Étiquette : Rivages
Charles Baudelaire par Théophile Gautier

Fiche de Charles Baudelaire
Titre : Charles Baudelaire
Auteur : Théophile Gautier
Date de parution : 1929
Editeur : Rivages poche
Première page de Charles Baudelaire
« La première fois que nous rencontrâmes Baudelaire, ce fut vers le milieu de 1843, à l’hôtel Pimodan où nous occupions, près de Fernand Boissard, un appartement fantastique qui communiquait avec le sien par un escalier dérobé caché dans l’épaisseur du mur, et que devaient hanter les ombres des belles dames aimées jadis de Lauzun. Il y avait là cette superbe Maryx qui, toute jeune, a posé pour la Mignon de Scheffer, et, plus tard, pour la Gloire distribuant des couronnes de Paul Delaroche, et cette autre beauté, alors dans toute sa splendeur, dont Clesinger tira la Femme au serpent, ce marbre où la douleur ressemble au paroxysme du plaisir et qui palpite avec une intensité de vie que le ciseau n’avait jamais atteinte et qu’il ne dépassera pas.
Charles Baudelaire était encore un talent inédit, se préparant dans l’ombre pour la lumière, avec cette volonté tenace qui, chez lui, doublait l’inspiration ; mais son nom commençait déjà à se répandre parmi les poètes et les artistes avec un certain frémissement d’attente, et la jeune génération, venant après la grande génération de 1830, semblait beaucoup compter sur lui. Dans le cénacle mystérieux où s’ébauchent les réputations de l’avenir, il passait pour le plus fort. Nous avions souvent entendu parler de lui, mais nous ne connaissions aucune de ses œuvres. »
Extrait de : T. Gautier. « Charles Baudelaire. »
Une bonne tasse de thé par George Orwell

Fiche de Une bonne tasse de thé
Titre : Une bonne tasse de thé et autres textes
Auteur : George Orwell
Date de parution : 2024
Traduction : N. Waquet
Editeur : Rivages poche
Sommaire de Une bonne tasse de thé
- Une bonne tasse de thé
- Mes souvenirs de libraire
- L’esprit sportif
- Défense de la cuisine anglaise
- Les lieux de loisirs
- Livres contre cigarettes
- Le Moon Under Water
- Quelques pensées sur le crapaud
- Confessions d’un critique littéraire
- Comment meurent les pauvres
- Les écrivains et le Léviathan
Première page de Une bonne tasse de thé
« Si vous cherchez la rubrique « thé » dans le premier livre de cuisine venu, vous n’allez sans doute pas la trouver, ou vous allez tomber au mieux sur quelques lignes d’indications sommaires qui ne vous donneront aucune règle à suivre sur plus d’un point essentiel.
C’est curieux, non seulement parce que le thé est l’un des principaux piliers sur lesquels repose la civilisation dans ce pays – tout comme en Irlande, en Australie et en Nouvelle-Zélande –, mais parce que la meilleure façon de le préparer est le sujet d’âpres querelles.
Quand je regarde ma recette personnelle pour faire une tasse de thé parfaite, je ne trouve pas moins de onze points d’une importance cruciale. Deux feront peut-être l’objet d’un accord presque unanime, mais quatre autres, au moins, sont extrêmement controversés. Voici donc mes onze règles, dont chacune est à mes yeux une règle d’or. »
Extrait de : G. Orwell. « Une bonne tasse de thé. »
Elémentaire, mon cher Conan Doyle

Fiche de Elémentaire, mon cher Conan Doyle
Titre : Elémentaire, mon cher Conan Doyle
Auteur : Arthur Conan Doyle
Date de parution : 2015
Traduction :
Editeur : Rivages Noir
Sommaire de Elémentaire, mon cher Conan Doyle
- Comment Watson comprit le truc par L. S. Klinger
- L’affaire de la caisse en bois par B. Day
- L’affaire du curieux canari par D. Thomas
- L’énigme de la main invisible par ??
Au-delà de Sherlock Holmes

