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Trois ombres sur Paris par H. J. Magog

Fiche de Trois ombres sur Paris

Titre : Trois ombres sur Paris
Auteur : H. J. Magog
Date de parution : 1928
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande

Première page de Trois ombres sur Paris

« L’HOMME DE LA SOIRÉE

— Lequel est-ce ?

— Le vieux souriant, complètement rasé, avec des cheveux blancs… Le voyez-vous ?

— Mal. Il est si entouré !

— Accaparé ! Réellement, on aurait dû nous délivrer des « coupe-file ».

— Il y a des gens d’une taille excessive… Pardon, monsieur, je désirerais jeter un coup d’œil… Ah !…

— Vous l’apercevez ?

— Superbe !

— Une belle tête de savant.

— Infiniment de charme et de dignité.

— Infiniment. »

Extrait de : H.J Magog. « Trois Ombres sur Paris. »

Les buveurs d’océan par H. J. Magog

Fiche de Les buveurs d’océan

Titre : Les buveurs d’océan
Auteur : H. J. Magog
Date de parution : 1922
Editeur : Ebooks gratuits

Première page de Les buveurs d’océan

« DEUX REFUS À UNE SEULE DEMANDE
— Si je comprends bien, c’est une demande en mariage que vous m’adressez ?
— Exactement, monsieur le marquis. J’ai l’honneur de solliciter la main de Mlle Suzanne de Glandèves, votre fille.
— Mille regrets, cher monsieur. Mais… ma fille est vouée au blanc.
Ces mots – dont le lecteur va comprendre l’ironie – tombaient des lèvres hautaines d’un gentilhomme grisonnant et dédaigneux, sur un petit homme jaune, aux yeux bridés derrière les cercles d’écaille de ses lunettes. Il les accueillit avec une impassibilité toute japonaise.
— C’est une allusion à ma couleur ? demanda-t-il tranquillement.
— Excusez ce mauvais jeu de mots… qui d’ailleurs exprime à merveille le caractère définitif de ma résolution. J’ai voulu dire que ma fille n’épousera qu’un Européen.
Une flamme jaillit des yeux du petit Japonais. »

Extrait de : H.J Magog. « Les Buveurs d’océan. »

Le testament du fantôme par H. J. Magog

Fiche de Le testament du fantôme

Titre : Le testament du fantôme
Auteur : H. J. Magog
Date de parution : 1921
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande

Première page de Le testament du fantôme

« Debout derrière les rideaux de sa fenêtre, le détective Paddy Wellgone observait une jeune fille blonde, qui s’avançait avec hésitation sur le trottoir d’en face, en étudiant les numéros des maisons.

— Une visite pour moi ! pronostiqua-t-il.

En effet, arrivée à la hauteur de son immeuble, la jeune inconnue se décidait à traverser.

Elle cessa d’être en vue ; mais le détective n’en quitta pas pour cela son poste d’observation ; il surveillait le manège de deux individus, en apparence étrangers l’un à l’autre et qui venaient à quelques mètres derrière la jeune fille. Ni l’un ni l’autre ne dépassèrent l’endroit où elle avait traversé : le premier s’installa à la terrasse d’un petit café ; le second s’en fut se poster sur l’autre trottoir en contemplation devant une devanture voisine de l’entrée du détective.

— On la suit ! remarqua celui-ci. Bon ! je pense que je puis sans inconvénient perdre de vue ces deux messieurs. Je suis bien certain de les retrouver tout à l’heure quand cette jeune fille me quittera. »

Extrait de : H.J Magog. « Le Testament du Fantôme. »

Le sosie du président par H. J. Magog

Fiche de Le sosie du président

Titre : Le sosie du président
Auteur : H. J. Magog
Date de parution : 1944
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande

Première page de Le sosie du président

« Ce taxi flânait. Cela ne voulait pas dire que le monsieur préoccupé, qui avançait hors de la portière un grand nez impatient, ne fût point pressé. C’était plutôt que le chauffeur cherchait la porte devant laquelle il devait s’arrêter. Roulant aussi doucement qu’un express aux abords des butoirs, il inspectait les façades des hauts immeubles récemment poussés dans le Faubourg Saint-Jacques. Et les deux grands yeux gris du client rasé cherchaient aussi.

