Auteur/autrice : CH91

 

Elsa Triolet

Présentation de Elsa Triolet :

Elsa Triolet, née Ella Kagan sous les cieux rigoureux de la Russie en l’année 1896, s’impose comme l’une des figures majeures de notre République des lettres. Issue de l’intelligentsia moscovite, cette femme d’esprit et de conviction quitta sa terre natale dans les tourments qui suivirent la Révolution pour finalement choisir la France comme patrie de cœur. Sa rencontre fulgurante avec le poète Louis Aragon, à l’orée des années trente, scella l’union d’un des couples les plus mythiques du paysage intellectuel de notre siècle.

D’abord muse, elle ne tarda point à affirmer sa propre voix de romancière avec un brio remarquable. Lorsque l’ombre de l’Occupation s’abattit sur notre pays, Elsa Triolet ne céda rien à la résignation. Authentique patriote, elle s’engagea dans la clandestinité et contribua activement à l’aventure des « Lettres françaises ». Son admirable recueil, « Le Premier Accroc coûte deux cents francs », bouleversant témoignage de ces heures sombres, lui valut d’ailleurs l’insigne honneur d’être la première femme couronnée par le prestigieux prix Goncourt à la Libération.

Animée par une conscience politique aiguë et une profonde inquiétude face aux dérives de notre époque, cette éminente femme de lettres n’hésita point à explorer de nouvelles voies romanesques. Il convient à ce titre d’évoquer son roman prophétique, « Le Cheval roux ou les Intentions humaines », paru au début des années cinquante. Par ce récit d’une étonnante audace, teinté d’une angoissante anticipation, elle brosse le tableau glaçant d’une humanité menacée de destruction par le péril atomique. S’éloignant du strict réalisme militant, le grand écrivain s’y empare de la force du mythe pour livrer une réflexion vertigineuse sur la folie scientifique et la précarité de notre civilisation à l’ère de la guerre froide.

Elsa Triolet nous a quitté en l’année 1970, dans la quiétude de son moulin de Villeneuve. Par la grâce de son verbe et la noblesse de ses engagements, Elsa Triolet laisse à la postérité une œuvre magistrale. Elle aura démontré, avec la fougue qui caractérise les grandes consciences, que la littérature est une arme redoutable lorsqu’elle se fait le miroir des espérances et des terreurs de la condition humaine.

Livres de Elsa Triolet :

L’âge de nylon :

Le cheval blanc (1943)
Le cheval roux (1953)
Le rossignol se tait à l’aube (1970)

Pour en savoir plus sur Elsa Triolet :

La page Wikipédia sur E. Triolet
La page Noosfere sur E. Triolet
La page isfdb de E. Triolet

Griots célestes – l’intégrale par Pierre Bordage

Fiche de Griots célestes – l’intégrale

Titre : Griots célestes – l’intégrale
Auteur : Pierre Bordage
Date de parution : 2002-2003
Editeur : L’Atalante

Sommaire de Griots célestes – l’intégrale :

  • Qui-vient-du-bruit
  • Le dragon aux plumes de sang

Graine d’immortels par Pierre Bordage

Fiche de Graine d’immortels

Titre : Graine d’immortels
Auteur : Pierre Bordage
Date de parution : 1999
Editeur : J’ai lu

Première page de Graine d’immortels

« John Merrick avait l’impression que cette scène ne le concernait pas.

C’était pourtant bien sa femme qui, les mains et les pieds liés, la bouche fermée par une bande adhésive, geignait de peur et de douleur sur le tapis chinois. Sa fille qui, assise sur le canapé, fixait d’un regard exorbité la bouteille grise se promenant quelques centimètres au-dessus de sa tête.

Merrick était rentré aux alentours de neuf heures, après un corps à corps torride avec Joan, l’incendie roux qui avait ranimé sa libido éteinte par treize années de morosité conjugale. Le silence inhabituel qui semblait isoler la maison du reste de l’univers l’avait bien un peu étonné, mais, à aucun moment, il ne se serait douté que le ciel venait de lui tomber sur la tête.

