Auteur/autrice : CH91

 

Oeuvres complètes de Flaubert par Gustave Flaubert

Fiche de Oeuvres complètes de Flaubert

Titre : Oeuvres complètes de Flaubert
Auteur : Gustave Flaubert
Date de parution : 2011
Editeur : Delphi classics

Sommaire de Oeuvres complètes de Flaubert :

  • Les romans
    • Mémoire d’un fou
    • Madame Bovary
    • Salammbô
    • L’éducation sentimentale
    • Bouvard et Pécuchet
  • Les nouvelles
    • Oeuvres de jeunesse
    • Trois contes
  • Poésie
    • La tentation de Saint Antoine
  • Les pièces de théâtre
    • Le candidat
    • Le chateau des coeurs
    • Le sexe faible
  • Les écrits de voyage
    • Par les champs et par les grèves
    • Notes de voyage
  • Oeuvres de non-fiction
    • Pensées de Gustave Flaubert
    • Dictionnaire des idées reçues

Mon cerveau, ma boussole… mon accoucheur littéraire par Gustave Flaubert et Louis Bouilhet

Fiche de Mon cerveau, ma boussole… mon accoucheur littéraire

Titre : Mon cerveau, ma boussole… mon accoucheur littéraire
Auteur : Gustave Flaubert et Louis Bouilhet
Date de parution : 2021
Editeur : Le Passeur éditeur

Première page de Mon cerveau, ma boussole… mon accoucheur littéraire

« 1 – Flaubert à Bouilhet

[Le] Caire, samedi soir, 10 h[eures], 1er décembre 1849.

Je commence, mon cher vieux, par embrasser ta bonne tête et par souffler sur ce papier toute l’inspiration possible pour que ton esprit vienne vers moi. Je crois, du reste, que tu penses bougrement à nous, car nous pensons, nous autres, bougrement à toi et cent fois dans la journée nous te regrettons. Hier par exemple, mon cher monsieur, nous fûmes au broc… Mais n’anticipons pas sur les faits. – À l’heure qu’il est, la lune brille sur les minarets, tout est silencieux, de temps à autre aboient les chiens ; j’ai devant ma fenêtre, dont les rideaux sont tirés, la masse noire des arbres du jardin vue dans la clarté pâle de la nuit. J’écris sur une table carrée, garnie d’un tapis vert, éclairé par deux bougies et puisant mon encre dans un pot à pommade. Près de moi, à environ dix millimètres, gisent mes instructions ministérielles qui m’ont bien l’air de vouloir torcher mon cul un de ces jours. – J’entends derrière le refend le jeune Maxime qui fait ses dosages photographiques. »

Extrait de : G. Flaubert + L. Bouilhet. « Mon cerveau, ma boussole… mon accoucheur littéraire. »

Mémoires d’un fou par Gustave Flaubert

Fiche de Mémoires d’un fou

Titre : Mémoires d’un fou
Auteur : Gustave Flaubert
Date de parution : 1901
Editeur : BNF

Première page de Mémoires d’un fou

« Pourquoi écrire ces pages ? – À quoi sont-elles bonnes ? – Qu’en sais-je moi-même ? Cela est assez sot, à mon gré, d’aller demander aux hommes le motif de leurs actions et de leurs écrits. – Savez-vous vous-même pourquoi vous avez ouvert les misérables feuilles que la main d’un fou va tracer ?

Un fou ! cela fait horreur. Qu’êtes-vous, vous, lecteur ? Dans quelle catégorie te ranges-tu ? dans celle des sots ou celle des fous ? – Si l’on te donnait à choisir, ta vanité préférerait encore la dernière condition. Oui, encore une fois, à quoi est-il bon, je le demande en vérité, un livre qui n’est ni instructif, ni amusant, ni chimique, ni philosophique, ni agricultural, ni élégiaque, un livre qui ne donne aucune recette ni pour les moutons, ni pour les puces, qui ne parle ni des chemins de fer, ni de la Bourse, ni des replis intimes du cœur humain, ni des habits Moyen Âge, ni de Dieu, ni du diable, mais qui parle d’un fou, c’est-à-dire le monde, ce grand idiot qui tourne depuis tant de siècles dans l’espace sans faire un pas, et qui hurle, et qui bave, et qui se déchire lui-même ? »

Extrait de : G. Flaubert. « Mémoires d’un fou. »

Madame Bovary par Gustave Flaubert

Fiche de Madame Bovary

Titre : Madame Bovary
Auteur : Gustave Flaubert
Date de parution : 1877
Editeur : BNF

Première page de Madame Bovary

« Nous étions à l’Étude, quand le Proviseur entra, suivi d’un nouveau habillé en bourgeois et d’un garçon de classe qui portait un grand pupitre. Ceux qui dormaient se réveillèrent, et chacun se leva comme surpris dans son travail.

