Catégorie : Livres

 

Le passeur par Lois Lowry

Fiche de Le passeur

Titre : Le passeur (Tome 1 sur 4 – Le Quatuor du Passeur)
Auteur : Lois Lowry
Date de parution : 1992
Traduction : F. Pressmann
Editeur : L’école des loisirs

Première page de Le passeur

« On était presque en décembre et Jonas commençait à avoir peur. Non, ce n’est pas le bon mot, pensa Jonas. La peur, c’était ce sentiment de nausée profonde quand on pressentait que quelque chose de terrible allait arriver. C’est ce qu’il avait ressenti un an auparavant lorsqu’un avion non identifié avait survolé la communauté à deux reprises. Il l’avait vu les deux fois. Jetant un coup d’œil vers le ciel, il avait vu passer l’appareil effilé presque flou à la vitesse à laquelle il volait – et une seconde après il avait entendu la déflagration qui avait suivi. Et puis de nouveau le même avion, un instant plus tard, mais dans l’autre sens.
Au début, il avait été fasciné. Il n’avait jamais vu d’avion de si près car le règlement interdisait aux pilotes de survoler la communauté. De temps en temps, quand un avion de marchandises venait se poser sur la piste d’atterrissage de l’autre côté de la rivière, les enfants prenaient leurs vélos et allaient sur la berge assister, intrigués, au déchargement puis au décollage, qui se faisait toujours vers l’ouest, à l’opposé de la communauté. »

Extrait de : L. Lowry. « Le Passeur – Le Quatuor du Passeur. »

Les laissés pour compte par David Eddings

Fiche de Les laissés-pour-compte

Titre : Les laissés-pour-compte
Auteur : David Eddings
Date de parution : 1992
Traduction : I. Troin
Editeur : Pocket

Première page de Les laissés-pour-compte

« Muriel Taylor avait trente-huit ans quand elle découvrit qu’elle était enceinte. D’origine canadienne, c’était le genre de femme qui pousse la pâleur jusqu’à la transparence. Avant cet événement inattendu, elle vivait dans une sorte de rêverie éveillée meublée par une musique plus ou moins classique et par les poèmes inlassablement retravaillés qui occupaient deux bonnes heures de ses après-midi. Comme il se doit, elle n’autorisait personne à les lire.

Bien que Mme Taylor ait déjà fait deux fausses couches, la grossesse suivit son cours normal. Délaissant la poésie, elle se consacra à la vie qui grandissait en elle, semblant parfois souhaiter qu’elle la consume de l’intérieur, tel un insecte exotique, ou se débarrasse d’elle comme d’une mue au moment de la naissance. »

Extrait de : D. Eddings. « Les laissés pour compte. »

La chanson de Regina par David et Leigh Eddings

Fiche de La chanson de Regina

Titre : La chanson de Regina
Auteur : David et Leigh Eddings
Date de parution : 2002
Traduction : I. Troin
Editeur : Pocket

Première page de La chanson de Regina

« Lester Greenleaf et mon père, Ben Austin, avaient servi dans la même compagnie pendant la guerre du Vietnam. Vingt-cinq ans après, ils pouvaient passer des après-midi à échanger des anecdotes sur cette période. Tous les deux avaient grandi à Everett, une ville située à cinquante kilomètres au nord de Seattle. Et ils travaillaient au même endroit, mon père étant employé – sur la chaîne de coupe – à la Manufacture de Portes et Fenêtres Greenleaf.

À part ça, ils n’auraient pas pu être plus différents. Lester Greenleaf était catholique, républicain et membre de l’Association nationale des Industriels. Mon père était méthodiste, démocrate et membre du syndicat AFL-CIO. Lester Greenleaf avait des titres en bourse et Ben Austin joignait à peine les deux bouts. »

Extrait de : D. L. Eddings. « La Chanson De Regina. »

Le codex de Riva par David et Leigh Eddings

Fiche de Le codex de Riva

Titre : Le codex de Riva (Tome 1 sur 1 – Le codex de Riva – Cycle les Grandes Guerres des dieux)
Auteur : David et Leigh Eddings
Date de parution : 1998
Traduction : I. Troin
Editeur : Pocket

Première page de Le codex de Riva

« Je suis né dans un village si minuscule qu’il n’avait pas de nom. Il se trouvait, si je me souviens bien, sur la berge verdoyante d’une petite rivière qui étincelait au soleil comme si sa surface eût été couverte de joyaux – et je donnerais tous les bijoux que j’ai jamais vus ou possédés pour être de nouveau assis au bord de cette rivière sans nom.

