Étiquette : Marabout

 

La nuit des mutants par J. Sadyn

Fiche de La nuit des mutants

Titre : La nuit des mutants
Auteur : J. Sadyn
Date de parution : 1970
Editeur : Marabout

Première page de La nuit des mutants

« — Mais enfin, messieurs, cette course, je ne vous la demande pas pour rien ! Je vous paierai, que diable !

À ce mot malencontreux, les deux chauffeurs se jettent un coup d’œil furtif, me dévisagent longuement. Je les sens inquiets, anxieux, réprobateurs. Enfin, sans dire mot, ils rejoignent leurs taxis, solides voitures un peu désuètes et m’ignorent résolument.

La gare relâche ses derniers voyageurs. La place se vide. Face aux remparts jaunes, je tente un nouvel effort :

— Voyons, messieurs… Un bon pourboire…

Ils secouent la tête, haussent les épaules.

La pluie efface lentement la petite ville, la dissout dans une vapeur légère. Il semble qu’une nuée monte du sol. Résigné à me passer de leurs services, je m’enquiers du chemin. Long et compliqué. Très long… »

Extrait de : J. Sadyn. « La nuit des mutants. »

Du pays de la peur par H. Ellison

Fiche de Du pays de la peur

Titre : Du pays de la peur
Auteur : H. Ellison
Date de parution : 1967
Traduction : R. Foucart
Editeur : Marabout

Sommaire de Du pays de la peur

  • Le voyageur
  • Le pleureur
  • Un ami de l’homme
  • La voix dans le jardin
  • Le temps de l’oeil
  • Les cieux enflammés
  • Module de secours
  • Mon frère Paulie
  • Bataille sans étandard
  • Soldat (version 1)
  • Soldat (version 2)

Première page de Le voyageur

« Peut-être était-ce inévitable ? Peut-être n’était-ce que le résultat naturel de processus eugéniques tortueux que produisait Léon Packett ?… Quoi qu’il en soit, l’invention des vidéo-robots voyageurs vit le jour et, depuis, les choses ne sont plus tout à fait ce qu’elles devraient être.

Le succès des émissions tridimensionnelles en direct, et l’appétit insatiable du public pour tout ce qui était nouveau, rendirent la chose inéluctable : si on retransmettait des émissions tridimensionnelles depuis les Bermudes, il fallait aussi des émissions haute fidélité en direct de la région des Sudètes. Mais ce n’était pas encore assez, car, par la suite, les gens demandèrent des programmes émis depuis le sommet de l’Everest. Et quand, Dieu seul sait comment, on y parvint, l’esprit glouton et imbécile du public exigea plus encore ; on réclama des directs depuis la station Milestone, en orbite autour de la Terre. »

Extrait de : H. Ellison. « Du pays de la peur. »

Ainsi sera-t-il par H. Ellison

Fiche de Ainsi sera-t-il

Titre : Ainsi sera-t-il
Auteur : H. Ellison
Date de parution : 1965
Traduction : G. Bernier
Editeur : Marabout

Sommaire de Ainsi sera-t-il

  • Les fadas
  • Logos-vengeur
  • Arlequin et l’homme Tic-tac
  • Oeil de magie
  • Les laissés pour compte
  • Les docmecs
  • Plus impénétrables que les ténèbres

Première page de Les fadas

« Il se tenait au coin d’une rue, vêtu d’une longue chemise de nuit orange et coiffé d’un bonnet de nuit rouge, garni d’un pompon. Il se curait le nez, dans une attitude réfléchie.
— Surveillez-le ! cria Furth. Surveillez ce qu’il fait ! Observez attentivement la technique !
« Et dire que j’ai étudié quatre années pour me voir confier un boulot pareil ! » se dit Themus.
Furth regarda le jeune homme pour la première fois depuis plusieurs minutes qu’il était à ses côtés.
— Le surveillez-vous ?
Il le poussa du coude, si bien que le dictaphone cogna brutalement contre la poitrine de Themus.
— Oui, oui, je le surveille, répondit le jeune gardien, mais quelle peut bien être la raison de surveiller un fou se curant le nez, au coin d’une rue ? Sa voix exprimait l’agacement. »

