Auteur/autrice : CH91
La mort du temps par Aurélie Wellenstein

Fiche de La mort du temps
Titre : La mort du temps
Auteur : Aurélie Wellenstein
Date de parution : 2017
Editeur : Scrineo
Première page de La mort du temps
« Accoudée au balcon du seizième étage, Callista observait les toits bleu-gris de Paris, piqués çà et là du rouge sombre des petites cheminées. Une rumeur confuse remontait vers elle : la voix profonde de la foule et de la circulation, le cliquetis de la vaisselle que l’on range, le bourdonnement d’une télévision… La respiration calme de la ville en ce soir d’été contrastait avec les hurlements de ses parents dans le salon. Les cris se rapprochaient dangereusement. La jeune fille se raidit, les doigts serrés sur la rambarde en bois, au point de sentir les échardes lui piquer les paumes. Le sac de voyage était bien dissimulé sous son lit, mais elle s’inquiétait quand même d’être découverte. »
Extrait de : A. Wellenstein. « La mort du Temps. »
L’épée, la famine et la peste (partie 2) par Aurélie Wellenstein

Fiche de L’épée, la famine et la peste
Titre : L’épée, la famine et la peste
Auteur : Aurélie Wellenstein
Date de parution : 2023
Editeur : Scrineo
Première page de L’épée, la famine et la peste
« Emmenés par le Moine écarlate, Conrad et la troupe des musiciens franchissaient des portes de plus en plus monumentales. Le silence s’approfondissait au fur et à mesure qu’ils s’enfonçaient dans les entrailles du palais royal de Wavestone. L’écho de leurs pas résonnait dans les longs couloirs vides. Soulevés par leur passage, des grains de poussière tournaient dans l’air vicié, stagnant et lourd. Personne ne parlait. Les musiciens s’accrochaient à leurs instruments, cithare, tambour et violon, la mine grave. Les deux femmes, chanteuse et danseuse, affichaient une arrogance factice et relevaient légèrement leurs jupes colorées pour qu’elles ne traînent pas sur le sol. Il y avait quelque chose de théâtral dans cette procession, mais tous transpiraient de trouille.
À chaque nouveau portail, il fallait patienter le temps que le Moine écarlate déverrouille les énormes serrures sous la surveillance glacée des gardes. Les hommes étaient tous masqués d’acier noir. Personne ne connaissait leur nom. »
Extrait de : A. Wellenstein. « L’épée, la famine et la peste T2. »
L’épée, la famine et la peste (partie 1) par Aurélie Wellenstein

Fiche de L’épée, la famine et la peste
Titre : L’épée, la famine et la peste
Auteur : Aurélie Wellenstein
Date de parution : 2022
Editeur : Scrineo
Première page de L’épée, la famine et la peste
« Cillian trottait sur les talons des garçons du village. Il était si heureux que son cœur aurait pu éclater de bonheur et de fierté. Le petit groupe l’avait emmené en expédition dans la forêt, à la recherche de bois pour alimenter le gigantesque bûcher de ce soir. La fête du feu était sur toutes les lèvres. Cette perspective excitait les garçons ; ils ne parlaient que de filles, de flammes et d’alcool ; ils se projetaient déjà dans la chaleur, les joues rougies, quand untel ou untel sauterait par-dessus le brasier pour impressionner une amoureuse. Cillian ne participait pas à la conversation – la faute à son élocution pénible – mais pour faire bonne mesure, il opinait frénétiquement dès que le regard d’un compagnon tombait sur lui. En retour, il n’obtenait qu’un soupir las ou des froncements de sourcils. Tant pis, il était là, au sein du groupe, et même Tyrone, l’apprenti forgeron, idole musculeuse des filles, tolérait sa présence. Alors, Cillian s’emplissait valeureusement les bras de fagots, choisissant les branches les plus longues et les plus lourdes possible. La pile jusqu’au niveau du menton, il ne vit pas Farrell surgir sur sa droite. Le choc fut si violent qu’il tomba sur les fesses, pris sous l’averse de son propre chargement. »
Extrait de : A. Wellenstein. « L’épée, la famine et la peste T1. »
Impair et manque par Aurélie Wellenstein

Fiche de Impair et manque
Titre : Impair et manque
Auteur : Aurélie Wellenstein
Date de parution : 2009
Editeur : Editions du petit caveau
Première page de Impair et manque
« La taverne se vidait peu à peu. Il ne restait plus qu’une poignée de clients avachis au comptoir, les épaules voûtées sur leurs chopes. Un silence entrecoupé de toux rauques et de raclements de bottes avait progressivement remplacé le vacarme des conversations. Quelques consommateurs s’assoupissaient, le front posé sur les tables tachées de bière. La tenancière venait d’éteindre l’âtre, plongeant l’établissement dans une demi-pénombre, que ne pouvaient dissiper tout à fait les lanternes voilées par une épaisse fumée.
