Étiquette : Plon

 

Réseau dinosaure par Jimmy Guieu

Fiche de Réseau dinosaure

Titre : Réseau dinosaure
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1958
Editeur : Plon

Première page de Réseau dinosaure

« La campagne provençale paraissait endormie sous le soleil d’été au pied du massif de Sainte-Victoire. Sur les troncs rugueux des grands pins ou dans les oliviers, seules les cigales déchiraient l’air chaud et embaumé de leur infatigable craquètement. Sans un cri, une pie s’envola vers l’est, en direction de Sainte-Victoire dont le sommet surmonté d’une croix se dressait à moins de trois kilomètres.
Agenouillés sur le sol d’argile rougeâtre, deux hommes grattaient, remuaient et fouillaient précautionneusement la terre à l’aide d’une sorte de pic à glace recourbé.
Le paléontologue Georges Barnier, docteur ès sciences, conservateur du Muséum d’Histoire Naturelle d’Aix-en-Provence, redressa le torse et se massa les reins en faisant la grimace. Son embonpoint et ses rhumatismes ne s’accommodaient guère de son inconfortable position. Pourtant, inlassablement depuis des mois, ce savant homme de soixante ans, petit, rougeaud et le front dégarni, parcourait le Midi, d’Aix-en-Provence à Draguignan. »

Extrait de : J. Guieu. « Réseau Dinosaure. »

Refuge cosmique par Jimmy Guieu

Fiche de Refuge cosmique

Titre : Refuge cosmique
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1968
Editeur : Plon

Première page de Refuge cosmique

« Avec des gestes précis, fruit d’un entraînement patient qui lui aurait permis de les exécuter les yeux bandés, le commandant Steve Hopkins, engoncé dans son vidoscaphe, manipula les commandes du tableau de bord mobile placé au-devant de son siège profilé.
Sur l’écran de télévision défilait le paysage lunaire, grêlé, crevassé, fissuré, ponctué d’innombrables bourrelets circulaires — les cratères — sur l’origine desquels les sélénographes n’étaient point d’accord. L’image s’apparentait à une immense étendue de boue crayeuse dans laquelle un géant aurait projeté une poignée de graviers… à son échelle. L’impact de ces « graviers » — des météorites de tailles diverses, selon l’une des théories en vigueur — avait formé de grands cirques en laissant en leur centre un « piton », une excroissance. Ici et là, des masses de « rocs » émergeaient, recouverts d’une substance blanchâtre.
Ce paysage, le commandant Hopkins et ses deux coéquipiers l’avaient déjà survolé lors d’une précédente mission. »

Extrait de : J. Guieu. « Refuge Cosmique. »

Mission « T » par Jimmy Guieu

Fiche de Mission « T »

Titre : Mission « T »
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1963
Editeur : Plon

Première page de Mission « T »

« Le hululement de la sirène de l’INRAE surprit l’ingénieur électronicien Daniel Keller. Il remonta la manche de sa blouse blanche et dégagea sa montre : il était effectivement midi. Avec insouciance, il se replongea dans la délicate besogne qu’il avait entreprise, penché sur l’assemblage effroyablement complexe — forêt de fils aux gaines multicolores, étages de câblages avec résistances, condensateurs et transistors alternant avec des circuits imprimés — logé dans un container d’environ soixante centimètres de diamètre sur une hauteur de cinquante centimètres.
Autour de l’ingénieur en chef, dans le spacieux laboratoire aux larges baies vitrées, ses collaborateurs commençaient de ranger leurs outils, instruments et matériel à travail pour gagner le vestiaire après avoir souhaité un bon week-end à leur « patron ». Daniel Keller leur répondait assez distraitement, fort accaparé par le délicat mécanisme d’un relais récalcitrant. »

Extrait de : J. Guieu. « Mission T. »

Les portes de Thulé par Jimmy Guieu

Fiche de Les portes de Thulé

Titre : Les portes de Thulé
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1964
Editeur : Plon

