Étiquette : livre
Ségrégaria par Max-André Rayjean
Fiche de Ségrégaria
Titre : Ségrégaria
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1975
Editeur : Fleuve noir
Première page de Ségrégaria
« Le Centre était immense et ressemblait à un labyrinthe. Sans les consignes répétées sans cesse par les ordinateurs, un homme s’y perdrait facilement.
Il n’y avait pas de pancartes, pas de panneaux luminescents, pas la moindre indication écrite. Rien. Mais par des haut-parleurs invisibles, une voix monocorde accompagnait le visiteur.
— Zélad, vous m’entendez ?
— Oui, murmura l’homme, excédé par tant de précautions qu’il jugeait inutiles.
— Bien. Je suis l’ordinateur H.7. Je vous guide vers la salle G.M.2. Prenez à droite maintenant…
Zélad obéit, machinalement. Il attendait ce moment depuis des années. Il allait enfin rencontrer celle qui deviendrait pendant quelques jours son « épouse » légitime.
Pendant quelques jours seulement. Une semaine. Peut-être deux. En tout cas pas davantage. Après, Zélad retournerait à son travail obscur. Il se noierait dans la masse sous le commandement des cerveaux électroniques. »
Extrait de : M.-A. Rayjean. « Ségrégaria. »
Round végétal par Max-André Rayjean
Fiche de Round végétal
Titre : Round végétal
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1964
Editeur : Fleuve noir
Première page de Round végétal
« John Sommy pénétra dans la chambre de translation, quitta son casque spatial, et se dirigea immédiatement vers le télé-interphone.
Il manipula un bouton. L’écran s’éclaira et montra une standardiste casquée.
— Passez-moi le chef, Dolly.
L’opératrice sourit, acquiesçant d’un geste. Elle brancha une fiche. Une autre image se substitua alors à celle de la jeune fille. Un type trapu, aux yeux vifs, mobiles, aux traits grossiers. Il portait une chemise bleu azur, aux manches roulées, qui laissait apparaître les poils de ses bras. Il avait desserré le nœud de sa cravate noire. Assis à un bureau, devant des claviers, il fumait un gros cigare. C’était Ralph Parker, le chef du détachement des unités spatiales stationné sur R.S.3, une planète d’un système solaire voisin de Rigel.
Il avait assisté, de son bureau, à l’atterrissage de John Sommy. »
Extrait de : M.-A. Rayjean. « Round végétal. »
Relais « Kera » par Max-André Rayjean

Fiche de Relais « Kera »
Titre : Relais « Kera »
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1969
Editeur : Fleuve noir
Première page de Relais « Kera »
« Un, deux, quatre, six, sept points lumineux apparaissent sur l’écran de l’amplificateur de brillance. Exactement sept, pas un de plus ni un de moins. Un compte d’une précision arithmétique. Sept points qui s’allumant, s’éteignent, clignotent, signalent indubitablement une présence humaine. Quelque chose de contrôlable à distance.
John Clexon soupire. Il soupire non pas parce qu’il se désintéresse de son boulot, parce qu’il le trouve monotone, sans attrait. Non. Au contraire, il se passionne pour sa mission. Il n’accuse jamais le moindre fléchissement, s’impose une discipline de travail rigoureuse.
Il sait que de lui, de lui seul, dépend la sécurité des hommes dont il assume la charge. Aussi, pas une seconde il ne relâche sa surveillance. Il contrôle tout, minutieusement, avec une sorte de délectation maladive qui crispe perpétuellement son visage, assombrit son expression, burine son front, plisse ses lèvres, lui communique une attitude de sévérité peu en rapport avec son caractère. »
Extrait de : M.-A. Rayjean. « Relais « KERA ». »
Plaques chauffantes par Charles Nécrorian

Fiche de Plaques chauffantes
Titre : Plaques chauffantes
Auteur : Charles Nécrorian
Date de parution : 2012
Editeur : Rivière blanche
Première page de Plaques chauffantes
« C’était une Mercedes de couleur grise.
Elle circulait sans plaques minéralogiques et, à son approche, ceux qui traînaient sur les trottoirs s’empressaient d’aller se planquer, car tout le monde savait ce que signifiait la présence d’un véhicule sans plaques. Et puis on ne s’attardait pas dans les rues après le coucher du soleil qui disparaissait tôt en cette saison.
On approchait de Noël.
Le boulevard de Belleville était désert bien que son terre-plein central soit encombré par les cabanes en bois des commerçants autorisés.
