Étiquette : livre
Planètes oubliées par B. R. Bruss
Fiche de Planètes oubliées
Titre : Planètes oubliées
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1965
Editeur : Fleuve noir
Première page de Planètes oubliées
« Nor Boolig, en sortant du réfectoire 715, sauta sur le trottoir roulant de la voie 110 Nord, qui n’était pas trop encombrée. Il gagna la piste la plus rapide et prit place sur un des sièges, à côté d’une jeune femme brune qui fermait les yeux pour écouter l’émission que débitait directement dans son oreille, grâce à son minuscule othosone, l’une des soixante-douze chaînes de radio de la métropole.
La plupart des gens, qu’ils fussent assis ou debout sur la piste roulante qui les emportait à près de cent kilomètres à l’heure, avaient eux aussi le même petit appareil enfoncé dans leur tuyau acoustique et semblaient perdus dans un songe lointain, hypnotisés.
Nor Boolig, lui, se contentait de regarder le paysage et de réfléchir à diverses choses. Il avait bien lui aussi, dans sa poche, comme tout le monde, un petit othosone, mais il ne s’en servait pratiquement jamais. C’était d’ailleurs une des raisons pour lesquelles sur sa fiche individuelle – portant le numéro 312715 FAA 2009 – et dont le double était au palais de la démographie, une petite croix verte accompagnait son nom. »
Extrait de : B. R. Bruss. « Planetes oubliées. »
Penelcoto par B. R. Bruss

Fiche de Penelcoto
Titre : Penelcoto
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1974
Editeur : Fleuve noir
Première page de Penelcoto
« La femme, vêtue d’une blouse blanche et d’un pantalon noir faits d’un tissu très brillant, regarda la liste qu’elle tenait à la main et appela :
– Le numéro 712.
– C’est bien moi, dit l’homme qui avançait dans le couloir.
La femme lui adressa un sourire.
Cette scène se déroulait dans un lieu quasi abstrait. Un long et large couloir dont les murs, le plafond, le sol étaient entièrement métalliques, lisses, sans le moindre ornement, d’une coupe strictement rectangulaire, aussi luisants qu’une plaque d’acier poli. Les portes qui donnaient sur ce couloir étaient à peine visibles, tant elles s’emboîtaient exactement dans leurs rainures. La lumière venait on ne savait d’où, vive sans être aveuglante. Les seuls meubles visibles étaient une table d’un blanc crémeux et un tabouret de même couleur. Sur la table, quelques feuillets et une boîte carrée, blanche elle aussi, d’où sortaient des boutons. »
Extrait de : B. R. Bruss. « Penelcoto. »
Parle, robot ! par B. R. Bruss

Fiche de Parle, robot !
Titre : Parle, robot !
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1969
Editeur : Fleuve noir
Première page de Parle, robot !
« Oui, je vais te parler…
Je vais te raconter, puisque tu me le demandes avec tant d’insistance, ce qu’il faut bien appeler ma vie.
Ma vie… Un mot qui me paraît un peu étrange, bien qu’en principe, pour moi, il ne devrait pas y avoir de mots plus bizarres les uns que les autres.
Ma vie, je sais maintenant et depuis longtemps quand elle a commencé. Mais je ne l’ai pas toujours su. Elle a commencé, en fait, au moment où quelqu’un a appuyé sur un bouton qui se trouve quelque part à l’intérieur de moi-même. Je ne m’en suis pas rendu compte, pour la bonne raison que j’étais parfaitement inconscient. Je ne me suis pas rendu compte non plus qu’en cet instant de ma naissance, j’étais déjà adulte, si je puis dire, et savais déjà faire un certain nombre de choses, dont quelques-unes déjà passablement difficiles. »
Extrait de : B. R. Bruss. « Parle, robot !. »
Nous avons tous peur par B. R. Bruss

Fiche de Nous avons tous peur
Titre : Nous avons tous peur
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1956
Editeur : Néo
Première page de Nous avons tous peur
« Lorsque je suis arrivé à Cockshill, par une nuit de printemps, je ne pensais pas que mon séjour y serait de longue durée.
Je ne pensais surtout pas que dans cet endroit, – qui la veille encore m’était totalement inconnu –, j’allais vivre des moments extraordinaires et terrifiants, et que ma vie en demeurerait à tout jamais bouleversée. Car Dieu sait de quel prix j’ai payé cette expérience ! Et si j’ai pu recueillir la preuve que j’avais les nerfs solides, c’est une découverte dont je me serais bien passé.
Rien de tout cela ne serait arrivé si le 17 mai de cette année-là – une date que je n’oublierai jamais – Davis Pearl ne s’était pas saoulé comme un Polonais. Il avait une excuse. Il enterrait sa vie de garçon.
Je dois dire que j’étais de la partie, avec quelques autres copains qui presque tous appartenaient à la rédaction du « Winnipeg Standard ». »
Extrait de : B. R. Bruss. « Nous avons tous peur. »
Maléfices par B. R. Bruss
Fiche de Maléfices
Titre : Maléfices
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1975
Editeur : Fleuve noir
Première page de Maléfices
« Le sous-préfet coupa la corde symbolique qui barrait l’entrée du pont et le cortège officiel s’avança sur la chaussée toute neuve.
En cette matinée du 4 juillet 1954, un chaud soleil luisait au-dessous des montagnes riantes. Une foule de villageois et de touristes assistait à l’inauguration. Sur les pentes du ravin, entre les arbres et les rochers, des groupes animés et colorés donnaient à la cérémonie un air de fête. La fanfare de Barsec, massée sur un petit promontoire, attaqua une marche endiablée. Au fond de l’étroite vallée coulait la Duelle, une rivière aux eaux transparentes et promptes, renommée pour la qualité des truites qu’on y péchait. Vers l’ouest, couronnant un mamelon, au bout de la route sinueuse qui partait du pont, se dressaient les maisons blanches et gaies de Barsec, surmontées par la grosse tour grise qui datait du temps des Sarrasins. Les enfants des écoles, groupés dans une étroite prairie en contrebas, se préparaient à chanter la charmante chanson : « O ! Joli pont, tu me plais ! » que leurs maîtres et maîtresses leur faisaient répéter matin et soir depuis un mois. »
Extrait de : B. R. Bruss. « Maléfices. »
Luhora par B. R. Bruss

