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Les insurgés de Tianjin par Jean-Louis Trudel

Fiche de Les insurgés de Tianjin
Titre : Les insurgés de Tianjin
Auteur : Jean-Louis Trudel
Date de parution : 1967
Editeur : Médiaspaul
Première page de Les insurgés de Tianjin
« En quittant l’orbite de Ruego, le Christophe n’avait jamais été aussi plein. Les cargos de classe Procyon dans son genre étaient manœuvrés par un équipage de cinq personnes. Six étaient montées à bord.
Un cargo n’avait pas de chambre d’amis. Samuel avait donc attribué à Pablito sa propre cabine. L’adolescent avait besoin d’être seul. Il sortait d’un camp de rectification où il ne l’avait jamais été. Jour et nuit, il y avait eu des gardes pour le surveiller et des prisonniers pour subir avec lui la routine de la prison. Plus que tout, Pablito avait besoin d’un espace à lui. Samuel se contenterait de partager la cabine de Tong Zhihan, l’informaticien de Tianjin.
Après avoir donné ses ordres à Cristofine pour le départ, Samuel mena Pablito à l’infirmerie. La pièce s’illumina lorsque la porte coulissa. Une masse métallique surgit brusquement de sa niche dans la paroi du fond. Elle roula sur un rail accroché au plafond, déployant des membres articulés aux extrémités garnies de palpes et de sondes.
Pablito esquissa un geste de recul. »
Extrait de : J.L Trudel. « Les insurgés de Tianjin. »
Le revenant de Fomalhaut par Jean-Louis Trudel

Fiche de Le revenant de Fomalhaut
Titre : Le revenant de Fomalhaut
Auteur : Jean-Louis Trudel
Date de parution : 1967
Editeur : Médiaspaul
Première page de Le revenant de Fomalhaut
« Quand Pierrick se réveilla, il crut d’abord avoir rêvé.
Il était allongé sur une couchette comme celle de sa cabine. La fermeté de l’oreiller, le doux contact du drap sur sa peau, l’odeur des fleurs synthétiques, l’impression de légèreté due à l’apesanteur, tout lui rappelait sa chambre.
— Maman ? murmura-t-il sans obtenir de réponse.
Il ouvrit les yeux et défit machinalement la bande de velcro qui attachait le drap au bord du lit. Son regard inspecta automatiquement la pièce plongée dans la pénombre.
— Oh non !
Il n’était pas dans sa chambre.
Il se mordit les lèvres. L’avait-on entendu s’écrier ? S’il n’avait pas rêvé, il devait être à bord du vaisseau moweu.
Un prisonnier ? Martine avait dit que les Moweus gardaient quelquefois des captifs au lieu de les tuer. Mais les adultes ne parlaient pas de ce qui arrivait à ces malheureux. Ce qui n’avait jamais empêché Pierrick de l’imaginer. »
Extrait de : J.L Trudel. « Le revenant de Fomalhaut. »
Le perroquet d’Altaïr par Jean-Louis Trudel
Fiche de Le perroquet d’Altaïr
Titre : Le perroquet d’Altaïr
Auteur : Jean-Louis Trudel
Date de parution : 1967
Editeur : Médiaspaul
Première page de Le perroquet d’Altaïr
« Ils étaient arrivés !
L’écran montrait désormais l’intérieur du ber d’appontage de la station spatiale de Glensha, un monde glog éclairé par un soleil dans la constellation du Lion.
Le jeune homme, qui avait presque oublié qu’il s’appelait Samuel Makenna, froissa nerveusement l’étoffe de sa livrée.
À bord du Katafigion, il était moins qu’un esclave. Même pas libre d’agir de son propre chef, parce qu’il n’était pas supposé avoir plus de jugeote qu’un enfant de six ans. S’il s’était rué dans un sas pour s’enfuir de l’astronef des exilés de Nea-Hellas, s’il avait arraché de ses épaules sa défroque de serviteur, s’il avait refusé d’obéir à un ordre, il aurait trahi ce qu’il était réellement.
Pour ses maîtres, il était moins qu’un esclave, oui, et moins encore qu’un androïde de manutention. Un jouet. Et il appartenait à une enfant qui pouvait passer tous ses caprices sur lui. »
Extrait de : J.L Trudel. « Le perroquet d’Altaïr. »
La lune des jardins sans soleil par Jean-Louis Trudel