Il était minuit passé ; la serveuse espérait que l’obscurité inciterait les traînards à partir. Elle avait tout particulièrement repéré deux étrangers, au fond de la salle, qui assis en silence l’un en face de l’autre, ne bougeaient plus depuis une heure. Cette façon de dissimuler leur visage sous de larges chapeaux circulaires avait piqué sa curiosité. De même que leur long manteau noir, qui ne laissait pas deviner grand-chose de leur physionomie… Seules leurs mains décharnées dépassaient du vêtement. »
Extrait de : A. Wellenstein. « Impair et manque. »
Chevaux de foudre par Aurélie Wellenstein

Fiche de Chevaux de foudre
Titre : Chevaux de foudre
Auteur : Aurélie Wellenstein
Date de parution : 2015
Editeur : Magnard
Première page de Chevaux de foudre
« L’orage surprit Alix et son père au plus mauvais moment, alors que tous deux cheminaient au pas sur la plaine foudroyée. Ils venaient de vendre leurs maigres récoltes au marché du village voisin et leur jument les ramenait sans hâte à la ferme, la charrette brinquebalant dans les ornières de la route. Alix, épuisée par leur journée de travail, somnolait sur le banc du cocher, mais l’agitation d’Hadrien, son père, lui fit rouvrir les yeux. Il se retournait sans cesse pour scruter l’immense plaine noircie.
— Qu’est-ce qui se passe ? demanda-t-elle d’une voix pâteuse. Il y a un problème ?
— Je ne sais pas.
Une ride d’anxiété creusait son front. Le vent jouait dans ses cheveux blancs et malmenait sa tunique crasseuse. Le silence se prolongea tant qu’il alarma Alix. »
Extrait de : A. Wellenstein. « Chevaux de foudre. »
Par où commencer avec Philip K. Dick ?
Philip K. Dick est l’un des auteurs de science-fiction les plus importants du XXe siècle. Mais c’est aussi un écrivain particulièrement difficile à découvrir : son œuvre est immense, ses romans sont très différents les uns des autres et certains de ses livres les plus célèbres ne sont pas forcément les meilleurs points de départ.
Faut-il commencer par Blade Runner ? Par Ubik ? Par Le Maître du Haut Château ? Ou choisir un roman moins connu pour découvrir progressivement son univers ?
La bonne réponse dépend surtout de ce que vous recherchez.
Philip K. Dick s’intéresse constamment à la frontière entre réalité et illusion, à l’identité, aux simulacres, aux manipulations politiques ou encore à la possibilité que notre perception du monde soit entièrement faussée. Mais il peut aussi écrire des récits plus accessibles, des histoires paranoïaques, des romans politiques ou des œuvres beaucoup plus étranges et métaphysiques.
Voici donc plusieurs portes d’entrée possibles dans son œuvre.
Découvrez tous les livres de Philip K. Dick.
Commencer par Ubik : le meilleur choix pour découvrir Philip K. Dick ?
Si vous ne devez choisir qu’un seul roman pour découvrir Philip K. Dick, Ubik est probablement le choix le plus évident.
Publié en 1969, le roman condense une grande partie de ce qui fait la singularité de l’auteur. La réalité y devient progressivement incertaine, les personnages ne savent plus exactement ce qui leur arrive et le lecteur lui-même est constamment invité à remettre en question ce qu’il croit comprendre.
Le point de départ semble pourtant relativement classique : une équipe de spécialistes des pouvoirs psychiques est envoyée en mission. Mais après un événement dramatique, le monde dans lequel évoluent les personnages commence à se désagréger d’une manière de plus en plus inquiétante.
Avec Ubik, on retrouve plusieurs grandes obsessions de Dick : la perception de la réalité, les manipulations, les apparences trompeuses et la difficulté de distinguer le réel de ce qui ne l’est pas.
C’est également un roman qui donne rapidement une idée de son style. L’auteur ne cherche pas nécessairement à tout expliquer. Il préfère installer le doute, multiplier les retournements et laisser le lecteur essayer de reconstituer lui-même ce qui se passe.