Extrait de : H. Ellison. « Ainsi sera-t-il. »

Les enfants de la nuit par Z. Henderson

Fiche de Les enfants de la nuit

Titre : Les enfants de la nuit
Auteur : Z. Henderson
Date de parution : 1971
Traduction : P. Goffin
Editeur : Marabout

Sommaire de Les enfants de la nuit

  • Ceux qu’on n’oublie pas
  • Destination : Nulle part
  • Vous savez quoi, mademoiselle ?
  • Les effectifs
  • Loo Ree
  • L’école la plus proche
  • A l’abri dans un triangle
  • Tante Sophronie
  • Une enfant naïve
  • Un don de double vue
  • Pas plus compliqué que cela
  • Appartement garni
  • L’une d’elles
  • L’heure du partage
  • Ad astra
  • Avant, pendant, après
  • Les murs
  • Le couronnement de la gloire
  • Boona dans le cosmos
  • Trois petits tours pour un amour

Première page de Ceux qu’on n’oublie pas

« J’ai toujours eu les pieds bien sur terre. Quand je relis cette phrase, j’ai envie de sourire. Je vois cela différemment, maintenant. Bref, réaliste et légèrement sceptique, voilà des épithètes qui pourraient me décrire. J’ai profité – peut-être avec un rien d’envie – des fantômes des autres, des coïncidences qui vous coupent le souffle, des histoires de soucoupes volantes, de tables tournantes et de rêves prophétiques, mais jamais je n’ai fait d’expérience personnelle. Je suppose qu’il faut être très déterminée, ou très naïve – non pas puérile – pour garder ses illusions tout au long d’une existence vouée à l’enseignement. « Existence », cela semble terriblement vieux jeu, non ? Mais, de plus en plus, je sens que le rôle d’observatrice me convient mieux que celui de participante. »

Extrait de : Z. Henderson. « Les enfants de la nuit. »

Pitié pour les ombres par T. Owen

Fiche de Pitié pour les ombres

Titre : Pitié pour les ombres
Auteur : T. Owen
Date de parution : 1973
Editeur : Marabout

Sommaire de Pitié pour les ombres

  • Pitié pour les ombres
  • Son époux regretté
  • Le coffret
  • Passage du Dr Babylon
  • Métamorphose
  • La montre
  • Les vilaines de nuit
  • Les petites filles modèles
  • Lumineuse dans la nuit
  • Et la vie s’arrêta
  • L’assassinat de Lady Rhodes
  • Nocturne
  • Donatienne et son destin
  • Fantôme es-tu là ?
  • Villa à vendre

Première page de Pitié pour les ombres

« Nous avions emprunté des routes peu fréquentées, suivant un itinéraire qui rompait avec les banalités touristiques. Le chemin de terre jaune, où nous roulions à petite allure, se tortillait à travers une campagne roussie. Le sol, sous des affleurements de pierre blanche et poreuse, avait crevé en maints endroits comme une peau trop sèche. Il faisait torride. Le bruit des cigales était si aigu, si régulier, que nous nous étions arrêtés déjà, croyant à quelque avarie mécanique. Immobiles alors, les tympans vibrants, nous avions compris que nous étions au centre même de millions de crissements inlassablement répétés.

