Auteur/autrice : CH91
Les passerelles du temps par Daniel Sernine

Fiche de Les passerelles du temps
Titre : Les passerelles du temps (Tome 4 sur 4 – La suite du temps)
Auteur : Daniel Sernine
Date de parution : 2023
Editeur : Editions Alire
Première page de Les passerelles du temps
« Gareth Westmaas émerge péniblement d’un rêve gris, persistant. Un de ces rêves architecturaux qui lui viennent à l’occasion, nés de l’imagination d’un Escher qui aurait troqué la gravure contre la peinture, dans une palette de pierre et de béton.
Westmaas y erre comme dans un labyrinthe, gravissant des passerelles ou des rampes monumentales, vers de hautes portes sans battant ouvertes dans des murailles. Tributaire d’une gravité capricieuse, il s’aventure sur des arcs-boutants reliant des corniches ou des escaliers vertigineux, accrochés à des édifices cyclopéens. Une grisaille crépusculaire règne sur cette topographie anguleuse, et lorsque des arches ouvrent sur l’extérieur, c’est vers des horizons mornes, des ciels de plomb où des orbes laiteux luisent suspendus.
Depuis un interminable moment, le quinquagénaire sait que le réveil est proche, et pourtant les liens ouateux du rêve ne relâchent pas leur captif, tels des sables mouvants faits de brume. »
Extrait de : D. Sernine. « La Suite du temps – Les passerelles du temps. »
Les écueils du temps par Daniel Sernine
Fiche de Les écueils du temps
Titre : Les écueils du temps (Tome 3 sur 4 – La suite du temps)
Auteur : Daniel Sernine
Date de parution : 2008
Editeur : Editions Alire
Première page de Les écueils du temps
« Les mains croisées derrière la tête, Nicolas Dérec avait les yeux grands ouverts malgré l’heure tardive. Dans l’obscurité, il était couché face au large hublot trapézoïdal de sa cabine, dont la transparence donnait vue sur le plus grand vide que Dérec eût jamais contemplé.
Tout cela se jouait dans sa tête, bien entendu. L’espace ici n’était pas tellement plus vide qu’à hauteur de l’orbite saturnienne, par exemple, et l’on apercevait la même quantité d’étoiles. Non, c’était de se savoir si loin qui lui donnait ce sentiment.
Le Sköll patrouillait la Ceinture de Kuiper. La densité de comètes à courte période augmentait à mesure qu’il se rapprochait du cœur de la Ceinture, mais il s’agissait d’une « densité » toute statistique. Nul besoin de guetter à la vigie pour éviter ces icebergs de l’espace. La Ceinture de Kuiper n’était pas plus « ceinture » que le Nuage d’Oort n’était « nuage ». »
Extrait de : D. Sernine. « Les Écueils Du Temps – La suite du temps. »
Les archipels du temps par La suite du temps
Fiche de Les archipels du temps
Titre : Les archipels du temps (Tome 2 sur 4 – La suite du temps)
Auteur : Daniel Sernine
Date de parution : 2005
Editeur : Editions Alire
Première page de Les archipels du temps
« Érymède avait la couleur d’un bloc de charbon dérivant dans l’espace.
Son côté tourné vers le Soleil était gris sombre, l’autre noir comme le vide hormis un cercle incandescent. Seul dessinait sa forme l’infime pointillé lumineux de ses installations externes, les cercles bleutés de ses cités-cratères et les cercles verts de ses parcs-cratères.
Les poètes avaient beau chercher des analogies plus élégantes, Érymède présentait l’aspect d’une immense pomme de terre calcinée qu’une moisissure phosphorescente aurait contaminée d’un côté. De l’autre, invisible aux Terriens comme à la plupart des Éryméens, la fournaise ardente du réacteur éjectait un torrent de plasma dans l’espace, contrant la force centrifuge que l’astéroïde subissait du fait de sa vitesse.
Bril Ghyota ramena son attention à la chorégraphie théâtrale qui se déroulait devant la Sphère céleste. Les acteurs, vêtus de scaphandres moulants, portaient des masques à même les visières de leurs casques compacts, masques aux traits mobiles dont les expressions reproduisaient celles de leur visage. »
Extrait de : D. Sernine. « Les Archipels Du Temps – La suite du temps. »
Les méandres du temps par Daniel Sernine
Fiche de Les méandres du temps
Titre : Les méandres du temps (Tome 1 sur 4 – La suite du temps)
Auteur : Daniel Sernine
Date de parution : 2004
Editeur : Editions Alire
Première page de Les méandres du temps
« Du revers des doigts, Karilian frôle la vitre, comme pour s’assurer qu’il y a bien une barrière entre lui et cette vue immense, crêtes arrondies se succédant, de plus en plus pâles, jusqu’à un horizon nébuleux. L’air frais des Appalaches ne lui parvient pas, cela crée un isolement, du moins partiel.
Derrière lui, Cotnam a remarqué son geste :
— Préférez-vous vous installer sur le balcon ? Ce sera presque aussi tranquille : vous n’entendrez que les oiseaux.
— Non, non. Dans le salon, ce sera parfait.
Le salon est un bon refuge contre l’agoraphobie, le panorama restant inoffensif derrière la grande fenêtre.
Cotnam quitte la pièce.
Karilian ne bouge pas, maîtrisant son malaise, promenant délibérément son regard sur la forêt du Maine qui moutonne jusqu’au fond d’un vallon puis remonte à l’assaut d’une montagne – de bien vieilles et bien modestes montagnes. »
Extrait de : D. Sernine. « Les Méandres Du Temps – La suite du temps. »
Francine Pelletier

