Étiquette : Pétris

 

Orgasmachine par Ian Watson

Fiche de Orgasmachine

Titre : Orgasmachine
Auteur : Ian Watson
Date de parution : 1976
Traduction : M. Pétris
Editeur : Jean-Claude Lattès

Première page de Orgasmachine

« À un mille au large des dernières franges de la Grande Ville, une plate-forme de béton d’un quart de mille de large s’étale dans la mer paresseuse. Elle porte une douzaine de bâtiments bas peints de couleurs vives – orange, jaune, rouge… Comme la plate-forme se relève vers son centre, les bâtiments s’accrochent, caressants, aux flancs d’une grande courbe féminine…

C’est peu après l’aube, alors que l’île n’est pas encore éveillée, qu’une fille à deux seins et aux yeux bleus anormalement grands émerge d’un des édifices et descend vers la mer. Ses yeux, d’un étonnant bleu céruléen, sont presque deux fois plus grands que la normale. Des yeux vraiment remarquables.

Par-dessus la surface inerte de l’eau, son regard se tourne vers la Grande Ville. »

Extrait de : I. Watson. « Orgasmachine. »

Une bourrée pastorale par J. F. Farmer

Fiche de Une bourrée pastorale

Titre : Une bourrée pastorale
Auteur : Philip José Farmer
Date de parution : 1968
Traduction : M. Pétris
Editeur : Jean-Claude Lattès

Première page de Une bourrée pastorale

« La foule massée devant la Maison-Blanche parlait, criait, riait. Les femmes poussaient des cris stridents. Les hommes faisaient entendre leur voix de basse. Ne manquait que le timbre fluet des voix des enfants, confiés à la garde de leurs aînés encore impubères – frères, sœurs, cousins et cousines. Il n’était pas convenable pour eux d’assister à ce qui allait se passer ce soir, incapables qu’ils étaient de comprendre la signification de la très sainte liturgie en l’honneur de la Grande Mère Blanche.

Et ce n’était pas non plus une place indiquée pour eux. Bien des siècles avant la date du jour présent (2860 dans l’ancien calendrier), alors que se célébraient les premières cérémonies, les enfants avaient été admis à y assister. Nombre d’entre eux avaient trouvé la mort, littéralement déchiquetés, au cours des délires. »

Extrait de : P. J. Farmer. « Une bourrée pastorale. »

Tarzan vous salue bien par P. J. Farmer

Fiche de Tarzan vous salue bien

Titre : Tarzan vous salue bien
Auteur : Philip José Farmer
Date de parution : 1972
Traduction : M. Pétris
Editeur : Chute Libre

Première page de Tarzan vous salue bien

« Ceci est la biographie d’une personne vivante.

Cet ouvrage devrait donc être classé dans les bibliothèques à la lettre B, et répertorié sous le titre de Vie de Lord Greystoke, de 1888 à 1946. »

Extrait de : P. J. Farmer. « Tarzan vous salue bien. »

Gare à la bête par P. J. Farmer

Fiche de Gare à la bête

Titre : Gare à la bête (Tome 2 sur 3 – Un exorcisme)
Auteur : Philip José Farmer
Date de parution : 1968
Traduction : M. Pétris
Editeur : Presses Pocket

Première page de Gare à la bête

« La pluie semblait ne jamais devoir cesser.

Ce six au soir, dans une ville évoquant la planète Vénus vue par un auteur de science-fiction des années trente, Harald Childe suivait Vivienne Mabcrough.

Quelques instants plus tôt, il s’était arrêté à un feu rouge derrière une grosse Rolls-Royce noire, à l’intersection de Santa Monica Boulevard et de Canon Drive, à Beverly Hills.

