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Les résidus du temps par Peter Randa

Fiche de Les résidus du temps

Titre : Les résidus du temps
Auteur : Peter Randa
Date de parution : 1975
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les résidus du temps

« Un homme s’assied brusquement en face de moi. Je le reconnais vaguement : Tordal… Rem Tordal… Dieu qu’il a changé. C’est presque un vieillard maintenant.
Un ami de l’ancien temps. Très ancien temps ! C’est presque un vieillard et il est mon cadet de dix ans… En un sens, c’est une revanche car moi, je suis toujours jeune.
La revanche de quoi ? Je ne lui en ai jamais voulu. Tout cela est terriblement compliqué, pour le moment en tout cas. Je flotte dans une ivresse euphorique…
L’alcool de Raa… J’ai perdu la notion du temps et même de l’environnement. Je ne sais même plus où j’ai commencé à boire. J’émerge…
Maintenant, je suis assis dans le fond d’une taverne du port spatial. C’est toujours dans les tavernes du port spatial que les hommes comme moi échouent… »

Extrait de : P. Randa. « Les résidus du temps. »

Les rescapés de demain par Peter Randa

Fiche de Les rescapés de demain

Titre : Les rescapés de demain
Auteur : Peter Randa
Date de parution : 1961
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les rescapés de demain

« Sauval se penche par-dessus la balustrade de fer qui court le long de la terrasse. A ses pieds, Paris dans la lumière un peu diffuse d’un matin de mai. L’air est doux, tiède, délicieux à respirer… Oui, surtout doux à respirer. Sauval pousse un soupir :
« Je le respire peut-être pour la dernière fois. »
La dernière fois ? Un étrange sentiment l’envahit… Comme une sorte de vide en lui. Un vide total. Absolu. Regarder une ville pour la dernière fois… Vivre peut-être son dernier matin.
« Un peu la situation d’un condamné… qui ne saurait pas si sa condamnation est à vie ou à temps. »
Il allume une cigarette et regarde flotter la fumée. Un grand jeune homme de vingt-cinq ans. Athlétique. Le visage régulier, les traits fins. Des cheveux noirs, légèrement bouclés, coiffés en arrière. Des yeux bruns, animés d’une flamme volontaire. En uniforme. Celui des Cadets de la Garde aérienne de France avec l’insigne de lieutenant accroché à son revers. »

Extrait de : P. Randa. « Les rescapés de demain. »

Les pléiades d’Artani par Peter Randa

Fiche de Les pléiades d’Artani

Titre : Les pléiades d’Artani
Auteur : Peter Randa
Date de parution : 1978
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les pléiades d’Artani

« Depuis une heure, assis sur un banc bien placé du square, j’examine la grande entrée de la banque. Il en existe d’autres, mais toutes celles-là ont un système de fermeture intérieur qui les rend absolument inviolables la nuit. Il y a un seul moment où la porte est vulnérable. Je connais le moment, mais pas le moyen de franchir le seuil sans déclencher un infernal tintamarre qui se répercutera jusqu’au prochain
commissariat.

A l’époque où l’on a construit le système de protection, je travaillais dans l’une des équipes occupées à le mettre en place, mais je n’ai jamais eu une vue d’ensemble de tout le système. L’heure propice, je la sais parfaitement, mais je n’ai pas encore pu trouver le moyen de me servir de cette information.

Je viens ici chaque jour et j’observe… Pas pour regarder — j’ai déjà tout vu — mais pour m’imprégner l’esprit de tous les gestes, de tous les mouvements des employés venant fermer chacun à leur tour… Quand je dis employés, j’exagère. Il s’agit des directeurs ou des sous-directeurs, de toute façon de personnalités éminentes de la direction. »

Extrait de : P. Randa. « Les pléiade d’Artani. »

Les massacres du commencement par Peter Randa

Fiche de Les massacres du commencement

Titre : Les massacres du commencement
Auteur : Peter Randa
Date de parution : 1974
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les massacres du commencement

« — Les mutants !…

Garil vient de nous avertir et nous plongeons tous immédiatement sous le couvert. Garil a la vue extraordinairement perçante et, lorsque je relève la tête, une fois allongé dans un buisson, j’aperçois trois silhouettes qui se confondent encore avec les petits arbustes de la plaine.