Sous un ciel pur, d’un bleu impitoyable, les vallonnements se présentaient à nous avec une monotonie presque hallucinante. Après notre passage, un nuage de poussière flottait dans l’air très longtemps et dérobait à nos yeux toute la contrée parcourue. Le passé immédiat s’en trouvait aboli comme si, derrière nous, à mesure que nous progressions, des pans d’univers sombraient dans le néant. »

Extrait de : T. Owen. « Pitié pour les ombres. »

Les maisons suspectes par T. Owen

Fiche de Les maisons suspectes

Titre : Les maisons suspectes
Auteur : T. Owen
Date de parution : 1978
Editeur : Marabout

Sommaire de Les maisons suspectes

  • Le parc
  • L’informateur ambigu
  • Les taches
  • Comme un page…
  • Le coeur de jade
  • La poule noire
  • La robe de cheviotte
  • Les maisons suspectes

Première page de Le parc

« Sabine devait traverser le parc deux fois par jour en fin d’après-midi. Non dans toute la longueur, mais selon une oblique qui la faisait pénétrer du côté de l’allée des Marronniers et ressortir en face du monument au caporal Muratori. Elle allait ainsi régulièrement, du lundi au vendredi, suivre un cours d’anglais. Elle prenait le raccourci par le parc et revenait par le même chemin.
Elle aurait pu choisir un itinéraire un peu différent, en longeant le parc par l’extérieur, mais elle aimait s’enfoncer dans la petite vallée sombre plantée de grands arbres, vestiges d’une propriété privée qui avait été morcelée et dont la ville s’était réservé les derniers hectares en guise de zone verte.
Les chemins de cendrée étaient propres et bien entretenus. Lorsqu’un orage y avait creusé parfois des ornières, mettant ainsi à jour les pierres blanches du sous-sol, des jardiniers s’affairaient très vite à réparer les dégâts. »

Extrait de : T. Owen. « Les maisons suspectes. »

La truie de T. Owen

Fiche de La truie

Titre : La truie
Auteur : T. Owen
Date de parution : 1972
Editeur : Marabout

Sommaire de La truie

  • La truie
  • La boule noire
  • Les guetteuses
  • L’impromptu d’Evora
  • Une véritable chinoiserie
  • La femme forcée
  • Les moments difficiles
  • Les retrouvailles
  • Motel party
  • Le voyageur
  • La mort d’Alexis Balakine
  • Les affaires d’autrui
  • La belle vaincue et le troubadour

Première page de La truie

« Le brouillard ne se dissiperait pas de sitôt. Bien au contraire, il allait sans cesse s’épaississant. Les nappes en devenaient toujours plus fréquentes, plus denses, opposant au double faisceau lumineux des phares, la blancheur soudaine d’un mur surgissant de la nuit. Rouler devenait de plus en plus dangereux. On eût dit que, nées un peu partout dans la campagne, ces impalpables et floconneuses entités s’appelaient, se rejoignaient, se fondaient peu à peu en une masse bientôt impénétrable.

Arthur Crowley avait déjà ralenti son allure. À chaque instant, maintenant, il lui fallait freiner brusquement devant d’imaginaires obstacles. Il croyait voir surgir tantôt l’arrière d’un camion non éclairé, ou un arbre en travers de la route, ou même des choses déraisonnables en ces lieux, un canot, un corbillard, une troupe de jeunes scouts à bicyclette… »

Extrait de : T. Owen. « La truie. »

La cave aux crapauds par T. Owen

Fiche de La cave aux crapauds

Titre : La cave aux crapauds
Auteur : T. Owen
Date de parution : 1945
Editeur : Marabout

Sommaire de La cave aux crapauds

  • Le péril
  • Du même bord
  • Non-lieu
  • La maquette de cire vierge
  • Tu es poussière…
  • L’épervier
  • Le destin des mains
  • 15.12.38
  • Le manteau bleu
  • Une aile de papillon mort
  • La cave aux crapauds
  • La présence désolée
  • La princesse vous demande
  • Ma cousine
  • Le châtelain
  • Dans la maison vide
  • Père et fille
  • Elfriede
  • Le serpent bleu
  • Le testament de M. Breggins

Première page de Le péril

« Mirone Prokop entra dans la chambre et, sans prendre le temps de se dévêtir, alla secouer joyeusement le gros garçon aux cheveux noirs ébouriffés qui ronflait sauvagement dans son lit en fer.

