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Les mains sanglantes de Léonox par Paul Béra

Fiche de Les mains sanglantes de Léonox
Titre : Les mains sanglantes de Léonox (Tome 3 sur 6 – Léonox)
Auteur : Paul Béra
Date de parution : 1972
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les mains sanglantes de Léonox
« Il suffit parfois de bien peu de chose pour qu’un processus se déclenche dans le cerveau humain et pour que vous compreniez avec certitude ce qui, depuis des mois, échappait à votre raisonnement.
Ce matin-là, lundi 26 juillet, à 9 heures du matin, j’étais encore au lit, chez moi, quand le téléphone me fit sursauter. Grimace : j’avais décidé de consacrer la journée au farniente. Pendant quarante-huit heures j’avais enquêté dans la région de Maubeuge, et souvent au clair de lune, afin de fournir aux lecteurs de l’Éclair leur pâture quotidienne. Du temps perdu d’ailleurs, puisqu’on avait fini par prouver que les deux enfants découverts sans vie au fond d’une carrière y étaient tout… bonnement tombés par accident. Pas moyen de pondre un papier avec ça. Plutôt désappointé, j’avais passé dans l’après-midi du dimanche un coup de fil au secrétaire de rédaction et je n’avais pas mis les pieds au journal.
Je décrochai, bougon.
— Allô ?
— Dalvant ? Qu’est-ce que c’est que cette plaisanterie ?
Inutile que mon correspondant se présente. J’avais reconnu sa façon d’aboyer. C’était le gros Malter, mon rédacteur en chef. »
Extrait de : P. Béra. « Les Mains Sanglantes de Léonox. »
Léonox et la mort par Paul Béra

Fiche de Léonox et la mort
Titre : Léonox et la mort (Tome 2 sur 6 – Léonox)
Auteur : Paul Béra
Date de parution : 1972
Editeur : Fleuve noir
Première page de Léonox et la mort
« Ils étaient beaux, et c’est à cause de ça que je m’attachai à eux, moi, Francis Dalvant. Je ne sais si vous êtes sensibles à la beauté, non pas la beauté intellectuelle et sophistiquée d’un tableau d’art moderne, mais celle qui vous coupe le souffle parce que vous savez que, au grand jamais, l’Homme ne pourra créer de ses mains de telles choses. Un lever de soleil sur la montagne, par exemple.
Or, ils étaient beaux, tous les deux, de cette façon-là, lui et elle, encore qu’ils ne fussent que des humains. C’était l’absolu dans la beauté. Bien entendu, ils étaient jeunes. Roméo et Juliette, mais un Roméo basané et musclé, une Juliette bien en chair et fort peu languissante !
La foule les poursuivait dans la nuit, en hurlant et en brandissant des torches qui fumaient. Ils couraient, lui et elle, mais non d’une façon affolée : comme au stade, d’une souple foulée régulière… et ils se tenaient la main.
Les reflets des torches sur les parois rocheuses qui bordaient la route taillée dans la montagne comme par quelque Durandal, les clameurs, le claquement des chaussures des poursuivants, tout cela était hallucinant. »
Extrait de : P. Béra. « Léonox et la Mort. »
Léonox monstre des ténèbres par Paul Béra