Le Proviseur nous fit signe de nous rasseoir ; puis, se tournant vers le maître d’études :

– Monsieur Roger, lui dit-il à demi-voix, voici un élève que je vous recommande, il entre en cinquième. Si son travail et sa conduite sont méritoires, il passera dans les grands, où l’appelle son âge.

Resté dans l’angle, derrière la porte, si bien qu’on l’apercevait à peine, le nouveau était un gars de la campagne, d’une quinzaine d’années environ, et plus haut de taille qu’aucun de nous tous. Il avait les cheveux coupés droit sur le front, comme un chantre de village, l’air raisonnable et fort embarrassé. Quoiqu’il ne fût pas large des épaules, son habit-veste de drap vert à boutons noirs devait le gêner aux entournures et laissait voir, par la fente des parements, des poignets rouges habitués à être nus. »

Extrait de : G. Flaubert. « Madame Bovary – Mœurs de province. »

Le dictionnaire des idées reçues par Gustave Flaubert

Fiche de Le dictionnaire des idées reçues

Titre : Le dictionnaire des idées reçues
Auteur : Gustave Flaubert
Date de parution : 1910
Editeur : BNF

Première page de Le dictionnaire des idées reçues

« ACADÉMIE FRANÇAISE. La dénigrer, mais tâcher d’en faire partie si on peut.

AGRICULTURE. Manque de bras.

AFFAIRES (LES). Passent avant tout. – Une femme doit éviter de parler des siennes. – Sont dans la vie ce qu’il y a de plus important. – Tout est là.

AIRAIN. Métal de l’antiquité.

ALBÂTRE. Sert à décrire les plus belles parties du corps de la femme.

ALLEMANDS. Peuple de rêveurs (vieux).

ANGE. Fait bien en amour et en littérature.

ARGENT. Cause de tout le mal. – Dire : Auri sacra fames.

ARCHITECTES. Tous imbéciles. – Oublient toujours l’escalier des maisons. »

Extrait de : G. Flaubert. « Le Dictionnaire des idées reçues – Le Catalogue des opinions chics suivi d’Extraits d’auteurs célèbres. »

Le candidat par Gustave Flaubert

Fiche de Le candidat

Titre : Le candidat
Auteur : Gustave Flaubert
Date de parution : 1874
Editeur : BNF

Première page de Le candidat

« Acte premier

Chez M. Rousselin. – Un jardin. – Pavillon à droite. – Une grille occupant le côté gauche.

Scène première

Murel, Pierre, domestique.
Pierre est debout, en train de lire un journal. – Murel entre, tenant un gros bouquet qu’il donne à Pierre.

MUREL

Pierre, où est M. Rousselin ?

PIERRE

Dans son cabinet, monsieur Murel ; ces dames sont dans le parc avec leur Anglaise et M Onésime… de Bouvigny ! »

Extrait de : G. Flaubert. « Le Candidat – Comédie en quatre actes. »

La tentation de Saint-Antoine par Gustave Flaubert

Fiche de La tentation de Saint-Antoine

Titre : La tentation de Saint-Antoine
Auteur : Gustave Flaubert
Date de parution : 1874
Editeur : BNF

Première page de La tentation de Saint-Antoine

« C’est dans la Thébaïde, au haut d’une montagne, sur une plate-forme arrondie en demi-lune, et qu’enferment de grosses pierres.La cabane de l’Ermite occupe le fond. Elle est faite de boue et de roseaux, à toit plat, sans porte. On distingue dans l’intérieur une cruche avec un pain noir ; au milieu, sur un stèle de bois, un gros livre ; par terre çà et là des filaments de sparterie, deux ou trois nattes, une corbeille, un couteau.À dix pas de la cabane, il y a une longue croix plantée dans le sol ; et à l’autre bout de la plate-forme, un vieux palmier tordu se penche sur l’abîme, car la montagne est taillée à pic, et le Nil semble faire un lac au bas de la falaise.La vue est bornée à droite et à gauche par l’enceinte des roches. Mais du côté du désert, comme des plages qui se succéderaient, d’immenses ondulations parallèles d’un blond cendré s’étirent les unes derrière les autres, en montant toujours ; – puis au-delà des sables, tout au loin, la chaîne libyque forme un mur couleur de craie, estompé légèrement par des vapeurs violettes. »

Extrait de : G. Flaubert. « La tentation de Saint Antoine. »

La légende de Saint Julien l’Hospitalier par Gustave Flaubert

Fiche de La légende de Saint Julien l’Hospitalier

Titre : La légende de Saint Julien l’Hospitalier
Auteur : Gustave Flaubert
Date de parution : 1895
Editeur : BNF

Première page de La légende de Saint Julien l’Hospitalier

« Le père et la mère de Julien habitaient un château, au milieu des bois, sur la pente d’une colline.