Fiche de La lune des jardins sans soleil
Titre : La lune des jardins sans soleil
Auteur : Jean-Louis Trudel
Date de parution : 1967
Editeur : Médiaspaul
Première page de La lune des jardins sans soleil
« — Attrape ! commanda l’enfant-bonsaï le plus proche.
Corinne tressaillit, cherchant des yeux ce qu’elle devait saisir. Mais l’ordre ne s’adressait pas à elle. Du coin de l’œil, elle vit filer dans les airs quelque chose de long et mince.
Tout de suite, l’enfant-bonsaï qui avait reçu l’objet le projeta vers un autre, déroulant une autre longueur de bandelette. Le moulinet fit ainsi plusieurs fois le tour du groupe, relancé de proche en proche.
L’enfant-bonsaï en face de Corinne tapa dans ses mains et le ruban-lumière s’illumina d’un seul coup. Le trait luisant zébra l’obscurité, refermant comme une cage lumineuse autour de Corinne et des enfants-bonsaïs rassemblés.
Pour la première fois, Corinne distingua clairement les visages des enfants-bonsaïs. La peau ridée, les yeux enfoncés, les cheveux blancs ou grisonnants, tout confirmait sa première impression. Malgré leurs membres graciles, leurs gestes fluides et leurs voix fluettes, les enfants-bonsaïs étaient vieux, beaucoup plus vieux qu’elle. »
Extrait de : J.L Trudel. « La lune des jardins sans soleil. »
Guerre pour un harmonica par Jean-Louis Trudel

Fiche de Guerre pour un harmonica
Titre : Guerre pour un harmonica
Auteur : Jean-Louis Trudel
Date de parution : 2000
Editeur : Médiaspaul
Première page de Guerre pour un harmonica
« Dans le bar des orbitants, Samuel et Ferrale prirent une table tout contre le mur du fond. La paroi était constituée d’une épaisseur de plastovitre si parfaitement transparente qu’ils eurent l’impression de boire, chanter et manger à deux pas des dunes de poussière de roc. De l’autre côté de ce mur, c’était le paysage désolé d’une planète sans atmosphère qui s’étendait, si proche qu’on pouvait compter les cailloux éparpillés par l’impact d’une météorite. À deux ou trois reprises, histoire de se rassurer, Samuel cogna du coude la surface lisse de la verrière.
Savoir que le vide et la mort attendaient à deux pas redoublait le plaisir des occupants du bar L’humour noir, qui accueillait depuis des siècles les visiteurs de passage et les travailleurs des complexes souterrains. Les vapeurs d’encens étaient plus grisantes. Les chants repris en chœur étaient plus forts. Et l’alcool montait à la tête plus vite. »
Extrait de : J.L Trudel. « Guerre pour un harmonica. »
Fièvres sur Serendib par Jean-Louis Trudel

Fiche de Fièvres sur Serendib
Titre : Fièvres sur Serendib (Tome 5 sur 5 – Les mystères de Serendib)
Auteur : Jean-Louis Trudel
Date de parution : 1996
Editeur : Médiaspaul
Première page de Fièvres sur Serendib
« Le stylet levé, j’hésite au moment d’écrire l’année. C’est que je suis habituée au calendrier de Nou-Québec. Sur ma planète d’origine, on compte les années depuis l’incarnation du Christ et leur nombre s’élève maintenant à 4109.
Mais je suis sur Serendib, maintenant, et le Gouverneur m’a désignée pour cette mission parce que j’ai appris à connaître la culture des colons humains. Or, les habitants de la fameuse Planète Perdue comptent les années depuis l’arrivée de leurs ancêtres sur Serendib et je dois m’habituer à penser comme eux.
Ainsi, Serendib a fait 765 fois le tour de l’étoile baptisée Gautama depuis que les premiers humains ont entamé la colonisation de Serendib. Durant ce temps, elle a connu des guerres qui ont détruit toutes ses installations orbitales, elle a été conquise par une poignée d’aventuriers glogs et, il y a quatre ans maintenant, elle a été libérée par des explorateurs du Second Empire terrien. Depuis bientôt un an, Elbert d’Elvec est arrivé de ma planète natale, Nou-Québec, pour représenter officiellement le Second Empire sur Serendib. Comme Gouverneur, on peut dire qu’il n’a pas eu la tâche facile ! »
Extrait de : J.L Trudel. « Fièvres sur Serendib. »
Des colons pour Serendib par Jean-Louis Trudel

