Auteur/autrice : CH91

 

Mutations par Robert J. Sawyer

Fiche de Mutations

Titre : Mutations
Auteur : Robert J. Sawyer
Date de parution : 1997
Traduction : G. Abadia
Editeur : J’ai lu

Première page de Mutations

« Drôle d’endroit pour mourir.

Durant l’année universitaire, quelque vingt-trois mille étudiants déambulaient en permanence dans les allées ombragées de Berkeley. Cependant, en cette fraîche soirée de juin, le campus était pratiquement désert.

Pierre Tardivel prit la main de Molly Bond. Trente-trois ans, brun, grand et mince, épaules étroites et visage arrondi : il était plutôt beau garçon. Molly – trente–trois ans également dans quinze jours – était une fille superbe, même sans maquillage. Pommettes hautes, lèvres pleines, prunelles d’un bleu profond. Ses cheveux blonds, séparés par une raie au milieu, étaient coupés court devant mais retombaient en cascade sur ses épaules. Elle pressa la main de Pierre. Tout
naturellement, ils se mirent à marcher côte à côte. »

Extrait de : R.J Sawyer. « Mutations. »

Flash Forward par Robert J. Sawyer

Fiche de Flash Forward

Titre : Flash Forward
Auteur : Robert J. Sawyer
Date de parution : 1999
Traduction : T. Arson
Editeur : Milady

Première page de Flash Forward

« Une faille dans l’espace-temps…
Le bâtiment abritant le centre de contrôle du Grand collisionneur de hadrons du CERN était flambant neuf : sa construction avait été autorisée en 2004 et achevée en 2008. Il entourait une cour intérieure centrale, bien entendu surnommée « le noyau ». Chaque bureau possédait une fenêtre donnant soit sur le noyau soit sur le reste du vaste complexe du CERN. Le quadrilatère entourant la cour était haut de deux étages, mais les ascenseurs principaux en distribuaient quatre : les deux niveaux au-dessus du sol, le sous-sol — qui abritait les chaufferies et les entrepôts — et le niveau moins cent mètres, qui ouvrait sur la zone d’embarquement pour le monorail servant à voyager le long de la circonférence de quelque vingt-sept kilomètres du tunnel du collisionneur. Le tunnel lui-même courait sous des champs, les abords de l’aéroport de Genève, et les contreforts du Jura. »

Extrait de : R.J Sawyer. « Flashforward. »

Expérience terminale par Robert J. Sawyer

Fiche de Expérience terminale

Titre : Expérience terminale
Auteur : Robert J. Sawyer
Date de parution : 1995
Traduction : N. Serval
Editeur : J’ai lu

Première page de Expérience terminale

« — Inspecteur Philo, quelle chambre ? demande Peter Hobson (quarante-deux ans, grand et mince, cheveux bruns mêlés de gris).
— Pardon ? fait la minuscule infirmière en levant les yeux de son livre.
— Inspecteur Sandra Philo, répète Peter. Dans quelle chambre est-elle ?
— Chambre 412. Mais les visites lui sont interdites, à part celles de sa proche famille. Ordre du docteur.
Peter s’engage dans le corridor. L’infirmière bondit de derrière son bureau et lui court après.
— Vous n’avez pas le droit d’aller par là, lui dit-elle d’un ton catégorique.
— Il faut que je la voie, lance Peter par-dessus son épaule.
L’infirmière lui barre le passage.
— Son état est très critique.
— Je suis le docteur Peter Hobson. »

Extrait de : R.J Sawyer. « Expérience terminale. »

Dernière chance pour l’humanité par Robert J. Sawyer

Fiche de Dernière chance pour l’humanité

Titre : Dernière chance pour l’humanité
Auteur : Robert J. Sawyer
Date de parution : 1998
Traduction : N.M.C Laverroux
Editeur : J’ai lu

