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Je reviens de… par Kemmel

Fiche de Je reviens de…

Titre : Je reviens de…
Auteur : Jean « Kemmel » Bommart
Date de parution : 1957
Editeur : Fleuve noir

Première page de Je reviens de…

« Si vous voyez une soucoupe volante, sachez que c’est faux, que vous avez la berlue.
Ne le dites ni à votre femme, ni à votre chien, ni à personne. Et surtout, ne montez pas dedans.

Cette bizarre aventure avait fort bien commencé. Sauf qu’il n’y avait pas de neige au Col des Oursins – 2.200 m. d’altitude – quand j’arrivai le 23 décembre 1955 pour y faire du ski. Pas un poil – je veux dire pas un flocon ! Il fallait voir la tête des hôteliers et le mal qu’ils se donnaient, les pauvres gens, pour accueillir avec un large sourire les sans-cervelles hérissées de skis n’ayant pas eu le courage de faire demi-tour en route. Conchita et moi nous en étions.
Conchita était une ravissante petite Espagnole dont les parents étaient au Chili. »

Extrait de : Kemmel. « Je reviens de …. »

Au bout du ciel par Kemmel

Fiche de Au bout du ciel

Titre : Au bout du ciel
Auteur : Jean « Kemmel » Bommart
Date de parution : 1962
Editeur : Fleuve noir

Première page de Au bout du ciel

« En ce temps-là – il peut y avoir cent millions d’années, un peu plus ou un peu moins – existait à l’autre bout du ciel une planète d’âge déjà vénérable que ses habitants appelaient « Gorla ». Elle était riche, prospère et ses peuples avaient atteint un haut degré de civilisation. Au fur et à mesure que celle-ci progressait les petites nations avaient été absorbées par les grandes, qui s’étaient elles-mêmes unies entre elles. Si bien qu’à la fin deux groupements d’hommes gorliens se partageaient la population : les Ouraliens et les Siamites. Les uns et les autres désiraient finir le travail en annexant le voisin. Mais un détail technique empêchait cette fusion hautement souhaitable pour le bon ordre moral, économique et politique de la planète : la guerre était devenue impossible. »

Extrait de : Kemmel. « Au bout du ciel. »

Fléau de l’univers par François Richard-Bessière

Fiche de Fléau de l’univers

Titre : Fléau de l’univers
Auteur : François Richard-Bessière
Date de parution : 1957
Editeur : Fleuve noir

Première page de Fléau de l’univers

« L’homme s’était une fois de plus traîné jusqu’à la fenêtre à travers laquelle il voyait maintenant les brumes épaisses du soir envahir peu à peu le paysage désertique qui l’entourait.

Déjà, dans le ciel violacé, quelques points brillants apparaissaient çà et là, et dans une heure à peine ce serait la nuit, la nuit qui s’ajouterait à tant d’autres, mais qui serait peut-être la dernière pour cet homme, dont le visage ravagé par la fièvre se tendait dans une attente fébrile.

La main crispée sur son arme, il guettait, prêt à tout. D’un instant à l’autre, il s’attendait à LES voir surgir devant lui, aussi impitoyables qu’une meute de chiens dans la forêt. Il était seul, dans son refuge, et chaque mouvement lui causait une douleur affreuse qu’il surmontait avec l’énergie du désespoir. Même l’inconnu qui l’avait soigné s’était enfui, l’abandonnant à son triste sort, et il en vint à maudire cette jambe cassée qui lui était la plénitude de ses moyens.

Non, ils ne l’auraient pas vivant, il se défendrait jusqu’au bout s’il le fallait. Pourtant, sa mission était loin d’être achevée. »

Extrait de : Richard-Bessière. « Fléau de l’univers. »

Feu dans le ciel par François Richard-Bessière

Fiche de Feu dans le ciel

Titre : Feu dans le ciel
Auteur : François Richard-Bessière
Date de parution : 1956
Editeur : Fleuve noir