Première page de Les portes de Thulé

« Le petit hélico-jet modifia légèrement son cap et se dirigea vers l’iceberg géant dont la tache claire contrastait avec la morne étendue gris-bleu de la Méditerranée. A en juger par la netteté de ses arêtes, il avait dû se détacher récemment de la banquise, au
niveau de la Corse plutôt qu’à celui de Barcelone.
Dans ses jumelles, le pilote examina en détail ce qui, de fort loin, avait attiré son attention : un grand rectangle noir s’étalait sur une pente relativement douce de la montagne de glace flottante. A proximité, il distingua une tente-abri, rouge foncé, dont le mât central se prolongeait d’une antenne. A une vingtaine de mètres de la tente, un hélico dont les patins étaient dotés de grappins articulés, aux griffes enfoncées dans la glace.
Le pilote de l’appareil en vol appela sur la fréquence universelle et reçut presque immédiatement la réponse :
— Ici Groupe 19 du centre mondial d’études glaciologiques, Secteur Méditerranée. Professeur Louis Granier au micro. A vous. »

Extrait de : J. Guieu. « Les portes de Thulé. »

La force sans visage par Jimmy Guieu

Fiche de La force sans visage

Titre : La force sans visage
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1958
Editeur : Plon

Première page de La force sans visage

« A l’angle de la rue de Bellechasse et de la rue de Grenelle, une Alfa 6 gris métallisé était arrêtée ; un chauffeur en livrée se penchait sous le capot soulevé, inspectant sans se presser les organes de la puissante 9 CV.
Sur la banquette arrière, deux messieurs, cigare au bec, devisaient sans paraître le moins du monde contrariés par la « panne » inopinée de leur berline. Très élégants, costume trois-pièces, attaché-cases auprès d’eux, l’un présentait un teint basané de type « méditerranéen » (il eût pu passer pour un émir ou un diplomate du Moyen-Orient), l’autre, blond, pâle, un peu rondelet, à l’opposé de son voisin, avait des origines slaves, pour demeurer diplomatiquement dans le vague !
Ce dernier, tout en bavardant, ne quittait pas des yeux l’entrée du ministère de l’Industrie, légèrement plus haut et à gauche sur la rue de Grenelle. Son compagnon regarda lui aussi dans
la même direction puis rumina :
— Vous le savez, ami Boris, je n’approuve pas votre méthode d’attente, ce wait and see du gros Churchill et je persiste à partager l’avis quasi majoritaire de notre groupe. »

Extrait de : J. Guieu. « La force sans visage. »

L’ère des biocybs par Jimmy Guieu

Fiche de L’ère des biocybs

Titre : L’ère des biocybs
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1960
Editeur : Plon

Première page de L’ère des biocybs

« Des joues mangées par une barbe de huit jours, son vieux chapeau crasseux mis de travers, le clochard s’était assis au pied d’une borne kilométrique de la Nationale 13 qui traverse la magnifique forêt de Saint-Germain. En bras de chemise, la besace posée entre ses jambes, il avait décidé de s’accorder une heure de repos. Cette première nuit de juillet était étouffante et le père Benoît se demandait si, tout compte fait, il n’aurait pas intérêt à faire un somme jusqu’à onze heures du soir. La distance était encore longue jusqu’à Paris et peut-être aurait-il la chance d’apitoyer un routier ?
En vieil habitué de la cloche, le père Benoît n’ignorait pas que les chauffeurs de camions sont parfois mieux disposés, à l’égard des autostoppeurs de son espèce, vers le milieu de la nuit, à l’heure où le sommeil commence à se manifester et où il est bon, alors, d’avoir à ses côtés un compagnon avec qui parler pour tromper la fatigue.
Le clochard sortit de sa besace un litre de vin, planta son canif dans une miche de pain et, en guise d’apéritif, porta à sa bouche le goulot de la bouteille. »

Extrait de : J. Guieu. « L’ère des Biocybs. »

Créatures des neiges par Jimmy Guieu

Fiche de Créatures des neiges

Titre : Créatures des neiges
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1957
Editeur : Plon

Première page de Créatures des neiges

« Le professeur Howard Laker, l’éminent géophysicien attaché au California Institute of Technology, s’agitait en tambourinant de ses doigts sur le bureau sans quitter des yeux la lettre dont il venait de prendre connaissance.
Laimon Brown, son collaborateur âgé d’une trentaine d’années seulement mais promis déjà à un brillant avenir ainsi que le laissaient augurer ses récents travaux sur le magnétisme terrestre conservait le silence. Confortablement installé dans un fauteuil de cuir fauve, il observait le géophysicien, de vingt ans son aîné mais qui était pour lui moins un maître qu’un ami. Cinq années d’étroite collaboration avaient en effet scellé entre eux une solide amitié.
En dépit de leur dissemblance, tant au moral qu’au physique, ces deux hommes s’entendaient à merveille. Le professeur Laker, petit, replet, le visage rougeaud, imberbe, offrait une physionomie poupine que démentait souvent un caractère volontiers bougon. »