Les quatre tours, aux angles, avaient des toits pointus recouverts d’écailles de plomb, et la base des murs s’appuyait sur les quartiers de rocs, qui dévalaient abruptement jusqu’au fond des douves.

Les pavés de la cour étaient nets comme le dallage d’une église. De longues gouttières, figurant des dragons la gueule en bas, crachaient l’eau des pluies vers la citerne ; et sur le bord des fenêtres, à tous les étages, dans un pot d’argile peinte, un basilic ou un héliotrope s’épanouissait.

Une seconde enceinte, faite de pieux, comprenait d’abord un verger d’arbres à fruits, ensuite un parterre où des combinaisons de fleurs dessinaient des chiffres, puis une treille avec des berceaux pour prendre le frais, et un jeu de mail qui servait au divertissement des pages. De l’autre côté se trouvaient le chenil, les écuries, la boulangerie, le pressoir et les granges. Un pâturage de gazon vert se développait tout autour, enclos lui-même d’une forte haie d’épines. »

Extrait de : « G. Flaubert. « La Légende de saint Julien l’Hospitalier. »

L’éducation sentimentale de Gustave Flaubert

Fiche de L’éducation sentimentale

Titre : L’éducation sentimentale
Auteur : Gustave Flaubert
Date de parution : 1891
Editeur : BNF

Première page de L’éducation sentimentale

« Le 15 septembre 1840, vers six heures du matin, la Ville-de-Montereau, près de partir, fumait à gros tourbillons devant le quai Saint-Bernard ;
Des gens arrivaient hors d’haleine ; des barriques, des câbles, des corbeilles de linge gênaient la circulation ; les matelots no répondaient à personne ; on se heurtait ; les colis montaient entre les deux tambours, et le tapage s’absorbait dans le bruissement de la vapeur, qui, s’échappant par des plaques de tôle, enveloppait tout d’une nuée blanchâtre, tandis que la cloche, à l’avant, tintait sans discontinuer.
Enfin le navire partit ; et les deux berges, peuplées de magasins, de chantiers et d’usines, filèrent comme deux larges rubans que l’on déroule.
Un jeune homme de dix-huit ans, à longs cheveux et qui tenait un album sous son bras, restait auprès du gouvernail, immobile. A travers le brouillard, il contemplait
des clochers, des édifices dont il ne savait pas les noms ; puis il embrassa, dans un dernier coup d’œil, l’île Saint-Louis, la Cité, Notre-Dame ; et bientôt, Paris disparaissant, il poussa un grand soupir. »

Extrait de : G. Flaubert. « L’Éducation sentimentale. »

Bouvard et Pécuchet par Gustave Flaubert

Fiche de Bouvard et Pécuchet

Titre : Bouvard et Pécuchet
Auteur : Gustave Flaubert
Date de parution : 1881
Editeur : BNF

Première page de Bouvard et Pécuchet

« Comme il faisait une chaleur de trente-trois degrés, le boulevard Bourdon se trouvait absolument désert.

Plus bas le canal Saint-Martin, fermé par les deux écluses, étalait en ligne droite son eau couleur d’encre. Il y avait au milieu un bateau plein de bois, et sur la berge deux rangs de barriques.

Au-delà du canal, entre les maisons que séparent des chantiers, le grand ciel pur se découpait en plaques d’outremer, et sous la réverbération du soleil, les façades blanches, les toits d’ardoises, les quais de granit éblouissaient. Une rumeur confuse montait au loin dans l’atmosphère tiède ; et tout semblait engourdi par le désœuvrement du dimanche et la tristesse des jours d’été.

Deux hommes parurent.

L’un venait de la Bastille, l’autre du Jardin des Plantes. Le plus grand, vêtu de toile, marchait le chapeau en arrière, le gilet déboutonné et sa cravate à la main. Le plus petit, dont le corps disparaissait dans une redingote marron, baissait la tête sous une casquette à visière pointue. »

Extrait de : G. Flaubert. « Bouvard et Pécuchet. »