Les visiteurs s’étaient introduits chez lui sans déclencher le système d’alarme, pourtant sophistiqué – coût de la merveille technologique : cent mille dollars. Merrick avait d’abord découvert sa femme allongée sur le tapis du salon, ligotée, bâillonnée. Son premier réflexe avait été de s’enfuir à toutes jambes. Mais son attention avait été attirée par un mouvement au fond de la pièce. Il avait alors aperçu Sharon, sa fille, recroquevillée sur le canapé en cuir jaune, attachée et réduite au silence elle aussi. Puis deux individus qu’il ne connaissait pas : un blond à la face poupine et aux yeux presque entièrement blancs ; un métis au crâne rasé et au visage en lame de couteau. »

Extrait de : P. Bordage. « Graines D’Immortels. »

Dernières nouvelles de la Terre… par Pierre Bordage

Fiche de Dernières nouvelles de la Terre…

Titre : Dernières nouvelles de la Terre…
Auteur : Pierre Bordage
Date de parution : 2010
Editeur : L’Atalante

Sommaire de Dernières nouvelles de la Terre… :

  • La voix du matin
  • Pedrito
  • Dans le regard des miens
  • Fort 53
  • Son nom est personne
  • On va marcher sur la Lune
  • De ma prison…
  • En chair
  • Mauvaise nouvelle
  • La nuit des trois veilleurs
  • Une plage en Normandie
  • Le chant de l’esgasse
  • Traces
  • Dernières nouvelles de la Terre…

Première page de La voix du matin

«  7 HEURES 15… 7 heures 15… Il nous reste vingt minutes pour nous préparer… »
Gaspard se frotta les paupières et étira ses muscles engourdis avant de se lever. Comme chaque matin, il fouilla du regard sa chambre baignée d’une lumière ténue ; comme chaque matin, il constata qu’il n’y avait personne dans la pièce. La voix douce qui l’avait réveillé aurait dû être accompagnée d’un corps, d’une image virtuelle au moins. Quand il visionnait un film ou une émission sur son socle 3D, les voix ne venaient pas de nulle part : elles correspondaient aux mouvements des lèvres des personnages, elles leur permettaient d’échanger des informations, des idées, des disputes, des mots d’amour. »

Extrait de : P. Bordage. « Dernières nouvelles de la Terre. »

Chroniques des ombres – Episode 2 par Pierre Bordage

Fiche de Chroniques des ombres – Episode 2

Titre : Chroniques des ombres – Episode 2
Auteur : Pierre Bordage
Date de parution : 2013
Editeur : Au diable Vauvert

Sommaire de Chroniques des ombres – Episode 2 :

  • Cité unifiée de NyLoPa
  • Pays horcite

Première page de Cité unifiée de NyLoPa

« Paris.

« Bienvenue sur le canal 07, votre chaîne permanente d’informations. Paris vient d’être touchée par une deuxième série de meurtres. C’est le cœur même de la cité, l’historique quartier du Marais, que les tueurs ont frappé. Il s’agit de la sixième attaque de ce genre dans la cité unifiée de NyLoPa. On parle d’ores et déjà de plus de six mille morts. Une véritable psychose est en train de gagner les rues et les domiciles. Nous sommes avec le maire, Alaric Bronier. Monsieur le maire, bonjour et merci de répondre à nos questions. Êtes-vous en mesure de nous donner le bilan précis de cette nouvelle série de meurtres ?

— J’attends le rapport de police d’une minute à l’autre.

— Disposez-vous d’une piste sérieuse ?

— Nos services sont en train de passer au crible chaque centimètre carré du secteur concerné : ils finiront par trouver un indice.

— Certains émettent l’hypothèse d’une horde de mutants venus du pays horcite.

— Vous savez très bien qu’aucun ressortissant du pays horcite ne peut franchir le périmètre de la cité. Nos systèmes de détection sont infaillibles. »

Extrait de : P. Bordage. « Chroniques des ombres – Episode 2. »

Chroniques des ombres – Episode 1 par Pierre Bordage

Fiche de Chroniques des ombres – Episode 1

Titre : Chroniques des ombres – Episode 1
Auteur : Pierre Bordage
Date de parution : 2013
Editeur : Au diable Vauvert

Sommaire de Chroniques des ombres – Episode 1 :

  • Cité unifiée de NyLoPa
  • Pays horcite

Première page de Cité unifiée de NyLoPa

« La première offensive des Ombres ne fut précédée d’aucun signe. Elle se produisit dans un quartier banal de NyLoPa, l’un de ces soirs paisibles que rien ne semblait devoir perturber.

« Il est vingt heures à Paris, dix-neuf à Londres, treize à New York. La Cité Unifiée de NyLoPa vous souhaite une bonne fin de journée. La fuite sans gravité dans le tube sous-marin entre New York et Londres a été rapidement maîtrisée et n’a provoqué qu’un retard d’une heure et demie pour les passagers de la navette. Suite à l’augmentation alarmante du taux de becquerels au nord de l’ancienne région d’Europe, le conseil de la Cité Unifiée a décidé de passer au niveau 5 de la prévention antipollution. Nous rappelons qu’il est formellement interdit jusqu’à nouvel ordre de sortir du périmètre protégé. Le conseil garantit aux citadins un air filtré et parfaitement sain. Au dernier recensement, la population de NyLoPa s’élève à cent quatorze millions d’habitants, quarante-sept pour le quartier de New York City, trente-neuf pour le quartier de Londres, vingt-huit pour le quartier de Paris, soit une augmentation de 0,02 % ces huit dernières années. »

Extrait de : P. Bordage. « Chroniques des ombres. »

Atlantis par Pierre Bordage

Fiche de Atlantis

Titre : Atlantis – Les fils du rayon d’or
Auteur : Pierre Bordage
Date de parution : 1998
Editeur : J’ai lu

Première page de Atlantis

«  Grand-père, je n’épouserai jamais Imôk…

— Et pourquoi donc ?