Fiche de Au-delà de Sherlock Holmes
Titre : Au-delà de Sherlock Holmes (Tome 3 sur 3 – Les avatars de Sherlock Holmes)
Auteur : Arthur Conan Doyle
Date de parution : 2015
Traduction : F. Brument, J.-P. Gratias
Editeur : Rivages Noir
Sommaire de Au-delà de Sherlock Holmes
- L’aventure du loup fantôme par A. Boucher
- L’affaire des patriarches disparus par L. Clendening
- Les joyaux de la couronne martienne par P. Anderson
- Le diable et Sherlock Holmes par L. D. Estleman
Sherlock Holmes en toutes lettres
Fiche de Sherlock Holmes en toutes lettres
Titre : Sherlock Holmes en toutes lettres (Tome 2 sur 3 – Les avatars de Sherlock Holmes)
Auteur : Arthur Conan Doyle
Date de parution : 2015
Traduction : F. Brument, J.-P. Gratias
Editeur : Rivages Noir
Sommaire de Sherlock Holmes en toutes lettres
- Le reclus Brun par D. Grubb
- Zolnay le trapéziste par R. Boyer
- L’aventure du locataire de Dorset Street par M. Moorcock
- Meutre en musique par A. Burgess
Les avatars de Sherlock Holmes

Fiche de Les avatars de Sherlock Holmes
Titre : Les avatars de Sherlock Holmes (Tome 1 sur 3 – Les avatars de Sherlock Holmes)
Auteur : Arthur Conan Doyle
Date de parution : 2015
Traduction : F. Brument, J.-P. Gratias
Editeur : Rivages Noir
Sommaire de Les avatars de Sherlock Holmes
- Une soirée avec Sherlock Holmes par J. M. Barrie
- Extraits du carnet d’un détective par P. G. Wodehouse
- Le retour de Sherlock Holmes par E. F. Benson et E. H. Mills
- L’enlèvement de Sherlock par A. A. Milne
- Une énigme pragmatique par J. K. Bangs
- Tiré par les cheveux par S. Leacock
- Le mystère de Pegram par R. Barr
- L’affaire du second butin par R. Barr
Les chiens qui traversent la nuit par Pierre Pelot

Fiche de Les chiens qui traversent la nuit
Titre : Les chiens qui traversent la nuit
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 2003
Editeur : Rivages
Première page de Les chiens qui traversent la nuit
« La DS, blanche à une époque, roulait à tombeau ouvert à travers le terrain vague et tirait derrière elle un long tourbillon de poussière. Le moteur grondant poussait un interminable graillement qui fusait en hoquetant du pot d’échappement sinistré. C’était l’étuve, derrière le pare-brise quasiment opaque et ses arcades presque transparentes tracées dans la crasse par des essuie-glaces maintenant disparus, ça sentait le tabac, la bière, le plastique chaud, l’essence, la vieille graisse, et quelques odeurs d’appoint non identifiables.
Germano drivait tout ça à la sportive et en chantant – c’est-à-dire qu’il braillait, accompagnant la musique échappée de l’autoradio planté dans la boîte à gants, attrapant de temps à autre une parole qu’il restituait plus ou moins phonétiquement. »
Extrait de : P. Pelot. « Les chiens qui traversent la nuit. »
Echos par R. Matheson

