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Deux hommes sont venus par Pierre Pelot

Fiche de Deux hommes sont venus

Titre : Deux hommes sont venus (Tome 12 sur 22 – Dylan Stark)
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 1968
Editeur : Bragelonne

Première page de Deux hommes sont venus

« Début 64, il avait quitté le pays. Bien obligé ! Et de toute façon, si rien de ce qui avait eu lieu ne s’était produit, il aurait tout de même changé de bottes… il serait parti, avec le vieux Sam et les autres fidèles. Ils avaient dans l’idée de s’installer plus au nord, loin de la guerre, là-haut dans le nouveau pays, aux environs de cette fameuse ligne transcontinentale que l’on poussait vaillamment de plus en plus loin vers l’Ouest. C’était cela, l’idée de Sam. Seulement…

… Les hommes sont là, et ils regardent les nuages, et ils n’ont rien de mieux que leurs deux pieds pour se caler sur terre ; ce n’est pas toujours très solide ! Ils regardent les nuages et ils se disent : « Demain, il fera beau ». Et puis, le lendemain, l’orage les détrompe avec fracas… »

Extrait de : P. Pelot. « Dylan Stark – Deux hommes sont venus. »

L’homme-qui-marche par Pierre Pelot

Fiche de L’homme-qui-marche

Titre : L’homme-qui-marche (Tome 11 sur 22 – Dylan Stark)
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 1968
Editeur : Bragelonne

Première page de L’homme-qui-marche

« On sait à peine que c’est le milieu du jour. C’est vague. Mais on sait qu’avant le soleil était dur, et cru, et blanc. Avant, toute la plaine – une plaine, cette peau calcinée, boursouflée, tout encombrée de cannaies et de halliers ; une plaine, ça ? – avait sur le dos comme une grande couleur de brûlé. Voilà. Une couleur qui avait le même goût, la même odeur que ce sacré soleil planté haut dans le toit bleu du monde.

On sait que des mamelons roux s’étiraient nonchalamment à cet endroit, que l’air était parfaitement immobile, aussi transparent que l’eau claire de la rivière. Que des oiseaux, quelque part, se démenaient tout ce qu’ils savaient pour attirer l’attention.

On sait qu’il faisait chaud et que les chemises moites collaient aux creux des reins, que le pas du cheval avait un effet soporifique, que l’envie de parler était tombée depuis bien longtemps. Que les lèvres et la langue étaient sèches, les mains poisseuses de sueur, et que le chapeau ressemblait fortement à une sacrée petite étuve posée sur la tête. »

Extrait de : P. Pelot. « Dylan Stark – L’Homme-qui-marche. »

La peau du nègre par Pierre Pelot

Fiche de La peau du nègre

Titre : La peau du nègre (Tome 10 sur 22 – Dylan Stark)
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 1968
Editeur : Bragelonne

Première page de La peau du nègre

« Jim Spoltz se releva, se gratta la tête. Posément, il acheva de passer l’une après l’autre ses bretelles sur ses épaules. Ensuite, il dit :

— Cette dame est absolument morte.

Puis, comme si cette constatation l’eût amusé pour quelque raison obscure, il promena autour de lui un regard voilé dans lequel brillait une étrange lueur. Quelques-unes des filles accoudées au garde-corps de la galerie étouffèrent un cri sur leurs lèvres, d’une main rapide. Seule, Judie demeura prostrée, assise sur la première marche de l’escalier, les coudes aux genoux et les mains pendantes au bout de ses fins poignets. Elle était décoiffée, le visage exsangue et creux, ses yeux énormes fixés sur le corps de Mrs. Hillbee. Elle semblait ne pouvoir détacher ses yeux de la petite marque brune qui salissait les cheveux décolorés. »

Extrait de : P. Pelot. « Dylan Stark – La Peau du nègre. »

La marche des bannis par Pierre Pelot

Fiche de La marche des bannis

Titre : La marche des bannis (Tome 9 sur 22 – Dylan Stark)
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 1968
Editeur : Milady

Première page de La marche des bannis

« Il était assis dans les caillasses, absolument immobile, enroulé dans sa couverture pelée, grise comme la roche.