Fiche de Luhora
Titre : Luhora
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1972
Editeur : Fleuve noir
Première page de Luhora
« – Là-bas… Droit devant nous…, dit Ang Bertil qui pilotait le petit appareil antigrav fait pour voler dans une atmosphère.
Au ras de l’horizon, une lueur verte, d’un vert pâle, venait d’apparaître.
– Nous allons enfin savoir de quoi il s’agit, dit Irna Sudmo, une jeune femme brune dont les yeux noirs pétillaient de curiosité.
– Cette planète est étrange, dit Boar Delga d’une voix un peu rauque. J’ai comme un mauvais pressentiment.
Irna eut un petit rire, un peu forcé.
– Tu es toujours inquiet, lui dit-elle. »
Extrait de : B. R. Bruss. « Luhora. »
Les translucides par B. R. Bruss

Fiche de Les translucides
Titre : Les translucides
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1964
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les translucides
« Je m’appelle André Klink.
Je suis né en 2112. J’avais vingt-huit ans quand ce malheur m’est arrivé. C’était donc en 2140. Je dois avoir maintenant trente-deux ou trente-trois ans. Je ne sais pas au juste. Peut-être trente-quatre.
Avant l’événement, j’étais minéralogiste au service de l’institut de recherches galactiques. Et maintenant… Maintenant, je ne sais plus très bien ce que je suis. Mais je sais comment tout cela finira. Mal. Très mal… Et le plus vite sera sans doute le mieux. »
Extrait de : B. R. Bruss. « Les translucides. »
Les Horls en péril par B. R. Bruss
Fiche de Les Horls en péril
Titre : Les Horls en péril
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1962
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les Horls en péril
« — Ah ! ça…, s’exclama Stanley Grim. Ah ! ça, alors… Ça dépasse tout ce qu’on peut imaginer…
Stanley Grim avait l’œil collé à son microscope électronique. Il était comme frappé de stupeur. Il n’en croyait pas ses yeux. Il n’avait jamais rien vu de pareil. Pourtant il avait déjà vu pas mal de choses étranges. Il est vrai que c’était ailleurs que sous son microscope…
Stanley Grim avait un métier, et aussi un violon d’Ingres. Son métier, c’était l’astronautique. Son violon d’Ingres, la biologie. En tant qu’astronaute, il faisait partie, avec le grade de commandant de patrouilleur, de la fameuse brigade L 23, la brigade des explorations lointaines. »
Extrait de : B. R. Bruss. « Les Horls en péril. »
Les Harnils par B. R. Bruss

Fiche de Les Harnils
Titre : Les Harnils
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1971
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les Harnils
« — Tu vas mourir, Conrad Blight.
La voix était menue, lointaine, impersonnelle, et semblait pourtant avoir un air de familiarité.
Conrad sursauta. Il se passa la main sur le front. Il pensa :
« Étrange… Je n’ai jamais eu la moindre hallucination. Ni auditive ni visuelle… Serais-je malade ? Mais non. C’est impossible. »
Il jeta un coup d’œil, à travers la paroi transparente, sur le velours noir de l’espace. Des myriades d’étoiles, de toutes couleurs, scintillaient. Le vieux spectacle familier. Son second coup d’œil fut pour le tableau de bord. Rien ne lui parut anormal.
Il murmura :
— Bizarre.
Puis il se replongea dans le livre qu’il était en train de lire : un recueil des légendes les plus poétiques de la planète Asfa. Mais les lignes dansaient devant ses yeux, et il ne parvenait pas à fixer son attention. »
Extrait de : B. R. Bruss. « Les Harnils. »
Les êtres vagues par B. R. Bruss

Fiche de Les êtres vagues
Titre : Les êtres vagues
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1972
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les êtres vagues
« Dhor Bophals avançait d’un pas rapide sur la piste et tenait la créature par la main. Ce qui n’est, d’ailleurs, qu’une façon de dire car la piste était quasi inexistante, et car la créature n’avait, à proprement parler, pas de mains.
À l’horizon, un ciel extraordinaire. D’abord, tout au ras des montagnes à la crête onduleuse, une bande horizontale et étincelante, qui semblait faite d’une feuille d’or plaquée sur la voûte céleste. Cette bande d’une luminosité extrême se fondait insensiblement dans une autre, un peu moins brillante, et qui avait la couleur et la limpidité de l’émeraude. Plus haut, l’espace devenait bleu, un bleu qui, peu à peu, s’assombrissait pour, finalement, virer au noir. Et, dans ce noir, des étoiles de plus en plus nombreuses. Au zénith, elles fourmillaient. »
Extrait de : B. R. Bruss. « Les Êtres Vagues. »