Pourquoi commencer par Ubik ?
- Parce qu’il s’agit d’un excellent concentré des thèmes de Philip K. Dick.
- Parce que le roman est court et très rythmé.
- Parce que son intrigue réserve de nombreuses surprises.
- Parce qu’il permet de comprendre rapidement pourquoi Dick a autant marqué la science-fiction.
Si vous aimez les récits où la réalité commence à se fissurer, Ubik est probablement votre meilleur point de départ.
Le Maître du Haut Château : pour découvrir le Philip K. Dick politique
Si vous préférez les uchronies, les récits historiques alternatifs et les intrigues politiques, Le Maître du Haut Château constitue une autre excellente porte d’entrée.
Dans ce roman, Philip K. Dick imagine un monde dans lequel les puissances de l’Axe ont remporté la Seconde Guerre mondiale. Les États-Unis sont désormais divisés entre plusieurs zones d’influence et l’Amérique que connaissent les personnages n’a plus rien à voir avec celle de notre histoire.
Mais Dick ne se contente pas d’imaginer une simple histoire alternative.
Il s’intéresse surtout à la manière dont les individus vivent dans une réalité qui n’est pas la nôtre. Les personnages doivent composer avec un monde politique entièrement différent, tandis qu’un mystérieux écrivain aurait publié un roman racontant une autre version de l’Histoire…
Le Maître du Haut Château permet ainsi de découvrir une autre facette essentielle de Philip K. Dick : son intérêt pour les rapports entre pouvoir, réalité et histoire.
Le roman est particulièrement intéressant si vous aimez déjà l’uchronie. Il peut également constituer une excellente introduction à Dick pour les lecteurs qui souhaitent une intrigue davantage ancrée dans le monde réel que les expériences hallucinatoires d’Ubik.
À choisir en priorité si vous aimez :
- les uchronies ;
- les récits politiques ;
- les histoires alternatives ;
- les mondes où l’Histoire aurait pu prendre une autre direction.
Blade Runner : le choix idéal pour découvrir Dick par son univers
Beaucoup de lecteurs connaissent Philip K. Dick à travers Blade Runner, même sans avoir encore lu ses livres.
Sur Mais-Encore.fr, on retrouve plusieurs éditions et traductions de ce roman, dont Blade Runner – Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?, ainsi qu’une édition de Blade Runner et Blade Runner 2.
Le roman original est très différent du film de Ridley Scott, même si l’adaptation en reprend le principe général.
Dans un futur marqué par la guerre, la dégradation de l’environnement et la disparition progressive des animaux véritables, les androïdes occupent une place particulière dans la société. Rick Deckard est chargé de retrouver plusieurs androïdes qui se sont échappés.
Mais, comme souvent chez Dick, la question véritable n’est rapidement plus seulement de savoir qui est humain et qui ne l’est pas.
Le roman interroge ce qui définit réellement l’humanité : l’empathie, les souvenirs, les émotions ou encore notre capacité à reconnaître l’autre comme un être vivant.
C’est donc un excellent choix si vous avez découvert l’univers à travers le film et souhaitez comprendre la vision originale de Philip K. Dick.
Il faut toutefois garder à l’esprit que Blade Runner n’est pas nécessairement le meilleur résumé de toute l’œuvre de Dick. Le roman représente surtout une porte d’entrée vers ses réflexions sur l’identité, l’humanité et les êtres artificiels.
Substance mort : pour une expérience plus étrange et plus sombre
Si vous cherchez quelque chose de plus dérangeant, Substance mort est une excellente alternative.
Le roman s’éloigne de la science-fiction classique pour proposer un récit marqué par la drogue, la paranoïa, la perte d’identité et la fragmentation de la perception.
Dick y explore un univers dans lequel la frontière entre réalité et hallucination devient particulièrement difficile à établir.
C’est une lecture plus sombre que certains de ses grands romans de science-fiction et probablement moins adaptée à quelqu’un qui souhaite découvrir l’auteur avec une intrigue très classique.
En revanche, pour comprendre la dimension la plus personnelle et la plus troublante de son œuvre, Substance mort constitue un choix particulièrement intéressant.
Le roman est également révélateur d’une caractéristique essentielle de Philip K. Dick : derrière les concepts de science-fiction, ce sont souvent les fragilités humaines qui l’intéressent le plus.
Et si vous commenciez par Le Dieu venu du Centaure ?
