Auteur/autrice : CH91
Vatican 2000 par Christopher Stork

Fiche de Vatican 2000
Titre : Vatican 2000
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1981
Editeur : Fleuve noir
Première page de Vatican 2000
« L’église Saint-Clément est l’une des plus anciennes et des plus curieuses églises de Rome. Elle comporte deux nefs superposées dont la deuxième est souterraine. Plus bas encore, on trouve un sanctuaire de Mithra édifié sur l’emplacement de constructions romaines qui datent du IIe siècle avant notre ère.
Dans le fond du sanctuaire se dresse l’autel des sacrifices, une large dalle de porphyre légèrement en pente et entourée sur trois côtés d’une profonde rigole où coulait le sang des victimes – le plus souvent des taureaux mais quelquefois des hommes – offertes au dieu perse dont le culte faillit un instant supplanter le christianisme.
Cette partie du sanctuaire attire peu de monde. Elle est mal éclairée et la dalle n’offre, en soi, que peu d’intérêt, sauf pour ceux qui prendraient plaisir à évoquer les lugubres cérémonies dont elle a été le théâtre. Les touristes – du temps où il y avait des touristes à Rome – ne s’attardaient donc guère auprès d’elle et, depuis, le sanctuaire a été fermé et laissé dans le plus complet abandon. »
Extrait de : C. Stork. « Vatican 2000. »
Une si jolie petite planète par Christopher Stork

Fiche de Une si jolie petite planète
Titre : Une si jolie petite planète
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1987
Editeur : Fleuve noir
Première page de Une si jolie petite planète
« L’énorme Cadillac en carbure de tungstène fonçait sur le ruban d’asphalte vitrifié qui conduisait au cosmodrome dont les phares étaient déjà visibles à l’horizon.
— Nous y serons dans cinq minutes, annonça l’homme assis derrière le volant.
D’un geste nerveux, il redressa la casquette de chauffeur de maître qui avait tendance à glisser de son crâne et contrastait singulièrement avec le reste de son costume : blouson de cuir, jean délavé et boots à semelles de crêpe. Son voisin eut une exclamation agacée :
— Bon sang, Nat ! Laisse cette casquette tranquille et conduis à deux mains ! Tu vas finir par nous envoyer dans le décor !
Puis, sans attendre la réponse, il se tourna vers le siège arrière et examina avec attention ceux qui l’occupaient : un colosse aux cheveux carotte qui mâchonnait son chewing-gum avec une placidité bovine ; une jeune femme blonde dont les traits devaient être fort gracieux à l’ordinaire mais étaient à présent défigurés par la peur »
Extrait de : C. Stork. « Une si jolie petite planète. »
Un peu… beaucoup… à la folie par Christopher Stork

Fiche de Un peu… beaucoup… à la folie
Titre : Un peu… beaucoup… à la folie
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1983
Editeur : Fleuve noir
Première page de Un peu… beaucoup… à la folie
« Je sais pourquoi je suis ici. Mais je n’accepte pas d’y être. J’ai manqué à certaines règles et c’est la raison pour laquelle je suis interné. Mais ces règles auxquelles j’ai manqué m’ont paru tout à coup si stupides, si monstrueuses que je n’arrive pas à me sentir coupable de les avoir transgressées.
Le Dr Pelletier m’a conseillé de tenir ce journal pour essayer, m’a-t-il dit, de remonter jusqu’à la source du mal dont je souffre. Je pense que j’aurais tenu ce journal de toute façon, non pour soigner un « mal » auquel je ne crois pas mais pour revivre les heures merveilleuses que j’ai connues il n’y a pas si longtemps. Et puis pour m’occuper. Car l’ennui ici est terrible. Les livres que l’on m’offre à lire n’ont aucun intérêt pour moi. Et mes études – que le Dr Pelletier m’a proposé de poursuivre – me donnent la nausée.
Être sociologue, vraiment, dans cette société autoritaire, coercitive, collaborer à cette immense entreprise de démolition de tout ce qui a été le plus cher au cœur des hommes depuis le commencement des temps ? Jamais ! »
Extrait de : C. Stork. « Un peu … Beaucoup … A La folie. »
Tout le pouvoir aux étoiles par Christopher Stork