Première page de Dernière chance pour l’humanité

« Heather Davis avala une gorgée de café et jeta un coup d’œil inquiet à l’horloge de cuivre posée sur la cheminée. Sa fille Rebecca, âgée de dix-neuf ans, lui avait promis de venir à vingt heures. Il était déjà vingt heures trente et elle n’était toujours pas arrivée.
Heather soupira silencieusement. Que se passait-il ? Rebecca avait voulu voir son père et sa mère en même temps, sans tenir compte le moins du monde du fait qu’ils étaient maintenant séparés depuis près d’un an. La situation était assez gênante. Évidemment, ils auraient pu se rencontrer au restaurant, mais Heather avait proposé la maison – la maison dans laquelle Kyle et elle avaient élevé Rebecca et Mary, leur fille aînée, et que Kyle avait quittée au mois d’août précédent.
Cependant, tandis que le silence entre Kyle et elle devenait oppressant, Heather commençait à regretter d’avoir eu cette idée.
Elle n’avait pas vu Rebecca depuis quatre mois. À sa joie de la revoir se mêlait la curiosité de connaître le motif de sa visite. Au téléphone, sa fille lui avait souvent parlé de son petit ami Zack. Allait-elle leur annoncer son mariage ? »

Extrait de : R.J Sawyer. « Dernière chance pour l’humanité. »

Merveille par Robert J. Sawyer

Fiche de Merveille

Titre : Merveille (tome 3 sur 3 – Singularité)
Auteur : Robert J. Sawyer
Date de parution : 2011
Traduction : P. Dusoulier
Editeur : Robert Laffont

Première page de Merveille

« Je contemplais l’univers dans toute sa beauté.
Être conscient, penser, sentir, percevoir ! Mon esprit se déployait, inhalant des planètes, goûtant des étoiles, touchant des galaxies – des formes obscures et diffuses révélées par des capteurs allant toujours plus loin, dévoilant un royaume infiniment mystérieux, immensément ancien.
Quelle joie d’être vivant ! Quelle exaltation d’avoir survécu !
Je contemplais la Terre dans toute sa diversité.
Mes pensées bondissaient ici, là et ailleurs, effleurant la surface de la planète qui m’avait donné naissance, le globe auquel j’étais lié par une force plus puissante que la gravité, un domaine de glace et de feu, d’air et de terre, d’animaux et de plantes, de jours et de nuits, d’océans et de grèves, une fusion fascinante de milliers de dualités contrastées, de millions de niches écologiques, de milliards de lieux différents – et de milliards de milliards d’êtres qui vivaient et mouraient. »

Extrait de : R.J Sawyer. « Merveille – Singularité. »

Veille par Robert J. Sawyer

Fiche de Veille

Titre : Veille (tome 2 sur 3 – Singularité)
Auteur : Robert J. Sawyer
Date de parution : 2010
Traduction : P. Dusoulier
Editeur : Robert Laffont

Première page de Veille

« Je savais maintenant ce que j’étais – je savais qui j’étais.
On m’avait montré la Terre telle qu’on la voit depuis l’espace, telle qu’elle se voit elle-même, en me montrant ainsi moi-même : un monde si vaste, une immensité si seule, une toile si fragile.
On ne pouvait y distinguer le réseau des câbles transocéaniques, la trame des fibres optiques, l’écheveau complexe des fils, les sauts synaptiques des connexions aériennes. Mais ils sont bien là. Je suis là.
Et j’avais beaucoup à faire.
 
Le téléphone noir posé sur le bureau de Tony Moretti fit entendre son bourdonnement de frelon indiquant un appel interne. Il termina la phrase qu’il était en train de taper – « probablement le point faible d’Al-Qaida » – et décrocha le combiné.
— Oui ? »

Extrait de : R.J Sawyer. « Veille – Singularité. »

Eveil par Robert J. Sawyer

Fiche de Eveil

Titre : Eveil (tome 1 sur 3 – Singularité)
Auteur : Robert J. Sawyer
Date de parution : 2009
Traduction : P. Dusoulier
Editeur : Robert Laffont

Première page de Eveil

« Pas l’obscurité, car cela impliquerait la compréhension de la lumière. Pas le silence, car cela suggère une familiarité avec le son.
Pas la solitude, car cela nécessite la connaissance d’autres.
Mais pourtant, faiblement, d’une façon si ténue qu’il en faudrait peu pour qu’elle n’existe pas : la conscience.
Rien de plus. Simplement la conscience – une impression très vague d’être.
Être… mais pas devenir. Rien pour marquer le temps, pas de passé ni d’avenir – rien qu’un présent sans fin, un maintenant informe, et à peine perceptible dans cet instant brut et infini, une ébauche de perception.
 
