Auteur/autrice : CH91

 

Histoires de fantômes par Charles Dickens

Fiche de Histoires de fantômes

Titre : Histoires de fantômes
Auteur : Charles Dickens
Date de parution : 2016
Traduction : I. Gadoin
Editeur : Gallimard

Sommaire de Histoires de fantômes :

  • Confession trouvée dans une prison au temps de Charles II
  • Fantômes de Noël
  • A lire au crépuscule
  • La chambre de la mariée
  • Esprits frappeurs authentiques
  • La maison hantée
  • Capitaine Meurtre et le pacte avec le diable
  • Le portrait de la belle inconnue
  • Le procès pour meurtre
  • Le signaleur

Première page de Confession trouvée dans une prison au temps de Charles II

« J’ai été lieutenant dans l’armée de Sa Majesté, et j’ai servi à l’étranger durant les campagnes de 1677 et 1678. Le traité de Nimègue une fois conclu, je suis revenu chez moi, ai quitté l’armée et me suis retiré sur une petite propriété située à quelques miles à l’est de Londres, que j’avais récemment acquise au nom de ma femme.

Comme cette nuit est la dernière qui me reste à vivre, je veux confier dans ces pages la vérité pure et entière, sans rien en cacher. Je n’ai jamais été un homme très courageux ; dès mon enfance, j’avais été d’un naturel renfrogné, morose, méfiant. Mais voilà que je parle de moi comme si j’avais déjà quitté ce monde… car à l’instant où j’écris ces mots, on est en train de creuser ma tombe et d’inscrire mon nom sur les sinistres registres de la mort. »

Extrait de : C. Dickens. « Histoires de Fantômes (Édition Enrichie). »

David Copperfield par Charles Dickens

Fiche de David Copperfield

Titre : David Copperfield
Auteur : Charles Dickens
Date de parution : 1850
Traduction : P. Lorain
Editeur : BNF

Première page de David Copperfield

« Serai-je le héros de ma propre histoire ou quelque autre y prendra-t-il cette place ? C’est ce que ces pages vont apprendre au lecteur. Pour commencer par le commencement, je dirai donc que je suis né un vendredi, à minuit (du moins on me l’a dit, et je le crois). Et chose digne de remarque, l’horloge commença à sonner, et moi, je commençai à crier, au même instant.

Vu le jour et l’heure de ma naissance, la garde de ma mère et quelques commères du voisinage qui me portaient le plus vif intérêt longtemps avant que nous pussions faire mutuellement connaissance, déclarèrent : 1° que j’étais destiné à être malheureux dans cette vie ; 2° que j’aurais le privilège de voir des fantômes et des esprits. Tout enfant de l’un ou de l’autre sexe assez malheureux pour naître un vendredi soir vers minuit possédait invariablement, disaient-elles, ce double don. »

Extrait de : C. Dickens. « David Copperfield. »

Contes de Noël par Charles Dickens

Fiche de Contes de Noël

Titre : Contes de Noël
Auteur : Charles Dickens
Date de parution : 1857
Traduction : M. Sibon, F. Ledoux
Editeur : Gallimard

Sommaire de Contes de Noël :

  • Un chant de Noël
  • Le carillon
  • Le grillon du foyer
  • La bataille de la vie
  • L’homme hanté et le marché du fantôme

Première page de Un chant de Noël

« Il faut dire, avant tout, que Marley était mort. Là-dessus, pas de doute possible. Le registre mortuaire avait été signé par le pasteur, son clerc, l’entrepreneur des pompes funèbres et le principal deuilleur. Scrooge l’avait signé. Et le nom de Scrooge était une garantie en Bourse, quel que fût le papier qu’il lui plaisait d’endosser.

Le vieux Marley était aussi mort qu’un clou de porte.

Attention ! Je ne veux pas insinuer par là que je sache, d’après ma propre expérience, ce qu’il y a de particulièrement mort dans un clou de porte. J’aurais été tenté, quant à moi, de considérer un clou de cercueil comme le morceau de ferraille le plus mort qui soit sur le marché. Mais la sagesse de nos ancêtres réside en cette image et mes mains profanes n’iront pas l’y troubler, ou c’en est fait de ce pays. Permettez-moi donc de répéter, avec emphase, que Marley était aussi mort qu’un clou de porte. »

Extrait de : C. Dickens. « Contes de Noël (édition enrichie). »

Jean-Luc Marcastel

Présentation de Jean-Luc Marcastel :

Jean-Luc Marcastel est né au mois de mai de l’an 1969 dans la fière cité d’Aurillac, au cœur de notre pittoresque Auvergne. Ce romancier a d’abord exercé la noble profession de professeur d’histoire et de géographie, s’employant à transmettre aux jeunes générations l’amour des hauts faits d’antan. Ce bagage d’érudit n’est d’ailleurs point étranger à la richesse de ses univers romanesques, où la grande Histoire se teinte savamment de merveilleux.