Autre possibilité : Le Dieu venu du Centaure.
Ce roman permet de découvrir une facette différente de Dick, davantage tournée vers la perception, la drogue, la religion et la réalité subjective.
On y retrouve déjà une question qui traverse une grande partie de son œuvre : comment savoir que ce que nous percevons est réel ?
Le roman est donc particulièrement intéressant pour les lecteurs qui veulent aller au-delà du Philip K. Dick des androïdes et des uchronies.
Il est cependant moins évident comme premier livre que Ubik ou Le Maître du Haut Château. Nous le conseillerions plutôt aux lecteurs qui savent déjà qu’ils apprécient les récits psychologiques et les univers dans lesquels la réalité devient instable.
Quel Philip K. Dick pour quel lecteur ?
Il n’existe finalement pas un seul bon point de départ.
Si vous voulez découvrir le Philip K. Dick le plus représentatif, commencez par Ubik.
Si vous aimez l’Histoire et les mondes alternatifs, choisissez Le Maître du Haut Château.
Si vous venez de Blade Runner et souhaitez découvrir le roman qui a inspiré le film, commencez par Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?
Si vous recherchez une œuvre plus sombre et personnelle, essayez Substance mort.
Et si les récits de drogue, de perception et de réalité altérée vous attirent, Le Dieu venu du Centaure peut être une excellente porte d’entrée.
L’essentiel est de ne pas chercher à découvrir Philip K. Dick comme on découvrirait une saga classique. Son œuvre ne forme pas un univers unique qu’il faudrait parcourir dans un ordre précis. Chaque roman ouvre plutôt une nouvelle porte sur ses obsessions : la réalité, l’identité, la mémoire, le pouvoir, la technologie et notre capacité à savoir ce qui est vrai.
C’est justement ce qui rend son œuvre aussi fascinante… et qui explique pourquoi il existe plusieurs bonnes façons de commencer.
Les autres portes d’entrée dans l’œuvre de Philip K. Dick
Les grands classiques comme Ubik, Le Maître du Haut Château ou Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? constituent d’excellents points de départ. Mais l’œuvre de Philip K. Dick est suffisamment vaste pour que d’autres romans puissent convenir davantage selon vos goûts.
L’auteur a exploré la politique, les mondes parallèles, les manipulations psychologiques, les pouvoirs paranormaux, les voyages dans le temps ou encore la question de l’identité. Certains de ses romans sont donc particulièrement intéressants pour découvrir une facette précise de son imagination.
Les Clans de la Lune Alphane : pour une science-fiction décalée
Avec Les Clans de la Lune Alphane, Philip K. Dick propose une histoire particulièrement représentative de son goût pour les situations absurdes et les personnages dont la perception du monde ne correspond pas forcément à celle de la société qui les entoure.
Le roman se déroule notamment autour d’un ancien établissement psychiatrique installé sur la Lune, dont les patients ont fini par constituer leurs propres communautés.
Cette situation permet à Dick de jouer avec les notions de normalité, de folie et de réalité.
Comme souvent chez lui, les catégories que les personnages utilisent pour comprendre le monde finissent par devenir beaucoup moins solides qu’elles n’en ont l’air.
Les Clans de la Lune Alphane constitue ainsi une bonne porte d’entrée pour les lecteurs qui apprécient une science-fiction à la fois inventive, satirique et légèrement déstabilisante.
Ce n’est peut-être pas le premier roman que nous conseillerions à quelqu’un qui ne connaît absolument pas Dick, mais il devient particulièrement intéressant après un premier contact avec son œuvre.
Le Temps désarticulé : quand la réalité commence à se fissurer
Si le thème de la réalité artificielle vous attire, Le Temps désarticulé mérite également votre attention.
Le roman suit Ragle Gumm, un homme qui mène une existence apparemment banale dans une petite ville américaine.
Pourtant, certains détails de son quotidien commencent à lui paraître étranges.
Peu à peu, le lecteur découvre que quelque chose ne fonctionne pas comme prévu dans le monde de Ragle.
Le roman repose donc sur un mécanisme que Dick affectionne particulièrement : partir d’une situation ordinaire avant de faire apparaître progressivement des éléments qui obligent le personnage — et le lecteur — à remettre en question tout ce qu’il croyait savoir.
Le Temps désarticulé est particulièrement intéressant comme introduction à cette dimension de l’œuvre de Dick. Le roman est relativement accessible et permet de comprendre l’une de ses grandes obsessions : et si la réalité que nous considérons comme normale n’était qu’une construction ?
