Étiquette : Rêve du démiurge
Carnaval sans roi par Francis Berthelot

Fiche de Carnaval sans roi
Titre : Carnaval sans roi (Tome 8 sur 9 – Rêve du démiurge)
Auteur : Francis Berthelot
Date de parution : 2011
Editeur : Bélial
Première page de Carnaval sans roi
« Pour certains hommes, les signes occultes ont plus de sens que la réalité même.
À vingt-six ans, Kantor Ferrier fait partie de ces hommes. Cette perception de l’invisible est la seule trace qu’il conserve de son talent singulier de jadis ; un don qui, en l’élevant au-dessus des autres, lui a permis de survivre parmi eux : la faculté de s’introduire dans leur paysage mental, de l’étudier et même d’agir sur lui. Seulement, il l’a perdu depuis deux bonnes années. Bientôt trois. Certes, il n’en parle guère : mais que peut-on devenir quand on a détenu un tel pouvoir et qu’on s’en retrouve privé ?
Un observateur de chaque seconde, voilà. Un photographe d’art qui, en fixant sur sa pellicule la surface des choses, s’évertue à en rendre le mystère visible. Cela lui permet de gagner sa vie — ce n’est déjà pas si mal. Et cependant, il se sent comme un aigle dont on a brisé les ailes. Si ses yeux ne brûlent plus du feu sauvage de l’adolescence, ils n’en demeurent pas moins, dans leurs sombres orbites, emplis de ténèbres. »
Extrait de : F. Berthelot. « Carnaval sans roi – Rêve du démiurge. »
Hadès palace par Francis Berthelot

Fiche de Hadès palace
Titre : Hadès palace (Tome 6 sur 9 – Rêve du démiurge)
Auteur : Francis Berthelot
Date de parution : 2005
Editeur : Bélial
Première page de Hadès palace
« L’illusion est la vérité première du bateleur. Les nuits de cafard, en grimant son visage de bleu et d’or, en arrachant des étoiles à ses mains, il entraîne les foules dans le carrousel du rêve. Et si sa flamme s’éteint à la fin du spectacle, elle se rallume dès le lendemain soir : un vrai artiste fait feu de toute croix.
Blotti dans une ruelle du Marais, le Piano-Strass est un de ces cabarets de poche dont la survie tient autant de l’insolence que du miracle. Ouvert depuis bientôt quinze ans, il se remplit vaille que vaille au gré des saisons, des impôts, de la pluie, des embouteillages, du programme du jour, de l’humeur du patron, de l’état d’ébriété du pianiste et de cent impondérables, tels que l’élection de M. Univers, la coupe du monde de french-cancan ou la visite à Paris de la reine-mère du Lichtenberg.
Au rez-de-chaussée, entre des murs pourpres d’où émergent les visages de Mistinguett, Judy Garland, Piaf, Tino Rossi et Fred Astaire, on boit, on fume, on cause, accoudé au bar ou juché sur un tabouret, voire sur une de ces tables de bistrot qui, bien que dénichées aux puces, garantissent l’authenticité de l’endroit. »
Extrait de : F. Berthelot. « Hadès Palace – Rêve du démiurge. »
Nuit de colère par Francis Berthelot

Fiche de Nuit de colère
Titre : Nuit de colère (Tome 5 sur 9 – Rêve du démiurge)
Auteur : Francis Berthelot
Date de parution : 2003
Editeur : Flammarion
Première page de Nuit de colère
« Personne ne sait ce que l’enfant a vu.
C’était la nuit du 9 septembre 1978. Le tonnerre se taisait. Les nuages filaient devant la lune comme des rapaces. Les monts du Cantal, embrasés par Dieu sait quel sabbat, résonnaient sous des cantiques sinistres. Au matin, le soleil a dispersé les dernières traces de brume… Et les gardes forestiers ont découvert, dans une clairière entourée d’épicéas, des dizaines de corps calcinés.
Depuis, il s’est écoulé deux ans. Deux longues années, au cours desquelles on a pleuré, prié, maudit, enquêté, réfléchi, recherché les vivants, questionné les morts, disséqué des bouts d’os noircis, livré aux médias des images de cauchemar, veillé à ce que le public en reçoive sa ration et même plus. Deux années de fièvre, où l’on a tour à tour accusé la religion, le fanatisme, la luxure, la cupidité, le goût du sang, la démence et pire encore. Deux années de révolte, où le cœur, l’intelligence et la piété des hommes se sont heurtés au même roc : l’impossibilité de donner un sens à l’horreur quand il n’en reste que des cendres. »
Extrait de : F. Berthelot. « Nuit de colère – Rêve du démiurge. »