C’est à l’orée de sa carrière de plume que Jean-Luc Marcastel s’est illustré avec éclat grâce à sa prolifique pentalogie « Louis le Galoup ». Dans cette fresque captivante, il a su puiser aux sources vives du folklore occitan et des légendes de nos provinces pour réinventer le mythe du lycanthrope. Loin des imitations serviles de la littérature anglo-saxonne, son œuvre s’enorgueillit d’une couleur locale authentique et d’une langue fort soignée, parsemée de truculentes expressions de la France méridionale.

Toutefois, Jean-Luc Marcastel ne se cantonne guère aux seules contrées de la fantaisie rurale. Son imagination, d’une vivacité remarquable, s’aventure fort volontiers sur les terres d’une anticipation uchronique — cette esthétique des machineries à vapeur que les modernes aiment à nommer steampunk. Il déploie ainsi ses formidables talents de conteur dans des œuvres telles que « Le Simulacre », les palpitantes chroniques de « Tellucidar » ou encore « Praërie ». Il a également su captiver la jeunesse par ses trépidants « Enfants d’Erebus », témoignant d’une polyvalence qui force le respect.

Artisan rigoureux du verbe et conteur né, Jean-Luc Marcastel s’érige en ardent défenseur d’une littérature populaire de qualité, capable d’élever l’esprit tout en ménageant de formidables heures de frissons et d’aventures.

Livres de Jean-Luc Marcastel :

Agence Lovecraft :

Auberge entre les mondes :

Chroniques de Pulpillac

La geste d’Alban :

Le simulacre :

Les enfants d’Erebus :

Louis le galoup :

Malo Sinclair :

Praërie :

Thaïr :

Frankia 1 (2009)
Frankia 2 (2009)
Frankia 3 (2009)
Le dernier hiver (2011)
Le retour de la bête (2018)
Tellucidar 1 (2016)
Tellucidar 2 (2017)
Un jour, une étoile (2019)
Un monde pour Clara (2013)

Pour en savoir plus sur Jean-Luc Marcastel :

La page Wikipédia sur J.-L. Marcastel
La page Noosfere sur J.-L. Marcastel
La page isfdb de J.-L. Marcastel

Yardam par Aurélie Wellenstein

Fiche de Yardam

Titre : Yardam
Auteur : Aurélie Wellenstein
Date de parution : 2020
Editeur : Scrineo

Première page de Yardam

« Accroupi sur la verrière du musée, Kazan prit quelques instants pour souffler. Il venait de traverser une partie de la ville par les toits. La trajectoire en dents de scie l’avait fait sauter de balcon en balustrade, escalader les pentes raides et glissantes des pignons, courir au sommet des toits comme un funambule et louvoyer entre les cheminées jusqu’à rejoindre enfin son objectif : l’immense coupole en verre bleuté du musée. À aucun moment, il n’avait craint d’être repéré. Sa silhouette vêtue de noir s’estompait dans la nuit et il était trop vif pour qu’on puisse l’identifier. Tout au plus, les insomniaques n’avaient vu qu’un mouvement furtif, une ombre aussitôt évanouie.
Il jeta un coup d’œil vers le bas. Les rues étaient calmes même si, depuis qu’il avait entamé l’ascension du musée, quelques promeneurs nocturnes et deux ou trois calèches étaient passés par intermittence, animant un instant le silence d’un éclat de rire, d’un claquement de sabot ou du cahot de roues cerclées de fer contre les pavés. »

Extrait de : A. Wellenstein. « Yardam. »

Mers mortes par Aurélie Wellenstein

Fiche de Mers mortes

Titre : Mers mortes
Auteur : Aurélie Wellenstein
Date de parution : 2019
Editeur : Scrineo

Première page de Mers mortes

« Oural s’accouda aux créneaux de la forteresse, ses avant-bras tatoués appuyés contre la pierre ocre et rugueuse, chaude de soleil. Le désert s’étalait depuis les remparts jusqu’à l’horizon tremblotant de chaleur. Difficile d’imaginer qu’il y a encore quinze ans de cela, une mosaïque de prés salés et de prairies inondées bordées de roseaux entourait la citadelle. La disparition des mers et des océans, par ricochets climatiques, avait métamorphosé cette région marécageuse en un chaos de roches basses, strié de crevasses, de sable fauve parfois vitrifié en coulures noires, et d’éboulis de terre rouge.
Oural tourna discrètement la tête vers sa garde du corps, qui se tenait, silencieuse, sur sa gauche. Comme lui, elle regardait le désert, mais ils n’y voyaient pas la même chose. Oural avait toujours été séduit par les mystères de ces grandes étendues arides, alors que pour elle, seuls comptaient le bastion, ses murs et ses sujets. »

Extrait de : A. Wellenstein. « Mers mortes. »

Les loups chantants par Aurélie Wellenstein

Fiche de Les loups chantants

Titre : Les loups chantants
Auteur : Aurélie Wellenstein
Date de parution : 2016
Editeur : Scrineo

