Auteur/autrice : CH91

 

Anatèm Tome 2 par Neal Stephenson

Fiche de Anatèm Tome 2

Titre : Anatèm Tome 2
Auteur : Neal Stephenson
Date de parution : 2008
Traduction : J. Collin
Editeur : Albin Michel

Première page de Anatèm Tome 2

« Le voyage vers le sud fut rapide. Nous le couvrîmes en quatre jours et trois nuits. Nous n’avions presque plus d’argent, alors nous campions. Yul préparait les petits déjeuners et les dîners. Nous préservions nos fonds pour le carburant et les déjeuners, glissant à travers les chaînes de restauration rapide et les stations-service comme des fantômes.

Durant presque toute la première journée, le panorama demeura dominé par d’immenses étendues d’arbres-à-carburant. Seules les agglomérations qui entouraient les usines de traitement, broyant et cuisant les arbres pour en extraire le combustible liquide, maculaient ce paysage de forêts. Puis nous traversâmes durant deux jours le territoire le plus densément peuplé que j’eusse jamais vu et strictement à l’image du continent dont nous étions partis : les mêmes panneaux et les mêmes boutiques, partout. Les villes étaient si proches que leurs fauxbourgs s’entremêlaient, et nous n’y vîmes jamais la moindre terre cultivée ou sauvage. Nous déroulions le réseau autoroutier cahin-caha, d’un embouteillage à l’autre. J’aperçus de nombreuses concentes. »

Extrait de : N. Stephenson. « Anatem T2. »

Anatèm Tome 1 par Neal Stephenson

Fiche de Anatèm Tome 1

Titre : Anatèm Tome 1
Auteur : Neal Stephenson
Date de parution : 2008
Traduction : J. Collin
Editeur : Albin Michel

Première page de Anatèm Tome 1

«  Vos voisins se brûlent-ils vifs les uns les autres ? » voilà comment fraa Orolo entama la conversation avec artisan Flec.

L’embarras me frappa. L’embarras est une chose que je ressens dans ma chair, comme une motte de boue chauffée au soleil s’écrasant sur ma tête.

« Vos chamans se déplacent-ils sur des échasses ? » poursuivit fraa Orolo, en consultant une feuille qui, à en juger par son aspect brunâtre, avait au moins cinq cents ans. Puis il releva les yeux et ajouta obligeamment : « Il se peut que vous les appeliez pâtres ou guérisseurs. »

L’embarras commença à se répandre. Il me hérissa le cuir chevelu en deux pans égaux.

« Quand un enfant tombe malade, priez-vous ? Faites-vous des sacrifices à un bâton peint, ou incriminez-vous une vieille femme ? »

Maintenant, l’embarras brûlait mon visage, bouchait mes oreilles et irritait mes yeux. Je n’entendais quasiment plus les questions de fraa Orolo. »

Extrait de : N. Stephenson. « Anatèm t1. »

La frontière par Neal Stephenson

Fiche de La frontière

Titre : La frontière (Tome 2 sur 2 – Les deux mondes)
Auteur : Neal Stephenson
Date de parution : 2011
Traduction : H. Esquié
Editeur : Sonatine

Première page de La frontière

« Curtis. Peter Curtis. Il avait fallu plusieurs heures de dérive sur Google à Richard pour retrouver le nom de famille du petit ami de Zula. L’obstination du jeune homme à employer un pseudonyme différent dans chaque système auquel il avait accès lui avait rendu la tâche affreusement difficile. Si Peter et Zula avaient pris une chambre au Schloss comme des clients ordinaires, Richard aurait pu accéder à ses relevés de carte bancaire. Mais ils avaient séjourné dans l’appartement de Richard, comme invités.
L’avancée décisive dans l’affaire avait été réalisée par Vicki, la fille du ravitaillement en munitions dans la Grand Marquis et de l’anecdote sur la peau d’ours. Elle était en licence à Creighton. Apparemment, elle souffrait d’insomnie sévère ou possédait un énorme stock d’Adderall. Vicki avait accès à la page Facebook de Zula et à son compte de partage de photos sur Flickr. Elle disposait aussi des clichés qu’elle avait pris elle-même pendant la Ré-U. Elle avait constitué un portfolio de photos de Peter et s’était servie d’un site Internet qui pratiquait la technologie de reconnaissance faciale pour chercher sur le web des photos du même visage ou de visages semblables. »

Extrait de : N. Stephenson. « Les deux mondes – La Frontière. »

Le réseau par Neal Stephenson

Fiche de Le réseau

Titre : Le réseau (Tome 1 sur 2 – Les deux mondes)
Auteur : Neal Stephenson
Date de parution : 2011
Traduction : H. Esquié
Editeur : Sonatine

Première page de Le réseau

« Richard gardait les yeux rivés au sol. Toutes les bouses de vache n’étaient pas sèches et, sur celles qui l’étaient, on aurait eu tôt fait de se tordre la cheville. Il n’avait pris qu’un bagage à main, aussi les pointures 45 qui se faufilaient parmi les mottes brun-vert étaient-elles des chaussures de cross-training en toile noire qu’on aurait pratiquement pu plier en deux et fourrer dans une poche. Il aurait pu aller s’acheter des bottes au Walmart le matin. L’assemblée, cependant, l’aurait remarqué et n’aurait pas manqué de le charrier pour une telle extravagance.