Notre village n’était pas riche, mais en ce temps-là, aucun ne l’était. Le monde vivait en paix ; nos dieux se promenaient parmi nous en souriant. Nous mangions à notre faim et nous avions un toit sur notre tête. Je ne me rappelle pas qui était notre dieu, et pas plus ses attributs ou son totem. J’étais très jeune, alors, et ça fait si longtemps…

Je jouais avec les autres enfants dans les rues chaudes et poussiéreuses ; je courais dans l’herbe haute et les fleurs des champs ; je pataugeais dans la rivière miroitante qui a disparu, envahie par la Mer du Levant, il y a tant d’années que j’en ai perdu le compte. »

Extrait de : D. L. Eddings. « Le Codex de Riva. »

Les années d’enfance par David et Leigh Eddings

Fiche de Les années d’enfance

Titre : Les années d’enfance (Tome 2 sur 2 – Polgara la sorcière – Cycle les Grandes Guerres des dieux)
Auteur : David et Leigh Eddings
Date de parution : 1997
Traduction : D. Haas
Editeur : Pocket

Première page de Les années d’enfance

« Je pense que mon père n’a pas encore compris à ce jour ce qu’Ontrose me dit au juste lors de notre dernière conversation, en invoquant mon « devoir ». En tant que membre de la cour de Vo Wacune, le devoir m’imposait d’obéir au duc Andrion, mais j’avais aussi des devoirs envers mon propre duché, et cette responsabilité passait avant toutes les autres. Garteon d’Asturie avait détruit Wacune. Son prochain mouvement, logiquement, devait être d’envahir Erat et de tenter de le détruire. Quand j’aurais dû y laisser la vie, j’aurais obéi au dernier ordre de mon bien-aimé. C’était mon devoir, et le devoir était tout ce qui me restait.

Je ne pris pas la peine d’expliquer tout cela à mon père. En réalité, je ne dis rien du tout alors que nous sortions de la forêt de Wacune pour nous engager dans le territoire plus dégagé de Sendarie. Essayer de le lui faire comprendre aurait été une perte de temps. Pour ce que j’en sais, mon père n’a jamais dirigé ne serait-ce qu’une baronnie ; il n’avait pas la moindre idée des responsabilités qu’impliquait le port de la couronne. »

Extrait de : D. L. Eddings. « Les années d’enfance – Polgara la sorcière. »

Le temps des souffrances par David et Leigh Eddings

Fiche de Le temps des souffrances

Titre : Le temps des souffrances (Tome 1 sur 2 – Polgara la sorcière – Cycle les Grandes Guerres des dieux)
Auteur : David et Leigh Eddings
Date de parution : 1997
Traduction : D. Haas
Editeur : Pocket

Première page de Le temps des souffrances

« Kail, le Gardien de Riva, protesta avec énergie quand Belgarion, son roi, l’informa qu’il avait l’intention de se rendre sans escorte au Val d’Aldur avec Ce’Nedra, mais Garion tapa du pied – à la grande surprise de sa petite épouse, parce que ce n’était vraiment pas son genre – et dit : C’est une réunion de famille, Kail. Nous n’avons pas besoin d’avoir une bardée de domestiques dans les pattes.

— Mais c’est dangereux, Majesté !

— Allons, mon vieil ami, rétorqua Garion, que pourrait-il arriver que je ne sois en mesure de régler moi-même ? Nous partirons seuls.

C’est alors qu’éclata la controverse sur les fourrures.
La reine de Riva était mi-tolnedraine, mi-dryade, or les Tolnedrains et les Dryades étaient du Sud, et l’idée de porter des dépouilles animales lui donnait la chair de poule. Alors que Garion était en partie alorien, et avait beaucoup voyagé dans le Nord en hiver.

— Ce’Nedra, tu vas emporter des fourrures, décréta-t-il fermement. Sans ça, je refuse de t’emmener où que ce soit avant le retour des beaux jours. »

Extrait de : D. L. Eddings. « Le temps des souffrances – Polgara la sorcière. »

Les années d’espoir par David et Leigh Eddings

Fiche de Les années d’espoir

Titre : Les années d’espoir (Tome 2 sur 2 – Belgarath le sorcier – Cycle les Grandes Guerres des dieux)
Auteur : David et Leigh Eddings
Date de parution : 1995
Traduction : D. Haas
Editeur : Pocket

Première page de Les années d’espoir

« L’assassinat de Gorek et de sa famille était inévitable et prévu de toute éternité, je le savais, et pourtant je ne pouvais me départir d’un terrible sentiment de culpabilité. Peut-être, en me concentrant un peu plus, aurais-je interprété ce passage du Codex Mrin une heure, ou même une demi-heure, plus tôt ; et nous serions arrivés à Riva à temps : Et si Pol n’avait pas discuté si longtemps…

Mais avec des « si » on mettrait l’Algarie en bouteille, n’est-ce pas ? J’ai parfois l’impression, quand je regarde en arrière, que ma vie n’est qu’une longue succession de « si » nostalgiques. Il faut croire que je ne suis pas armé, sur le plan émotionnel, pour accepter le principe de prédestination. Je me sens impuissant, et je n’aime pas ça. J’ai toujours l’impression que j’aurais pu infléchir le destin. Un salsifis peut se dire « advienne que pourra ». Moi, je suis censé disposer de certaines ressources.

