Auteur/autrice : CH91
Quand les poules avaient des dents… par Jean-Luc Marcastel

Fiche de Quand les poules avaient des dents…
Titre : Quand les poules avaient des dents… (tome 1 sur 2 – Chroniques de Pulpillac)
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Date de parution : 2018
Editeur : Lynks
Première page de Quand les poules avaient des dents…
« — Vous cinq là !
Aurélien se tourna en tous sens pour découvrir l’origine de cette voix qu’il ne connaissait que trop bien, celle de Monsieur Bazan, le professeur de maths le plus redouté du collège…
En fait il ne s’appelait pas Bazan du tout, mais les élèves, ayant appris qu’il habitait dans le village de Labrousse, lui avaient collé ce surnom bien des années plus tôt : « Bazan l’homme de Labrousse ». Il lui était resté. Tout le monde l’appelait comme ça. Même les parents, en rencontres scolaires. Ce qui ne faisait rien pour lui adoucir l’humeur qu’il avait déjà très « volcanique ».
Pour l’heure, Monsieur Bazan, presque aussi large que haut, « cubique », dardait sur lui ses petits yeux chafouins sous sa coupe au bol redoutable qu’on aurait dit tout droit venue du Moyen Âge…
— Oui, vous aussi ! insista-t-il, comme Aurélien, prudent, faisait mine de se retirer sur la pointe des pieds. »
Extrait de : JL Marcastel. « Quand les poules avaient des dents – Chroniques de Pulpillac. »
Embrouilles au menu ! par Jean-Luc Marcastel

Fiche de Embrouilles au menu !
Titre : Embrouilles au menu ! (tome 2 sur 2 – Auberge entre les mondes)
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Date de parution : 2018
Editeur : Flammarion
Première page de Embrouilles au menu !
« — Pickman, arrête !
Le gargouilleux, une fois encore, se figea en plein geste, un énorme fruit violet, dont Nathan ignorait l’origine, dans sa petite main griffue, juste au-dessus de sa bouche.
À voir la petite créature humanoïde aux allures de crapaud, qui ne devait guère dépasser la taille d’un nain de jardin, on avait du mal à croire qu’elle serait capable d’engloutir un tel morceau sans exploser.
C’était mal connaître Pickman.
Pour preuve, après l’avoir fixé de ses grands yeux globuleux enfoncés sous leurs arcades sourcilières proéminentes, l’homoncule ouvrit une bouche soudain gigantesque et, comme un serpent gobant un œuf, avala tout rond l’énorme fruit.
Ceci fait, la peau du ventre distendue, il adressa à Nathan un regard d’excuse avant de pousser un rot sonore qui résonna sous les voûtes de la cave. »
Extrait de : JL Marcastel. « Embrouilles au menu – Auberge entre les mondes. »
Péril en cuisine ! par Jean-Luc Marcastel

Fiche de Péril en cuisine !
Titre : Péril en cuisine ! (tome 1 sur 2 – Auberge entre les mondes)
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Date de parution : 2017
Editeur : Flammarion
Première page de Péril en cuisine !
« — Nathan ! Regarde ! C’est magnifique !
Ça faisait au moins dix fois que Félix s’extasiait en admirant le paysage qui défilait derrière les vitres du train.
Nathan, qui le regardait faire, en aurait presque ri, tant son ami, surexcité, passait d’une des grandes fenêtres du compartiment à l’autre pour ne rater aucune miette du panorama qui s’offrait à eux.
Il y avait bien quelques autres passagers avec eux, et Félix venait parfois se planter devant leur vitre, mais son enthousiasme était tellement communicatif que personne ne râlait.
D’une part, cette petite vallée de montagne aux pentes couvertes de forêts chevelues, d’où surgissaient quelques rochers bruns, de belles fermes en pierre grise et des châteaux austères, était vraiment magnifique. »
Extrait de : JL Marcastel. « Peril en cuisine – Auberge entre les mondes. »
Même la mort peut mourir par Jean-Luc Marcastel