Première page de Feu dans le ciel

« Le professeur Reginald Taylor, président de la W.U.S. (World United Scientific) tourna d’un geste sec le bouton de nacre qui commandait le fonctionnement de l’écran opalescent de son téléviseur personnel. L’image d’une jeune et jolie secrétaire apparut sur l’écran, avec un relief et une coloration remarquables.
— Avez-vous réussi à contacter le professeur Roland Mercadier ? Il devrait être ici depuis une heure…
— J’ai tout essayé, monsieur le professeur et je suppose qu’il ne va pas tarder, car il a quitté son appartement parisien voici déjà presque deux heures, avec son aérojet particulier.
— Parfait. Prévenez-moi dès que vous aurez de ses nouvelles. Terminé. »

Extrait de : Richard-Bessière. « Feu dans le ciel. »

Escale chez les vivants par François Richard-Bessière

Fiche de Escale chez les vivants

Titre : Escale chez les vivants
Auteur : François Richard-Bessière
Date de parution : 1960
Editeur : Fleuve noir

Première page de Escale chez les vivants

« L’homme s’engagea dans l’allée centrale du petit cimetière, fit quelques pas, s’orienta rapidement et tourna à gauche, en direction de la chapelle.

Une pluie fine s’était mise à tomber depuis le matin, et le sol détrempé était déjà recouvert de nombreuses flaques bourbeuses dans lesquelles l’homme pataugeait sans paraître s’en rendre compte. Il avançait, perdu dans ses pensées, et ce n’est que lorsqu’il atteignit la chapelle qu’il sortit de ses rêveries pour promener un regard anxieux vers la longue rangée de tombes qui s’étendait devant lui.

Machinalement il essuya d’un revers de main l’eau qui ruisselait sur son visage, remonta le col de son loden et avança lentement.

Il s’arrêta devant une croix, une grossière croix de bois qui émergeait d’une tombe abandonnée, à demi envahie par les mauvaises herbes. Quelques boutons d’or étaient ouverts au milieu de ce fouillis. Emouvante et délicate attention d’une Nature sensible à l’indifférence des hommes. »

Extrait de : Richard-Bessière. « Escale Chez Les Vivants. »

Destination moins J-C par François Richard-Bessière

Fiche de Destination moins J-C

Titre : Destination moins J-C
Auteur : François Richard-Bessière
Date de parution : 1961
Editeur : Fleuve noir

Première page de Destination moins J-C

« Le sphéroïde avait émergé dans le continuum espace-temps par le pire des hasards ; mais ce qu’il y avait de pire encore, c’est que les êtres qui l’occupaient savaient qu’ils n’avaient plus, désormais, le moindre espoir de revenir dans leur univers originel.

Quel que soit le cerveau ou l’esprit qui invente une machine, quelles que soient les conceptions imaginées pour la réaliser, la complexité ou l’ultra-complexité de la chose demeure. Une mécanique de chez nous ou d’ailleurs n’est rien de moins qu’une mécanique, et fût-elle réalisée par le plus grand génie, elle possède toujours ses défauts, son petit rien qui un beau jour paralyse tout le système, l’unité tout entière.

Tel était le cas pour cet appareil. Le grain de sable avait provoqué la destruction complète des coordinateurs hyperspatiaux. »

Extrait de : Richard-Bessière. « Destination moins J-C. ».

Des hommes, des hommes et encore des hommes par François Richard-Bessière

Fiche de Des hommes, des hommes et encore des hommes

Titre : Des hommes, des hommes et encore des hommes
Auteur : François Richard-Bessière
Date de parution : 1968
Editeur : Fleuve noir

Première page de Des hommes, des hommes et encore des hommes

« C’était une manœuvre insensée.

Le renversement des puissances pouvait provoquer l’explosion des générateurs encore miraculeusement intacts derrière leur blindage, mais c’était la seule tentative possible.

Rien ne pouvait empêcher un choc désormais inévitable. Une voix, dans les haut-parleurs, essaya de donner quelques ordres rapides, mais il était trop tard.

Un bruit épouvantable ébranla la structure du vaisseau cosmique et l’engin, après avoir lourdement rebondi, heurta de nouveau le sol avec violence.

Entraîné par l’élan, le monstre d’acier glissa encore pendant de longues secondes, puis se cabra une deuxième fois pour s’immobiliser en une ultime secousse.

