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Le reflux par Robert-Louis Stevenson

Fiche de Le reflux

Titre : Le reflux
Auteur : Robert-Louis Stevenson
Date de parution : 1894
Traduction : T. Varlet
Edition : Bibliothèque numérique romande

Première page de Le reflux

« Disséminés par tout le monde insulaire du Pacifique, des hommes appartenant aux diverses races européennes et à presque tous les rangs de la société, y portent leur activité et y propagent leurs maladies.
Quelques-uns réussissent, d’autres végètent. Ceux-là sont montés sur des trônes et ont possédé des îles et des flottes. Ceux-ci en sont réduits, pour vivre, à se marier : une dame au teint chocolat, épaisse et joviale luronne, entretient leur paresse ; et, vêtus en indigènes, mais gardant toujours quelque trait hétéroclite d’allure et de maintien, parfois même un dernier souvenir (voire un simple monocle) de l’officier et du gentleman, ils se carrent sous des vérandas en feuilles de palmier et font les délices d’un auditoire indigène avec des souvenirs de café-concert. Et il y en a aussi d’autres, moins souples, moins habiles, moins heureux, peut-être moins vils, qui persistent, jusque dans ces îles de cocagne, à manquer de pain. »

Extrait de : R.-L. Stevenson. « Le Reflux. »

Le cas étrange du Dr Jekyll et de M. Hyde par Robert-Louis Stevenson

Fiche de Le cas étrange du Dr Jekyll et de M. Hyde

Titre : Le cas étrange du Dr Jekyll et de M. Hyde
Auteur : Robert-Louis Stevenson
Date de parution : 1886
Traduction : T. Varlet
Edition : Bibliothèque numérique romande

Sommaire de Le cas étrange du Dr Jekyll et de M. Hyde

  • Le cas étrange du Dr Jekyll et de M. Hyde
  • Un logement pour la nuit

Première page de Le cas étrange du Dr Jekyll et de M. Hyde

« M. Utterson le notaire était un homme d’une mine renfrognée, qui ne s’éclairait jamais d’un sourire ; il était d’une conversation froide, chiche et embarrassée ; peu porté au sentiment ; et pourtant cet homme grand, maigre, décrépit et triste, plaisait à sa façon. Dans les réunions amicales, et quand le vin était à son goût, quelque chose d’éminemment bienveillant jaillissait de son regard ; quelque chose qui à la vérité ne se faisait jamais jour en paroles, mais qui s’exprimait non seulement, par ce muet symbole de la physionomie d’après-dîner, mais plus fréquemment et avec plus de force par les actes de sa vie. Austère envers lui-même, il buvait du gin quand il était seul pour réfréner son goût des bons crus ; et bien qu’il aimât le théâtre, il n’y avait pas mis les pieds depuis vingt ans. Mais il avait pour les autres une indulgence à toute épreuve ; et il s’émerveillait parfois, presque avec envie, de l’intensité de désir réclamée par leurs dérèglements ; et en dernier ressort, inclinait à les secourir plutôt qu’à les blâmer. « Je penche vers l’hérésie des caïnites, lui arrivait-il de dire pédamment. Je laisse mes frères aller au diable à leur propre façon. »

Extrait de : R.-L. Stevenson. « Le Cas étrange du Dr Jekyll et de M. Hyde . »

Catriona par Robert-Louis Stevenson

Fiche de Catriona

Titre : Catriona (Tome 2 sur 2 – Les aventures de David Balfour)
Auteur : Robert-Louis Stevenson
Date de parution : 1892
Traduction : T. Varlet
Edition : Ebooks libres et gratuits

Première page de Catriona

« Le 25 août 1752, vers deux heures de l’après-midi, on put me voir, moi David Balfour, sortir de la Société des Lins Britan-niques : un employé m’escortait porteur d’un sac d’espèces, et les plus huppés négociants de la banque me reconduisirent jusqu’à la porte. Deux jours plus tôt, et la veille au matin encore, j’étais pareil à un mendiant de grande route, vêtu de haillons, et réduit à mes derniers shillings ; j’avais pour compagnon un condamné de haute trahison, et ma tête même était mise à prix, pour un assassinat qui soulevait l’émotion de tout le pays. Aujourd’hui, entré en possession de mon héritage, j’étais un laird foncier ; un garçon de banque m’accompagnait chargé de mon or, j’étais muni de lettres de recommandation ; bref, j’avais (comme dit le proverbe) tous les atouts dans mon jeu.

Deux choses venaient contrebalancer tant de belles promesses. D’abord la négociation si ardue et périlleuse que j’avais encore à traiter ; ensuite, le milieu dans lequel je me trouvais. »

Extrait de : R.-L. Stevenson. « Catriona – Les aventures de David Balfour. »

Enlevé ! par Robert-Louis Stevenson

Fiche de Enlevé !

Titre : Enlevé ! (Tome 1 sur 2 – Les aventures de David Balfour)
Auteur : Robert-Louis Stevenson
Date de parution : 1886
Traduction : T. Varlet
Edition : Ebooks libres et gratuits

Première page de Enlevé !

« Je commence le récit de mes aventures à une certaine matinée des premiers jours de juin, l’an de grâce 1751, celle où pour la dernière fois je fermai à double tour la porte de la maison paternelle. Le soleil brillait déjà sur les cimes des montagnes lorsque je descendis la route ; et quand j’atteignis le presbytère, les merles sifflaient dans les lilas du jardin, et la brume qui flottait dans la vallée au lever de l’aurore commençait à se dissiper.

M. Campbell, le ministre d’Essendean, m’attendait à la porte de son jardin. L’excellent homme me demanda si j’avais dé-
jeuné. Je lui répondis que je n’avais besoin de rien. Alors il prit ma main entre les siennes, et la mit affectueusement sous son bras.

– Allons, Davie, mon petit, dit-il ; je vais vous accompagner jusqu’au gué, pour vous donner un pas de conduite.

Et nous nous mîmes en route silencieusement. »

Extrait de : RL Stevenson. « Enlevé !. »

Les 39 marches par J. Buchan

Fiche de Les 39 marches

Titre : Les 39 marches
Auteur : John Buchan
Date de parution : 1915
Traduction : T. Varlet
Editeur : Bibebook

Première page de Les 39 marches

« Cet après-midi de mai, je revins de la City vers les 3 heures, complètement dégoûté de vivre. Trois mois passés dans la mère patrie avaient suffi à m’en rassasier. Si quelqu’un m’eût prédit un an plus tôt que j’en arriverais là, je lui aurais ri au nez ; pourtant c’était un fait. Le climat me rendait mélancolique, la conversation de la généralité des Anglais me donnait la nausée ; je ne prenais pas assez d’exercice, et les plaisirs de Londres me paraissaient fades comme de l’eau de Seltz qui est restée au soleil.

— Richard Hannay, mon ami, me répétais-je, tu t’es trompé de filon, il s’agirait de sortir de là.

Je me mordais les lèvres au souvenir des projets que j’avais échafaudés pendant ces dernières années à Buluwayo. En y amassant mon pécule – il y en a de plus gros, mais je le trouvais suffisant –, je m’y étais promis des plaisirs de toutes sortes. Emmené loin de l’Écosse par mon père dès l’âge de six ans, je n’étais pas revenu au pays depuis lors : l’Angleterre m’apparaissait donc comme dans un rêve des Mille et Une Nuits, et je comptais m’y établir pour le restant de mes jours. »

Extrait de : J. Buchan. « Les 39 marches. »