— Stop ! C’est ici, cria-t-il soudain.

Ouvrant la portière avec une brusquerie qui n’indiquait certes pas un irrésolu, il sauta sur le trottoir. Il tenait une petite valise à la main.

Grand et demeuré mince, souple et vigoureux, s’il avait dépassé la trentaine ce ne pouvait être que de bien peu d’années. »

Extrait de : H.J Magog. « Le Sosie du Président. »

Le masque d’or par H. J. Magog

Fiche de Le masque d’or

Titre : Le masque d’or
Auteur : H. J. Magog
Date de parution : 1921
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande

Première page de Le masque d’or

« UN DRAME DANS L’OMBRE

— Rien ne va plus ! cria le croupier, l’œil fixé sur les mises.

Très froid, en apparence, Jimmy Brooks s’éloigna de la table où sévissait la roulette.

— Rien ne va plus ! se répéta-t-il à lui-même. Cela résume admirablement ma situation. Je suis décavé, moi, Jimmy Brooks !… C’est drôle !

Très drôle, en effet.

Après s’être fait plumer par les aigrefins de d’Hôtel de Transylvanie, le brave Lescaut devait éprouver des impressions à peu près semblables. Car, si Jimmy Brooks n’était pas un professionnel du jeu – quel métier n’avait-il pas fait, pourtant, cet écumeur de la société, tour à tour acteur sans génie, ventriloque, prestidigitateur, magnétiseur et, surtout, aventurier et escroc de haut vol ! – si donc Brooks ne tirait pas uniquement ses ressources de la Dame de Pique, il ne dédaignait pas à l’occasion de faire sauter la coupe.

Alors, pourquoi être venu tenter la fortune à Monte-Carlo, où on ne peut tricher ? S’en remettre à la chance, lui ! Il venait de le dire : c’était infiniment drôle. »

Extrait de : H.J Magog. « Le Masque d’Or. »

Le masque aux yeux rouges par H. J. Magog

Fiche de Le masque aux yeux rouges

Titre : Le masque aux yeux rouges
Auteur : H. J. Magog
Date de parution : 1933
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande

Première page de Le masque aux yeux rouges

« Ce matin-là à dix heures trente – heure vraiment ridicule – James Oldsilver – le beau James, comme le nommaient les enthousiastes de l’écran – fit une entrée aussi gauche que grotesque dans le boudoir de miss Perle Rose.

Or, si quelqu’un devait savoir se présenter avec aisance, c’était certainement le plus jeune milliardaire de Chicago devenu, depuis tantôt un an, par un caprice inexplicable, une des gloires du Cinéma, dont miss Perle était l’incontestable reine.

Contre toute vraisemblance, l’actrice se trouvait déjà dans son boudoir, le cinéma lui ayant appris à se lever de bonne heure. James Oldsilver trébucha, pivota sur lui-même comme ébloui et demeura planté au milieu de la pièce, foudroyant de regards farouches un innocent fauteuil, qui contenait, frileusement pelotonnée, la plus mignonne, la plus exquise des blondes. »

Extrait de : H.J Magog. « Le Masque aux yeux rouges. »

Le bouddha vivant par H. J. Magog

Fiche de Le bouddha vivant

Titre : Le bouddha vivant
Auteur : H. J. Magog
Date de parution : 1952
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande

Première page de Le bouddha vivant

« Emportant son lot de touristes qui, dans sa nacelle, faisait le tour du monde, le dirigeable Paris passait au-dessus du mystérieux Thibet, dont les cimes neigeuses défilaient, en arrière-plan, à travers les baies vitrées de l’aérienne salle à manger.

Les passagers, curieux, intrigués, se pressaient contre les vitres, pour contempler le spectacle.

Sous le dirigeable, le relief du sol réduit à de simples taches de couleur, de larges vallées fleuries de rhododendrons, devaient monter, entre les hautes falaises, vers quelque lac de montagne ; un limpide ruisseau s’étirait sur un lit de pierres gris-mauves. Ou peut-être passait-on au-dessus d’un de ces monastères thébaïdes, dont les maisonnettes blanches et basses se pressent autour des temples battus par les vents.