Enfin…

En deux jours, comme d’habitude, nous arrivâmes à la côte de Sendarie. Brand me regarda d’un œil un peu hagard la première fois que je ferlai les voiles en restant assis. »

Extrait de : D.L. Eddings. « Belgarath le sorcier – Les années d’espoir. »

Les années noires par David et Leigh Eddings

Fiche de Les années noires

Titre : Les années noires (Tome 1 sur 2 – Belgarath le sorcier – Cycle les Grandes Guerres des dieux)
Auteur : David et Leigh Eddings
Date de parution : 1995
Traduction : D. Haas
Editeur : Pocket

Première page de Les années noires

« Il était bien plus de minuit, et il faisait très froid. La lune s’était levée, et les cristaux de givre étincelaient comme des diamants dans la neige. Garion eut l’impression étrange que le sol lui renvoyait une image en négatif du ciel étoilé.
— Ça y est, ils sont partis, remarqua Durnik en scrutant le firmament. Je ne vois plus l’arc-en-ciel.
— L’arc-en-ciel ? releva Belgarath, un peu amusé. Leur souffle se condensait dans l’air glacial, parfaitement immobile.
— Tu vois ce que je veux dire. Chacun est entouré d’une colonne de lumière particulière. Le bleu est associé à Aldur, le vert à Issa, le rouge à Chaldan ; ils ont tous leur couleur. Y a-t-il une raison à cela ?
— C’est sûrement un reflet de leur personnalité. Mais j’avoue que je n’ai jamais eu l’idée d’en parler à mon Maître. Bon, si on rentrait ? suggéra Belgarath en battant la semelle. Il fait froid, ici. »

Extrait de : D. L. Eddings. « Les années noires – Belgarath Le sorcier. »

Sauvage par Tim Lebbon et Christopher Golden

Fiche de Sauvage

Titre : Sauvage
Auteur : Tim Lebbon et Christopher Golden
Date de parution : 2011
Traduction : T. Lathière
Editeur : Castelmore

Première page de Sauvage

« Depuis le pont de l’Umatilla, les yeux rivés sur les quais de San Francisco, Jack London se demanda dans combien de temps il reverrait la ville. Doté d’un cœur vagabond, il avait soif d’aventures et ne redoutait nullement les dangers que l’on associe volontiers aux voyages en terre inconnue. Une fois les amarres larguées, le navire ferait route vers le Yukon, quittant la civilisation pour les terres sauvages et gelées du Grand Nord où, selon la rumeur, des monceaux d’or permettaient à quiconque d’envisager l’avenir en Midas des temps modernes.

Cela étant, aux yeux de Jack, le métal jaune n’était que l’un des attraits du Yukon. Sans ce prétexte commode, il serait parti pour le seul plaisir de partir, aurait tout misé par pur goût du risque. En outre, en son for intérieur, ce cœur vaillant sentait confusément que le Grand Nord l’attendait. »

Extrait de : T. Lebbon + C. Golden. « Sauvage. »

Le sang des quatre par Tim Lebbon et Christopher Golden

Fiche de Le sang des quatre

Titre : Le sang des quatre
Auteur : Tim Lebbon et Christopher Golden
Date de parution : 2018
Traduction : L. Malagoli
Editeur : Bragelonne

Première page de Le sang des quatre

« Dans l’obscurité, Phela entendit un rire, un soupir, puis un râle passionné. Les ténèbres semblèrent prendre vie, chargées de promesses.
Certes, Phela était désormais une princesse soumise au joug de la tradition et non plus une fillette. Elle avait pourtant conservé un goût pour l’amusement et les jeux que n’aurait laissé soupçonner son âge. Certains de ces jeux étaient pratiqués sur toute l’île du royaume de Quandis. Les parents les transmettaient à leurs enfants, et leurs règles évoluaient à chaque génération. À la fois rites de passage et outils d’apprentissage, ils permettaient d’initier les plus jeunes à la complexité des interactions sociales et à l’art du conflit.
Mais la jeune Phela avait aussi élaboré ses propres jeux, dont les règles variaient avec le temps, et qui ne cessaient d’acquérir de nouveaux objectifs, de nouveaux usages. Leurs finalités, toutefois, demeuraient similaires : ils servaient toujours à manipuler une situation, à s’emparer du pouvoir des mots, ou à plier la volonté d’autrui à celle de Phela. Elle transgressait souvent les règles, mais en tant que princesse, elle n’était que rarement sommée de s’expliquer. »

Extrait de : T. Lebbon + C. Golden. « Le Sang des Quatre. »