Étiquette : livre
Sédition par Peter Randa

Fiche de Sédition
Titre : Sédition
Auteur : Peter Randa
Date de parution : 1964
Editeur : Fleuve noir
Première page de Sédition
« J’ouvre les yeux. L’esprit brumeux je ne comprends pas très bien. Pas un réveil comme les autres. Une terrible impression d’inconfort physique et d’engourdissement à laquelle je veux m’arracher. Je fais un effort, mais c’est impossible.
Impossible de remuer, mais je roule sur moi-même et je tombe lourdement sur le sol. Un sol souple sur lequel je ne me fais pas mal.
— Mais, bon Dieu !
Une terrible faiblesse et c’est effrayant. Je suis complètement immobilisé dans une obscurité totale. Pas moyen de bouger, comme si j’avais tout le corps étroitement enveloppé, mais dans quoi ? On dirait une chape hermétique. Seule, ma tête peut bouger. »
Extrait de : P. Randa. « Sédition. »
Sanctuaire 1 par Peter Randa
Fiche de Sanctuaire 1
Titre : Sanctuaire 1
Auteur : Peter Randa
Date de parution : 1978
Editeur : Fleuve noir
Première page de Sanctuaire 1
« Je fais des calculs. Des calculs de propulsion dans l’espace, en tenant compte d’une résistance atmosphérique chiffrée. Je ne sais absolument pas comment se compose une atmosphère libre, c’est-à-dire non régularisée comme dans les endroits où nous vivons, mais je suis persuadé d’englober tous les éléments. Je me livre à ces calculs pour mon plaisir et un peu par instinct. On ne les a pas exigés de moi.
Souvent, je me demande pourquoi je fais ceci ou cela ? Et pourquoi ceux qui nous gouvernent, les prêtres, trouvent-ils toujours nos expériences naturelles, logiques ? Personnellement, au début de mes calculs, j’ai désiré faire des expériences. Je me suis adressé au robot attaché à ma personne et il m’a conduit, sans discuter, dans une salle équipée exprès.
J’ai décidé des différents « souffles » susceptibles de venir à la rencontre de mon engin et donc de retarder sa course… J’ai donc fabriqué un prototype et tout a été calculé en fonction de sa grandeur et de sa puissance. Pour les « souffles », les prêtres ont un nom… Ils les nommaient « vent » et leurs machines pouvaient en créer certains d’une force prodigieuse. »
Extrait de : P. Randa. « Sanctuaire 1. »
Rencart à Golconde par Peter Randa
Fiche de Rencart à Golconde
Titre : Rencart à Golconde
Auteur : Peter Randa
Date de parution : 1967
Editeur : Fleuve noir
Première page de Rencart à Golconde
« Le commissaire-priseur fait un signe et deux hommes de peine hissent sur une table un coffre de bois carré d’environ soixante-dix centimètres de côté. En chêne. Noirci et piqué. Visiblement un très vieux coffre, mais visiblement aussi sans beaucoup de valeur apparente.
— Coffre ancien. Portant écusson sur le couvercle, donc d’époque. Mis en vente tel qu’il a été retrouvé derrière la cheminée de l’immeuble, sis au 12 de la Grand-Rue, chez Louis Hallerstein. Il contient, outre les œuvres complètes du poète allemand Gœthe, dans sa langue maternelle, en douze petits volumes reliés, la Bible familiale des Hallerstein…
Il prend un temps pour souffler, puis il ajoute :
— Mise à prix deux cents francs… Vingt mille anciens.
Un murmure court dans la salle, sans doute surprise par l’importance de la mise à prix, car le reste du mobilier, lots de vaisselle et de hardes, sont partis pour des sommes dérisoires.
— Deux cent cinquante ! crie immédiatement une jeune fille. »
Extrait de : P. Randa. « Rencart à Golconde. »
Requins d’eaux troubles par Peter Randa