David Marchal ne sut jamais combien dura son inconscience. Quelques secondes… plusieurs minutes… »

Extrait de : Richard-Bessière. « Des hommes, des hommes et encore des hommes. »

Déjà presque la fin par François Richard-Bessière

Fiche de Déjà presque la fin

Titre : Déjà presque la fin
Auteur : François Richard-Bessière
Date de parution : 1977
Editeur : Fleuve noir

Première page de Déjà presque la fin

« Une lumière sale filtrait à travers un ciel gris. Perpétuellement gris. Et la ville elle-même était noyée dans une grisaille infinie laissant parfois apparaître les sommets arrondis de ses dômes d’observation lorsque le vent, plus violent que d’habitude, s’acharnait à disperser les nuées floconneuses qui stagnaient entre les hauts édifices.

Au printemps, toutefois (mais quelle valeur pouvait-on attacher à ce mot?), les nuées se diluaient à l’approche de midi, permettant ainsi au soleil de faire quelques brèves apparitions, et cela durait jusqu’à ce que les pluies d’août viennent à nouveau transformer la ville en un véritable bourbier.

Les nuages revenaient, le soleil se refondait dans la grisaille et c’était ainsi pendant de longs mois encore.

Rubi comptait les jours. Le printemps approchait. Bientôt le soleil réapparaîtrait et ce serait la Fête… la Fête de la Lumière et de la Renaissance. Il y aurait des danses, des mascarades, des jeux, des buvettes gratuites installées à tous les carrefours aux frais du gouvernement. »

Extrait de : Richard-Bessière. « Déjà presque la fin. »

Croisière dans le temps par François Richard-Bessière

Fiche de Croisière dans le temps

Titre : Croisière dans le temps
Auteur : François Richard-Bessière
Date de parution : 1952
Editeur : Fleuve noir

Première page de Croisière dans le temps

« La pluie crépitait sans arrêt et ses mille petites lances semblaient rebondir sur le sol luisant. L’homme, après s’être abrité tant bien que mal sous une porte cochère, releva le col de son veston et sembla hésiter une fois encore sur la direction à prendre.

La nuit était tombée depuis déjà plus d’une heure, et la ruelle, où de très rares passants se hasardaient, ne pouvait que lui offrir une sécurité tout à fait relative.

Maintenant qu’il avait atteint Caracas, il devait à tout prix tenter de se rendre à Bogota, fixé comme but définitif de son voyage, ou plus exactement, de sa fuite précipitée.

Une angoisse sourde le tenaillait, lui nouait les entrailles au moindre bruit suspect, et le faisait haleter.

L’homme avait peur, d’une peur atroce et ridicule qui annihilait en lui tout réflexe.

Les regards qu’il jetait autour de lui faisaient penser à une bête traquée, et une envie folle de s’enfuir à toutes jambes s’emparait de lui chaque fois qu’un passant attardé et pressé passait tout près, sans même lui accorder la moindre attention. »

Extrait de : Richard-Bessière. « Croisière dans le temps. »

Concerto pour l’inconnu par François Richard-Bessière

Fiche de Concerto pour l’inconnu

Titre : Concerto pour l’inconnu (Opus 71)
Auteur : François Richard-Bessière
Date de parution : 1971
Editeur : Fleuve noir

Première page de Concerto pour l’inconnu

« C’est la faute de Linda.
Non, bien sûr, elle n’est pour rien dans cette histoire, ni elle ni personne en ce monde.
C’est trop horrible…, trop épouvantable…
Je veux seulement parler de la décision que j’ai prise à la suite de notre rupture, décision qui m’a conduit dans cette grotte souterraine, pour un tête-à-tête d’une semaine avec moi-même.
Je m’appelle Arlen Scott et je suis biologiste. Mais la spéléologie fait aussi partie de mes vocations, et je puis dire que j’en connaissais toutes les joies bien avant d’avoir quitté Harvard avec mes poches bourrées de diplômes.
J’ai en effet effectué plusieurs descentes dans le Colorado, mais entre la spéléologie et moi, Linda était un obstacle, et j’ai dû y renoncer. »

Extrait de : Richard-Bessière. « Concerto pour l’inconnu. »