Grâce à l’essuie-glace qui balayait la lunette arrière du véhicule, il avait pu apercevoir Vivienne Mabcrough. Assis à l’arrière avec un homme, elle avait tourné la tête au moment où le feu passait au vert, révélant un profil à jamais gravé dans la mémoire de Childe. Certes c’était le plus parfait qu’il lui ait été donné de voir. Et vu, pour la dernière fois, dans de telles circonstances que, malgré tous ses efforts, il lui était bien impossible de l’oublier. »

Extrait de : P. J. Farmer. « Gare à la bête – Un exorcisme. »

Les pionniers du chaos par N. Spinrad

Fiche de Les pionniers du chaos

Titre : Les pionniers du chaos
Auteur : N. Spinrad
Date de parution : 1967
Traduction : M. Pétris
Editeur : Milady

Première page de Les pionniers du chaos

« D’un bond souple devenu depuis longtemps automatique, Boris Johnson quitta la bande extérieure de la piste roulante à niveau de soi pour atterrir sur le bord du trottoir. La masse froide du nouvel immeuble du Ministère de la Tutelle se dressait devant lui, fière et inhumaine, séparée du trottoir à niveau de sol par une vaste étendue gazonnée qui en épousait tout le pourtour.
Une foule, si on pouvait appeler ainsi ce troupeau amorphe, s’était déjà massée devant la petite estrade aménagée au pied des marches du Ministère. Johnson estima à trois ou quatre mille le nombre des Pupilles présents : des hommes et des femmes placides, à l’air indifférent, qui visiblement avaient été rassemblés pour la circonstance par les Gardes. Muets, immobiles, ils attendaient patiemment. Johnson nota que les Pupilles se trouvaient concentrés sur une aire semi-circulaire de dimensions relativement modestes ayant pour foyer les marches du Ministère. Autour d’eux, un cordon de Gardes à l’air menaçant lançaient des regards furibonds, pareils à des singes rasés qu’on aurait affublés de smokings. Visiblement, ils n’avaient aucune tendresse particulière pour les uniformes de parade qu’ils avaient dû revêtir pour la circonstance. »

Extrait de : N. Spinrad. « Les Pionniers du Chaos. »

Le chaos final par N. Spinrad

Fiche de Le chaos final

Titre : Le chaos final
Auteur : N. Spinrad
Date de parution : 1967
Traduction : M. Pétris
Editeur : Presses Pocket

Première page de Le chaos final

« Bart Fraden était assis sur le bord de son bureau, dans une attitude à la fois tendue et nonchalante, tel un grand félin au repos. Après tout, merde, se dit-il en mordant voracement dans la chair succulente de la cuisse de faisan, une planque pareille ne pouvait pas durer éternellement.
Il rejeta avec désinvolture la cuisse entamée dans le précieux plateau d’argent posé sur le bureau en noyer ciré, prit la bouteille de vin du Rhin bien frais à demi pleine et en but une rasade pour faire passer la bouchée de gibier. Le jaja était bon, foutrement bon même – et il avait intérêt à l’être, vu que chaque bouteille de cette gnôle coûtait trente confédollars à l’État de la Ceinture Libre. Le faisan, par contre, était un peu secot. Trop cuit. Mais, admit volontiers Fraden, Ah Ming a encore bien du mérite à se concentrer sur ses fourneaux pendant que ce cher vieil État de la Ceinture Libre se déglingue autour de nous. »

Extrait de : N. Spinrad. « Le chaos final. »

Ces hommes dans la jungle par N. Spinrad

Fiche de Ces hommes dans la jungle

Titre : Ces hommes dans la jungle
Auteur : N. Spinrad
Date de parution : 1967
Traduction : M. Pétris
Editeur : Milady

Première page de Ces hommes dans la jungle

« Bart Fraden était assis sur le bord de son bureau, dans une attitude à la fois tendue et nonchalante, tel un grand félin au repos. Après tout, merde ! se dit-il en mordant voracement dans la chair succulente de la cuisse de faisan. Une planque pareille ne pouvait pas durer éternellement.
Il rejeta avec désinvolture la cuisse entamée dans le précieux plateau d’argent posé sur le bureau en noyer ciré, prit la bouteille de vin du Rhin bien frais à demi pleine et en but une rasade pour faire passer la bouchée de gibier. Le jaja était bon, foutrement bon même – et il avait intérêt à l’être, vu que chaque bouteille de cette gnôle coûtait 30 confédollars à l’État libre de la Ceinture. Le faisan, par contre, était un peu sécot. Trop cuit. Mais, admit volontiers Fraden, Ah Ming a encore bien du mérite à se concentrer sur ses fourneaux pendant que ce cher vieil État libre se déglingue autour de nous. »