Trois ! Ça nous donne une chance malgré la précarité de nos armes. Seulement des arcs, des lances et des couteaux. Dérisoire contre des hommes qui possèdent des fulgurants, des désintégrateurs et des pistolets thermiques.

Il est vrai que, contre nous, les mutants se servent uniquement de leurs fulgurants car ils veulent nous prendre vivants… Nous, en revanche, chaque fois que l’occasion nous est donnée, nous tuons.

Que ferions-nous avec des prisonniers ? Je crie :

— Garil !… Grimpe en haut d’un arbre… Si tu aperçois d’autres mutants derrière ceux-ci, descends pour nous avertir et nous décrocherons. Dans le cas contraire, nous attaquerons.

Par surprise… Logiquement, il nous suffirait de placer trois flèches pour en finir sans mal, mais les flèches sont rarement mortelles au premier coup. Cela signifie que les mutants auront le temps de dégainer et d’ouvrir le feu. »

Extrait de : P. Randa. « Les massacres du commencement. »

Les immortels par Peter Randa

Fiche de Les immortels

Titre : Les immortels
Auteur : Peter Randa
Date de parution : 1972
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les immortels

« A côté de moi, Torman actionne un des boutons du tableau de bord et un écran spécial s’allume, prenant dans son champ l’ensemble d’une planète dont le continent nord et le continent sud se détachent nettement, séparés à l’équateur par un océan semé d’îles.
Pour moi, c’est le terminus. C’est là que je vais, mais je sais très peu de chose sur la mission qu’on va me confier. Peu de chose, sinon qu’elle est dangereuse et que si je réussis, je serai le premier Terrien à y prendre pied.
En fait, je vais être le vingt-troisième à tenter de me poser sur cette planète, qualifiée de maudite. Les vingt-deux astronautes qui m’ont précédé sont tous morts.
Vingt-deux, en ne comptant que les chefs d’expédition, car on n’a jamais revu aucun des membres de leurs commandos respectifs. Moi, de toute façon, il a été décidé que je partirais seul. »

Extrait de : P. Randa. « Les Immortels. »

Les ilotes d’en bas par Peter Randa

Fiche de Les ilotes d’en bas

Titre : Les ilotes d’en bas
Auteur : Peter Randa
Date de parution : 1979
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les ilotes d’en bas

« Roi arrive le premier dans la clairière du Jugement, avec dix guerriers armés de lourdes massues de chêne et de couteaux à lame de métal mince et tranchante. Ces couteaux, les hommes ne les ont pas fabriqués, ils se sont contentés de les affûter après les avoir ramassés dans certaines ruines des temps oubliés.
Derrière les guerriers, viennent six jeunes filles à peine nubiles. Elles s’installent devant le grand rocher sur lequel le chef de la Horde procède à certains sacrifices. Elles ont toutes le visage grave et une folle angoisse mord leur ventre.
Roi prend place de l’autre côté de la Pierre du Sacrifice et reste debout, sa massue à ses pieds et les bras croisés sur sa forte poitrine. Un colosse aux muscles épais. Sa force est prodigieuse. De mémoire d’homme, on ne se souvient pas dans la Horde d’avoir connu un guerrier plus redoutable.
Il est concerné directement par le Jugement. La honte en rejaillit sur lui et sur son clan…
Après Roi, se présente Tark. Lui aussi suivi de dix guerriers porteurs des mêmes massues et des mêmes couteaux. Derrière les guerriers, les six jeunes filles requises par la Loi parlée de la Horde. »

Extrait de : P. Randa. « Les ilotes d’en bas. »

Les ides de Mars par Peter Randa

Fiche de Les ides de Mars

Titre : Les ides de Mars
Auteur : Peter Randa
Date de parution : 1967
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les ides de Mars

« Le silence est bizarre… La qualité du silence. Je me demande ce qui me choque et m’impressionne. L’idée de fouler le sol d’une planète morte… ou presque morte puisque je foule tout de même une espèce de mousse rougeâtre qui pousse en longues bandes géométriques.
Les fameux canaux de Mars ! Les spécialistes de l’expédition ont fait les prélèvements indispensables et ils ont déjà procédé aux premiers examens dans le laboratoire rudimentaire et exigu de la nacelle.
Moi, je ne m’intéresse pas aux questions scientifiques. Je suis en quelque sorte le navigateur, le pilote et l’historien de l’expédition. Je prends des notes. J’entasse des montagnes de notes et je réunis toutes celles de mes compagnons, ainsi que leurs films et leurs microphotos. »

