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La décrue par Robin Hobb

Fiche de La décrue

Titre : La décrue (Tome 4 sur 8 – Les cités des anciens)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 2010
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pygmalion

Première page de La décrue

« RELPDA DÉCHIQUETAIT LA CARCASSE sans se plaindre de sa puanteur, et Sédric regrettait de ne pouvoir partager son équanimité. Elle demeurait désormais à la périphérie de son esprit et de ses pensées, et l’odeur et le goût de la viande putréfiée flottaient comme des souvenirs spectraux dans sa bouche. Il les repoussa en s’efforçant de ne pas les laisser souiller les fruits que Carson avait récoltés.

Le chasseur était revenu comme il l’avait promis. Comme Relpda renâclait à se replonger dans l’eau, les deux hommes avaient manœuvré la dépouille flottante pour la rapprocher du radeau où se tenait la dragonne ; l’élan était couvert de boue, et les nécrophages avaient commencé à l’attaquer, mais Relpda s’en moquait : depuis qu’on le lui avait livré à domicile, elle avait pour seul but de se remplir l’estomac.

Les arbres à l’écorce lisse qui avaient résisté aux tentatives d’escalade de Sédric avaient cédé à Carson, leste malgré sa corpulence, et qui n’avait pas eu l’air d’avoir plus de mal à grimper qu’une araignée à parcourir un mur. »

Extrait de : R. Hobb. « La Decrue – Les cités des anciens. »

La fureur du fleuve par Robin Hobb

Fiche de La fureur du fleuve

Titre : La fureur du fleuve (Tome 3 sur 8 – Les cités des anciens)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 2010
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pygmalion

Première page de La fureur du fleuve

« LES HUMAINS ÉTAIENT AGITÉS ; Sintara percevait leurs pensées qui allaient et venaient, piquantes, aussi agaçantes qu’un essaim d’insectes. La dragonne s’étonnait qu’ils eussent réussi à survivre alors qu’ils étaient incapables de garder leurs émotions pour eux ; l’ironie de la situation voulait que, projetant à tous les vents les fantaisies qui leur passaient par l’esprit, ils n’avaient pas l’intellect assez fort pour sentir ce que pensaient leurs semblables. Ils traversaient leur brève existence à pas chancelants, sans comprendre leurs voisins ni aucune des créatures qui les entouraient. Elle était restée abasourdie le jour où elle avait découvert que, pour communiquer, ils devaient émettre des bruits avec la bouche puis deviner ce que l’interlocuteur voulait dire par les bruits qu’il faisait en réponse. Ils appelaient cela « parler ».

L’espace d’un instant, elle cessa de bloquer leur feu roulant de couinements et s’efforça de comprendre ce qui mettait les gardiens en effervescence. Comme d’habitude, leurs inquiétudes ne présentaient nulle cohérence ; plusieurs soigneurs s’alarmaient pour la dragonne cuivrée qui était tombée malade, alors qu’ils n’y pouvaient pas grand-chose ; pourquoi s’empressaient-ils autour d’elle au lieu de vaquer à leurs services auprès des autres dragons ? »

Extrait de : R. Hobb. « La fureur du fleuve – Les cités des anciens. »

Les eaux acides par Robin Hobb

Fiche de Les eaux acides

Titre : Les eaux acides (Tome 2 sur 8 – Les cités des anciens)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 2010
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pygmalion

Première page de Les eaux acides

« ACCOUDÉ AU BASTINGAGE, Leftrin se redressa pour regarder sur le quai la procession qui se dirigeait vers le Mataf. Était-ce l’envoi de Trell ? Il se gratta la barbe et secoua la tête. Deux portefaix poussaient des brouettes chargées de coffres pesants, deux autres les suivaient avec un objet de la taille d’une armoire, et derrière eux venait un homme vêtu de façon plus appropriée pour un thé à Terrilville que pour un périple en gabare sur le fleuve du désert des Pluies : il portait une longue veste bleu marine par-dessus un pantalon gris tourterelle, des bottes noires, et il allait nu-tête. Il avait l’air en bonne forme, à la manière d’un homme qui jouit d’une solide constitution mais n’a jamais acquis la carrure d’un métier particulier ; seule une canne lui encombrait les mains. « Celui-là, il n’a pas travaillé un seul jour dans toute sa vie », se dit Leftrin.