Les Joueurs de Titan : pour découvrir le Dick des mondes parallèles
Avec Les Joueurs de Titan, on entre davantage dans une science-fiction où les manipulations et les réalités alternatives prennent une place centrale.
Le roman imagine une société transformée par les bouleversements de l’Histoire et par l’existence de pouvoirs particuliers. Les jeux, les intérêts économiques et les relations entre les personnages se mélangent dans un univers où il devient difficile de savoir qui possède réellement le contrôle.
Comme souvent chez Dick, l’intrigue importe autant que les idées qu’elle permet d’explorer.
Les personnages sont confrontés à un monde dans lequel les apparences sont trompeuses et où les certitudes peuvent disparaître très rapidement.
C’est donc un choix intéressant pour les lecteurs qui ont aimé Ubik et souhaitent poursuivre leur découverte avec un autre roman marqué par les jeux de perception et les manipulations.
Glissement de temps sur Mars : pour une SF plus classique
Glissement de temps sur Mars constitue une autre excellente possibilité.
Cette fois, Dick s’intéresse notamment à la perception du temps, aux pouvoirs psychiques et aux conséquences que peuvent avoir certaines capacités particulières sur les individus et sur la société.
Le cadre martien donne au roman une dimension plus directement liée à la science-fiction traditionnelle, tout en permettant à l’auteur de développer ses thèmes favoris.
On y retrouve notamment cette idée que les perceptions individuelles ne constituent pas forcément une représentation fiable du monde.
Pour un lecteur qui souhaite découvrir Dick sans commencer immédiatement par ses romans les plus déroutants, Glissement de temps sur Mars peut donc constituer un choix intéressant.
Le Bal des schizos : pour une SF paranoïaque
Avec Le Bal des schizos, on retrouve une autre caractéristique importante de Philip K. Dick : sa capacité à transformer une situation apparemment normale en quelque chose de profondément inquiétant.
Le roman s’intéresse notamment aux troubles psychologiques, aux traitements médicaux et aux rapports entre individus et société.
La frontière entre ce qui relève de la maladie, de la perception et de la réalité devient progressivement difficile à déterminer.
Cette ambiguïté est précisément ce qui fait la force de Dick.
Si vous aimez les récits dans lesquels le lecteur n’est jamais complètement certain de pouvoir faire confiance aux personnages, Le Bal des schizos peut être une bonne étape dans votre découverte de l’auteur.
L’Œil dans le ciel : quand chacun possède sa propre réalité
L’Œil dans le ciel est particulièrement intéressant pour comprendre l’importance de la subjectivité dans l’œuvre de Philip K. Dick.
Après un accident, plusieurs personnages se retrouvent confrontés à des réalités différentes, chacune semblant correspondre à la vision du monde de l’un d’entre eux.
Le roman permet ainsi à Dick d’explorer une idée qui reviendra constamment dans son œuvre : la réalité pourrait dépendre davantage de notre perception que nous ne voulons l’admettre.
C’est un excellent choix pour les lecteurs qui ont apprécié le côté conceptuel d’Ubik et qui souhaitent découvrir une œuvre plus ancienne de l’auteur.
Quel roman choisir après votre première lecture ?
Si vous avez déjà commencé par l’un des grands classiques, le choix suivant peut dépendre de ce que vous avez aimé.
Vous avez apprécié les réalités artificielles et les manipulations ? Orientez-vous vers Le Temps désarticulé ou L’Œil dans le ciel.
Vous aimez les histoires étranges et satiriques ? Les Clans de la Lune Alphane devraient vous plaire.
Vous recherchez une science-fiction davantage centrée sur les pouvoirs psychiques et la perception ? Essayez Glissement de temps sur Mars.
Vous aimez les récits paranoïaques et psychologiques ? Le Bal des schizos constitue une piste intéressante.
Et si vous souhaitez continuer à explorer les mondes complexes et les jeux de pouvoir caractéristiques de Dick, Les Joueurs de Titan constituent une autre possibilité.
L’avantage de Philip K. Dick est justement qu’il n’est pas nécessaire de suivre un chemin unique. Chaque roman apporte une variation différente autour des mêmes grandes interrogations : qu’est-ce que la réalité ? Qu’est-ce qui définit l’identité ? Peut-on faire confiance à nos souvenirs et à nos perceptions ? Et que se passe-t-il lorsque les institutions ou la technologie commencent à contrôler notre vision du monde ?