Présentation de Francine Pelletier :
Francine Pelletier, qui a vu le jour dans la cité de Laval à l’orée du printemps de l’année 1959, s’illustre aujourd’hui avec un talent consommé dans le domaine exigeant de la littérature d’anticipation et du merveilleux. Cette femme de lettres, à la prose aussi poétique que rigoureuse, s’est fort tôt passionnée pour la chose écrite, parachevant son instruction par des études de lettres à l’Université du Québec à Montréal avant de se lancer à corps perdu dans la création romanesque.
Dès ses premiers pas dans le cénacle de la conjecture, cette brillante romancière a fait montre d’une maturité d’esprit remarquable. Elle n’a d’ailleurs point tardé à prêter son précieux concours à la prestigieuse revue « Solaris », où elle exerça de hautes responsabilités au sein du comité de rédaction, côtoyant ainsi les grands noms de l’imaginaire d’outre-Atlantique. Par son labeur acharné et sa sûreté de jugement, elle a grandement contribué à sortir la science-fiction de ses oripeaux de paralittérature pour lui conférer une incontestable respectabilité au sein de la Belle Province.
Son œuvre, d’une belle ampleur, se signale par une sensibilité peu commune et une attention toute particulière portée à la psychologie de ses protagonistes, fuyant volontiers les froides machineries de l’anticipation classique au profit d’enjeux profondément humains et sociétaux. Les amateurs du genre gardent en haute estime ses vastes fresques, à l’image de l’ambitieux triptyque « Le Sable et l’Acier », où l’auteur déploie un univers troublant teinté de mystère et d’écologie.
Il convient également d’ajouter que Francine Pelletier s’est illustrée avec un succès grandissant dans les lettres destinées à la jeunesse, offrant aux écoliers des récits d’une rare intelligence qui ne cèdent en rien à la facilité des feuilletons habituels. Couronnée à de maintes reprises par les jurys littéraires les plus sévères — elle reçut notamment les lauriers du prestigieux Grand Prix de la science-fiction et du fantastique québécois —, Francine Pelletier s’impose sans conteste comme l’un des piliers de notre littérature d’imagination. Par la grâce de sa plume, elle démontre avec éclat que l’exploration des mondes futurs constitue un formidable miroir tendu aux espoirs et aux angoisses de notre époque.
Livres de Francine Pelletier :
Le sable et l’acier :
- Nelle de Vilvèq (1997)
- Samiva de Frée (1998)
- Issabel de Qohosaten (1998)
Les aventures d’Arialde :
- Mort sur le Redan (1988)
- Le crime de l’enchanteresse (1989)
- Le septième écran (1992)
- La saison de l’exil (1992)
- Les eaux de Jade (2000)
Le rendez-vous du désert (1987)
Les jours de l’ombre (2004)
Si l’oiseau meurt (2007)
Un tour en Arkadie (2009)
Pour en savoir plus sur Francine Pelletier :
La page Wikipédia sur F. Pelletier
La page Noosfere sur F. Pelletier
La page isfdb de F. Pelletier
Daniel Sernine