Fiche de Requins d’eaux troubles
Titre : Requins d’eaux troubles
Auteur : Peter Randa
Date de parution : 1963
Editeur : Fleuve noir
Première page de Requins d’eaux troubles
« Pas le froid dur et hargneux des grands hivers, mais tout de même, une couche de neige durcie craque sous le pas et de temps en temps, de courtes rafales d’un vent humide et glacé mordent les visages.
— Demandez Le Réveil… La Liberté.
Bernu, le marchand de journaux n’a pas l’air de souffrir du froid. Un grand garçon blond, dégingandé. Il semble toujours perdu dans un rêve et marche dans les rues avec une lenteur méthodique, très digne, très droit avec son paquet de journaux étendu sur le bras droit, deux numéros en éventail.
— Demandez Le Réveil… La Liberté.
Il crie sans crier d’une voix distincte qui porte loin mais sans éclat. Tout en lui reste impassible, empreint d’une douceur sournoise et anormale. Il est comme suspendu et étranger à ses allées et venues.
La grande place mal éclairée a quelque chose de sinistre et d’inconfortable. Le bâtiment de la gare semble surgir, masse lourde dans l’ombre, avec des taches de lumière jaune à l’emplacement des fenêtres. La lumière ne scintille pas, elle manque de force. Tout autour l’obscurité épaisse dont on a l’air de s’évader ou de s’arracher. »
Extrait de : P. Randa. « Requins d’eaux troubles. »
Reconquête par Peter Randa

Fiche de Reconquête
Titre : Reconquête
Auteur : Peter Randa
Date de parution : 1965
Editeur : Fleuve noir
Première page de Reconquête
« Dilna arrive en courant du village et elle s’arrête devant nous, tout essoufflée, en s’écriant :
— Ils sont chez le vieux Tyndel.
Ça devait arriver. Tyndel le craignait. Il prétend que les Sophils sont télépathes. Certains en
tout cas. Les plus grands, ceux qu’on appelle les Rauls et dont l’apparence physique est identique à la nôtre, sauf la tête.
Je ressens une étrange impression, faite de colère impuissante, car j’aime beaucoup le vieux Tyndel, de désenchantement et d’une vague appréhension. Je vais devoir abandonner les miens et partir vers l’inconnu. Un inconnu qui m’effraye d’avance.
Les miens… Je n’ai plus ma mère ni mon père, mais il y a le village que je n’ai jamais quitté, mes amis.
— Qu’est-ce qu’il a fait le vieux Tyndel ? demanda Torl.
Autant jeter le masque maintenant, alors, je lui dis :
— Il enseignait les anciennes traditions.
— Comment le sais-tu, Arl ?
— Je le sais… Et quand les Rauls auront lu dans le cerveau de Tyndel ils viendront sans doute ici pour me prendre aussi.
— Arl ?
L’exclamation vient de Dilna. J’ai un mouvement d’épaules :
— Je ne les attendrai pas. »
Extrait de : P. Randa. « Reconquête. »
Raz de marée par Peter Randa