Après quelques lectures, ces thèmes deviennent les fils conducteurs qui permettent de mieux comprendre l’ensemble de son œuvre.
Notre conseil pour commencer Philip K. Dick
Après avoir parcouru les différentes possibilités, quel livre choisir si vous n’avez encore jamais lu Philip K. Dick ?
Notre premier conseil reste Ubik.
C’est probablement le meilleur compromis pour découvrir ce qui rend l’auteur si particulier : une intrigue de science-fiction accessible, des personnages confrontés à une réalité qui leur échappe progressivement, de nombreux retournements et cette sensation permanente que quelque chose ne tourne pas rond.
Ubik permet surtout de comprendre rapidement que Philip K. Dick n’est pas simplement un auteur de science-fiction qui imagine des technologies futuristes. Ce qui l’intéresse avant tout, c’est ce que ces situations permettent de raconter sur l’être humain.
Après Ubik, nous vous conseillerions de poursuivre avec Le Maître du Haut Château si vous aimez l’uchronie et les récits politiques, puis avec Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? si vous souhaitez explorer ses réflexions sur l’identité et l’humanité.
Mais il existe une autre étape importante pour les lecteurs qui accrochent particulièrement à la dimension philosophique et métaphysique de Dick : la Trilogie divine.
La Trilogie divine : une autre façon de découvrir Philip K. Dick
La Trilogie divine occupe une place particulière dans l’œuvre de Philip K. Dick.
Et son nom peut prêter à confusion : sur Mais-Encore.fr, elle compte quatre volumes :
Ces quatre romans appartiennent à la période la plus métaphysique de l’auteur. On s’éloigne ici de la science-fiction conceptuelle d’Ubik ou de l’uchronie du Maître du Haut Château pour entrer dans des questionnements beaucoup plus profonds autour de Dieu, de la foi, de la réalité, de la connaissance et de la nature du monde.
Radio libre Albemuth constitue le premier volume de cet ensemble sur Mais-Encore.fr, suivi de Siva, L’Invasion divine et La Transmigration de Timothy Archer.
Cette partie de l’œuvre est sans doute moins adaptée à quelqu’un qui souhaite simplement découvrir la science-fiction de Dick. En revanche, elle devient particulièrement intéressante pour les lecteurs qui ont été séduits par les interrogations philosophiques présentes dans ses autres romans et qui veulent comprendre jusqu’où l’auteur a poussé ses réflexions sur la réalité et la spiritualité.
Il est donc préférable de considérer la Trilogie divine comme une porte d’entrée vers un Philip K. Dick plus tardif, plus personnel et plus difficile à classer.
Philip K. Dick est-il fait pour vous ?
Philip K. Dick est un auteur incontournable si vous aimez les romans qui vous obligent à vous demander ce qui est réel.
Mais son œuvre ne conviendra pas nécessairement à tous les lecteurs.
Vous devriez probablement essayer Philip K. Dick si vous aimez :
- les récits dans lesquels la réalité n’est jamais totalement fiable ;
- les intrigues paranoïaques ;
- les mondes alternatifs et les uchronies ;
- les personnages confrontés à des manipulations psychologiques ;
- les questions sur l’identité et la mémoire ;
- les réflexions sur la technologie et son influence sur l’être humain ;
- les romans qui posent davantage de questions qu’ils n’apportent de réponses.
En revanche, si vous recherchez avant tout une science-fiction fondée sur une construction minutieuse de l’univers, des explications scientifiques détaillées ou une intrigue parfaitement rationnelle, Philip K. Dick peut parfois vous dérouter.
Son approche est différente.
Chez lui, le doute fait partie intégrante de l’expérience de lecture. Les personnages peuvent se tromper, les souvenirs peuvent être faux, les perceptions peuvent être manipulées et les explications peuvent elles-mêmes devenir suspectes.
C’est précisément cette incertitude qui fait son charme.
Et si vous appréciez particulièrement les œuvres qui mêlent science-fiction et philosophie, vous pourriez progressivement vous tourner vers ses romans les plus étranges, jusqu’à la Trilogie divine, qui pousse ces interrogations beaucoup plus loin.
En résumé : par quel Philip K. Dick commencer ?
Il n’est pas nécessaire de lire Philip K. Dick dans l’ordre chronologique.
Son œuvre est composée de nombreux romans indépendants et de plusieurs ensembles qui peuvent être abordés séparément. Votre choix peut donc simplement dépendre de vos goûts.