Deux douzaines de membres de sa famille, déployés par grappes le long du grillage à sa droite, étaient en train de tirer des coups de feu dans le ravin ou de recharger leurs armes. C’était une tradition qui avait été instaurée pour permettre aux garçons les plus jeunes de se défouler un peu pendant l’attente interminable de la dinde et du gâteau. »

Extrait de : N. Stephenson. « Le réseau – Les Deux Mondes. »

Golgotha par Neal Stephenson

Fiche de Golgotha

Titre : Golgotha (Tome 3 sur 3 – Cryptonomicon)
Auteur : Neal Stephenson
Date de parution : 1999
Traduction : J. Bonnefoy
Editeur : Payot

Première page de Golgotha

« Du point de vue des technocrates mâles et blancs prétendument privilégiés tels que Randy Waterhouse et ses ancêtres, les Palouses évoquent surtout un immense laboratoire grandeur nature pour l’étude de l’aérodynamique non linéaire et de la théorie du chaos. Comme il n’y a pas grand-chose de vivant dans ce pays, les éventuelles observations ne sont pas entravées en permanence par les arbres, les fleurs, la faune ou les efforts sordidement linéaires et rationnels du genre humain. La chaîne des Cascades bloque les brises tièdes, humides et revigorantes venues du Pacifique, intercepte l’essentiel de l’humidité pour tapisser de neige les pistes de ski au grand bonheur des citadins de Seattle au teint humide de rosée, et détourne le reste de celle-ci vers le nord en direction de Vancouver et vers le sud en direction de Portland. Conséquence de cet état de fait, la région des Palouses en est réduite à devoir importer son air en gros du Yukon et de la Colombie britannique. »

Extrait de : N. Stephenson. « Golgotha – Cryptonomicon. »

Le réseau Kinakuta par Neal Stephenson

Fiche de Le réseau Kinakuta

Titre : Le réseau Kinakuta (Tome 2 sur 3 – Cryptonomicon)
Auteur : Neal Stephenson
Date de parution : 1999
Traduction : J. Bonnefoy
Editeur : Payot

Première page de Le réseau Kinakuta

« Il fait un temps chaud et couvert sur la mer de Bismarck le jour où Goto Dengo perd la guerre. Les bombardiers américains arrivent en volant au ras des vagues. Il se trouve que Goto Dengo est monté sur le pont s’oxygéner en faisant sa gymnastique matinale. Respirer de l’air pur qui ne sent ni la merde ni le vomi le rend euphorique et invulnérable. Tous les autres doivent se sentir dans le même état d’esprit, car il contemple les avions un bon moment avant d’entendre enfin le Klaxon d’alerte.

Les soldats de l’empereur sont censés se sentir en permanence euphoriques et invulnérables, parce que leur esprit indomptable les rend ainsi. Que Goto Dengo n’éprouve la même sensation que lors qu’il est dehors, sur le pont, à respirer l’air pur, le couvre de honte. Les autres soldats ne doutent jamais, eux ; du moins, ils ne le montrent pas. Goto Dengo se demande quand il a commencé à prendre la mauvaise pente. »

Extrait de : N. Stephenson. « Le réseau Kinakuta – Cryptonomicon. »

Le code Enigma par Neal Stephenson

Fiche de Le code Enigma

Titre : Le code Enigma (Tome 1 sur 3 – Cryptonomicon)
Auteur : Neal Stephenson
Date de parution : 1999
Traduction : J. Bonnefoy
Editeur : Payot

Première page de Le code Enigma

« Deux pneus volent. Deux crissent.
Forêt de bambous : couchés.
D’où naissent des chants guerriers.

… c’est encore ce que le caporal Bobby Shaftoe a trouvé de mieux au débotté – debout sur le marchepied, les deux mains prises : l’une agrippe la Springfield, de l’autre, il se retient au rétro, bref, il est exclu de versifier. Et d’abord, « Deux pneus volent »… trois pieds ou quatre ? Et « guerriers » ? Deux ou trois ? Le camion décide finalement de ne pas verser et retombe lourdement sur ses quatre roues. Le crissement – et l’instant – se sont enfuis. Bobby entend malgré tout les protestations des coolies ; s’y ajoute à présent le crépitement de mitrailleuse des pignons que maltraite le soldat Wiley en rétrogradant. Wiley perdrait-il son sang-froid ? Et à l’arrière, sous la bâche, une tonne et demie de classeurs métalliques qui s’entrechoquent, de répertoires de codes qui slaloment, d’essence qui danse dans les réservoirs du groupe électrogénérateur de la station Alpha. »

Extrait de : N. Stephenson. « Le code Enigma – Cryptonomicon. »

La fin du magicien par Raymond E. Feist

Fiche de La fin du magicien

Titre : La fin du magicien (Tome 3 sur 3 – La guerre du chaos – Les chroniques de Krondor)
Auteur : Raymond E. Feist
Date de parution : 2013
Traduction : I. Pernot
Editeur : Milady

Première page de La fin du magicien

« Tout bascula dans le chaos.

