Catégorie : Livres

 

La nuit des morts vivants par John Russo

Fiche de La nuit des morts vivants

Titre : La nuit des morts vivants (Tome 1 sur 3 – Les morts vivants)
Auteur : John Russo
Date de parution : 1974
Traduction : V. Pelletier
Editeur : Milady

Première page de La nuit des morts vivants

« Quand on pense à tous ces gens qui ont vécu, qui sont morts, et qui jamais plus ne verront ni arbre, ni herbe, ni soleil…
Tout cela semble si fugace et si vain… Pas vrai ? Vivre quelque temps, et puis mourir, ajouter pas grand-chose à presque rien…
Et pourtant, en un sens, on pourrait presque les envier, les morts.
Ils en ont fini de vivre, fini de mourir.
Ils en ont de la chance d’être morts, d’avoir derrière eux leur agonie et de ne plus avoir à vivre. D’être simplement sous terre, sans rien ressentir… Plus de peine, plus d’angoisse.
Ils ne sont plus obligés de vivre, ni de mourir, ni de subir la douleur.
Ni d’accomplir quoi que ce soit.
Ni de se demander quoi faire après.
Ni de se demander ce que ça va leur faire de crever. »

Extrait de : J. Russo. « La nuit des morts vivants. »

Puissance : facteur 3 par Max-André Rayjean

Fiche de Puissance : facteur 3

Titre : Puissance : facteur 3
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1961
Editeur : Fleuve noir

Première page de Puissance : facteur 3

« Les gardes fédéraux rectifièrent leur position lorsque la Cour entra dans la vaste salle du Palais de Justice décorée aux couleurs de la Confédération Occidentale.

Le juge et ses quatre assesseurs, tous en robe de lamé pourpre, regagnèrent la tribune. Ils s’assirent en un mouvement unanime promenant devant eux des regards inexpressifs. Ils aperçurent les gardes figés, impassibles, mais vigilants, puis les avocats de la défense derrière lesquels, dans le box, menottes magnétiques aux poignets, se retranchait l’accusé.

Le banc des jurés était vide, parce que ces messieurs délibéraient encore à huis clos. Mais le verdict ne faisait aucun doute. Il entérinerait le jugement déjà prononcé dans ce même Palais il y avait cinq ans.

Aucun journaliste n’assistait au procès. C’était la règle immuable, inflexible. Seul le public, aujourd’hui assez clairsemé, était admis dans le large hémicycle. Les foules se désintéressaient de plus en plus des actes judiciaires. Il existait maintenant d’autres spectacles plus attractifs. »

Extrait de : M.-A. Rayjean. « Puissance : Facteur 3. »

Projet « Kozna » par Max-André Rayjean

Fiche de Projet « Kozna »

Titre : Projet « Kozna »
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1964
Editeur : Fleuve noir

Première page de Projet « Kozna »

« Klas avança la main et frôla un tableau de commandes. La porte, en face de lui, se dématérialisa. Un écran de contrôle, orienté convenablement, lui apprit que Morg, l’un de ses adjoints, sollicitait une entrevue.
À l’entrée de son collaborateur, Klas demeura impassible. Il semblait taillé dans une masse de rocher. Il n’esquissait que des gestes précis, mesurés, jamais inutiles. Bardé d’une cuirasse rouge, il trônait dans un large fauteuil de métal, devant un bureau encombré d’appareils.
Morg entra. Il ressemblait à son patron, par l’aspect, par les gestes. C’était aussi un androïde, une créature synthétique extrêmement perfectionnée, plus homme que machine, car son cerveau raisonnait en homme et son corps obéissait comme une machine. Il était le symbole d’une brillante civilisation.
— Klas, annonça-t-il d’une voix monocorde, sans relief, nos capteurs cosmiques viennent de déceler, à travers le spectre solaire de Mû, une radiation de type inconnu.
La nouvelle ne surprit pas le premier savant de Kirtas. Pourtant, il l’ignorait. Seulement un androïde restait parfaitement maître de ses réflexes, en toute circonstance. Il notait simplement les observations. »

Extrait de : M.-A. Rayjean. « Projet « Kozna ». »

Planètes captives par Max-André Rayjean

Fiche de Planètes captives

Titre : Planètes captives
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1962
Editeur : Fleuve noir