Présentation de Daniel Sernine :
Daniel Sernine, qui vit le jour sous le nom d’Alain Lortie dans la bouillonnante métropole montréalaise à l’automne de l’année 1955, s’affirme aujourd’hui comme l’un des authentiques maîtres de la littérature de conjecture et du merveilleux au sein de la Belle Province. Cet homme de lettres, doté d’une imagination d’une rare fertilité, s’est fort tôt passionné pour les mystères du passé. Il a ainsi poursuivi de brillantes études en histoire sur les bancs de l’Université de Montréal, avant de parfaire son instruction par un diplôme en bibliothéconomie. Cette rigueur intellectuelle et ce goût prononcé pour les archives transparaissent d’ailleurs admirablement dans l’édification de ses univers romanesques.
Dès la fin des années soixante-dix, ce jeune prosateur s’engage avec une belle ardeur dans la vie littéraire québécoise. Refusant de laisser l’anticipation confinée aux illustrés d’importation, il rejoint très vite la rédaction du fanzine « Requiem » — publication appelée à devenir la prestigieuse revue « Solaris ». Il en prendra même la direction par la suite, prouvant par son labeur éditorial et son exigence critique qu’il est de ceux qui façonnent et élèvent le milieu littéraire.
Son œuvre, d’une ampleur considérable, embrasse avec une même aisance le fantastique ténébreux et la science-fiction. Les lecteurs avertis chérissent tout particulièrement ses cycles grandioses : comment ne pas citer la mystérieuse cité de Neubourg ou encore le monde d’Érythe ? Dans des recueils de fort belle facture tels que « Les Contes de l’ombre » ou le redoutable « Boulevard des Étoiles », Daniel Sernine déploie une plume élégante, volontiers mélancolique, tissant des intrigues où le surnaturel vient habilement fissurer le vernis de nos certitudes bourgeoises.
Il convient d’ajouter à ce brillant portrait que notre auteur n’a point dédaigné le jeune public, s’illustrant avec brio dans le roman pour la jeunesse, domaine où il excelle à donner le frisson aux écoliers tout en ménageant la qualité de la langue. Lauréat des prix les plus enviés d’outre-Atlantique, Daniel Sernine démontre, avec une constance qui force le respect, que l’exploration des mondes chimériques constitue une voie royale pour sonder les tréfonds de l’âme humaine.
Livres de Daniel Sernine :
La suite du temps :
- Les méandres du temps (2004)
- Les archipels du temps (2005)
- Les écueils du temps (2008)
- Les passerelles du temps (2023)
Aurores boréales 2 (1985)
Chronoreg (1999)
L’épée Arhapal (1981)
Le vieil homme et l’espace (1981)
Les portes mystérieuses (1993)
Petites fugues en lettres mineures (1997)
Pour en savoir plus sur Daniel Sernine :
La page Wikipédia sur D. Sernine
La page Noosfere sur D. Sernine
La page isfdb de D. Sernine
Cauchemar à la scierie par Lemony Snicket

Fiche de Cauchemar à la scierie
Titre : Cauchemar à la scierie (Tome 4 sur 13 – Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire)
Auteur : Lemony Snicket
Date de parution : 2000
Traduction : R.M Vassallo
Editeur : Nathan
Première page de Cauchemar à la scierie
« Tôt ou tard dans votre vie – en fait, très bientôt, je parie –, vous vous lancerez dans une lecture et vous noterez que, bien souvent, la première phrase d’un livre en dit long sur le genre d’histoire qui va suivre.
Par exemple, lorsqu’un livre commence par cette phrase : « Il était une fois une famille de gentils petits écureuils qui vivaient dans un arbre creux », il y a de fortes chances pour qu’on ait affaire à une bande d’animaux malins, qui parlent et font des farces en tous genres. Lorsqu’il commence par cette phrase : « Emily s’assit et baissa le nez vers les crêpes aux myrtilles que venait de lui servir sa mère, mais elle était trop angoissée à l’idée de ce camp de vacances à Grattecime-les-Pins pour avaler une bouchée », il y a de fortes chances pour qu’on ait affaire à une bande de filles délurées, qui s’amusent comme des petites folles et n’arrêtent pas de pouffer de rire. Et lorsqu’il commence par cette phrase : « Gary huma le cuir de son gant de base-ball flambant neuf, tout en guettant son copain Larry au coin de la rue », il y a de fortes chances pour qu’on ait affaire à une bande de garçons remuants, qui se démènent comme des enragés et décrochent une coupe ou un quelconque trophée. »
Extrait de : L Snicket. « Cauchemar à la scierie – Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire. »
Ouragan sur le lac par Lemony Snicket