La femme à son bras paraissait au moins avoir cherché à s’habiller de manière pratique : un chapeau à bord protégeait son visage, et Leftrin supposa que la résille qui y était attachée servait à la défendre contre les insectes. »

Extrait de : R. Hobb. « Les Eaux Acides – Les cités des anciens. »

Dragons et serpents par Robin Hobb

Fiche de Dragons et serpents

Titre : Dragons et serpents (Tome 1 sur 8 – Les cités des anciens)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 2010
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pygmalion

Première page de Dragons et serpents

« Ils venaient de très loin, mais, maintenant qu’ils arrivaient, les années de voyage s’effaçaient déjà de son esprit, remplacées par l’urgence du présent. Sisarqua ouvrit la gueule et tordit le cou ; le serpent de mer avait peine à rassembler ses pensées. Il y avait des années qu’elle n’avait pas complètement quitté l’élément liquide, et elle n’avait pas senti la terre sèche sous son corps depuis son éclosion sur l’île des Autres. Elle était bien loin aujourd’hui du sable brûlant et des eaux chaudes de l’île ; l’hiver tombait sur les épaisses forêts qui bordaient le fleuve, et la berge boueuse sous ses anneaux était dure et abrasive ; dans l’air froid, ses branchies séchaient trop vite. Elle n’y pouvait rien, hormis travailler plus rapidement. Elle enfonça la gueule dans l’énorme rigole et la ressortit pleine d’un mélange d’argile veinée d’argent et d’eau. Elle rejeta sa grande tête en arrière et avala la bouchée crissante, froide et bizarrement délicieuse. Une autre goulée, une autre déglutition, une autre et une autre. »

Extrait de : R. Hobb. « Dragons et serpents – Les cités des anciens. »

Adieux et retrouvailles par Robin Hobb

Fiche de Adieux et retrouvailles

Titre : Adieux et retrouvailles (Tome 7 sur 7 – L’assassin royal)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 2003
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pygmalion

Première page de Adieux et retrouvailles

« La pratique chalcédienne qui consiste, pour un propriétaire, à marquer ses esclaves d’un tatouage particulier est née d’une mode en vogue dans la noblesse. À l’origine, elle ne concernait que les sujets les plus précieux, ceux qu’on prévoyait de garder toute leur vie ; cette coutume s’est généralisée, semble-t-il, lorsque sire Grart et sire Porte, puissants aristocrates de la cour chalcédienne, ont commencé à faire assaut de fortune. Bijoux, chevaux et esclaves servaient alors d’étalon à la richesse, et sire Grart a décidé de faire marquer de façon ostensible toutes ses montures et ses domestiques asservis, dont des colonnes entières l’escortaient lors de ses sorties. On raconte que le seigneur Porte, à l’imitation de son concurrent, entreprit alors d’acheter des centaines d’esclaves à bas prix, sans valeur particulière, comme des artisans ou des érudits, dans le seul but de les tatouer de son sceau et de les exhiber. »

Extrait de : R. Hobb. « Adieux et retrouvailles – L’assassin royal. »

L’homme noir par Robin Hobb

Fiche de L’homme noir

Titre : L’homme noir (Tome 6 sur 7 – L’assassin royal)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 2003
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pygmalion

Première page de L’homme noir

« La « forgisation » constitue peut-être l’arme la plus efficace que les Outrîliens employèrent contre nous pendant la guerre des Pirates rouges. Si la technique nous en reste inconnue à ce jour, les effets n’en sont que trop familiers à beaucoup. Le terme qui la désigne vient du village de Forge, bourgade minière qui la première subit cet abominable fléau : des Pirates rouges attaquèrent de nuit et tuèrent ou prirent en otage la majorité de la population ; dans une demande de rançon qu’ils envoyèrent au château de Castelcerf, ils exigeaient de l’or sous peine de relâcher les prisonniers. Cette sommation n’avait aucun sens aux yeux du roi Subtil, alors souverain, et il refusa de payer. Alors, mettant leur menace à exécution, les pirates rendirent la liberté aux captifs apparemment indemnes et reprirent la mer le soir même.

Toutefois on s’aperçut bientôt que, par quelque magie mystérieuse, les villageois n’étaient plus eux-mêmes. Ils se rappelaient leur identité et la famille à laquelle ils appartenaient, mais ne semblaient plus y attacher d’importance ; ils avaient perdu tout sens moral, ne songeaient plus qu’à satisfaire leurs besoins immédiats et n’hésitaient pas à voler, tuer et violer pour y parvenir. »

Extrait de : R. Hobb. « L’homme noir – L’assassin royal. »

Le dragon des glaces par Robin Hobb

Fiche de Le dragon des glaces

Titre : Le dragon des glaces (Tome 5 sur 7 – L’assassin royal)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 2003
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pygmalion

Première page de Le dragon des glaces

« L’intention du Prophète blanc paraît simple, il souhaitait engager le monde sur une voie différente de celle qu’il suivait depuis d’innombrables cycles. Selon lui, le temps se répète et, à chaque révolution, les gens réitèrent à peu près les mêmes erreurs qu’ils commettent toujours ; ils vivent au jour le jour et se laissent aller à leurs appétits et leurs désirs, convaincus que leurs actes n’ont aucune influence sur l’ordre du monde.