Vous voulez découvrir le Philip K. Dick le plus représentatif ?
→ Ubik
Vous aimez les uchronies et les récits politiques ?
→ Le Maître du Haut Château
Vous venez de Blade Runner ?
→ Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?
Vous aimez les récits sombres et psychologiques ?
→ Substance mort
Vous aimez les réalités alternatives et les perceptions troublées ?
→ Le Temps désarticulé ou L’Œil dans le ciel
Vous recherchez une science-fiction plus étrange et satirique ?
→ Les Clans de la Lune Alphane
Vous voulez explorer le Philip K. Dick le plus métaphysique ?
→ La Trilogie divine, composée dans Mais-Encore.fr de quatre volumes, de Radio libre Albemuth à La Transmigration de Timothy Archer.
L’essentiel est donc de ne pas considérer ce guide comme un ordre de lecture obligatoire. Philip K. Dick est justement un auteur que l’on peut aborder par différentes portes avant de parcourir progressivement le reste de son œuvre.
Conclusion
Commencer Philip K. Dick, c’est accepter de ne pas toujours savoir où l’on va.
C’est probablement même la meilleure façon de le découvrir.
Avec Ubik, Le Maître du Haut Château, Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?, Substance mort ou encore Le Temps désarticulé, vous pouvez découvrir différentes facettes d’un écrivain qui n’a cessé de remettre en question notre perception du réel.
Puis, si vous souhaitez aller plus loin, son œuvre devient progressivement plus étrange, plus philosophique et plus personnelle. Des romans comme Le Dieu venu du Centaure, Les Clans de la Lune Alphane ou L’Œil dans le ciel permettent d’explorer d’autres aspects de ses obsessions, tandis que la Trilogie divine ouvre une dernière porte vers les interrogations métaphysiques qui ont profondément marqué la fin de son parcours littéraire.
C’est finalement ce qui rend Philip K. Dick aussi fascinant aujourd’hui : derrière les androïdes, les mondes parallèles, les drogues, les pouvoirs psychiques et les futurs inquiétants, il revient sans cesse aux mêmes questions essentielles.
Qui sommes-nous ? Que pouvons-nous réellement savoir ? Et comment être certain que le monde que nous percevons est bien le monde réel ?
Si ces questions vous attirent, alors il y a de fortes chances que Philip K. Dick soit fait pour vous.
Et si vous ne savez toujours pas par quel livre commencer, prenez Ubik. C’est probablement la meilleure porte d’entrée pour découvrir le vertige si caractéristique de son œuvre.
Bleak House par Charles Dickens

Fiche de Bleak House
Titre : Bleak House
Auteur : Charles Dickens
Date de parution : 1853
Traduction : S. Monod
Editeur : Gallimard
Première page de Bleak House
« Un juge en Chancellerie a eu la bonté de m’informer, un jour où j’étais membre d’une compagnie de quelque cent cinquante hommes et femmes qui n’étaient nullement suspects d’aliénation mentale, que la Cour de la Chancellerie, bien qu’elle ait été l’objet évident de maints préjugés populaires (et à cet instant j’eus l’impression que l’œil du juge louchait de mon côté), était presque immaculée. Il y avait eu, reconnut-il, une ou deux insignifiantes imperfections dans son rythme de travail, mais on les avait fort exagérées et elles avaient été dues entièrement à la « parcimonie du public » ; ce coupable public, nous apprit-il, s’était montré jusqu’à une date récente résolu de la façon la plus implacable à n’augmenter sous aucun prétexte le nombre des juges en Chancellerie fixé par… je crois que c’était par Richard II, mais tout autre roi fera aussi bien l’affaire.