Fiche de Léonox monstre des ténèbres
Titre : Léonox monstre des ténèbres (Tome 1 sur 6 – Léonox)
Auteur : Paul Béra
Date de parution : 1971
Editeur : Fleuve noir
Première page de Léonox monstre des ténèbres
« Quand j’entrai, je ressentis une sorte de gêne. Moi, Lacana, de la gêne ! Vous vous rendez compte ?
Ce n’était pas parce que la porte s’était ouverte seule dès que j’avais sonné. Elle eût même pu s’ouvrir avant que je sonne, ça ne m’aurait pas troublé. Des trucs électriques ou photoélectriques, j’en ai rencontré des centaines dans ma longue carrière, et j’en suis toujours venu à bout, jusqu’au moment où la malchance s’est abattue et où j’ai abattu, moi, les deux femmes.
Non, ce n’était pas ça. C’était l’odeur, et le silence. Une odeur de « renfermé », genre « vieux placards » que l’on n’a pas ouverts depuis la mort de l’arrière-grand-mère.
Ça ne sentait pas le cadavre : ça sentait la mort. Tout à fait différent.
Le silence ? N’allez pas me croire fou, mais le silence aussi était celui de la mort. Je m’explique. La rue n’était pas très passante, mais tout de même au moment où j’étais entré cinq ou six personnes y circulaient, et une 2 CV venait vers moi. Je n’ai rien contre les petites Citroën, mais enfin il faut bien admettre qu’on les entend d’assez loin. »
Extrait de : P. Béra. « Léonox, Monstre des Ténèbres. »
Vacances pour un espion par Jacques Hoven
Fiche de Vacances pour un espion
Titre : Vacances pour un espion
Auteur : Jacques Hoven
Date de parution : 1971
Editeur : Fleuve noir
Première page de Vacances pour un espion
« Depuis Varna, la route longeait la côte et l’on pouvait voir, au pied des falaises, la mer Noire qui s’étendait à perte de vue.
Les yeux rougis par la fatigue, les doigts soudés sur le volant de la DS 21, Durémile put enfin accélérer, mais il dut ralentir avant le premier virage et suivre, au pas, un antique camion à roues pleines qui ferraillait dans la montée.
Il se pencha à la portière, aspira l’air tiède, et considéra avec résignation une vieille motocyclette qui les dépassait en pétaradant. À ses côtés, à demi allongé sur le siège dont il avait baissé le dossier, François sifflotait toujours la rengaine dont il n’avait cessé de répéter les quinze premières notes depuis qu’ils avaient quitté Paris, moins de trois jours plus tôt.
Exaspéré, Durémile s’efforça de fixer la route. Insensiblement, son regard fut attiré par le rétroviseur : trois cents mètres derrière, la Mercedes rouge cerise était là !… »
Extrait de : J. Hoven. « Vacances pour un espion. »
Un nazi nommé Straub par Jacques Hoven

Fiche de Un nazi nommé Straub
Titre : Un nazi nommé Straub
Auteur : Jacques Hoven
Date de parution : 1974
Editeur : Fleuve noir
Première page de Un nazi nommé Straub
« — C’est elle, murmura Gomez.
Deux jeunes femmes étaient étendues à l’ombre du parasol que le gros Argentin désignait du menton.
La somptueuse chevelure bleu-noir de la plus proche ruisselait sur ses épaules, s’écoulait sur sa poitrine où elle dissimulait à demi deux seins en forme de poire emprisonnés dans les minuscules triangles d’un soutien-gorge d’une blancheur étincelante. L’autre était blonde. Elle avait des hanches fines, de longues jambes fuselées, un regard qui devait être bleu sous l’écran fumé des larges lunettes de soleil, mais son corps n’avait pas encore atteint la teinte cuivrée de sa compagne.
— Laquelle ? demanda Artus.
— La brune, fit Gomez en haussant une épaule comme si sa réponse allait de soi. C’est Maria-Thérésa Rafel.
À dix pas de là, Maria-Thérésa Rafel redressa le buste, eut une aspiration qui mit en valeur le galbe de sa poitrine, tapota l’oreiller du matelas de plage à rayures jaunes et reposa avec grâce la nuque sur la paume de sa main droite. »
Extrait de : J. Hoven. « Un nazi nommé Straub. »
Triplix par Jacques Hoven
Fiche de Triplix
Titre : Triplix
Auteur : Jacques Hoven
Date de parution : 1979
Editeur : Fleuve noir
Première page de Triplix
« Toutes voiles ferlées, la goélette s’immobilisa à la verticale de son aire d’atterrissage. Il y eut un grand frémissement de drisses et d’écoutes, un envol de lièvres ailés au-dessus des herbes environnantes, puis un long soupir dans la membrure de la Luciole lorsque les flotteurs de la gracieuse coque de bois prirent contact avec le sol.
Le vol de lièvres affolés s’éleva, nimba le ciel de couleurs chamarrées, subtiles, changeantes, dont les teintes pastel scintillèrent longtemps sur l’horizon violet.
Fascinés, les passagers le suivirent des yeux en gardant le silence. Puis, la nuée s’assembla sous un nuage se forma en escadrille, disparut. Les passagers baissèrent la tête, se remirent à parler tous à la fois, à rire, à préparer leurs bagages. »
Extrait de : J. Hoven. « Triplix. »
Sombre est l’espace par Jacques Hoven

