Étiquette : livre
Un chalet dans les airs par Albert Robida
Fiche de Un chalet dans les airs
Titre : Un chalet dans les airs
Auteur : Albert Robida
Date de parution : 1925
Editeur :
Première page de Un chalet dans les airs
« Assis entre ses neveux Andoche et Modéran, sur le balcon de la villa qu’il venait d’acheter en vue d’un assez long déplacement, M. Cabrol, l’érudit bien connu, semblait rêveur et fronçait un peu les sourcils.
« Est-ce que vous n’êtes pas content de l’aménagement, mon oncle ? demanda Modéran.
— Si, si, fit M. Cabrol, cela va… Le premier étage est assez bien disposé quatre chambres. une pour vous, deux pour moi ; il nous reste une chambre d’ami, c’est suffisant… Ce sera très bien. Ce qui me chiffonne un peu, c’est de… Mais non, mais non, cela ira… Je pensais à mes travaux, mon petit Modéran, je veux qu’ils ne souffrent pas de nos déplacements… Non, non, ils n’en souffriront pas, au contraire, avec la tranquillité, le calme, le silence… Ni vos études non plus, mes petits, car vous travaillerez aussi !
— Oh certainement, mon oncle », s’écrièrent Andoche et Modéran d’une seule voix.
En ce moment le balcon eut un brusque mouvement. Andoche faillit glisser du divan et derrière eux la villa oscilla. »
Extrait de : A. Robida. « Un chalet dans les airs. »
Mesdames nos aïeules par Albert Robida
Fiche de Mesdames nos aïeules
Titre : Mesdames nos aïeules
Auteur : Albert Robida
Date de parution :
Editeur : BnF
Première page de Mesdames nos aïeules
« Il n’y a de nouveau dans ce monde que ce qui a suffisamment vieilli, a dit, non pas un grand philosophe mais une femme, la couturière de Joséphine de Beauharnais, épouse de Napoléon Bonaparte, consul de la République française, lequel pensait de même, puisqu’il ressuscita l’Empire de Rome.
Et conformément à cet axiome profond, la couturière de Joséphine montait ou plutôt descendait chercher très loin dans le passé, chez mesdames les Grecques et les Romaines, les nouveautés élégantes vieilles de deux mille années, destinées à tourner la tête des salons et promenades de Paris, à charmer les Parisiennes et aussi les Parisiens, et à faire le tour du monde enfin, tout comme les pompons, les baïonnettes et les drapeaux des voltigeurs français de la même époque, qui furent des touristes forcenés. »
Extrait de : A. Robida. « Mesdames nos aïeules. »
Les vieilles villes des Flandres par Albert Robida
Fiche de Les vieilles villes des Flandres
Titre : Les vieilles villes des Flandres
Auteur : Albert Robida
Date de parution : 1908
Editeur : Librairie Dorbon-Ainé
Première page de Les vieilles villes des Flandres
« Sur la vieille terre flamande, les villes se touchent, plus serrées qu’en nul autre pays d’Europe, surtout lorsqu’on a quitté la Flandre française et franchi la frontière après Lille.
Et ce sont toutes de vieilles cités historiques, illustres pour le rôle considérable joué aux grandes époques du Moyen-Age, et enrichies par les grands courants commerciaux et maritimes du temps de la Hanse, des villes fameuses pour la grandeur souvent épique de leur histoire mouvementée, pour l’indomptable vaillance de leurs fourmillants bataillons des Métiers et des Communes, dans les grandes luttes contre la puissance féodale ou la domination espagnole.
Elles sont si rapprochées que, du haut des beffrois, les guetteurs pouvaient apercevoir de tous côtés d’autres beffrois, d’autres flèches pointant dans le bleu du ciel, sur les horizons plats. »
Extrait de : A. Robida. « Les vieilles villes des Flandres. »
Le voyage de Mr Dumollet par Albert Robida
Fiche de Le voyage de Mr Dumollet
Titre : Le voyage de Mr Dumollet
Auteur : Albert Robida
Date de parution : 1883
Editeur :Georges Decaux
Première page de Le voyage de Mr Dumollet
« Pour un charmant jeune homme, – certes, en cette belle année 18… monsieur Narcisse Dumollet était un charmant jeune homme ! Et cela, malgré ses trente-neuf printemps et ses quarante automnes.