Fiche de Des colons pour Serendib
Titre : Des colons pour Serendib (Tome 4 sur 5 – Les mystères de Serendib)
Auteur : Jean-Louis Trudel
Date de parution : 1996
Editeur : Médiaspaul
Première page de Des colons pour Serendib
« Au cœur du vieux palais de Badulla, le Conseil du Gouverneur de Serendib se réunissait pour la deux centième fois dans la salle des glaces. Elbert d’Elvec avait ouvert la réunion en soulignant le chiffre, puis tous les ministres avaient pris place autour de la table.
Yola MacDonal, ministre des Finances, avait retenu un bâillement. Depuis, elle songeait vaguement que les temps héroïques étaient définitivement révolus. Il n’était plus question d’enfants perdus dans la nature, de guerre avec les Glogs, d’enlèvement inopiné ou même de coopération avec la nouvelle assemblée planétaire. Depuis un mois, la routine de l’administration au jour le jour prenait le dessus.
Ainsi, l’exposé de Mikayel Garro sur l’agrandissement de l’astroport de Badulla distillait un ennui irrésistible. Yola luttait contre l’envie de s’endormir. Après Mikayel Garro, Richar Makina était censé livrer un énième rapport sur la population de Serendib et Yola savait déjà qu’il s’efforcerait d’expliquer pourquoi chaque nouvelle évaluation de la population humaine donnait un chiffre plus élevé que la précédente. »
Extrait de : J.L Trudel. « Des colons pour Serendib. »
Les princes de Serendib par Jean-Louis Trudel
Fiche de Les princes de Serendib
Titre : Les princes de Serendib (Tome 3 sur 5 – Les mystères de Serendib)
Auteur : Jean-Louis Trudel
Date de parution : 1996
Editeur : Médiaspaul
Première page de Les princes de Serendib
« Les cent derniers étages du perce-ciel n’avaient pas été habités depuis au moins un siècle. Mais en débarquant de l’ascenseur au six centième étage, les deux jeunes explorateurs découvrirent tout de suite les traces de la terrible bataille qui avait fait rage en ces lieux.
Celle qui était aux commandes de l’ascenseur était une jeune humaine. Quatorze ans depuis peu. Cheveux bruns crépus, yeux verts, peau légèrement hâlée. Le résultat du métissage des races sur le monde de Nou-Québec, colonisé des siècles auparavant par des Terriens. Elle s’appelait Orica Castel et elle commençait à regretter d’avoir suivi son compagnon dans son ascension d’un perce-ciel ruiné de la ville de Badulla.
Celui qui écarta de force les battants de la porte de l’ascenseur était un Glog. Petit mais musclé, il appartenait à une espèce extraterrestre qui avait souvent été l’ennemie des humains. Dix-huit ans. La nuque et le crâne couverts d’écailles turquoise, les yeux jaunes, la peau verte et lisse. »
Extrait de : J.L Trudel. « Les princes de Serendib. »
Le prisonnier de Serendib par Jean-Louis Trudel
Fiche de Le prisonnier de Serendib
Titre : Le prisonnier de Serendib (Tome 2 sur 5 – Les mystères de Serendib)
Auteur : Jean-Louis Trudel
Date de parution : 1995
Editeur : Médiaspaul
Première page de Le prisonnier de Serendib
« Le soldat avait peur. Il était jeune, un humain né sur Nou-Québec, à des années-lumière de Serendib. Il portait un pistolaser en bandoulière, une tenue de camouflage et des lunettes aux verres teintés. Des ordinateurs incorporés à ces lunettes spéciales lui permettaient de déceler des mouvements infimes dans la jungle qui l’entourait. Il aurait aperçu du coin de l’œil une gargouille changeant d’appui sur la plus haute branche d’un orme-bronze. Avant de tourner la tête, il aurait su que ce n’était qu’un volatile sans danger.
De son côté, le Glog Shayenko ne bougeait pas. Son uniforme de toile caméléon avait pris l’aspect du feuillage des arbustes autour de lui. La peau verte de son visage et de ses bras se confondaient avec la végétation environnante. Le petit humanoïde avait enduit les écailles turquoise de sa tête d’une peinture de camouflage. Il respirait doucement, par deux orifices situés de part et d’autre de son cou musclé. Son odorat aiguisé, propre aux Glogs, sentait la peur que dégageait le soldat humain. »
Extrait de : J.L Trudel. « Le prisonnier de Serendib. »
Les rescapés de Serendib par Jean-Louis Trudel

Fiche de Les rescapés de Serendib
Titre : Les rescapés de Serendib (Tome 1 sur 5 – Les mystères de Serendib)
Auteur : Jean-Louis Trudel
Date de parution : 1995
Editeur : Médiaspaul
Première page de Les rescapés de Serendib
« — Je suis Mikkkilo Iloha, sergent. Est-ce que je peux entrer ?
Le soldat de garde ne leva pas les yeux de l’écran de jeu. Il pressa distraitement un bouton et grommela sans regarder le Glog en face de lui :
— Mouais, vas-y.
La porte coulissa silencieusement. Mikkkilo pénétra dans la cale de l’astronef impérial Temujin sans dire mot. Un séjour de trois ans au cœur du Second Empire terrien l’avait habitué aux préjugés des humains. Une peau verte attirait à tout le moins des regards de travers, ou franchement hostiles, souvent des remarques acerbes ou des injures, et parfois des brimades ouvertes dans les magasins ou les bureaux de l’administration. Mikkkilo serra les poings en y repensant. Il préférait avoir affaire aux robots qui ne faisaient pas de distinction selon la couleur de la peau. »
Extrait de : J.L Trudel. « Les rescapés de Serendib. »