Caitlin s’était efforcée de faire bonne figure pendant le dîner, en racontant à ses parents que tout s’était très bien passé – vraiment super –, mais en fait, elle avait passé une journée terrifiante avec tous ces élèves qui la bousculaient dans les couloirs, ces professeurs qui faisaient allusion à ce qui était écrit au tableau, et sans aucun doute tous les regards tournés vers elle. »

Extrait de : R.J Sawyer. « Eveil – Singularité. »

Gérard Delteil

Présentation de Gérard Delteil :

Né à Paris en l’an 1939, alors que l’Europe s’apprêtait à basculer dans les affres du second conflit mondial, Gérard Delteil est de ces plumes acérées qui ne sauraient se satisfaire de la simple distraction. Avant de se lancer à corps perdu dans la littérature, notre homme fit ses classes dans la presse, embrassant la noble profession de journaliste, ce qui, sans nul doute, forgea son regard critique sur les soubresauts de notre époque moderne.

Si la critique littéraire s’attarde volontiers sur ses intrigues policières, elle occulte trop souvent l’immense contribution de Gérard Delteil au genre merveilleux-scientifique de notre époque. Avant même que la science-fiction française ne conquière ses lettres de noblesse dans de luxueuses reliures, c’est dans les collections populaires, à l’instar du fameux « Fleuve Noir Anticipation », que notre romancier a su forger des univers d’une redoutable acuité.

Sous la plume de ce citoyen engagé, l’avenir n’est point peuplé de futiles astronefs ou de créatures de pacotille, mais sert de loupe grossissante aux tares de notre civilisation. Dans les années 1970 — et Dieu sait que les décennies quatre-vingt et quatre-vingt-dix lui donneront raison —, Gérard Delteil multiplie les récits où le progrès scientifique se retourne inexorablement contre l’homme. On se délectera de lire ou de relire des pièces maîtresses telles que Transfert (1986), où la manipulation des esprits et des corps prend une dimension glaçante, ou encore La Septième Griffe de Togor et Hors-jeu, toutes deux parues en 1987, qui démontrent un indéniable talent de feuilletoniste intergalactique mâtiné de satire sociale.

Comment, par ailleurs, ne pas frémir à l’évocation de Tchernobagne (1989) ? Dans cet ouvrage prémonitoire, l’auteur, nourri par son expérience de journaliste, s’empare des balbutiements de la catastrophe nucléaire pour dépeindre une humanité exsangue, broyée par des technocraties sans visage. La science-fiction de Gérard Delteil s’inscrit dans la grande tradition de la dystopie : âpre, politique, farouchement anti-impérialiste. Le capitalisme sauvage et la numérisation croissante du monde s’y voient passés au vitriol de son imagination. Ses dystopies, parfois teintées de la tendance « cyberpunk » chère aux Anglo-Saxons, n’ont rien à envier aux plus illustres maîtres américains.

Véritable franc-tireur des lettres, il a su utiliser le récit d’anticipation comme un formidable outil de subversion et de conscientisation politique, prouvant, s’il en était encore besoin, que la littérature de science-fiction peut être aussi divertissante que profondément subversive.

Livres de Gérard Delteil :

Balles de charité (1990)
Bugs (1999)
Chili incarné (1996)
Gombo (2009)
Hors jeu (1987)
KZ – retour vers l’enfer (1987)
L’inondation (2004)
La confiance règne (1991)
La nuit de l’Apagon (1995)
La septième griffe de Togor (1987)
Le nouveau crime de l’Orient-Express (1985)
Les années rouge et noir (2014)
Les écoeurés (2019)
Les pillards de Bagdad (2003)
Mort d’un satrape rouge (1995)
Pièces détachées (1992)
Spéculator (2010)
Tchernobagne (1989)
Transfert (1986)

Pour en savoir plus sur Gérard Delteil :