Fiche de Même la mort peut mourir
Titre : Même la mort peut mourir (tome 4 sur 4 – Agence Lovecraft)
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Date de parution : 2023
Editeur : Gulf stream éditeur
Première page de Même la mort peut mourir
« — Magnifique ! s’extasia Sergueï, les yeux levés vers la dame de pierre qui les dominait de sa masse blanche et élégante montant à l’assaut de la nuit dans la clarté des projecteurs.
Même blessée, Notre-Dame de Paris, surplombant l’île de la Cité, gardait toute sa magie. La douceur de ce soir parisien, sur le pont de la grande péniche restaurant, était décidément magique. Sergueï avait déjà vu Paris, bien sûr, dans des films ou des documentaires. Mais c’était une chose de contempler la Ville Lumière sur un écran, une autre de la vivre. Le jeune Russe, depuis leur arrivée, n’avait pas assez d’yeux pour contempler tout ce que la capitale française déployait autour d’eux, de ses bâtiments à ses parcs, ses jardins, ses monuments… Et ses filles ! »
Extrait de : JL Marcastel. « Agence Lovecraft – Même la mort peut mourir. »
Tempus fugit par Jean-Luc Marcastel

Fiche de Tempus fugit
Titre : Tempus fugit (tome 3 sur 4 – Agence Lovecraft)
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Date de parution : 2022
Editeur : Gulf stream éditeur
Première page de Tempus fugit
« — Et les koalas ? Vous connaissez les koalas ?
Celui qui venait de parler, un imposant bonhomme à la barbe poivre et sel fournie, qui devait mesurer plus d’un mètre quatre-vingt-quinze et les dépassait tous d’une tête, avait indiscutablement, songeait Sergueï, des allures d’aventurier tel qu’on les imaginait dans les livres ou dans les films… et c’était très précisément ce qu’il était.
Il les régalait de ses histoires incroyables sur le bush australien depuis plus d’une demi-heure, dans ce restaurant français chic de Surry Hills, un des quartiers les plus en vogue de Sydney, avec ses scènes réputées et raffinées, ses cafés et restaurants branchés, ses boutiques de mode, ses galeries, ses marchés, ses pubs et ses bars à vins « à la française ».
L’établissement où leur interlocuteur leur avait fixé rendez-vous en était un des plus beaux exemples. La façade était sobre, mais, dès que l’on franchissait la porte, on se retrouvait projeté dans un intérieur cosy. Traditionnel et moderne à la fois, avec ces lustres imposants chargés de pampilles de verre étincelantes, cette énorme horloge un peu steampunk derrière le bar, ces chesterfields impeccablement cirés, ces tables flanquées de sièges très « vieille France ». »
Extrait de : JL Marcastel. « Agence Lovecraft – Tempus Fugit. »
Déesse de la mort par Jean-Luc Marcastel

Fiche de Déesse de la mort
Titre : Déesse de la mort (tome 2 sur 4 – Agence Lovecraft)
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Date de parution : 2022
Editeur : Gulf stream éditeur
Première page de Déesse de la mort
« La lumière, mordorée, mais avec une nuance déconcertante, filtrait à travers de hautes, très hautes fenêtres à la découpe bizarre, comme tout ici, dans cette bibliothèque, cette cité entière. Pas de place pour le chaos ni le moindre désordre. Tout obéissait à des règles strictes et codifiées. Un monde feutré, orthonormé, consacré à la connaissance et à l’étude, ainsi que cette architecture, aussi déroutante soit-elle… car elle n’avait pas été pensée pour un usage humain. Il suffisait, pour s’en convaincre, de regarder l’intérieur de ce gigantesque bâtiment dont les rayonnages débordant de lourds volumes, les vitrines regorgeant d’artefacts plus obscurs les uns que les autres, s’alignaient de loin en loin jusqu’à se perdre dans la brume à la teinte indéfinissable… Car ces rayonnages s’étendaient aussi bien horizontalement que verticalement. Sergueï ne pouvait donc savoir dans quel sens ils se trouvaient… Les longues allées s’étiraient devant lui, interminables, « montaient » sur une des « faces » de la grande salle, puis sur une autre, et une autre encore, pour rejoindre ce qui était pour lui le « plafond ». »
Extrait de : JL Marcastel. « Agence Lovecraft – Déesse de la mort. »
Le mal par_le mal par Jean-Luc Marcastel