Fiche de Tout le pouvoir aux étoiles
Titre : Tout le pouvoir aux étoiles
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1982
Editeur : Fleuve noir
Première page de Tout le pouvoir aux étoiles
« La Pyramide se dressait non loin de la ville et à proximité du fleuve, en un endroit qui avait été désigné par les ordinateurs et les Mages. Ils en avaient aussi déterminé la hauteur : 440,72 mètres, exactement le triple de la pyramide de Chéops dans son état primitif.
L’énorme édifice était entièrement recouvert de plaques de porphyre poli qui, lorsqu’elles étaient frappées par les rayons du soleil levant, lui donnaient l’apparence d’une masse colossale de métal en fusion. Ce phénomène lui avait valu, dans la ville et les régions environnantes, le sobriquet de « haut fourneau ». Les Mages laissaient dire, certains que cette appellation n’était pas irrespectueuse, au contraire.
La Pyramide comportait cent cinquante étages, de dimensions très différentes selon l’usage que l’on en faisait. Les trente étages supérieurs étaient entièrement occupés par l’observatoire dont le télescope géant avait une lentille de 976 centimètres, près du double de celle du Mont Palomar. »
Extrait de : C. Stork. « Tout le pouvoir aux étoiles. »
Terre des femmes par Christopher Stork

Fiche de Terre des femmes
Titre : Terre des femmes
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1984
Editeur : Fleuve noir
Première page de Terre des femmes
« Je…
Un point à préciser tout de suite : sur la planète de la nébuleuse d’Andromède dont « je » viens, le « je » n’existe pas, ni le « nous » ni aucun des autres pronoms personnels. Tout
simplement parce que la notion même de « personne » ou d’« individu » y est inconcevable. Il faudrait, pour vous faire comprendre, la remplacer par celle d’une « Structure » ou d’un « Ensemble », au sens mathématique, dont la composition associative comporte un élément neutre unique… mais vous vous rendez compte où cela nous entraîne !
J’emploierai donc votre « je » dans cette histoire, d’autant plus que, pour accomplir la mission dont j’ai été chargé, il a bien fallu que je me dissocie de ma Structure et que je prenne l’apparence extérieure d’un homme ou, selon les cas, d’une femme. Je pourrais, certes, avoir bien d’autres sexes encore. Car les gens d’Andromède ne se contentent pas, en effet, comme vous, de deux sexes, prétendument complémentaires mais, en réalité, le plus souvent antagonistes. »
Extrait de : C. Stork. « Terre des femmes. »
Terra-park par Christopher Stork

Fiche de Terra-park
Titre : Terra-park
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1980
Editeur : Fleuve noir
Première page de Terra-park
« Je… Que ce prénom est d’un usage difficile ! Comme d’ailleurs cette langue à laquelle il va bien falloir pourtant que nous nous faisions puisque l’ordre est venu et la date fixée : dans un virem – c’est-à-dire à peu près dans un mois – nous partons pour la planète Deganib à laquelle nous donnerons désormais – du moins je donnerai – son nom « humain » de Terre.
Il va de soi que nous avons reçu cet ordre avec le respect qui lui est dû : il émane des Stations Transcendantales (comment traduire plus exactement le concept de Vaarz Hardami ?) et il récompense (honore ? sanctionne ?) l’activité de notre groupe au cours des récentes décennies. Nous n’en avons pas moins conscience des problèmes considérables que pose un tel voyage, ne fût-ce qu’au niveau de sa préparation.
Car il ne s’agit pas seulement de nous perfectionner dans les quatre ou cinq langues les plus employées sur la Terre. Nous allons devoir assimiler en profondeur des notions aussi singulières, aussi antinaturelles – pour ne pas dire aussi saugrenues – que, par exemple, celle du « Je ». Comment un groupe aussi consubstantiellement lié que le nôtre pourra-t-il arriver à concevoir que les éléments qui le composent doivent se comporter – du moins en apparence – comme si chacun d’entre eux était autonome ? Comment parviendrais-je jamais non seulement à écrire « je » mais à me sentir « je » ? »
Extrait de : C. Stork. « Terra-Park. »
Psys contre psys par Christopher Stork

