officiers formant l’état-major de la onzième flotte, casqués, sanglés, astiqués, impassibles, vaguement méprisants, feignaient d’observer l’espace. »

Extrait de : J.-L. Le May. « Lacunes dans l’espace – Chroniques des temps à venir. »

Les volcans de Mars par Jean-Louis Le May

Fiche de Les volcans de Mars

Titre : Les volcans de Mars (Tome 6 sur 12 – Chroniques des temps à venir)
Auteur : Jean-Louis Le May
Date de parution : 1981
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les volcans de Mars

« Peu de bruit. Aucune vibration perceptible. Gravité pratiquement nulle. Le Tengri-Nor, minéralier modèle Sept de la Coalition est en route vers la quatrième planète du système solaire avec une accélération positive constante de 0,05 g.

L’équipage est formé d’un mélange de jeunes techniciens de l’espace et de vétérans de la dernière confrontation spatiale, cette guerre dont la Terre ne veut rien savoir et qui pourtant a eu lieu, créant ici et là de fugaces étincelles en avant des champs d’étoiles.

Combats opposant des femmes et des hommes à d’autres femmes et d’autres hommes persuadés comme eux détenir la vérité. Batailles totalement inutiles dans le bilan négatif de la Guerre Chaude, mais devenues plus intéressantes durant la guerre froide qui a suivi, en raison des comparaisons que purent effectuer les scientifiques des deux camps.

Ces confrontations ignorées du public furent suivies par les militaires, les ingénieurs, les techniciens des chantiers spatiaux qui en analysèrent les composantes, les déroulements, les conclusions plus ou moins tragiques, afin d’apporter améliorations et perfectionnements indispensables aux nouveaux navires de l’espace. »

Extrait de : J.-L. Le May. « Les volcans de Mars – Chroniques des temps à venir. »

Deux souris pour un concorde par Jean-Louis Le May

Fiche de Deux souris pour un concorde

Titre : Deux souris pour un concorde (Tome 5 sur 12 – Chroniques des temps à venir)
Auteur : Jean-Louis Le May
Date de parution : 1980
Editeur : Fleuve noir

Première page de Deux souris pour un concorde

« Penché sur les tiges nues émergeant du paillis de protection, Robert Sainval contemplait la progression de la sève. Futurs supports des bourgeons, les nœuds commençaient à prendre couleur. Pour le végétal, l’hibernation finissait. Le signal lumineux du printemps relançait la fantastique alchimie qui permet de transformer, dans l’exacte mesure des besoins, les matériaux d’une nouvelle croissance. A des distances insoupçonnées, les radicelles filiformes triaient avec patience les éléments traces indispensables à la vie du rosier.

Sous le chapeau de feutre informe, le front de l’homme âgé se plissa, de la même manière qu’autrefois, à Orsay et ailleurs, lorsqu’il dominait des feuillets couverts de signes, de chiffres ou de tracés. Ici, cependant, la préoccupation était de nature différente. Un des plus brillants cerveaux de son époque ayant décidé, comme certains sages avant lui, de cultiver son jardin.

Finie l’époque des soirées studieuses, harassantes, passées à surveiller le montage puis le fonctionnement d’instruments ou d’appareillages en gestation, aux noms incertains, aux formes indescriptibles parce qu’en changement perpétuel, de par la volonté des expérimentateurs, allant à tâtons dans le tunnel de l’inconnaissable. »

Extrait de : J.-L. Le May. « Deux souris pour un Concorde – Chroniques des temps à venir. »

Le verbe et la pensée par Jean-Louis Le May

Fiche de Le verbe et la pensée

Titre : Le verbe et la pensée (Tome 4 sur 12 – Chroniques des temps à venir)
Auteur : Jean-Louis Le May
Date de parution : 1979
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le verbe et la pensée

« La nuit s’annonce belle. Les étoiles brillent comme si elles voulaient que les hommes conservent la confiance, malgré le mauvais temps et ces nuages trop noirs qui arrivent en fin de journée, amenant l’orage, le vent, l’averse ou même la grêle. Oui, ce soir les étoiles ont chassé les éclairs plus tôt que d’habitude, pour prendre possession de tout le ciel et, cependant, Gastoun, le cardinal des Hauts, ne parvient pas à calmer son anxiété.
Il a beau se secouer, gronder et se répéter que ce n’est pas la première fois qu’un gosse va naître sous son cardinalat, rien n’y fait. Pourtant, il n’y a pas de doute, les choses vont plutôt mieux depuis quelque temps. Le linge blanc, il sert plus souvent que le noir. Pourquoi faut-il que l’inquiétude soit plus forte que la confiance ?
L’après-midi finissait. Sous le figuier vénérable, Gastoun écoutait le bruit ténu des premières grosses gouttes s’écrasant sur les feuilles, quand Adelina Deux Bosses a surgi de la gueule d’ombre de l’escalier descendant du Temple pour foncer tout droit vers le cardinal. »

Extrait de : J.-L. Le May. « Le Verbe et la Pensée – Chroniques des temps à venir. »

Safari pour un virus par Jean-Louis Le May

Fiche de Safari pour un virus

Titre : Safari pour un virus (Tome 3 sur 12 – Chroniques des temps à venir)
Auteur : Jean-Louis Le May
Date de parution : 1979
Editeur : Fleuve noir

Première page de Safari pour un virus

« — Un éden ! Un paradis ! Ravissant ! ne cesse de répéter Laure de la Roncières avec de gracieux mouvements de son poignet fin et lisse projetant en arc de cercle une main de fée aux longs doigts effilés terminés par des griffes d’or.