Fiche de Le mal par le mal
Titre : Le mal par le mal (tome 1 sur 4 – Agence Lovecraft)
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Date de parution : 2021
Editeur : Gulf stream éditeur
Première page de Le mal par le mal
« — Cours Ryan ! Cours ! Ils arrivent !
Un éclair déchira le ciel, sa lumière éclaboussant les toits et les pavés détrempés de la ville, alors que les deux garçons détalaient à travers la rue déserte, dans la nuit fouettée de trombes d’eau.
Ce n’était vraiment pas un soir à mettre un chat dehors, et encore moins deux adolescents de douze ans. La tempête venue du large battait la petite cité portuaire aux maisons tristes et grises comme si elle avait voulu la noyer de toutes les larmes du ciel.
Celui qui courait en tête dérapa sur le sol mouillé et manqua s’effondrer. Le second le rattrapa de justesse et le catapulta dans une ruelle s’ouvrant juste à leur droite, entre deux façades de briques sombres et crasseuses. Il s’y enfonça à sa suite.
À peine avait-il disparu qu’une lumière violente balaya la rue : les phares d’une camionnette d’un autre temps qui déboula au tournant et passa en grondant sans ralentir. »
Extrait de : JL Marcastel. « Le mal par le mal ! – Agence Lovecraft. »
L’ami commun (partie 2) par Charles Dickens

Fiche de L’ami commun
Titre : L’abîme
Auteur : Charles Dickens
Date de parution : 1865
Traduction :
Editeur : Bibebook
Première page de L’ami commun
« Le travail que Rokesmith avait fait toute la nuit n’était pas de nature à lui procurer un sommeil paisible. Il dormit cependant un peu vers le matin, et se leva plus affermi que jamais dans sa résolution. C’était bien décidé : le repos de mister et de missis Boffin ne serait troublé par aucun revenant. Muet et invisible, le spectre de John Harmon veillerait quelque temps encore sur la fortune qu’il avait abandonnée, puis il quitterait ces lieux où l’on menait une existence à laquelle il ne pouvait prendre part.
Le secrétaire repassa dans son esprit tout ce qu’il s’était dit la veille. Ainsi qu’il arrive à bien des gens, il en était venu là sans s’apercevoir des forces accumulées de tous les incidents qu’avaient fait naître les circonstances. Lorsque dominé par la crainte qu’il devait au souvenir de ses premières années, lorsque effrayé du mal dont la fortune de son père avait toujours été la cause ou le prétexte, il avait conçu l’idée de sa première supercherie, ses intentions étaient pures. »
Extrait de : C. Dickens. « L’Ami Commun – Tome II. »
L’ami commun (partie 1) par Charles Dickens

Fiche de L’ami commun
Titre : L’abîme
Auteur : Charles Dickens
Date de parution : 1865
Traduction :
Editeur : Bibebook
Première page de L’ami commun
« Inutile de préciser la date ; mais de nos jours, vers la fin d’une soirée d’automne, un bateau fangeux et d’aspect équivoque flottait sur la Tamise entre le pont de Southwark, qui est en fonte, et le pont de Londres, qui est en pierre.
Deux personnes étaient dans ce bateau : un homme vigoureux, à cheveux gris et en désordre, au teint bronzé par le soleil, et une jeune fille de dix-neuf à vingt ans qui lui ressemblait assez pour que l’on reconnût qu’il était son père.
La jeune fille ramait, et maniait ses avirons avec une grande aisance. L’homme aux cheveux gris, les cordes lâches du gouvernail entre les mains, et les mains dans la ceinture, fouillait la rivière d’un œil avide. »
Extrait de : C. Dickens. « L’Ami Commun – Tome I. »
L’abîme par Charles Dickens

Fiche de L’abîme
Titre : L’abîme
Auteur : Charles Dickens
Date de parution : 1867
Traduction :
Editeur : BNF
Première page de L’abîme
« Premier Tableau
Extérieur de l’hospice des Enfants trouvés à Londres. Murs de l’hospice avec petite porte au fond Réverbère au-dessus de la porte. Maisons du square, à droite et à gauche.
SCÈNE PREMIÈRE
UN POLICEMAN, UNE DAME
Au lever du rideau, la pluie tombe. Un policeman avec sa lanterne examine les portes des maisons, les pousse pour s’assurer qu’elles sont fermées. — Au moment où il traverse la scène pour continuer sa ronde, une dame simplement mise et voilée, entre par le côté opposé.
LA DAME.
Pardon, monsieur, est-ce que dix heures sont sonnées ?
LE POLICEMAN.
Pas encore, madame. »
Extrait de : C. Dickens. « L’Abîme. »