Fiche de Sombre est l’espace
Titre : Sombre est l’espace
Auteur : Jacques Hoven
Date de parution : 1973
Editeur : Fleuve noir
Première page de Sombre est l’espace
« — Paré pour l’atterrissage ? postillonna le gros Mercadieu sur la pastille du micro baladeur.
La réponse de Callaway lui parvint la première, curieusement hachée et déformée par les parasites du vieil intercommunicateur.
— Poste arrière paré, chef !
— Salle de navigation ? interrogea Mercadieu.
— Bof !… se contenta de répondre Tiperary qui était de quart aux instruments d’observation optique.
— Chambre des machines ?
— Atterris toujours, glapit La Fleur du plus profond de l’astronef. On verra bien si la béquille du trépied tient le coup sous le choc !
De la cale des piles à combustible, Robin se manifesta par un grognement aussi vague que sonore et, de la chambre d’alimentation des tuyères, le petit Berg mendia d’une voix brouillée :
— Pose le Triton en douceur, gros. J’ai le mal de la gravité ! »
Extrait de : J. Hoven. « Sombre est l’espace. »
Robinson du cosmos par Jacques Hoven

Fiche de Robinson du cosmos
Titre : Robinson du cosmos
Auteur : Jacques Hoven
Date de parution : 1980
Editeur : Fleuve noir
Première page de Robinson du cosmos
« — N’ayez pas peur, mon garçon, dit Ruyskaert. Abattez votre jeu !
Danjou secoua le gobelet pour la forme, le renversa sur la table où les osselets céphéens s’épandirent les uns derrière les autres, s’étirant en une ligne courbe curieusement annelée.
— Le serpent tantagorien, constata à mi-voix le capitaine Ruyskaert.
Il repoussa sa casquette galonnée sur sa nuque, se gratta pensivement le crâne, et décréta :
— Ce signe n’a pas grande signification en soi. Il faudra l’interpréter à la lumière des symboles qui suivront. Voyons la suite !
Danjou soupira, ramassa les osselets comme à regret. Il les emprisonna dans son poing où il les garda un moment avant de les laisser retomber un à un dans le gobelet où ils ne firent aucun bruit. »
Extrait de : J. Hoven. « Robinson du Cosmos. »
Les rats de la section IV par Jacques Hoven

Fiche de Les rats de la section IV
Titre : Les rats de la section IV
Auteur : Jacques Hoven
Date de parution : 1972
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les rats de la section IV
« Les pieds chaussés de pantoufles de feutre à carreaux, le vieux Bétanchon traînait les talons entre les deux rangées de cages de la section III.
La lourde bassine de nourriture qu’il portait sous le bras lui donnait une allure hésitante et un peu oblique. Un mégot humide au coin des lèvres, il ne cessait de marmonner des injures à l’intention de tous les rats de la création et des savants qui les utilisent pour leurs damnées expériences.
Dans le sous-sol du laboratoire, il y avait des centaines de rongeurs, mulots, surmulots, souris grises ou blanches, cobayes, musaraignes, rats des villes, d’égout, des champs ou d’autres lieux qui, tous, s’acharnaient avec ardeur sur leurs barreaux. Cela faisait un concert de grignotements et de vibrations métalliques qui vrillait les oreilles du garçon de laboratoire, et couvrait la musique du poste de radio que le gardien de nuit écoutait au rez-de-chaussée. »
Extrait de : J. Hoven. « Les rats de la section IV. »
Les non-humains par Jacques Hoven

Fiche de Les non-humains
Titre : Les non-humains
Auteur : Jacques Hoven
Date de parution : 1981
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les non-humains
« Trois officiers veillaient dans la salle de navigation du Memphis.
Le dos calé au creux du cocon pneumatique, les mains à plat sur les accoudoirs, le premier faisait face au panneau hémisphérique.
D’un frôlement des doigts, le deuxième pouvait agir, en une fraction de seconde, sur chacune des innombrables touches disposées en clavier de piano autour de la consolette de pilotage.
Le troisième était le plus attentif. Debout en retrait des autres, il se déplaçait avec lenteur autour du maître instrument de navigation, un globe laiteux flottant en équilibre instable à quelques centimètres au-dessus de son berceau. L’homme, pas un instant, n’en quittait le centre du regard. »
Extrait de : J. Hoven. « Les Non-humains. »