Extrait de : J. Guieu. « Créatures des neiges. »

Convulsions solaires par Jimmy Guieu

Fiche de Convulsions solaires

Titre : Convulsions solaires
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1958
Editeur : Plon

Première page de Convulsions solaires

« Incrédule, Daniel Burke se frotta les paupières puis replaça vivement son œil droit à l’oculaire du télescope après avoir vérifié sur le petit écran de contrôle les données fournies par le spectroscope à vision directe.
Premier assistant du professeur Albert Cutter, le directeur de l’observatoire Lowell, à Flagstaff, Arizona, Burke, de par ses récents travaux portant sur le mécanisme des étoiles doubles, avait rapidement acquis une notoriété dans les milieux astronomiques. Les spécialistes s’accordaient à voir en lui le digne successeur de son maître.
Ce chercheur, qui n’avait pas encore atteint sa trente-quatrième année, aurait plus facilement passé pour un moniteur de culture physique — dont il avait la carrure — que pour un docte savant. Rompu à nombre de sports, naturiste, amateur de camping, mais ne dédaignant pas pour autant les mondanités, à l’exclusion de tout snobisme dont il avait horreur, il savait allier à la rigueur de la discipline scientifique un dynamisme et un esprit qui l’avaient fait d’emblée adopter par ses Collègues. »

Extrait de : J. Guieu. « Convulsions Solaires. »

Opération Ozma par Jimmy Guieu

Fiche de Opération Ozma

Titre : Opération Ozma (Tome 1 sur 2 – Opération Ozma)
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1962
Editeur : Plon

Première page de Opération Ozma

« L’immeuble de l’Evening Star Radio and TV Broadcasting Co, surplombait de ses dix-neuf étages le parc de Soapstone Valley, près du centre de Washington. Ce parallélogramme de béton, aux innombrables baies dessinant un canevas de lumières laiteuses, s’élevait à l’angle de Connecticut Avenue et de Yuma Street et comptait parmi les « grands » édifices de la capitale fédérale américaine. En effet, à l’inverse de New York, Chicago ou San Francisco, Washington ne possède pas de véritables géants. Aussi, par cette froide soirée hivernale, la ville enneigée offrait-elle quelque (vague) ressemblance avec une métropole européenne.
Au 19e et dernier étage du building, les studios de télévision de l’Evening Star, douillettement chauffés par des climatiseurs, soigneusement isolés de la bruyante circulation de Connecticut Avenue, pouvaient se comparer à un havre de paix dont le faible ronronnement des caméras électroniques troublait à peine la quiétude. »

Extrait de : J. Guieu. « Opération Ozma. »

Cité Noé n°2 par Jimmy Guieu

Fiche de Cité Noé n°2

Titre : Cité Noé n°2 (Tome 3 sur 3 – Le règne des mutants)
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1957
Editeur : Plon

Première page de Cité Noé n°2

« Le lac Mackay scintillait comme une turquoise au cœur du grand désert de sable australien. A l’est et au sud, le territoire brûlé par le soleil faisait place aux monts Mac Donne !, rocaille désertique aux formes torturées. A l’ouest et au nord du lac — sur les rives duquel poussaient d’étranges végétaux rabougris d’un mauve bleuâtre — le sable jaune et ocre s’étendait à perte de vue.
A 5 miles au nord du lac Mackay, un édifice insolite rompait l’uniformité désolée. Semblant émerger du sable, une formidable coupole transparente d’un diamètre de trois mille cinq cents mètres dressait sa masse haute d’environ cinq cents mètres. Le pouvoir réfléchissant de sa surface polie était tel qu’on ne pouvait, de loin, distinguer qu’un hémisphère de lumière aveuglante. Tranchant sur la morne étendue ocre du désert et se détachant sur le bleu limpide du ciel, la chose aurait pu faire songer à un monstrueux champignon de cristal planté dans un décor surréaliste. »

Extrait de : J. Guieu. « Cité Noé N°2 – Le règne des mutants. »