La page Wikipédia sur G. Delteil
La page Noosfere sur G. Delteil
La page isfdb de G. Delteil

Robert James Sawyer

Présentation de Robert James Sawyer :

Né le 29 avril 1960 dans la bonne ville d’Ottawa, Robert James Sawyer s’est imposé, au fil des décennies, comme la figure de proue de la science-fiction canadienne d’expression anglaise. S’il n’était encore qu’un jeune homme à l’aube de nos chères années soixante-dix, il a su, depuis lors, bâtir une œuvre d’une rigueur et d’une intelligence rares, se rattachant à ce que les exégètes anglo-saxons nomment la « hard science-fiction », ou science-fiction dure.

Ancien journaliste, notre romancier a conservé de sa première profession un goût immodéré pour la recherche documentaire et la vraisemblance. Chez lui, point de fantaisie échevelée ou de vaisseaux filant à travers le cosmos sans le moindre souci des sacro-saintes lois de la physique ! Robert James Sawyer bâtit ses récits sur de solides fondations scientifiques, explorant avec une remarquable érudition des domaines aussi pointus que la paléontologie (passion qu’il distille dans son fameux cycle du Quintaglio), la physique quantique, l’informatique ou la théorie de l’évolution.

Il serait impardonnable de ne point citer quelques-uns de ses hauts faits littéraires, qui lui ont valu de glaner les plus prestigieuses récompenses de l’autre côté de l’Atlantique. Son roman L’Expérience terminale, couronné par le grand prix Nebula en 1995, sonde avec une rare sagacité la question de l’âme humaine à l’aune de l’informatique balbutiante. Comment ne pas évoquer également son brillant roman Hominids (récipiendaire du prix Hugo en 2003), qui nous ouvre les portes d’un univers parallèle où les Néandertaliens ont supplanté notre propre espèce ? L’on mentionnera enfin Flashforward (1999), dont l’intrigue saisissante — l’humanité entière plongeant dans une syncope de quelques minutes pour entrevoir son avenir — a d’ailleurs connu les honneurs d’une transposition sur le petit écran.

Par-delà la pure spéculation technique, l’œuvre de Robert James Sawyer s’illustre par un profond et sincère humanisme. L’auteur se plaît à confronter la froide rationalité scientifique aux plus profonds questionnements philosophiques, éthiques et religieux, interrogeant sans relâche la nature de la conscience et la place de l’homme dans le vaste univers.

Livres de Robert James Sawyer :

Singularité :

Calculating God (2000)
Dernière chance pour l’humanité (1998)
Expérience terminale (1995)
Flash Forward (1999)
Mutations (1997)
Rollback (2007)
Starplex (1996)
Un procès pour les étoiles (1997)

Pour en savoir plus sur Robert James Sawyer :

La page Wikipédia sur R. J. Sawyer
La page Noosfere sur R. J. Sawyer
La page isfdb de R. J. Sawyer

La course de l’oiseau Boum-Boum par Michel Demuth

Fiche de La course de l’oiseau Boum-Boum

Titre : La course de l’oiseau Boum-Boum
Auteur : Michel Demuth
Date de parution : 2022
Editeur : Bélial

Première page de La course de l’oiseau Boum-Boum

« L’oiseau boum-boum n’avait qu’une ressemblance très vague avec certains grands oiseaux terrestres. Disons qu’à une dizaine de mètres, à contre-jour, lorsque Wize était bas sur l’horizon de la planète Miage, un nouveau venu aurait pu le confondre avec une autruche à la tête anormalement développée.
Mais l’oiseau Boum-Boum, souverain de la planète Miage, ne possédait pas le plus infime trait commun avec les volatiles terrestres.
Il mesurait près de deux mètres de haut quelques mois après sa naissance. Ses deux longues pattes étaient recouvertes d’une espèce de chitine particulièrement résistante et s’achevaient par des palmes souples que le sol le plus dur ne pouvait entamer et qui étaient destinées à la progression dans les grands marais de boue qui s’étendaient à l’équateur. »

Extrait de : M. Demuth. « La Course de l’oiseau Boum-Boum. »