Fiche de Ouragan sur le lac
Titre : Ouragan sur le lac (Tome 3 sur 13 – Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire)
Auteur : Lemony Snicket
Date de parution : 2000
Traduction : R.M Vassallo
Editeur : Nathan
Première page de Ouragan sur le lac
« A les voir tous les trois assis sur leurs valises, nez au vent, au bout du quai de Port-Damoclès, on aurait cru les enfants Baudelaire au seuil d’une palpitante aventure. Après tout, les trois orphelins débarquaient juste du Tournevire, le ferry reliant les deux rives du lac Chaudelarmes, et s’apprêtaient à habiter là, chez leur tante Agrippine. D’ordinaire, ce genre de commencement annonce d’excellents moments, palpitants, inoubliables.
On l’aurait cru. On se serait trompé. Car si Violette, Klaus et Prunille étaient bien sur le point de vivre des moments palpitants, aucun de ces moments n’allait être excellent comme pourraient l’être, par exemple, un rodéo ou un tour de grande roue. Inoubliables, oh ! ils le seraient. Comme la rencontre d’un loup-garou dans un roncier par une nuit sans lune. J’en suis navré, mais si vous cherchez une histoire où on s’amuse follement, vous n’avez pas choisi le bon livre. Car, pour s’amuser follement, les enfants Baudelaire manquaient d’occasions, tant la malchance s’acharnait sur eux. C’est bien simple : leurs aventures sont si
désolantes qu’il m’en coûte de les raconter. »
Extrait de : L. Snicket. « Ouragan sur le lac – Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire. »
Le laboratoire aux serpents par Lemony Snicket

Fiche de Le laboratoire aux serpents
Titre : Le laboratoire aux serpents (Tome 2 sur 13 – Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire)
Auteur : Lemony Snicket
Date de parution : 1999
Traduction : R.M Vassallo
Editeur : Nathan
Première page de Le laboratoire aux serpents
« La route de Port-Brumaille à Morfonds est sans doute la plus lugubre au monde. Passé les derniers entrepôts, elle prend le nom de « route des Pouillasses » et longe interminablement des prés couleur de chou trop cuit, semés de pommiers rachitiques aux fruits si aigres que leur vue suffît à donner la colique. Puis elle franchit la Panade, aux trois quarts emplie de vase noire et peuplée de poissons peu engageants, enfin elle décrit une boucle serrée autour d’une usine de moutarde forte, grâce à laquelle tout le secteur respire un air vivifiant.
Il m’en coûte de le dire, mais le présent épisode débute, pour les orphelins Baudelaire, sur cette section de route exécrable, dans la grande banlieue de leur ville natale, et les choses vont aller de mal en pis.
De tous les êtres au monde accablés par le destin (et vous savez qu’il n’en manque point), les enfants Baudelaire remportent la palme. Leur série de misères a commencé par un épouvantable incendie dans lequel ils ont perdu – tout à la fois – leurs deux parents et le toit qui les avait vus naître. »
Extrait de : L. Snicket. « Le laboratoire aux serpents – Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire. »
Tout commence mal… par Lemony Snicket

Fiche de Tout commence mal…
Titre : Tout commence mal… (Tome 1 sur 13 – Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire)
Auteur : Lemony Snicket
Date de parution : 1999
Traduction : R.M Vassallo
Editeur : Nathan
Première page de Tout commence mal…
« Si vous aimez les histoires qui finissent bien, vous feriez beaucoup mieux de choisir un autre livre. Car non seulement celui-ci finit mal, mais encore il commence mal, et tout y va mal d’un bout à l’autre, ou peu s’en faut. C’est que, dans la vie des enfants Baudelaire, les choses avaient une nette tendance à aller toujours de travers. Violette, Klaus et Prunille Baudelaire étaient pourtant des enfants charmants, des enfants intelligents, pleins de ressources et loin d’être laids. Mais le sort les avait pourvus d’une malchance inimaginable, et presque tout ce qui leur arrivait était placé sous le signe de la guigne, de la déveine et de l’infortune. Je suis navré de devoir le dire, mais c’est la stricte vérité.
Leur interminable suite de malheurs débuta un vilain jour sur la longue plage de Malamer. Les trois enfants Baudelaire vivaient avec leurs parents dans une grande et belle maison au cœur d’une ville crasseuse, grouillante d’activité, mais de temps à autre leurs parents leur permettaient de prendre un tramway brinquebalant (ou « bringuebalant », au choix, autrement dit tout branlant) pour aller à la plage la plus proche. »
Extrait de : L. Snicket. « Tout commence mal… – Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire. »