Une lumière si vive qu’elle en était douloureuse inonda Pug. Instinctivement, il projeta toute sa magie dans le bouclier protecteur que Magnus avait fait apparaître autour d’eux quelques instants plus tôt. Si ce dernier n’avait pas flairé le piège, ils auraient tous été réduits en poussière sur-le-champ. Une énergie si intense qu’on pouvait à peine l’appréhender était en train de détruire tout ce qui les entourait. Elle réduisit même le granit le plus solide à ses particules fondamentales avant de les disperser dans le vortex brûlant qui se formait autour d’eux.

La lumière parvint à percer les paupières de Pug, pourtant closes. Sa vision se teinta d’un rouge orangé violent, avec des images résiduelles en bleu-vert. Par réflexe, il aurait voulu se protéger le visage, mais il savait que ça ne servirait à rien. Il s’obligea à bouger les mains pour tracer le dessin nécessaire afin de soutenir les efforts de Magnus. Seule la magie les protégeait de conditions qu’aucun mortel n’aurait pu supporter même pendant un infime laps de temps. La substance même de l’univers subissait des déformations de toutes parts. »

Extrait de : R.E Feist. « La guerre du Chaos – La Fin du Magicien. »

Une couronne en péril par Raymond E. Feist

Fiche de Une couronne en péril

Titre : Une couronne en péril (Tome 2 sur 3 – La guerre du chaos – Les chroniques de Krondor)
Auteur : Raymond E. Feist
Date de parution : 2012
Traduction : I. Pernot
Editeur : Milady

Première page de Une couronne en péril

« De puissants dragons traversaient les cieux à tire-d’aile.

Des vents violents comme un ouragan lui soufflaient au visage, mais le cavalier chevauchait avec assurance sa monture ivoire couverte d’écailles qu’il commandait grâce à sa seule volonté. Des arts mystérieux lui permettaient de rester fermement assis, et l’exultation électrisait chaque fibre de son être à la vue de l’armée des dragons en quête de victoires.

Jamais dans la longue histoire des Valherus l’armée des dragons tout entière s’était ainsi unie.

L’armée tout entière, sauf l’un de ses membres. Des émo­tions obscures laissèrent rapidement place à la rage. Le cavalier blanc et or était absent. Ashen-Shugar, le seul dissident de cet ost impressionnant.

Mais l’absence du père-frère importait peu. Les Valherus avaient répondu à l’appel de Draken-Korin, qui avait pris la place qui lui revenait de droit en tant que commandant de l’armée des dragons. »

Extrait de : R.E Feist. « La guerre du Chaos – Une Couronne en péril. »

Un royaume assiégé par Raymond E. Feist

Fiche de Un royaume assiégé

Titre : Un royaume assiégé (Tome 1 sur 3 – La guerre du chaos – Les chroniques de Krondor)
Auteur : Raymond E. Feist
Date de parution : 2011
Traduction : I. Pernot
Editeur : Milady

Première page de Un royaume assiégé

« Les cieux hurlaient.

Un orage d’énergie noire projetait des filaments qui s’enroulaient autour des premières structures qu’ils trouvaient. Le bruit était presque aussi terrifiant que la vision des bâtiments s’effondrant aussitôt.

En proie à une terreur abjecte, les habitants de la ville fuyaient sans se soucier de la détresse des autres, qu’il s’agisse de membres de leur famille ou d’amis proches. Au-dessus de la vague de noirceur déferlante se découpait une silhouette, tellement monstrueuse et massive qu’elle dépassait l’entendement.

Les derniers Gardiens du roi faisaient de leur mieux pour s’opposer à la Noirceur, mais que pouvaient-ils face à pareille folie ? Une femelle courait dans les rues au milieu de la foule paniquée. Redoutant ce qu’elle allait découvrir, elle risqua un rapide coup d’œil derrière elle en serrant son enfant sur son sein.

Certains restaient blottis sur le pas de leur porte. Ils avaient cédé au désespoir et attendaient leur inévitable destruction en pleurant, accrochés les uns aux autres, ou en regardant fixement en direction du Centre, d’où venait la Noirceur. »

Extrait de : R.E Feist. « La guerre du Chaos – Un royaume assiégé. »