Fiche de Echos
Titre : Echos
Auteur : Richard Matheson
Date de parution : 1958
Traduction : J.-P. Gratias
Editeur : Rivages
Première page de Echos
« Le jour où tout a commencé – un chaud samedi d’août – j’avais quitté mon travail peu après midi. Je m’appelle Tom Wallace ; je travaille au service de documentation de l’usine d’Aviation Nord-Américaine, à Inglewood, en Californie. À ce moment-là, nous habitions à Hawthorne, dans une résidence. La maison que nous louions appartenait à l’une de nos voisines, Mildred Sentas. En général, je faisais l’aller-retour entre mon domicile et l’usine en compagnie d’un autre voisin, Frank Wanamaker, chacun de nous utilisant sa voiture à tour de rôle. Mais Frank n’aimait pas travailler le samedi, et ce jour-là, il avait réussi à se faire excuser. C’est donc seul que je rentrai chez moi.
En abordant Tulley Street, j’aperçus devant notre porte une vieille voiture à la carrosserie bien briquée, et je sus que Philip, le frère d’Anne, était venu nous rendre visite. Philip était étudiant en psychologie à l’Université de Californie, à Berkeley, et il descendait parfois à Los Angeles pour le week-end. C’était la première fois qu’il venait nous voir dans notre nouvelle maison ; nous avions emménagé deux mois plus tôt seulement. »
Extrait de : R. Matheson. « Échos. »
Nous avons toujours vécu au château par S. Jackson

Fiche de Nous avons toujours vécu au château
Titre : Nous avons toujours vécu au château
Auteur : S. Jackson
Date de parution : 1962
Traduction : J.-P. Gratias
Editeur : Rivages
Première page de Nous avons toujours vécu au château
« Je m’appelle Mary Katherine Blackwood. J’ai dix-huit ans, et je vis avec ma sœur, Constance. J’ai souvent pensé qu’avec un peu de chance, j’aurais pu naître loup-garou, car à ma main droite comme à la gauche, l’index est aussi long que le majeur, mais j’ai dû me contenter de ce que j’avais. Je n’aime pas me laver, je n’aime pas les chiens, et je n’aime pas le bruit. J’aime bien ma sœur Constance, et Richard Plantagenêt, et l’amanite phalloïde, le champignon qu’on appelle le calice de la mort. Tous les autres membres de ma famille sont décédés.
La dernière fois que j’ai jeté un coup d’œil aux livres de la bibliothèque, sur la tablette de la cuisine, la date de retour était dépassée de plus de cinq mois, et je me suis demandé si j’en aurais choisi d’autres en sachant que ceux-là seraient les derniers, qu’ils resteraient éternellement sur notre étagère. »
Extrait de : Shirley Jackson. « Nous avons toujoursvécu au château. »
Hangsaman par S. Jackson

Fiche de Hangsaman
Titre : Hangsaman
Auteur : S. Jackson
Date de parution : 1951
Traduction : F. Duvigneau
Editeur : Rivages
Première page de Hangsaman
« Mr. Arnold Waite – mari, père, homme de parole – se renversait toujours contre le dossier de sa chaise après sa deuxième tasse de café au petit déjeuner et considérait sa femme et ses deux enfants d’un air incrédule. Sa chaise était placée de telle sorte que, lorsqu’il inclinait la tête en arrière, la lumière du soleil, été comme hiver, éclairait ses cheveux qui ne vieillissaient pas d’une lueur à la fois angélique et indifférente – indifférente car, à l’instar de Mr. Waite, cette lumière n’estimait pas indispensable de nourrir une quelconque croyance pour continuer son existence. Quand Mr. Waite tournait la tête pour regarder sa femme et ses enfants, la lumière se déplaçait avec lui et jetait des motifs fragmentés sur la table et le plancher.
« Ton Dieu », lança-t-il comme d’habitude à Mrs. Waite, assise à l’autre extrémité de la table, « a jugé bon de nous accorder une journée radieuse. » Ou bien il disait : « Ton Dieu a jugé bon de nous envoyer la pluie », ou « la neige », ou « a jugé bon de nous rendre visite avec des orages. » Ce rituel devait son origine à une malencontreuse déclaration de Mrs. Waite, quand sa fille était âgée de trois ans ; la petite Natalie ayant demandé à sa mère ce qu’était Dieu, celle-ci répondit que Dieu avait créé le monde, ses habitants, et le temps qu’il faisait ; Mr. Waite n’était pas de ceux qui laissent passer ce genre de remarque. »
Extrait de : Shirley Jackson. « Hangsaman. »