Étiquette : Pétris
Dans la dèche à Paris et à Londres par George Orwell
Fiche de Dans la dèche à Paris et à Londres
Titre : Dans la dèche à Paris et à Londres
Auteur : George Orwell
Date de parution : 1982
Traduction : M. Pétris
Editeur : 10/18
Première page de Dans la dèche à Paris et à Londres
« Rue du Coq-d’Or, Paris, sept heures du matin. Une succession de cris furieux, perçants, en provenance de la rue. Madame Monce, qui tient le petit hôtel situé juste en face du mien, apostrophe une locataire du troisième. Elle est campée sur le trottoir, pieds nus dans ses sabots, mèches grises en bataille.
MADAME MONCE. – Salope ! Salope ! Combien de fois que je t’ai dit de pas écraser les punaises sur la tapisserie ? Tu t’imagines peut-être que l’hôtel est à toi ? Tu peux pas les flanquer par la fenêtre, comme tout le monde ? Putain, salope !
LA LOCATAIRE DU TROISIÈME. – Vieille vache ! Cet échange d’aménités est salué par un concert de hurlements discordants. Les fenêtres s’ouvrent à la volée et la moitié de la rue joint sa voix au débat. Dix minutes plus tard, le tapage s’interrompt comme par magie. Un escadron de cavalerie passe et tout le monde s’arrête de brailler pour le suivre du regard.
Je rapporte cette scène à seule fin de faire passer un peu de l’atmosphère qui règne rue du Coq-d’Or. Non que tout s’y résumât en querelles et chamailles, mais le fait est qu’on voyait rarement venir le bout d’une matinée sans que ne se produise un éclat de ce genre. Prises de bec, plainte rituelle des marchands »
Extrait de : G. Orwell. « Dans la dèche à Paris et à Londres. »
Dans le ventre de la baleine par George Orwell
Fiche de Dans le ventre de la baleine
Titre : Dans le ventre de la baleine et autres essais (1931-1943) (Tome 1 sur 2 – Essais)
Auteur : George Orwell
Date de parution : 2005
Traduction : A. Krief, M. Pétris, J. Semprun
Editeur : Ivrea
Sommaire de Dans le ventre de la baleine
- Pourquoi j’écris
- Une pendaison
- Comment j’ai tué un éléphant
- Les pieds dans le plat espagnol
- Pourquoi j’ai adhéré à l’Independent Labour Party
- Charles Dickens
- Dans le ventre de la baleine
- De droite ou de gauche, c’est mon pays
- Le fascisme prophétisé
- Le lion et la licorne : socialisme et génie anglais
- Wells, Hitler et l’état mondial
- Réflexions sur la guerre d’Espagne
- Qui sont les criminels de guerre ?
Première page de Pourquoi j’écris
« Très tôt – dès, je crois, l’âge de cinq ou six ans – j’ai su que je serais un jour écrivain. Entre ma dix-septième et ma vingt-quatrième année, je me suis efforcé d’abandonner cette idée, tout en étant conscient que, ce faisant, je contrariais ma véritable nature et qu’il me faudrait tôt ou tard me mettre à écrire des livres.
J’étais le deuxième enfant d’une famille qui en comptait trois, mais il y avait un écart de cinq ans entre chacun de nous et, jusqu’à l’âge de huit ans, je n’ai fait qu’entrevoir mon père. Ceci explique, entre autres choses, que j’aie été plutôt solitaire et que j’aie acquis très tôt des manies déplaisantes qui me valurent l’antipathie de mes camarades de classe. Comme tous les enfants solitaires, j’avais pris l’habitude de m’inventer des histoires et de converser avec des personnages imaginaires ; et je crois que d’emblée mes ambitions littéraires furent liées au sentiment que j’avais d’être méjugé, mis à l’écart. J’étais conscient d’avoir un don pour le langage et »
Extrait de : G. Orwell. « Essais – Dans le ventre de la baleine. »