Première page de Planètes captives

« Régan IV s’avança jusqu’à la cloison opaque. Ses deux conseillers, Tibur et Nomar, le suivaient comme son ombre. Sans que l’un de ces personnages eût esquissé le moindre geste, manipulé la moindre commande, prononcé la moindre parole, la cloison se dématérialisa.
La prodigieuse chambre à vide apparut. Une boule brillante comme un soleil surgit du néant. Elle semblait immobile. Mais elle étincelait. Elle irradiait une fantastique lumière d’un jaune orangé. Il fallait un écran polarisateur pour la contempler, pour la disséquer, sans quoi la rétine eût été brûlée.
L’écran était là, invisible tout comme la cloison. Mais il protégeait les yeux de Régan IV et de ses conseillers.
— Le microsystème de Déberria, dit l’un d’eux d’une voix nasillarde.
La boule brillante suspendue dans la chambre à vide était en effet un soleil en réduction. Quatre planètes l’escortaient dans sa ronde sur des orbites différentes.
Les trois créatures intelligentes, bien différentes par leur aspect des habitants de la Terre, s’éloignèrent d’une allure nonchalante, caractéristique. Aussitôt, le système de Déberria disparut et la cloison reprit son opacité primitive. »

Extrait de : M.-A. Rayjean. « Planètes captives. »

Les singes d’Ulgor par Max-André Rayjean

Fiche de Les singes d’Ulgor

Titre : Les singes d’Ulgor
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1979
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les singes d’Ulgor

« La pirogue à moteur pétaradait doucement et remontait le Kapuas entre deux murs de végétation luxuriante.

Des arbres aux énormes racines plongeaient leurs basses branches dans l’eau. Des lianes s’enchevêtraient les unes aux autres, formant un entrelacement compact, impénétrable. Les fourrés sombres, épais, regorgeaient d’humidité. Dans un ciel chauffé à blanc, le soleil n’entrait dans la forêt qu’avec parcimonie.

Le courant du fleuve était régularisé par un barrage situé cinquante kilomètres plus haut. Le flot torrentueux ne s’en précipitait pas moins vers Pontianak, sur la mer de Java.

À l’arrière de la pirogue flottait le drapeau indonésien. Il y avait trois hommes à bord, un sergent et deux policiers. Ils étaient vêtus d’un uniforme en toile, saharienne et short, et une casquette à visière coiffait leurs cheveux noirs. Un insigne brillait sur leur poitrine.

Ils allaient à Pansang, un petit village de Dayaks situé sur le fleuve. Mission de routine afin d’affirmer la présence du Gouvernement de Djakarta jusque dans les coins les plus reculés de Bornéo. »

Extrait de : M.-A. Rayjean. « Les Singes d’Ulgor. »

Les Psycors de Pââl Zuick par Max-André Rayjean

Fiche de Les Psycors de Pââl Zuick

Titre : Les Psycors de Pââl Zuick
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1971
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les Psycors de Pââl Zuick

« Bro, contrôleur-chef au Fichier Central, hoche la tête et grimace. Il montre sa bouche édentée, soulignée par un cartilage. Franchement, il n’est pas beau et ne fait pas honneur à la race humaine. Il est vrai que celle-ci a bien changé depuis cinq siècles. Terriblement changé. Au point qu’un voyageur du passé, brusquement projeté dans le présent, ne reconnaîtrait pas ses semblables.
Tout a changé. Pas seulement les hommes. Mais aussi le décor, l’environnement, le mode d’existence, la mentalité.
Bro – B.412 pour le Code – possède des membres grêles. Des cheveux prématurément gris encadrent un visage ratatiné, pâle, exsangue. Un dégénéré, respirant un air confiné. Il a totalement perdu le besoin d’un effort physique. Même l’effort de mastiquer est devenu superflu. Alors, les dents ont disparu et les muscles se sont atrophiés, créant un être à grosse tête, aux formes mal adaptées, mal équilibrées. Et ces imbéciles s’habillent de telle façon qu’ils n’enjolivent pas leurs silhouettes. »

Extrait de : M.-A. Rayjean. « Les Psycors de Pââl Zuik. »

Le soleil enseveli par Noëlle Roger

Fiche de Le soleil enseveli

Titre : Le soleil enseveli
Auteur : Noëlle Roger
Date de parution : 1928
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de Le soleil enseveli

« — Il faut que vous notiez ces choses, Saint-Gildas, dit tout à coup Étienne Kerluce.