Fiche de Psys contre psys
Titre : Psys contre psys
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1986
Editeur : Fleuve noir
Première page de Psys contre psys
« Pietro Rocca quitta le canot automobile qui le ramenait du Lido et prit pied sur le quai de la piazzeta avec une impression de soulagement extraordinaire. Ouf ! C’en était fini du Festival du Cinéma et des heures interminables qu’il avait dû passer dans la grande salle du Palais à regarder quatre ou cinq films par jour. Le palmarès venait d’être proclamé, salué par l’habituel mélange d’ovations frénétiques et de huées furieuses, Rocca avait dicté, par téléphone, un dernier article à la fois acide et désabusé et, maintenant, il se sentait en vacances, libre de parcourir Venise en tous sens, Venise qu’il connaissait par cœur mais qu’il retrouvait chaque année avec le même émerveillement.
Le journaliste obliqua à gauche, avec l’intention d’aller boire un verre de grappa à la terrasse du Florian, et s’immobilisa, stupéfait. À cette heure et en cette saison, la place Saint-Marc était toujours noire de monde. Mais Rocca ne l’avait jamais vue ainsi, envahie par une foule énorme, compacte et curieusement silencieuse. Même les orchestres rivaux du Florian et du Quadri s’étaient tus. Toutes les têtes étaient levées vers le ciel d’un bleu profond piqueté d’or que striaient les rayons verticaux d’une batterie de projecteurs. »
Extrait de : C. Stork. « Psys contre psys. »
Pieuvres par Christopher Stork

Fiche de Pieuvres
Titre : Pieuvres
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1984
Editeur : Fleuve noir
Première page de Pieuvres
« De la terrasse, entourée d’hibiscus et de magnolias, qui dominait l’océan d’une bonne centaine de mètres, la vue était splendide, aussi bien sur l’intérieur de l’île où se multipliaient les canyons et les sommets montagneux couverts d’arbres, que sur la mer où, tout le long d’une côte hérissée de petits récifs et dentelée de calanques rocheuses, les vagues venaient s’écraser en longs panaches iridescents.
— Quelle merveille ! s’exclama Cecil Ferguson en promenant un regard extasié autour d’elle ; on se croirait au bout du monde !
Le visage maigre et ingrat de Melinda Ryde se contracta en une grimace presque haineuse.
— L’ennui, c’est que nous sommes au bout du monde ! répondit-elle, aigrement.
— Comment ? s’exclama sa voisine ; mais on voit distinctement les lumières de la côte ! Ce doit être San Juan Capistrano là-bas ?
— Oui. Et, un peu plus au nord, c’est Long Beach et Los Angeles, répondit Mrs. Ryde sur le même ton ; encore faut-il y arriver ! »
Extrait de : C. Stork. « Pieuvres. »
Les croque-morts par David J. Skal