— C’est une menteuse ! Elle m’a juré hier soir qu’elle avait vu un bateau volant… »

La coïncidence étonna le vieil homme. Emmitouflés dans des peaux de loup, assis sur un gros rocher qui dominait le lac, ils contemplaient les sommets enneigés des monts du Bahikal qui se jetaient dans le gris clair et uniforme du ciel. Çà et là, sur l’eau qu’aucune ride ne troublait, se formaient les premiers îlots de glace qui préludaient à l’embâcle. Dans deux ou trois jours, le clan de la Laie abandonnerait le campement d’été pour s’installer dans les plaines, où il séjournerait jusqu’au retour du printemps.

Le vieil homme enveloppa son petit-fils d’un regard affectueux. Agé de douze solstices, Jahik n’était pas seulement le sang de son sang, mais également et surtout son portrait tout craché. Mêmes traits, même caractère, même goût pour la pêche et la chasse, même habileté aux armes. En dépit de sa petite taille, il maniait l’arc et le couteau aussi bien, et même mieux, que les jeunes guerriers du clan. Il s’était entiché, ces derniers temps, d’une petite peste, vive et enjouée comme une truite, du nom d’Imôk. »

Extrait de : P. Bordage. « Atlantis, les fils du rayon d’or. »

Arkane – l’intégrale par Pierre Bordage

Fiche de Arkane – l’intégrale

Titre : Arkane – l’intégrale
Auteur : Pierre Bordage
Date de parution : 2017-2018
Editeur : Bragelonne

Sommaire de Arkane – l’intégrale :

  • La désolation
  • La résurrection

Les aigles d’orient par Pierre Bordage

Fiche de Les aigles d’orient

Titre : Les aigles d’orient (Tome 2 sur 2 – Wang)
Auteur : Pierre Bordage
Date de parution : 1997
Editeur : L’Atalante

Première page de Les aigles d’orient

« Mönkh marchait d’un pas décidé dans la fraîcheur de l’aube.

Il sentait contre son flanc la crosse de son PM dont le canon, glissé dans la ceinture de son pantalon, lui battait le haut de la cuisse. Il avait passé son ample manteau de cuir directement sur son torse nu. Comme tous les Mongols du clan d’Assöl, il aurait préféré mourir de froid – ou de chaud en été – plutôt que de renoncer à cette habitude vestimentaire.

La brise colportait de vagues odeurs de bois ou de caoutchouc brûlés. Des parfums fleuris flânaient dans l’air encore frisquet, annonciateurs du printemps. Les clochettes blanches des premières perce-neige frissonnaient entre les herbes des allées transversales, recouvertes d’un manteau neigeux de plus en plus ajouré. »

Extrait de : P. Bordage. « les aigles d’Orient – Wang. »

Les portes d’occident par Pierre Bordage

Fiche de Les portes d’occident

Titre : Les portes d’occident (Tome 1 sur 2 – Wang)
Auteur : Pierre Bordage
Date de parution : 1996
Editeur : L’Atalante

Première page de Les portes d’occident

« L’hiver s’était déposé plus tôt que d’habitude sur la ligne Oder-Neisse II, la frontière occidentale de la République populaire sino-russe. Gonflée par les pluies de l’automne, la veine sombre et furieuse de la Nysa s’enfonçait en grondant entre les collines nues et blêmes. Des colonnes de fumée, courbées par la bise, montaient des baraquements de tôle et se jetaient dans les nuages qui s’amoncelaient au-dessus de Grand-Wroclaw comme les promesses de jours difficiles.

Wang remonta le col de sa veste et s’engagea dans un passage qui donnait sur la rive de l’impétueux cours d’eau. Il prenait toujours le chemin des bords de la Nysa pour gagner la maison de grand-maman Li. Il évitait ainsi de traverser les quartiers nord de l’agglomération, gagnant en sécurité ce qu’il perdait en temps et en énergie. Ses relations avec le clan d’Assôl le Mongol s’étaient considérablement dégradées depuis qu’on l’avait surpris à dérober un sac de cigarettes dans les entrepôts du Wzwzych. »

Extrait de : P. Bordage. « Les portes d’Occident – Wang. »