— Beuh ! Tout juste un petit bungalow, à peine confortable, comme pourrait te le répéter Juliette qui n’aime pas les moustiques d’Arbonne et préfère les gigolos de Monaco. Mais moi, j’aime !

— Et tu as raison, ce cadre est réellement divin, susurre la voix précieuse entre deux lèvres si parfaitement ourlées et tentantes que le gros homme rougeaud qui fait les honneurs d’une de ses discrètes résidences secondaires se demande quelle tête ferait cette petite pute si d’aventure il lui plaquait un vrai bécot, à pleine bouche…

— Note que je suis très heureux à l’idée que Juliette préfère Monaco, aussi longtemps qu’elle ne foutra pas les pieds au casino. »

Extrait de : J.-L. Le May. « Safari pour un virus – Chroniques des temps à venir. »

Le viaduc perdu par Jean-Louis Le May

Fiche de Le viaduc perdu

Titre : Le viaduc perdu (Tome 2 sur 12 – Chroniques des temps à venir)
Auteur : Jean-Louis Le May
Date de parution : 1979
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le viaduc perdu

« Pépin Douménègue Antoni Troussadouilla, Pipou pour ses intimes, n’avait pas été élu maréchal à la légère. Ç’eût d’ailleurs représenté quelque difficulté, étant donné qu’il dépassait largement son poids pour taille. Mais parmi un nombre de qualités qu’il estimait important, il pouvait démontrer une réelle volonté de parvenir au but, celui-ci désigné une fois pour toutes.

Avec persévérance, entêtement, obstination, il poursuivait alors vers l’objectif, quels que soient les mouvements, parades ou évitements de celui-ci.

Que la cible se meuve, s’éloigne, évite, se faufile, se planque, se déforme ou s’évanouisse momentanément, peu importait à P.D.A. Troussadouilla. Il fonçait jusqu’au bout, entêté comme une smala de mulets cabochards.

En outre, il retenait tout, se souvenant des détails les plus infimes, en donnant l’impression à ses interlocuteurs de n’avoir rien compris, rien entendu. C’est ainsi qu’il se souvenait parfaitement de chaque mot prononcé par Isidorou Gasso, ce brave commandant qui avait remplacé le regretté Torniol après la chute malencontreuse et combien inexplicable de la mule dudit Torniol dans un torrent gonflé et rugissant ce jour-là. »

Extrait de : J.-L. Le May. « Le Viaduc Perdu – Chroniques des temps à venir. »

L’ombre dans la vallée par Jean-Louis Le May

Fiche de L’ombre dans la vallée

Titre : L’ombre dans la vallée (Tome 1 sur 12 – Chroniques des temps à venir)
Auteur : Jean-Louis Le May
Date de parution : 1979
Editeur : Fleuve noir

Première page de L’ombre dans la vallée

« Le long de la pente joignant le sommet rouge et or de la montagne à la mer trop bleue, par-dessus la robe argentée des oliviers et les taches vertes et sombres du maquis, le ruban gris d’une matière autre que la terre s’effilait paresseusement d’un horizon à l’autre, à perte de vue, épousant les sinuosités du relief, interminable haillon abandonné par la mue d’un serpent géant.

Après les averses torrentielles de l’hiver, puis les giboulées et les ondées, les nuages trop blancs pour féconder le sol se déchiraient sous les patients efforts du soleil. La lumière nouvelle rajeunissait les couleurs des arbres, des roches, des innombrables aspects du sol et même le bleu du ciel. La brise brassait les senteurs fortes, retenues jusque-là par le froid et apportait en outre ce qu’il faut bien appeler le mouvement, aux espèces végétales.

Un jour, après d’autres jours.

Soudain, la nature écouta.

Un bruit bizarre et régulier dominait progressivement les autres sons, survenant de la direction du point le plus élevé du ruban inquiétant, qu’aucune plante n’était encore parvenue à traverser. »

Extrait de : J.-L. Le May. « L’ombre dans la vallée – Chroniques des temps à venir. »

Mauvaise main par Gilbert Gallerne

Fiche de Mauvaise main

Titre : Mauvaise main
Auteur : Gilbert Gallerne
Date de parution : 2016
Editeur : French pulp

Première page de Mauvaise main

« À 5 ans, Éric se sentait une vocation d’aventurier. Il avait déjà exploré l’exploitation de fond en comble, mais il demeurait un bâtiment interdit. Celui d’où provenait le hurlement strident de la grande scie circulaire. Il y était entré une fois, et la vision de cette lame étincelante qui tournoyait si vite que l’on ne distinguait plus ses dents acérées avait imprégné son esprit.
Profitant de ce que sa mère était occupée à étendre du linge, il se faufila entre les bâtiments. Personne ne le remarqua lorsqu’il se glissa dans le hangar. Au loin, il entendit sa mère crier son nom. Trop tard. La lame vrombissait comme un essaim de guêpes en colère. Personne pour le chasser. Il avança. Chercha du regard un morceau de bois à lui offrir.
Les appels de sa mère se rapprochaient. Si elle le trouvait ici, il serait bon pour une fessée. Il devait se dépêcher. Là ! Près de l’établi, quelques planches. Une petite ferait l’affaire. Il se penchait sur le bois abandonné quand on le saisit sous les aisselles. Il serra les dents dans l’anticipation de l’impact sur ses fesses. Il n’y eut pas de claque. On le projeta en l’air, droit sur la lame qui hurlait sa faim. »

Extrait de : G. Gallerne. « Mauvaise main. »