Cette collection de printemps et d’automnes n’est pas portée si facilement par tout un chacun ; les uns blanchissent, les autres, dès leur majorité, arborent des crânes à faire rêver les professeurs de billard ; monsieur Narcisse Dumollet était resté tel qu’à l’âge tendre de 18 ans, un très charmant jeune homme.
On pouvait le trouver un peu gros, un peu joufflu, mais il tenait cela de naissance ; venu au monde bien portant, il avait tenu à rester bien portant ; il n’était ni gris, ni blanc, ni chauve, vu que, presque de naissance encore et par coquetterie, il portait perruque, une perruque artistique due au talent d’un illustre perruquier de l’ancien régime, qui vous perruquait les hommes non pas n’importe comment, au hasard de l’inspiration ou suivant les caprices de la mode »
Extrait de : A. Robida. « Le Voyage de M. Dumollet. »
Le vingtième siècle par Albert Robida
Fiche de Le vingtième siècle
Titre : Le vingtième siècle – la vie électrique
Auteur : Albert Robida
Date de parution : 1891
Editeur :
Première page de Le vingtième siècle
« DANS l’après-midi du 12 décembre 1955, à la suite d’un petit accident dont la cause est restée inconnue, une violente tempête électrique, une tournade, suivant le terme consacré, se déchaîna sur loat l’Ouest de l’Europe et amena, au milieu du trouble et des profondes perturbations à la vie générale, bien de l’inattendu pour certaines personnes que nous présenterons plus loin.
Des neiges étaient tombées en grande quantité depuis deux semaines, recouvrant toute la France, sauf une petite zone dans le Midi, d’un épais tapis blanc magnifique, mais fort gênant. Suivant 1 usage, le Ministère des l’oies et Communications aériennes et terriennes ordonna un dégel factice et le poste du grand réservoir d’clectricité N (de l’Ardèclie), chargé de l’opération, parvint, en moins de cinq heures, à débarrasser tout le Nord-Ouest du continent de cette neige, le deuil blanc de la nature que portaient tristement jadis, pendant des semaines et des mois, les horizons déjà tant attristés par les brumes livides de l’hiver. »
Extrait de : A. Robida. « Le vingtième siècle: la vie électrique. »
La part du hasard par Albert Robida
Fiche de La part du hasard
Titre : La part du hasard
Auteur : Albert Robida
Date de parution : 1888
Editeur : BnF
Première page de La part du hasard
« D’une voiture arrêtée sous un bec de gaz de la rue Bonaparte, Eugène Gardel venait de descendre, Ses hautes guêtes bouclées jusqu’aux genoux, son chapeau de feutre à larges ailes, le havresac tenu par un bras passé dans les courroies et l’immense parapluie à pique, décoloré et fané par beaucoup de soleils et beaucoup de pluies, de bourrasques et de temps gris, indiquaient suffisamment un peintre et un paysagiste.
Il aidait déjà le cocher à, faire glisser de l’impériale du fiacre une grande caisse de peintre, en simple sapin, assez vaste pour contenir les effets son propriétaire et ses couvres. La caisse était, lourde ; ou bien Gardel possédait une considérable
garde-robe, ou il avait beaucoup travaillé ; le cocher qui l’aidait à la hisser jusqu’à son quatrième étage, le dernier de la maison, grenier à part, murmura dès le premier palier, grommela au second ; grogna au troisième et jura au quatrième, en arrivant écarlate et essoufflé à la porte de son voyageur. »
Extrait de : A. Robida. « La Part du hasard. »
L’horloge des siècles par Albert Robida

Fiche de L’horloge des siècles
Titre : L’horloge des siècles
Auteur : Albert Robida
Date de parution : 1902
Editeur : Bibliothèque numérique romande
Première page de L’horloge des siècles
« Au Cercle International, le I. C., International-club, ancien House Rouling-Club, Cercle village ambulant des I. C. (chauffeurs internationaux), si brillant, si fastueux il y a peu d’années encore, dans ses hôtels de Paris, Londres, Berlin, Vienne et autres capitales.
Ce soir-là, étrange était vraiment la physionomie du fameux cercle. Des salons peu éclairés à côté de pièces noires et vides, un désordre très visible, des coins poussiéreux, et dans le désarroi des choses, une moins visible tristesse planant sur les gens éparpillés en petits groupes, causant à voix basse dans les coins, les sourcils froncés, les mains crispées sur des journaux ou des télégrammes d’agences.