Les jours précédents, les dieux avaient lavé le ciel : dernière toilette avant bien longtemps.

La terre, toute fendillée, crevassée comme une peau de vieillard, buvait l’onde bien vite. L’eau coulait en rus éphémères le long des pentes, comme une sueur. Sans trouver le temps de s’alanguir en flaques. La terre avait grand soif.

Pourtant, les terres étaient encore craquantes, et la course d’une bande de coyotes, quelques minutes après l’averse, élevait un long sillage pulvérulent. Mais elles avaient bu. Alors, on vit pointer le nez des herbes, tendres, fragiles, visiteuses inquiètes et paisibles dans un pays où la poussière et l’air sec tuaient comme la peste. »

Extrait de : P. Pelot. « Dylan Stark – La Marche des bannis. »

Le hibou sur la porte par Pierre Pelot

Fiche de Le hibou sur la porte

Titre : Le hibou sur la porte (Tome 8 sur 22 – Dylan Stark)
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 1968
Editeur : Marabout

Première page de Le hibou sur la porte

« Mollement, il acheva d’épandre le reste du ballot de paille, à petits coups de fourche, puis il se redressa. Un moment, il demeura ainsi penché en avant, appuyé des deux mains sur le manche de l’outil et le regard inspectant la litière. C’était bien, bon et frais. À présent, ils pouvaient venir de la plaine enneigée, naseaux fumants et givrés, crinières folles ; ils pouvaient venir, avec leurs croupes hautes, musclées, leurs odeurs d’hiver. Ils seraient bien. On les attendait. L’écurie serait chaude et amicale, solide ; et le vent pouvait bien souffler alentour et buter dans les poutres.

Dylan laissa fuser un soupir, puis il alla porter la fourche au fond du bâtiment, dans un angle. Là encore il s’arrêta pour jeter un coup d’œil autour de lui. Il regarda les boxes alignés et égaux, clairs, bien pourvus chacun d’une épaisse litière de paille. »

Extrait de : P. Pelot. « Dylan Stark – Le hibou sur la porte. »

Les irréductibles par Pierre Pelot

Fiche de Les irréductibles

Titre : Les irréductibles (Tome 7 sur 22 – Dylan Stark)
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 1967
Editeur : Marabout

Première page de Les irréductibles

« Le 12 novembre 1865

Bientôt la nuit déborderait sur terre, et elle serait grise, sale, molle et visqueuse. Elle serait sur la neige comme une suie mauvaise, transformant les lointains sommets de la montagne, là-bas aux environs de Springfield, en obscures et vagues silhouettes maladroitement tracées au crayon – comme une esquisse jetée avant le travail au pinceau. La nuit comme une armée en marche coulerait, lente, inexorable, avec ses mains froides aux caresses voraces, roulée dans les plis de ses affreux sourires. Et puis ce serait le brouillard dense et opaque ; et puis il n’y aurait plus rien.

Il frissonna, s’assura machinalement que le col de sa veste était bien remonté.  »

Extrait de : P. Pelot. « Dylan Stark – Les irréductibles.  »

Les loups sur la piste par Pierre Pelot

Fiche de Les loups sur la piste

Titre : Les loups sur la piste (Tome 6 sur 22 – Dylan Stark)
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 1967
Editeur : Marabout

Première page de Les loups sur la piste

« Nebucad avait dit :

— La pluie sur Siloam, par le diable ! rien de plus triste à voir !