Ces mots se frayèrent lentement un passage à travers la stupeur qui engourdissait mon esprit, l’atteignirent enfin. C’était la première parole que prononçait Kerluce depuis que le cri de la vigie nous avait jetés à bâbord, courbés sur la rambarde, les yeux rivés à la longue découpure bleue plaquée contre le ciel : un îlot, c’était un pauvre îlot que nous cherchions, une étroite tête rocheuse émergée au sein du désert océanique, entrevu lors d’une croisière, une année auparavant. Et voici qu’à cette même place une terre immense apparaissait…

De minute en minute elle s’affirmait, basse, allongée, portant à son extrémité orientale le haut triangle aigu d’une montagne effilée dans l’azur. »

Extrait de : N. Roger. « Le Soleil enseveli. »

Le nouveau Lazare par Noëlle Roger

Fiche de Le nouveau Lazare

Titre : Le nouveau Lazare
Auteur : Noëlle Roger
Date de parution : 1935
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de Le nouveau Lazare

« Le professeur Folaillon, de l’Institut de France, achevait enfin sa communication sur les organes respiratoires de l’algue des rochers. Autour de la longue table académique, ses collègues qui dodelinaient leur tête blanche ou grise se réveillèrent pour écouter les remerciements d’usage.

La lumière parcimonieuse d’un maussade après-midi de mars grisaillait ces fronts augustes, et le biologiste Théodore Lumagne songea qu’ils se ressemblaient à la fois par les stigmates de l’âge et par cette noblesse que la vie de l’esprit confère à ses adeptes.

Le secrétaire perpétuel reprit la parole :

— Messieurs, il me reste une communication quelque peu étrange, que son auteur, mort il y a près de deux siècles, m’a chargé de vous présenter. »

Extrait de : N. Roger. « Le nouveau Lazare. »

Le nouveau déluge par Noëlle Roger

Fiche de Le nouveau déluge

Titre : Le nouveau déluge
Auteur : Noëlle Roger
Date de parution : 1922
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de Le nouveau déluge

« M. François de Miramar se leva. Sa silhouette prématurément voûtée domina la table où les cristaux étincelaient parmi les roses du Bengale. Dans la lumière oblique tombant des hautes fenêtres, ses cheveux miroitèrent autour de son front comme une couronne d’argent.

Les rires et les voix s’éteignirent soudain. Mme Andelot, penchée sur la petite fille et le petit garçon qui venaient d’entrer pour le dessert, leur imposa doucement silence en leur distribuant des bonbons.

M. de Miramar ne se décidait point à parler. Il regardait tour à tour les convives attentifs : sa femme qui lui souriait, ses deux filles, son fils Hubert, son frère le docteur Charles-Henri de Miramar, son hôte étranger, le jeune docteur Jean Lavorel, et Max Dainville, le fiancé d’Eva. »

Extrait de : N. Roger. « Le nouveau Déluge. »

Le livre qui fait mourir par Noëlle Roger

Fiche de Le livre qui fait mourir

Titre : Le livre qui fait mourir
Auteur : Noëlle Roger
Date de parution : 1927
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de Le livre qui fait mourir

«  Pardonnez, chère maman, mais vous ne me verrez pas à Paris le 1er avril. Je ne m’embarquerai pas sur la France-Orient qui part demain. Tout est prêt. Les formalités sont remplies. J’ai reçu du ministère l’autorisation bien en règle, un congé de trois mois pour raison de santé. (Rassurez-vous, ma santé ne va pas trop mal, un peu de fièvre chaque soir, et voilà tout.) Et cependant… »

La plume me tombe des mains. Comment dire à ma mère : Et cependant, je ne pars pas… je ne puis me résoudre à partir. Trouver des raisons plausibles à une décision formulée en moi sans raisons… expliquer ces volontés obscures qui nous dirigent à notre insu… Je n’ai plus envie de partir, voilà tout. Puis-je dire à ma mère qui m’attend : ce pays me retient ? ce pays dont on n’épuisera jamais tout le mystère… un mystère qu’on pressent à chaque pas, et dont la seule approche travaille le plus ignorant voyageur comme un puissant sortilège. »

Extrait de : N. Roger. « Le Livre qui fait mourir. »