D’après le Prophète blanc, rien ne saurait s’éloigner davantage de la réalité. Le plus petit geste d’altruisme oriente légèrement le monde vers un meilleur chemin, et l’accumulation de tels choix apparemment infimes peut le changer. La mort d’un seul homme peut modifier son avenir, sa survie l’entraîner sur une route imprévue. Or qui étais-je, moi, pour le Prophète blanc ? »

Extrait de : R. Hobb. « Le dragon des glaces – L’assassin royal. »

Serments et deuils par Robin Hobb

Fiche de Serments et deuils

Titre : Serments et deuils (Tome 4 sur 7 – L’assassin royal)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 2003
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pygmalion

Première page de Serments et deuils

« Owan, pêcheur de son état, habitait l’île runique nommée Fedoïs. La maison des mères de son épouse, bâtie de bois et de pierre, se dressait bien au-dessus de la ligne de marée, car la mer peut monter très haut et descendre extrêmement bas en ces parages. Il y faisait bon vivre ; on trouvait des palourdes sur la grève au nord, et assez de pâture sous le glacier pour permettre à sa femme de posséder trois chèvres en propre, sur un vaste troupeau, bien qu’elle fût seulement une cadette. Elle avait donné le jour à deux fils et une fille, et tous aidaient leur père à son labeur. Ils ne manquaient de rien et cela aurait dû suffire au pêcheur ; mais il n’en était rien.

Depuis Fedoïs, par temps clair, l’œil perçant peut distinguer Aslevjal, avec les éclats bleutés de son glacier central qui scintille sous l’azur du ciel. Chacun sait que, lorsque vient la marée la plus basse de l’hiver, une barque peut se glisser sous la glace en suspens et parvenir jusqu’au cœur de l’île. Là, comme on le sait aussi, le dragon dort, son trésor autour de lui. »

Extrait de : R. Hobb. « Serments et deuils – L’assassin royal. »

Les secrets de Castelcerf par Robin Hobb

Fiche de Les secrets de Castelcerf

Titre : Les secrets de Castelcerf (Tome 3 sur 7 – L’assassin royal)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 2003
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pygmalion

Première page de Les secrets de Castelcerf

« La disparition d’un compagnon de Vif est une douleur difficile à expliquer au profane. Celui qui évoque la mort d’une bête en disant : «Ce n’était qu’un chien », celui-là ne comprendra jamais ; d’autres, plus compatissants, perçoivent cet événement comme la perte d’un animal aimé ; pourtant, même ceux qui déclarent : «Ce doit être comme voir mourir son enfant ou son épouse » ne voient qu’une facette du prix à payer. Perdre la créature à laquelle on a été lié, c’est plus que perdre un ami ou une personne aimée ; pour moi, ce fut l’amputation brutale de la moitié de mon corps. Ma vue baissa, les aliments privés soudain de saveur n’excitèrent plus mon appétit, les sons me parvinrent assourdis et…

Le manuscrit, commencé bien des années plus tôt, s’achève là, parsemé de taches d’encre et des marques de mes coups de plume rageurs. Je me rappelle l’instant où je me suis rendu compte que mon récit avait insensiblement glissé des généralités à la description de ma peine personnelle. Les faux plis du parchemin témoignent du piétinement que je lui ai fait subir après l’avoir jeté par terre. »

Extrait de : R. Hobb. « Les secrets de Castelcerf – L’assassin royal. »

La secte maudite par Robin Hobb

Fiche de La secte maudite

Titre : La secte maudite (Tome 2 sur 7 – L’assassin royal)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 2001
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pygmalion

Première page de La secte maudite

« Depuis l’époque du prince Pie, l’élimination des vifiers était considérée comme une pratique aussi normale que la condamnation aux travaux forcés pour dette aggravée ou la flagellation pour vol. Le monde était ainsi, et nul ne le remettait en cause. Au cours des années qui suivirent la guerre des Pirates rouges, il ne fut donc pas étonnant que les purges aillent bon train : la Purification de Cerf avait débarrassé le pays des Pirates et de leurs créations, les forgisés, et les honnêtes gens aspiraient à éradiquer toute souillure des Six-Duchés ; certains se montrèrent peut-être parfois trop prompts à punir sans guère de preuves : pendant une certaine période, l’accusation, fondée ou non, d’avoir le Vif suffit à faire trembler pour sa vie.

Les Fidèles du prince Pie, comme ils se baptisaient eux-mêmes, profitèrent de ce climat de suspicion et de violence ; sans jamais révéler leur propre identité, ils se mirent à dénoncer publiquement des personnages en vue, qui possédaient le Vif mais refusaient de prendre position contre la persécution des plus vulnérables d’entre eux. »

Extrait de : R. Hobb. « La secte maudite – L’assassin royal. »