Extrait de : P. Randa. « Les Ides de Mars. »

Les éphémères par Peter Randa

Fiche de Les éphémères

Titre : Les éphémères
Auteur : Peter Randa
Date de parution : 1962
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les éphémères

« Aspiré par le TUBE, l’Ovule file à une allure vertigineuse, mais un dispositif spécial annule les effets de la vitesse et Karver, assis dans son fauteuil souple, peut se laisser aller à une rêverie pour l’instant plutôt pessimiste.

Un grand et fort gaillard. Apparence physique, entre vingt et vingt-cinq ans, mais il est beaucoup plus vieux. Combien ? Il n’en sait plus rien lui-même. Il ne compte plus ses régénérescences.

En un sens, il est las. En lui, l’instinct de la lutte s’est atténué depuis longtemps. Il se pose trop de questions auxquelles il a envie de répondre par des « A quoi bon ? »

Pourtant, la situation est dramatique. Depuis qu’il a découvert l’effarante carence du Conseil Suprême, il sait qu’il tient entre ses mains la dernière chance des Survivants… Il est le seul à savoir… à connaître l’effroyable secret du Palais d’ALUNA… l’effroyable précaution que les premiers Survivants ont prise dans leur infinie sagesse…

Ce qui le surprend, c’est que le souvenir de cette menace implacable ait pu se perdre dans la mémoire des hommes… se perdre totalement…

Et le plus terrible est qu’on ne le croira jamais… On ne pourra plus le croire. »

Extrait de : P. Randa. « Les éphémères. »

Les damnés d’Altaban par Peter Randa

Fiche de Les damnés d’Altaban

Titre : Les damnés d’Altaban
Auteur : Peter Randa
Date de parution : 1969
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les damnés d’Altaban

« Le Rihan fonce dans l’espace. Nous avons échappé de peu aux vaisseaux de la Garde spatiale en quittant Stetanor et maintenant, nous nous enfonçons dans les ténèbres opaques des confins de la galaxie où personne n’oserait nous suivre.

Tout de même, cette fois, j’ai eu chaud. J’ai bien cru que nous étions perdus. Quelqu’un a dû nous dénoncer. Un client de Bjo le Camaïan. N’importe lequel qui a pu surprendre une conversation et que la prime a tenté.

Inutile de me creuser la tête à ce sujet. Je ne saurai jamais de qui il s’agit car je ne retournerai pas de sitôt à Stetanor. Dommage, car c’était une escale agréable…

Enfin… Devant moi, dans la grande cabine, Elmi la petite Alkorienne joue avec mon cactus carnivore. Un jeu échevelé. Elmi se place à portée des tentacules de la plante et essaye de leur échapper.

Lorsqu’elle est saisie, l’arbre la ramène brutalement jusqu’à son tronc dont il rentre toutes les mortelles épines à la dernière seconde. Exactement comme un chat qui rentre ses griffes.

Il tient ainsi l’Alkorienne durant quelques secondes contre lui, puis, la renvoie en déroulant brusquement ses tentacules. Elmi roule alors sur le tapis comme une toupie. »

Extrait de : P. Randa. « Les damnés d’Altaban. »

Les boucles du temps par Peter Randa

Fiche de Les boucles du temps

Titre : Les boucles du temps
Auteur : Peter Randa
Date de parution : 1969
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les boucles du temps

« Les Silvos ne font aucune différence entre les officiers et les soldats. Du moins, en ce qui concerne leurs prisonniers. On nous a tous entassés pêle-mêle dans les soutes d’un transport.

En y pénétrant, nous avons tous pensé qu’il s’agissait d’un transport désaffecté, transformé en bagne fixe, mais nous nous trompions.

Vingt-quatre heures plus tard, aux vibrations de la coque, nous avons compris que le vétuste vaisseau nous emportait dans l’espace.

Vers quelle destination ?

Nous sommes des vaincus. Les vaincus de la plus grande bataille de l’espace qui se soit livrée dans l’histoire de l’humanité. De toutes les humanités. »

Extrait de : P. Randa. « Les Boucles du temps. »