C’était juste avant de monter sur sa charrette, devant le magasin de Tom Shiffy. Ils étaient quatre dans le General Store, plantés derrière les vitres des devantures, les mains aux poches. Il y avait Tom, avec sa longue face plate de poisson hilare, qui passait le temps de ses silences à préparer de nouvelles plaisanteries ; Sid Shoffender – ce sacré Sid ! – avec son bras blessé et les souvenirs de la bataille du matin prêts à glisser à la moindre occasion sur ses lèvres gercées. Mais ces deux-là se taisaient la plupart du temps et, quand ils parlaient, on savait d’avance de quoi il serait question. Ce qui fait qu’ils auraient aussi bien pu être absents. »

Extrait de : P. Pelot. « Dylan Stark – Les loups sur la piste. »

Les loups dans la ville par Pierre Pelot

Fiche de Les loups dans la ville

Titre : Les loups dans la ville (Tome 5 sur 22 – Dylan Stark)
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 1967
Editeur : Marabout

Première page de Les loups dans la ville

« Il en avait assez.

Sen Benton en avait assez.

La nuit de cette fin septembre était claire, sans lune et fraîche. Toute pâle. Le ciel tranquillement appuyé aux montagnes était gorgé d’étoiles. Dans l’ombre verte et les éclats glacés collés aux choses de la terre, les bosquets piqués au hasard de la vallée, tout alentour de la ville, n’avaient pas de couleur définie. Septembre était venu et il avait tué les feuillages ; dans la nuit, les bosquets ne ressemblaient à rien : des taches, des touffes brunâtres qui frissonnaient sous un souffle égaré de vent, des riens à peine consistants. On pouvait entendre les premiers pas du gel, hésitants, dans les feuilles tombées au sol ; le gel, comme une marée invisible et lente coulée dans les roseaux de la Hill-River, dans ses halliers. »

Extrait de : P. Pelot. « Dylan Stark – Les loups dans la ville. »

La horde aux abois par Pierre Pelot

Fiche de La horde aux abois

Titre : La horde aux abois (Tome 4 sur 22 – Dylan Stark)
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 1967
Editeur : Marabout

Première page de La horde aux abois

« Pour Asaph Bewo, le petit homme, tout se déclencha le jour où, pour la première fois depuis le début de la guerre, on remit le feu aux herbes rôties par un soleil torride du mois d’août. Il se passa beaucoup de choses bizarres ce jour-là ; diverses circonstances, totalement indépendantes les unes des autres, se mêlèrent étrangement, à un instant précis, comme irrémédiablement attirées entre elles, pour se confondre finalement avec le visage du Hasard. Ce fut un jour à marquer d’une croix. Un de ces moments auquel s’accroche facilement le souvenir.

D’abord, les gens mirent le feu aux herbes et, rien que ça, c’était d’une très grande importance. Cela ne s’était pas vu depuis presque cinq années. Durant tout le temps noir de la guerre, on n’y avait pas songé. »

Extrait de : P. Pelot. « Dylan Stark – La horde aux abois. »

La couleur de Dieu par Pierre Pelot

Fiche de La couleur de Dieu

Titre : La couleur de Dieu (Tome 3 sur 22 – Dylan Stark)
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 1967
Editeur : Bragelonne

Première page de La couleur de Dieu

« Les braises avaient fumé, et puis elles étaient mortes. Alors, elles s’étaient tassées. Au matin, sous la rosée, elles étaient devenues des cendres bien noires, bien brillantes. Les jours avaient suivi les jours, tous pareils, et pourtant de plus en plus chauds et longs, avec un soleil qui laissait prévoir plus de chaleur encore.

Les cendres s’étaient tassées. Elles étaient encore noires, mais seulement par endroits : ailleurs, tout avait pris une teinte brune terreuse et rouillée.

De la ferme, il restait peu de chose : la cheminée de grosses pierres, massive et grise (c’était là, sur la pierre, que les cendres étaient encore noires) ; un morceau de mur appuyé à cette cheminée, et qui descendait en biais jusqu’au sol. »

Extrait de : P. Pelot. « Dylan Stark – La couleur de Dieu. »