Serge conduisait vite, franchissant les feux tricolores sans ralentir, juste un coup d’œil sur l’écran du GPS pour prévenir une collision pourtant peu probable, car seules les Patrouilles parcouraient les quartiers de l’Est parisien à cette heure tardive. »
Extrait de : C. Nécrorian. « Plaques chauffantes. »
Skin Killer par Charles Nécrorian
Fiche de Skin Killer
Titre : Skin Killer
Auteur : Charles Nécrorian
Date de parution : 1987
Editeur : Fleuve noir / Gore
Première page de Skin Killer
« C’était vraiment pas beau à voir. Même avec la pénombre qui régnait dans la pièce et gommait ainsi les détails trop crus. L’odeur du sang était fade, lourde et tenace, et le sergent Timothy Blaise sentit une nausée lui tordre l’estomac. Il essaya de se retenir mais ne put résister. Il se précipita dans la salle de bains pour se pencher sur la cuvette des W.-C. Il y vomit à grands jets saccadés, son dernier repas d’abord, puis de la bile aigre et glaireuse qui resta accrochée à ses lèvres par de longs filets de salive qu’il n’osait pas enlever, comme s’il s’agissait d’une partie vitale de lui-même.
Il se redressa et tira la chasse, déclenchant un tourbillon d’eau qui emporta son dégoût. Il s’essuya les lèvres avec un Kleenex pris dans le distributeur accroché au mur, près de la tablette scellée sous la glace, couverte de produits de beauté en pots, en tubes, en fioles. La fille devait passer son temps à se maquiller, une occupation qui lui serait désormais interdite, comme d’ailleurs toute autre occupation. »
Extrait de : C. Nécrorian. « Skin killer. »
Impacts par Charles Nécrorian
Fiche de Impacts
Titre : Impacts
Auteur : Charles Nécrorian
Date de parution : 1986
Editeur : Fleuve noir / Gore
Première page de Impacts
« Sam regarda la boîte de bière. De la Colt 45, une bibine qui venait de Phœnix, ni meilleure ni pire que les autres. De toute manière, il avait commandé la bière pour justifier sa présence au bar du Relax-98, un trucks’ stop sur la highway menant de Salt Lake City à Denver, au mile 98. Son nom marquait les limites de l’imagination de son propriétaire.
Salt Lake City, une putain de ville fondée par des hommes à chapeaux ronds qui lisaient la Bible en se farcissant toutes sortes de filles qu’ils appelaient des épouses. Ça avait évolué depuis. Un peu. Sam venait de là-bas et, depuis toujours, il avait rompu avec la coutume. Il ne croyait pas tellement en Dieu, et côté filles, il n’avait jamais été du genre à les faire pâmer d’amour. Il cherchait du moins à s’en convaincre depuis que quelque chose s’était cassé, peut-être à jamais, au loin, dans ce foutu pays de merde. Les médecins avaient pu recoller les chairs ou consolider les os mais, malgré leurs drogues, aucun n’avait pu le persuader de bander. »
Extrait de : C. Nécrorian. « Impacts. »
Bayou par Charles Nécrorian
Fiche de Bayou
Titre : Bayou (Tome 2 sur 2 – Blood-sex)
Auteur : Charles Nécrorian
Date de parution : 1989
Editeur : Fleuve noir / Gore
Première page de Bayou
« Quatre ans que Stephen n’est plus, quatre ans que mon frère m’a abandonnée dans ce monde où ne survivent que des larves qui se prétendent être des hommes. Pour moi, des cloportes seraient plus attachants.
Quatre ans de ténèbres…
Depuis quelques jours, je me souviens à nouveau du visage de Stephen, surtout de son dernier regard alors qu’il avançait vers mes lèvres la colonne de chair de son sexe.
Tout se brouille, bascule encore dans ce puits sans fond que les humains dégénérés nomment la mort pour l’unique raison qu’ils ne connaissent pas la jouissance de cette souffrance divine cachée au fond de tout être vivant.