Fiche de Les croque-morts
Titre : Les croque-morts
Auteur : David J. Skal
Date de parution : 1980
Traduction par : L. Murail, N. Zimmermann
Editeur : Robert Laffont
Première page de Les croque-morts
« Il se faisait tard quand il la trouva.
Une certaine distance les séparait, une distance qui, toujours, avait existé entre eux… mais, maintenant, cet espace s’emplissait d’un sentiment d’urgence. La rue était déserte et, sur le terre-plein envahi par les herbes, la silhouette sculptait des ombres dans le brouillard. Oui, c’était elle, sans erreur possible… son corps avait disparu, mais quelque chose subsistait. Une fille vulgaire, bouffie, vêtue d’un manteau dépenaillé. Brièvement, elle se tourna vers la voiture et ses yeux, tels ceux d’un chat, captèrent la lumière des phares. Effarante étincelle de vie.
Il sentit le goût de la peur. Amer, métallique. Comme elle lui semblait étrange, à présent. Pouvait-ce être Kelly ? Vraiment Kelly ? Un vent glacé s’engouffra dans la Volkswagen par la fenêtre brisée et tout lui apparut des plus réel.
Il roula lentement le long de la bordure. Elle ignorait son suiveur, les phares, le monde. Sa tête pivota grotesquement, comme sur une grosse tige, péniblement au début, puis par à-coups, telle celle d’un pantin animé par un marionnettiste maladroit. »
Extrait de : D.J. Skal. « Les Croque-morts. »
David J. Skal

Présentation de David J. Skal :
David J. Skal était un écrivain, critique et historien de la culture américain, mondialement reconnu pour ses analyses approfondies du cinéma d’horreur et de la littérature gothique. Son travail a transformé la perception du genre horrifique, le faisant passer du simple divertissement de série B à un objet d’étude sociologique et culturel sérieux.
Jeunesse et débuts
Né le 21 juin 1952 à Garfield Heights, dans l’Ohio, David John Skal manifeste très tôt un intérêt pour le fantastique. Il étudie le journalisme à l’université d’Akron, dont il sort diplômé en 1974. Il débute sa carrière littéraire par la science-fiction, publiant des romans tels que Scavengers (1980) et When We Were Orphane (1981), avant de se tourner vers sa véritable passion : l’histoire culturelle.
L’analyse du monstre comme miroir social
Le tournant de sa carrière survient en 1990 avec la publication de son ouvrage séminal, The Horror Show (publié en France sous le titre Hollywood, la cité des horreurs). Dans ce livre, Skal développe une thèse audacieuse : les monstres du cinéma ne sont pas de simples créatures effrayantes, mais les reflets des angoisses de leur époque.
- Dracula et Frankenstein : Il analyse comment ces figures ont incarné les peurs liées à la sexualité, à la science et à la Grande Dépression.
- La culture de la peur : Il a exploré comment les traumatismes de guerre et les crises sanitaires (comme l’épidémie de sida) ont influencé l’évolution du genre gore et corporel.
Œuvres majeures et contributions
Skal est également l’auteur de la biographie de référence de l’auteur de Dracula : Something in the Blood: The Untold Story of Bram Stoker (2016). Ce livre a été salué pour sa mise en lumière des complexités psychologiques et sociales de Stoker dans l’Angleterre victorienne.
Parmi ses autres contributions notables, on retient :
- Screams of Reason: Mad Science and Modern Culture (1998) : Une étude sur la figure du « savant fou ».
- Death Makes a Holiday: A Cultural History of Halloween (2002) : Une exploration des racines et de l’évolution commerciale de la fête d’Halloween.
Au-delà de l’écriture, il a collaboré à de nombreuses éditions DVD de classiques de chez Universal (les Universal Monsters), produisant et apparaissant dans des documentaires qui font aujourd’hui autorité sur l’histoire des studios.
Fin de vie
David J. Skal s’est éteint tragiquement le 1er janvier 2024, à la suite d’un accident de la route à Glendale, en Californie. Il laisse derrière lui une œuvre monumentale qui continue d’influencer les chercheurs et les passionnés de fantastique à travers le monde.
Livres de David J. Skal :
Les croque-morts (1980)
Pour en savoir plus sur David J. Skal :
La page Wikipédia sur D. J. Skal
La page Noosfere sur D. J. Skal
La page isfdb de D. J. Skal