Elles étaient loin, les joyeuses soirées d’autrefois, douze ou quinze ans auparavant, les belles chambrées, les fêtes réunissant les élites artistiques, les gais compagnons de tous les mondes. »
Extrait de : A. Robida. « L’Horloge des Siècles. »
Les parias de l’atome par Max-André Rayjean

Fiche de Les parias de l’atome
Titre : Les parias de l’atome
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1957
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les parias de l’atome
« Le crépuscule tombait sur Paris, apportant un peu de fraîcheur après cette lourde journée d’été.
Les gens ne semblaient guère pressés de rentrer chez eux. Au contraire, ils musardaient sur les trottoirs, s’attardaient devant les vitrines, dans les squares et les parcs.
Sur les terrasses et les balcons, des groupes devisaient avec insouciance, alors qu’un terrible danger les menaçait. Mais personne n’avait l’air de s’en rendre compte et Henri Fridman haussa les épaules en montant dans l’hélibus qui le reconduirait chez lui, à Montrouge.
Il grommela, tout haut :
— Les imbéciles !
Le contrôleur, qui lui poinçonnait son billet, releva brusquement la tête et fronça les sourcils.
— Vous dites ?
— Rien… rectifia Fridman en reprenant son ticket. Rien, en tous cas, qui puisse vous intéresser.
Le docteur s’installa confortablement sur un siège en cuir. Il constata que le regard du contrôleur le suivait avec animosité. Peut-être l’employé avait-il pris pour lui la
réflexion peu élogieuse, et dénuée de toute politesse. »
Extrait de : M.-A. Rayjean. « Les parias de l’atome. »
Les magiciens d’Andromède par Max-André Rayjean
Fiche de Les magiciens d’Andromède
Titre : Les magiciens d’Andromède
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1961
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les magiciens d’Andromède
« Du côté de l’énorme, du gigantesque, du prodigieux et éblouissant ramassis d’étoiles d’Andromède, un point scintillait faiblement, pâle, décoloré, d’un rouge anémique.
C’était un Soleil : Hérédian. Ridiculement petit, dérisoirement terne dans la périphérie éclatante de la Grande Nébuleuse, il n’en éclairait pas moins un système planétaire.
Huit mondes, à peu près glacés, orbitaient dans son sillage avec sagesse, précision, docilité, à la façon de ces boules manipulées par un jongleur et qui tournent, sautent, virevoltent, sans jamais se heurter.
La deuxième planète, par ordre en partant de ce soleil, avait à peu près le même diamètre que la Terre. Un anneau semblable à celui de Saturne, composé d’un amas corpusculaire gelé, l’enlaçait à quelque trois cent mille kilomètres de sa surface.
On ne pouvait pas dire qu’Enrutas était une planète privilégiée. Elle devenait de plus en plus l’ombre d’elle-même, à mesure que le temps accentuait son emprise, modifiait les conditions climatiques. C’était un monde vieillissant au même rythme que son soleil. »
Extrait de : M.-A. Rayjean. « Les Magiciens d’Andromède. »
Les forçats de l’énergie par Max-André Rayjean

Fiche de Les forçats de l’énergie
Titre : Les forçats de l’énergie
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1965
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les forçats de l’énergie
« Ernest Malban regarde tomber la neige, le nez collé à la vitre sale de sa cabane. Les premiers flocons de la saison. Bientôt, toute la chaîne des Pyrénées sera recouverte d’hermine. Au pic du Midi, on grelotte à l’observatoire et au relais de T.V. Ici, dans la vallée, on attend l’hiver.
L’homme est célibataire. À quarante-cinq ans, il n’a su trouver la compagne de sa vie. Il le regrette et parfois, la nostalgie ombre son visage pâle, l’ennui plisse son front, fronce ses sourcils.
Oui, Malban, le solitaire, n’est pas heureux. Il vit parce qu’il faut vivre, sans ambition, sans but. Dans sa cabane de bûcheron, un poêle flambe. Les flammes se tortillent, le bois craque, pète sèchement, éveillant le silence profond de la forêt.
L’homme lorgne vers sa cognée, pendue au mur, et hausse les épaules. Non. Aujourd’hui, le mauvais temps stoppe son travail. Les doigts gèleraient au manche. Les flocons aveugleraient. Dans la cabane isolée, il fait chaud, presque trop. »
Extrait de : M.-A. Rayjean. « Les Forçats de l’énergie. »