On survolait le Thibet. Cela valait quelque curiosité. »

Extrait de : H.J Magog. « Le Bouddha vivant. »

La veillée d’armes de Don Quichotte par H. J. Magog

Fiche de La veillée d’armes de Don Quichotte

Titre : La veillée d’armes de Don Quichotte
Auteur : H. J. Magog
Date de parution : 1906
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande

Première page de La veillée d’armes de Don Quichotte

« L’HÔTE seul, au milieu de la salle

Voici la fin du jour…

(Retournant ses poches vides)

et voici tout mon gain !
Est-ce là ton pouvoir, ô Dieu ? Qu’il est mesquin !
Ton serviteur pourtant, aux heures d’infortune,
Toujours s’adresse à toi. La présente en est une.
Tire-m’en, doux Seigneur ! fais frapper à mon huis
Quelque bon ventre-creux, de bourse pleine… et puis,
Que sa panse s’emplisse aux dépens de sa bourse !
Il sera plus dispos pour achever sa course !…
Je t’invoque !

(Bruit à gauche. On frappe)

L’HÔTE courant à la porte

Sitôt combles-tu mon espoir ?
Ah ! je te bénirai dans mes loisirs…

(Il ouvre. Entrent deux bacheliers de pauvre mine) »

Extrait de : H.J Magog. « La Veillée d’armes de Don Quichotte. »

L’énigme de la malle rouge par H. J. Magog

Fiche de L’énigme de la malle rouge

Titre : L’énigme de la malle rouge
Auteur : H. J. Magog
Date de parution : 1929
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande

Première page de L’énigme de la malle rouge

« Je venais tout juste de rentrer chez moi, quand on frappa à ma porte deux coups discrets.

— Entrez ! criai-je, ainsi que j’avais coutume de le faire.

La porte s’entre-bâilla aussitôt et laissa paraître une silhouette placide de bureaucrate, tandis qu’une voix déférente demandait :

— M. Wellgone ?

— C’est ici, répondis-je avec assurance.

En réalité, j’affirmais une chose inexacte, et le souci de la vérité aurait dû me faire déclarer :

— M. Wellgone habite à côté et il est absent. Mais, moi Antonin Bonassou, son voisin de palier, je me suis chargé de répondre à ses visiteurs. Et c’est pourquoi vous avez trouvé sa carte sur ma porte.

Mais cela faisait bien des explications et je trouvais plus simple – plus agréable aussi pour mon amour-propre – de répondre tout bonnement :

— C’est ici. »

Extrait de : H.J Magog. « L’Énigme de la malle rouge. »

L’île tombée du ciel par H. J. Magog

Fiche de L’île tombée du ciel

Titre : L’île tombée du ciel
Auteur : H. J. Magog
Date de parution : 1923
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande

Première page de L’île tombée du ciel

« C’était cependant un beau jour. Un clair soleil printanier brillait très haut dans le ciel, d’une pureté merveilleuse ; et les rares flocons blancs qu’on apercevait demeuraient immobiles, suspendus dans l’espace comme par d’invisibles fils.

Mais la foule, qui emplissait les rues et les avenues de tourbillons capricieux, était muette et sinistre. Elle allait sans but, piétinant parfois sur place, désemparée. L’angoisse convulsait les visages. Instinctivement, les têtes se relevaient sans cesse, interrogeant le ciel, comme si son azur eût renfermé quelque menace. Et c’était terrifiant et bizarre de voir frissonner tant de gens sous ce firmament ensoleillé.

Aux environs de l’Observatoire, dans l’avenue, le Luxembourg et le boulevard Saint-Michel, la foule se pressait davantage. Contre les grilles et dans les deux tronçons de la rue Cassini, ses vagues s’écrasaient ; une sourde rumeur courait au-dessus des têtes anxieuses, toutes tendues dans la même direction. Une feuille de papier, collée à l’angle de la loge du concierge, était le but de tant de regards. Les plus proches la déchiffraient et, de bouche en bouche, on se passait les nouvelles. »

Extrait de : H.J Magog. « L’Île tombée du ciel. »