Fiche de Raz de marée
Titre : Raz de marée
Auteur : Peter Randa
Date de parution : 1988
Editeur : French Pulp
Première page de Raz de marée
« Du tonnerre, la fille ! Je la repère de loin, avant même de savoir qu’elle fait du stop. Longues jambes, cuisses fuselées. Elle porte un court short de toile bleue et un chandail d’orlon blanc. Un air supérieur et méprisant.
Je ralentis instinctivement pour pouvoir l’examiner au passage et, soudain, elle lève la main, pointant le pouce vers l’avant. À ses pieds un sac de scout. Le visage va avec le reste. Une blonde aux cheveux longs qui tombent un peu en désordre sur ses épaules.
Pas mon genre d’embarquer ce genre de fille. J’ai une hésitation. Ce qui me décide, c’est la moue vaguement déçue qu’elle a lorsque je la dépasse.
Je m’arrête, tant pis ! En souriant, je me penche pour lui ouvrir la portière.
Une fois n’est pas coutume. Déjà elle a ramassé son sac et l’apporte à bout de bras sans se presser, mais sans exagérer tout de même.
— Vous allez jusqu’où ? demande-t-elle.
— Montargis.
— De toute façon, ça me rapproche.
Une voix un peu rauque, assez agréable. J’ai l’impression qu’elle n’est pas française. D’un geste du bras, elle bascule son sac sur le siège arrière, puis s’installe à côté de moi. »
Extrait de : P. Randa. « Raz de marée. »
Qui suis-je ? par Peter Randa
Fiche de Qui suis-je ?
Titre : Qui suis-je ?
Auteur : Peter Randa
Date de parution : 1965
Editeur : Fleuve noir
Première page de Qui suis-je ?
« Un picotement dans tout le corps me réveille brusquement. Comme si des centaines de milliers de fourmis se débattaient désespérément à l’intérieur de mes veines. La douleur m’arrache un gémissement, et je me redresse.
Fini ! Instantanément ! A peu près comme si j’avais rêvé, comme si je sortais brutalement d’un cauchemar. Une montée de sueur. Un peu ahuri, je m’essuie le front.
Je suis entièrement nu. Etendu dans une espèce de baignoire. Une baignoire vide, équipée d’une infinité de robinets, de cadrans et de tubes en matière plastique. J’en ai encore trois attachés à mon torse par des ventouses.
Bon Dieu ! Je rêve ou quoi ? Dans une baignoire, mais pas dans une salle de bains. Plutôt dans une sorte de laboratoire. Je ne l’ai jamais vu, et, pourtant, il me paraît familier. »
Extrait de : P. Randa. « Qui suis-je ?. »
Quand la police sonnera par Peter Randa
Fiche de Quand la police sonnera
Titre : Quand la police sonnera
Auteur : Peter Randa
Date de parution : 1962
Editeur : Fleuve noir
Première page de Quand la police sonnera
« — Ta femme en a, du fric ! La garce ! Elle raccroche aussi sec. Je repose le combiné et je reste un instant immobile pour calmer ma fureur. Cinq cent mille francs ! Oh ! Je les ai, mais si je cède une seule fois à un chantage de ce genre, je n’en verrai plus jamais la fin.
Qu’est-ce qui lui prend ? Pourquoi cinq cent mille balles d’un coup ? J’allume une cigarette et je vais à la fenêtre… Devant moi le parc de Bagatelle inondé de soleil. Une journée magnifique.
Magnifique pour les autres. A moi elle n’apporte que des emmouscaillements… Evidemment elle se sent forte parce que je n’ai pas pu reconnaître le gosse… A cause d’Olga.
Loin de se calmer, ma fureur augmente. J’aurais dû divorcer immédiatement. A quoi bon me le répéter. Je le sais. Ça fait deux ans que je regrette de ne pas l’avoir fait. Trois ans ! Un bail !
Après avoir divorcé j’aurais pu reconnaître le môme. En ce temps-là, Francine était docile, encore disposée à tout accepter. Il n’y a que six mois qu’elle a changé. Un peu brutal son revirement, mais je suis coincé. »
Extrait de : P. Randa. « Quand la Police sonnera. »
Plate-forme de l’éternité par Peter Randa
Fiche de Plate-forme de l’éternité
Titre : Plate-forme de l’éternité
Auteur : Peter Randa
Date de parution : 1963
Editeur : Fleuve noir
Première page de Plate-forme de l’éternité
« — Pas des illuminés, dit Agardin… Des gens sérieux, commandants de bord ou pilotes, auxquels on n’a jamais eu à reprocher la moindre fantaisie…
Bertrand, allongé sur une couchette, hoche la tête :
— Illusion collective.
— On l’a cru la première fois… la seconde aussi… à la troisième on a parlé d’escroquerie. Tu n’as jamais rien lu là-dessus ?
— Non… J’entends parler de la planète disparue pour la première fois.
— Je vais essayer de te résumer les faits… car moi, j’y crois et c’est à cause de la planète disparue que nous sommes ici.
Grand, Agardin ! Large d’épaules. La taille mince. Un visage énergique aux traits réguliers, avec une expression moqueuse dans le regard des yeux bruns. Les lèvres épaisses, voluptueuses, généralement retroussées par un sourire ironique.
— Le premier vaisseau à avoir touché la planète disparue s’appelait L’ORONTE. Capitaine Corhérus. Il ne s’y est arrêté qu’une demi-journée pour effectuer des réparations à son astronef… De son temps, on découvrait de nouvelles planètes continuellement et la chose en elle-même n’avait rien d’extraordinaire. »
Extrait de : P. Randa. « Plate-forme de l’éternité. »
Planète de désolation par Peter Randa

Fiche de Planète de désolation
Titre : Planète de désolation
Auteur : Peter Randa
Date de parution : 1971
Editeur : Fleuve noir
Première page de Planète de désolation
« Le haut-parleur relié au calculateur électronique du bord annonce :
— « Nous entrons dans la zone d’attraction de Tahan ».
Je me tourne vers Nelston qui a une moue dubitative pendant que je murmure :
— L’aviso d’Irba ne va tout de même pas tenter de s’y poser ?
— Qui sait ?
— Tahan est zone interdite.
— Depuis 4 000 ans…, donc, le taux de radioactivité doit y être très faible… Probablement nul sur la plus grande partie des continents… A mon avis, il doit tout au plus subsister quelques points chauds… Si j’étais à la place de ces Irbanais, je crois que je prendrais le risque. »
Extrait de : P. Randa. « Planète de désolation. »