— Debout, Kamilo Tompa ! fit-il d’un ton théâtral. Debout ! L’heure a sonné… à mon tour de dormir.

Mirone Prokop était un grand gaillard d’une trentaine d’années, blond, rêveur, avec des yeux bleus si pâles, si doux, si naïfs, qu’ils lui donnaient l’air un peu perdu d’un bébé poussé en hauteur et errant ainsi sur la terre, hors mesure, sans défense et sans expérience, destiné à se meurtrir au coin des meubles et à trembler au bord des trottoirs, incapable de se décider à traverser les rues tout seul.

Celui qu’il venait d’appeler Kamilo Tompa se dressa sur sa couche en désordre et s’étira.

— Quelle heure est-il ?

— Neuf heures… »

Extrait de : T. Owen. « La cave aux crapauds. »

Cérémonial nocturne par T. Owen

Fiche de Cérémonial nocturne

Titre : Cérémonial nocturne
Auteur : T. Owen
Date de parution : 1966
Editeur : Marabout

Sommaire de Cérémonial nocturne

  • Cérémonial nocturne
  • Woim am abend ?
  • Mutation
  • La fille de la pluie
  • Elna 1940
  • Le chasseur
  • Les lectures dangereuses
  • La passagère
  • La soirée du baron Swenbeck
  • Un beau petit garçon
  • Le grand amour de Mme Grimmer
  • Le petit fantôme
  • Au cimetière de Bernkastel
  • La dame de Saint-Pétersbourg
  • Bagatelles douces
  • La tentation de Saint Antoine
  • Etranger à Tabiano

Première page de Cérémonial nocturne

« Mon père ne m’imposait jamais aucune heure de rentrée lorsque je sortais le soir. Je devais uniquement me porter présent. Je frappais alors discrètement à la porte de la chambre.
Mon père faisait : « oui ! » d’une voix bourrue. J’entrais et déjà la lampe à son chevet se trouvait allumée. Ma mère dormait paisiblement. Mon père regardait sa montre et me dévisageait d’un coup d’œil. Selon que l’heure était raisonnable ou tardive, il y avait de la bienveillance ou de la réserve sur son visage. Je l’embrassais au front. Son nez très fin percevait alors si j’avais trop fumé, trop bu, ou si le parfum d’une femme flottait autour de moi. Aucun mot n’était prononcé. Je montais alors me coucher à l’étage supérieur, heureux ou inquiet selon l’état de ma conscience.
Je m’étais habitué à ce cérémonial nocturne et l’idée ne me serait jamais venue de m’y soustraire ou d’en être agacé. »

Extrait de : T. Owen. « Cérémonial nocturne. »

Mort au champ d’étoiles par Bernard Villaret

Fiche de Mort au champ d’étoiles

Titre : Mort au champ d’étoiles
Auteur : Bernard Villaret
Date de parution : 1970
Editeur : Marabout

Première page de Mort au champ d’étoiles

« En ce début de printemps, le village s’éveille doucement des torpeurs hivernales. Les merles s’ébattent dans mon jardin revenu à la sauvagerie, tandis que les six grands peupliers d’Italie que j’ai moi-même plantés jadis derrière la ferme, éventent le ciel de leurs plumets parallèles. Par-delà, du côté du noroît, s’étend le Marais poitevin, à présent encore plus désert qu’avant son aménagement en canaux par les ingénieurs hollandais au temps de Louis XIV. Et plus loin encore, à travers les marais salés, on aboutit par une route qui fut belle, au Cosmoport de La Rochelle.

Jérôme Balumba s’incline pour me saluer et boucle sa petite valise plate en cuir de zébu — il l’appelle son tachéka, mais je crois bien me souvenir qu’autrefois cet objet se nommait un « attaché-case »… »

Extrait de : B. Villaret. « Mort au champs d’étoiles. »