Première page de Les loups chantants

« Yuri s’avança autant qu’il l’osa dans le Blizzard. La tempête se déchaînait et les vents rugissaient à ses oreilles, le poussant en avant, en arrière, malmenant son manteau en peau de renne. Pour progresser dans cette furie blanche, il devait marcher pas à pas avec ses raquettes, courbé en deux, un bras replié sur la tête, mais même ainsi, les bourrasques lui coupaient la respiration et les flocons lui lapidaient le visage. Il finit par s’immobiliser, le souffle court, les cuisses et les bottes matelassées de neige. Lentement, il se redressa.
– Venez, dit-il à voix basse.
En apparence, il était seul. Les flocons tourbillonnaient autour de lui. Sa vue s’arrêtait à un mètre et les sifflements aigus du vent couvraient tout autre bruit. Pourtant, grâce au don psychique qui le liait à l’esprit des animaux, Yuri devinait la présence des loups. Indifférente à la fureur du Blizzard, la meute se rapprochait en silence. »

Extrait de : A. Wellenstein. « Les Loups chantants. »

Le roi des fauves par Aurélie Wellenstein

Fiche de Le roi des fauves

Titre : Le roi des fauves
Auteur : Aurélie Wellenstein
Date de parution : 2015
Editeur : Scrineo

Première page de Le roi des fauves

« L’aube grisaillait à l’horizon quand Ivar quitta la forge. Soufflant dans son col pour se réchauffer, il s’engouffra dans les étroites ruelles du village. À cette heure, la grande majorité du bourg dormait encore et le jeune homme comptait sortir sans être vu. Par sécurité, il rasait les murs, son arc et ses flèches dissimulés sous son manteau. Il se demandait si ses amis avaient réussi à trouver le sommeil. Lui avait tourné et retourné leur projet insensé dans sa tête durant toute la nuit. Quand il s’était finalement levé, il était résolu à prévenir son père, mais bien sûr, il n’en avait rien fait. Il n’avait même pas eu le courage de réveiller le forgeron. Le pauvre homme était endormi devant la table vide de leur salle à manger, la tête sur les bras. À ce stade, l’accabler d’un fardeau supplémentaire relevait de la cruauté…

Le jeune homme soupira et enfonça ses poings dans ses poches. Il devait avoir l’air si préoccupé qu’il se réjouit d’être seul, son expression noyée dans l’ombre ardoise des murs. Devant ses amis tout à l’heure, il lui faudrait faire meilleure figure. »

Extrait de : A. Wellenstein. « Le roi des fauves. »

Le dieu oiseau par Aurélie Wellenstein

Fiche de Le dieu oiseau

Titre : Le dieu oiseau
Auteur : Aurélie Wellenstein
Date de parution : 2018
Editeur : Scrineo

Première page de Le dieu oiseau

« Resté sur la plage, Faolan avait la tête pleine du grondement des vagues. Le vent sifflait contre ses oreilles, jouait dans ses cheveux noirs emmêlés. Sous ses pieds nus, le sable volcanique se dérobait en glissant, aspiré par le ressac, avant de rouler avec les algues et les coquillages dans l’écume. Le fracas des rouleaux dominait tout, même le piaillement des mouettes. À sentir l’électricité flotter dans l’air, un gros orage se préparait.
Faolan ne quittait pas Torok des yeux. Sans s’en rendre compte, il avait calqué son souffle sur la respiration profonde et rauque de la mer.
Torok s’était élancé un instant plus tôt et déjà, sa silhouette s’amenuisait, devenait toute petite et blanche dans ce déchaînement liquide. Une seconde, il disparut dans le creux d’une vague, avant de remonter le flanc de la suivante en un crawl énergique.
Si seulement les profondeurs pouvaient t’aspirer, songea Faolan avec rancœur. »

Extrait de : A. Wellenstein. « Le dieu oiseau. »

Le désert des couleurs par Aurélie Wellenstein

Fiche de Le désert des couleurs

Titre : Le désert des couleurs
Auteur : Aurélie Wellenstein
Date de parution : 2021
Editeur : Scrineo

Première page de Le désert des couleurs

« Capella rouvrit les yeux en pleine nuit. Si le rêve se dissipa aussitôt dans l’obscurité, la certitude demeura, puissante : c’était son tour. Elle avait été choisie.
L’oreille tendue, elle écouta, comme si elle pouvait entendre les pas de l’homme monter vers elle, mais il n’y avait rien, juste le froissement de sa propre respiration raccourcie par l’émotion.
Elle referma les yeux, tâchant de retrouver les images de son rêve. Elle sentait encore son corps d’homme contre le sien, ses mains dans ses cheveux, son parfum de sable. L’émotion persistait, trop troublante pour n’être qu’un songe. Bien sûr, elle avait désiré ce moment et il lui était arrivée de se réveiller en proie aux émois tièdes d’un rêve érotique. Mais là…
Ce n’était pas un rêve. C’était une vision.
Devait-elle se préparer ? Quand elle imaginait son union mystique au marchand de sable, elle se visualisait maquillée, parfumée, peignée, ses longs cheveux noirs, lisses et brillants, oints d’huile, rejetés en arrière sous l’arceau d’une tiare dorée. »

Extrait de : A. Wellenstein. « Le désert des couleurs. »