Cette plaisanterie me parut trop admirable pour être insérée dans le cours de mon livre, sans quoi je l’eusse rendue à Kenge le Causeur ou à M. Vholes, car je crois que l’un ou l’autre de ces messieurs doit en être l’inventeur. Sur leurs lèvres j’aurais pu y associer une citation appropriée de l’un des sonnets de Shakespeare :
Soumise est ma nature
Au travail qu’elle accomplit, comme la main du teinturier :
Prenez-moi donc en pitié, et me souhaitez d’être renouvelé ! »
Extrait de : C Dickens. « Bleak House. »
Barnabé Rudge (partie 2) par Charles Dickens

Fiche de Barnabé Rudge
Titre : Barnabé Rudge
Auteur : Charles Dickens
Date de parution : 1841
Traduction :
Editeur : Bibebook
Première page de Barnabé Rudge
« Le lendemain matin, le serrurier resta en proie aux mêmes incertitudes, et le surlendemain, et plusieurs jours de suite encore. Souvent, après la chute du jour, il entrait dans la rue et tournait ses regards vers la maison qu’il connaissait si bien ; et il était sûr d’y voir la lumière solitaire briller encore à travers les fentes du volet de la fenêtre, quand tout paraissait au dedans muet, immobile, triste comme un tombeau. Comme il ne voulait pas risquer de perdre la faveur de M. Haredale en désobéissant à ses injonctions précises, il ne s’aventurait jamais à frapper à la porte ou à trahir sa présence ; mais, chaque fois que l’attrait d’un vif intérêt et d’une curiosité non satisfaite le poussait à venir voir de ce côté, et Dieu sait s’il y venait souvent, la lumière était toujours là.
Quand il aurait su ce qui se passait au dedans, il n’en aurait guère été plus avancé ; ce n’est pas là ce qui lui aurait donné la clef de ces veilles mystérieuses. A la brune, M. Haredale se renfermait chez lui, et au point du jour il sortait. Il ne manquait jamais une seule nuit le même manège. Il entrait et sortait toujours tout seul, sans varier le moins du monde ses habitudes. »
Extrait de : C. Dickens. « Barnabé Rudge – Tome II. »
Barnabé Rudge (partie 1) par Charles Dickens

Fiche de Barnabé Rudge
Titre : Barnabé Rudge
Auteur : Charles Dickens
Date de parution : 1841
Traduction :
Editeur : Bibebook
Première page de Barnabé Rudge
« De l’histoire ! Dieu vous bénisse ; je n’en ai aucune à dire, monsieur.
Voici de longues années… permettez-moi de ne pas en avouer le nombre… que m’arriva la bonne nouvelle de ma promotion comme enseigne dans le 4e d’infanterie de Sa Majesté. Mon nom, qui si longtemps avait figuré sur les états du Duc, avec ces mots en marge : « Question épineuse, » allait enfin se trouver inscrit sur le registre mensuel des promotions et des appointements. Depuis ce jour, j’ai traversé toutes les vicissitudes de la guerre et de la paix. Le camp et le bivouac, l’insouciante gaieté de la mess-table[1], la désolante solitude d’une prison française, les émotions violentes du service de campagne, l’existence monotone de garnison, m’ont également apporté leur part de plaisirs et d’épreuves. Une carrière de ce genre, quand la nature vous a donné un tempérament toujours prêt à vous mettre à l’unisson de ceux qui vous entourent, ne saurait manquer d’avoir sa bonne provision d’aventures. Telle a été la mienne ; et, sans prétendre à autre chose qu’à retracer quelques-unes des scènes dans lesquelles j’ai joué un rôle, et qu’à rappeler le souvenir de leurs autres acteurs… hélas ! dont quelques-uns ne sont plus aujourd’hui… j’ai livré ces pages aux hasards de la publicité. »
Extrait de : C. Dickens. « Barnabé Rudge – Tome I. »
Aventures de Monsieur Pickwick (partie 2) par Charles Dickens

Fiche de Aventures de Monsieur Pickwick
Titre : Aventures de Monsieur Pickwick
Auteur : Charles Dickens
Date de parution : 1837
Traduction :
Editeur : Bibebook
Première page de Aventures de Monsieur Pickwick
« Eh bien ! Sam, il gèle toujours ? » dit M. Pickwick à son domestique favori, comme celui-ci entrait dans sa chambre le matin du jour de Noël, pour lui apprêter l’eau chaude nécessaire.
« L’eau du pot à eau n’est plus qu’un masque de glace, monsieur.
– Une rude saison, Sam !
– Beau temps pour ceux qui sont bien vêtus, monsieur, comme disait l’ours blanc en s’exerçant à patiner.
– Je descendrai dans un quart d’heure, Sam, reprit M. Pickwick, en dénouant son bonnet de nuit.
– Très-bien, monsieur, vous trouverez en bas une couple de carabins.
– Une couple de quoi ? s’écria M. Pickwick en s’asseyant sur son lit.
– Une couple de carabins, monsieur.
– Qu’est-ce que c’est qu’un carabin ? demanda M. Pickwick, incertain si c’était un animal vivant ou quelque comestible. »
Extrait de : C. Dickens. « Aventures de Monsieur Pickwick – Tome II. »