Pourquoi suis-je encore de ce monde ? Pourquoi n’ai-je pas suivi mon frère dans sa quête des nouvelles frontières de l’absolu ? Stephen, pourquoi ces hommes ont-ils mis tant d’acharnement à me rattacher à cette horrible vie dont je ne voulais plus, cette vie que toi et moi avions choisi de quitter ensemble, sexe dans sexe, corps unique, entièrement voués à la jouissance mutuelle ? »
Extrait de : C. Nécrorian. « Blood Sex 2 (Bayou). »
Blood-sex par Charles Nécrorian

Fiche de Blood-sex
Titre : Blood-sex (Tome 1 sur 2 – Blood-sex)
Auteur : Charles Nécrorian
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir / Gore
Première page de Blood-sex
« Il faisait chaud, terriblement chaud. Tout n’était que chaleur. Le soleil, une boule de feu suspendue à la verticale du canon.
Paul se dressa sur un coude. Il était étendu sur un rocher plat. À cet endroit, la rivière devenait sage, s’étalait dans de petits bassins aux eaux claires entourés de rocs usés par des millénaires de brusques fureurs. De son surplomb, Paul pouvait discerner le fond du bassin. Plusieurs fois déjà, il avait surpris l’éclat argenté d’un poisson. « Un coin à truites », pensa-t-il.
– Viens…
Il sourit,, regarda les deux filles nues qui faisaient la planche en agitant les bras pour l’inciter à les rejoindre.
– Viens… Elle est bonne !
Il se leva, les contempla encore quelques secondes puis il dégrafa sa ceinture et baissa son jean. Il plongea dans l’eau cristalline, fut surpris par sa fraîcheur, en suffoqua presque. Il nagea rapidement pour remuer, pour rétablir la circulation sanguine dans ses muscles tétanisés par le brusque changement de température. Alors, il se sentit bien, débarrassé de cette chaleur moite qui lui collait à la peau. »
Extrait de : C. Nécrorian. « Blood-Sex. »
Zéro heure par John Russo
Fiche de Zéro heure
Titre : Zéro heure
Auteur : John Russo
Date de parution : 1980
Traduction : A. Crichton
Editeur : Fleuve noir / Gore
Première page de Zéro heure
« Du chemin, ils entendirent !es cris de rage et de douleur. Le démon était pris! Là-bas, dans le champ, comme l’autre.
— Courez, mes enfants, courez vite ! cria maman. N’ayez pas peur, je vous suis !
Son gourdin à la main, elle se hâta de toute la vitesse de ses jambes grêles.
Luke et Abraham, quatorze et douze ans, ouvraient la route. Ils portaient l’un et l’autre une pelle. Cynthia, dix ans, la plus petite, avait peine à soutenir l’allure. Mais il n’était pas question qu’elle renonce : c’était elle qui avait récité les prières pour attirer le démon dans leur piège. Elle en frémissait de fierté. Pourtant, quelle peur elle éprouvait !
Derrière elle, Cyrus riait nerveusement. A seize ans ou presque, il n’était pas très dégourdi. Gêné par son embonpoint, il suait et soufflait pour ne pas se laisser distancer.
La famille dévala la pente et pénétra dans le champ en friche d’où provenaient les cris. Le temps de traverser une étendue d’herbes hautes, elle déboucha sur le sentier contournant la montagne. La chose était là. »
Extrait de : J. Russo. « Zéro heure. »
Le retour des morts vivants par John Russo
Fiche de Le retour des morts vivants
Titre : Le retour des morts vivants (Tome 3 sur 3 – Les morts vivants)
Auteur : John Russo
Date de parution : 1985
Traduction : P. Benita
Editeur : Fleuve noir / Gore
Première page de Le retour des morts vivants
« — Bon, maintenant qu’ils sont tous partis, on va s’prendre un café, histoire de s’activer la cervelle, assura Frank Nello.
Pour son deuxième jour de travail, Freddy était gâté : son chef s’était pris d’amour pour lui. Il n’eut pas le temps d’acquiescer, déjà son patron lui tournait le dos et se dirigeait vers le bureau où se trouvait le distributeur. L’entrepôt était désert et silencieux. La nuit tombait, les petites lucarnes dispensaient une lumière molle et inquiétante qui s’accrochait aux multiples taches de rouille des murs et du plafond, leur donnant l’aspect de caillots malsains. Quelques lampes faiblardes pendouillant du plafond comme des pièges à mouches répandaient une lueur verdâtre. Freddy avait l’impression d’être en taule. Pire ! Dans une morgue.
Frank se retourna et lui passa un bras paternel autour des épaules.
— Bientôt, tu te sentiras comme chez toi, ici, p’tit gars. T’en fais pas, t’apprendras vite.
Freddy ravala sa salive avec difficulté. »
Extrait de : J. Russo. « Le retour des morts vivants. »