Extrait de : N. Spinrad. « Ces hommes dans la jungle. »

L’escargot sur la pente par A. et B. Strougatski

Fiche de L’escargot sur la pente

Titre : L’escargot sur la pente
Auteur : A. et B. Strougatski
Date de parution : 1968
Traduction : M. Pétris
Editeur : Champ libre

Première page de L’escargot sur la pente

« De cette hauteur, la forêt était comme une luxuriante écume mouchetée. Comme une immense éponge poreuse couvrant le monde tout entier. Comme un animal qui se serait un jour tapi dans l’attente puis se serait endormi et se serait couvert d’une mousse grossière. Comme un masque informe posé sur un visage que personne n’avait encore jamais vu.
Perets quitta ses sandales et s’assit, ses pieds nus pendant dans le précipice. Il lui sembla que ses talons étaient tout d’un coup devenus humides, comme s’il les avait réellement plongés dans le tiède brouillard lilas qui s’accumulait sous la falaise. Il tira de sa poche les cailloux qu’il avait ramassés, les disposa soigneusement а côté de lui, puis choisit le plus petit et le jeta doucement en bas, dans le monde vivant et silencieux, endormi et indifférent qui avalait pour toujours. L’étincelle blanche s’éteignit, et rien ne se produisit, aucun branchage ne remua, aucun oeil ne s’entrouvrit pour le regarder.
S’il jetait un caillou toutes les minutes et demi;  »

Extrait de : A. et B. Strougatski. « L’Escargot sur la pente. »

Vice Versa par S. R. Delany

Fiche de Vice Versa

Titre : Vice Versa
Auteur : S. R. Delany
Date de parution : 1973
Traduction : M. Pétris
Editeur : J.-C. Lattès

Première page de Vice Versa

« LES VOYAGEURS DU SCORPION

Couleur de bronze :
Plus long que le pied d’un homme – un grand pied ; gros comme le poignet d’une fillette. Des veines en bas-relief, telles des sarments, sous les plis du capuchon fripé. Ses doigts ont remonté la tige, remonté sur le poil raide comme un fil de métal, glissé sous les rabats du tissu pour gouger le sac, noir comme avocat trop mûr : a coulé dans la paume (c’est une grande main) ; de nouveau escaladé la tige.
Chiche lumière.
Le peu qu’il y en a barre d’or les volets. Dehors, l’eau susurre et chuinte. La cabine roule, monte. Signe que la brise souffle vers le large. Signe qu’ici, au port, l’après-midi est dégagée.
Les griffes du chien couché à terre raclent les planches. »

Extrait de : S. R. Delany. « Vice Versa. »

Le quai de Wigan par George Orwell

Fiche de Le quai de Wigan

Titre : Le quai de Wigan
Auteur : George Orwell
Date de publication : 1982
Traduction : M. Pétris
Editeur : 10/18

Première page de Le quai de Wigan

« Le premier bruit du matin, c’était le pas des ouvrières et le son de leurs galoches sur la rue pavée. Avant, il y avait, sans doute, les sifflets d’usine, mais je n’étais pas réveillé pour les entendre.
Nous étions la plupart du temps quatre à dormir dans cette chambre — et l’endroit était véritablement sinistre, avec cet air de précarité honteuse que l’on retrouve dans tous les lieux détournés après coup de leur destination première. Bien des années avant, la maison avait été une maison d’habitation comme tant d’autres. Mais, en la reprenant pour en faire une pension de famille et boutique de tripier, les Brooker avaient hérité de tout un bric-à-brac dont ils n’avaient jamais eu le cœur de se débarrasser. Nous couchions donc dans ce qui avait jadis été, selon toute évidence, un salon. Du plafond pendait un pesant lustre en verre disparaissant presque sous  »

Extrait de : G. Orwell. « Le Quai de Wigan. »