Catégorie : Livres
Planète à six-coups par John Jakes

Fiche de Planète à six-coups
Titre : Planète à six-coups
Auteur : John Jakes
Date de parution : 1970
Traduction : A. Zribi
Editeur : Calmann-Lévy
Première page de Planète à six-coups
« La lune était couchée. Ce fut la première chose que remarqua, confusément, Zak Randolf, quand il fut réveillé par un bruit insolite dans le silence de la nuit.
S’étant mis sur son séant, il agita les pieds et poussa quelques ruades de manière à dégager ses jambes bottées entortillées au fond du sac de couchage. Il pouvait maintenant agir vite si nécessaire. Et cela pourrait bien l’être. L’air de la nuit lui picotait l’intérieur des narines et des oreilles.
Il souleva légèrement la fesse droite pour tirer de sous lui son étui à revolver, se remit d’aplomb, rattacha la lanière autour de sa jambe droite. À présent, la crosse de son six-coups émergeait à l’air libre. Toute cette fichue panoplie l’encombrait, le mettait mal à l’aise. Mais il l’avait au moins à portée de la main.
Quelque chose bougeait là-bas, dans les ténèbres. Il discerna les bruits de sabots de plusieurs poneys. Peut-être bien une demi-douzaine. La distance ? Impossible à déterminer, quoique le vent soufflât dans sa direction. »
Extrait de : J. Jakes. « Planète à six coups. »
Le ciel et l’enfer par John Jakes
Fiche de Le ciel et l’enfer
Titre : Le ciel et l’enfer (Tome 3 sur 3 – Nord et Sud)
Auteur : John Jakes
Date de parution : 1987
Traduction : J. Martinache
Editeur : France Loisirs
Première page de Le ciel et l’enfer
« La pluie tomba sur Washington toute la nuit. Peu avant l’aube du 23 mai, un mardi, George Hazard s’éveilla dans sa suite de l’hôtel Willard, posa la main sur l’épaule chaude de sa femme, Constance, écouta.
Il ne pleuvait plus.
C’était de bon augure en ce jour de fête marquant le début d’une nouvelle ère, une ère de paix, au sein d’une Union préservée.
Alors pourquoi pressentait-il un malheur imminent ?
Il se leva, sortit furtivement de la chambre, la chemise de nuit en flanelle flottant autour de ses mollets poilus. Âgé de quarante et un ans, c’était un homme robuste, aux épaules puissantes, que ses camarades de West Point avaient surnommé Stump à cause de sa corpulence et de sa taille inférieure à la moyenne. Ses cheveux bruns grisonnaient, tout comme la barbe bien taillée qu’il continuait à porter, comme beaucoup d’autres, pour montrer qu’il avait servi dans l’armée. »
Extrait de : J. Jakes. « Le Ciel et l’Enfer – Nord et Sud. »
Guerre et passion par John Jakes

Fiche de Guerre et passion
Titre : Guerre et passion (Tome 2 sur 3 – Nord et Sud)
Auteur : John Jakes
Date de parution : 1986
Traduction : J. Martinache
Editeur : France Loisirs
Première page de Guerre et passion
« Le feu prit une heure avant minuit, le dernier jour d’avril, et le tocsin lointain des cloches d’incendie réveilla George Hazard. Il descendit en trébuchant le couloir obscur, monta à la tour de la grande maison, sortit sur le balcon étroit. Un vent chaud et fort attisait le brasier. De son perchoir, dominant la petite ville de Lehig Station, il reconnut la bâtisse en flammes – la dernière de quelque importance dans le quartier miteux proche du canal.
Il redescendit quatre à quatre à sa chambre faiblement éclairée, prit des vêtements au hasard en ne leur accordant qu’un vague coup d’œil. Il s’efforça de s’habiller en silence mais réveilla sa femme, Constance. Elle s’était endormie en lisant les Écritures saintes – non dans sa propre bible mais dans une de celles de la famille Hazard. Depuis la chute de Fort Sumter et le début de la guerre, Constance passait plus de temps que d’habitude à lire la Bible. »
Extrait de : J. Jakes. « Guerre et Passion – Nord et Sud. »
Nord et Sud par John Jakes

Fiche de Nord et Sud
Titre : Nord et Sud (Tome 1 sur 3 – Nord et Sud)
Auteur : John Jakes
Date de parution : 1980
Traduction : F.-M. Watkins
Editeur : France Loisirs
Première page de Nord et Sud
« 1686 : Le garçon du charbonnier
— Il est grand temps que le gosse prenne mon nom, déclara Windom après le souper.
C’était pour lui une obsession, qui revenait quand il avait bu. Près du maigre feu, la mère du gamin, Bess Windom, referma la Bible sur ses genoux. Comme tous les soirs, elle lisait. En regardant remuer ses lèvres, Joe, son fils, observait sa lente progression. Quand Windom lança sa réflexion, elle savourait son verset favori du cinquième chapitre de Saint Matthieu : « Heureux les persécutés pour la justice, car le royaume des cieux est à eux. »
Joe Moffat, assis, adossé à un coin de la cheminée, taillait un petit bateau de bois. Il avait douze ans, la charpente trapue de sa mère, de larges épaules, des cheveux châtain clair et des yeux d’un bleu si pâle qu’ils paraissaient parfois incolores. »
Extrait de : J. Jakes. « Nord et Sud. »
Le modèle Jonas par Ian Watson

Fiche de Le modèle Jonas
Titre : Le modèle Jonas
Auteur : Ian Watson
Date de parution : 1975
Traduction : M. Perrin
Editeur : Calmann Lévy
Première page de Le modèle Jonas
« IL fend les eaux au-dessus d’une chaîne de montagnes. Les sommets en dos-d’âne surgissent brutalement des abysses bourbeux, jalonnant un dédale de gorges sinistres dont chacune abrite peut-être un de ces gigantesques Dix-Bras rusés, aux ventouses meurtrières et aux membres d’acier.
Pourquoi cette allusion à l’acier ?
Lisse et rigide, l’Acier renferme des cavités comme celles qui abritent les intestins, l’estomac, les poumons ; mais là s’arrête le parallèle puisque ces poches vides ne répondent par aucune modification de forme au milieu environnant.
L’Acier n’a aucun rapport avec un Dix-Bras… à moins qu’il en existe une espèce déformable, susceptible de se lover et de se tordre ; mais en tout cas, lui n’en avait encore jamais rencontré ! Résistant comme l’acier est une… métaphore. Une approche de la réalité.
Approche plutôt vague et faussée, d’ailleurs. »
Extrait de : I. Watson. « Le modèle Jonas. »
La mort en cage par Ian Watson

Fiche de La mort en cage
Titre : La mort en cage
Auteur : Ian Watson
Date de parution : 1981
Traduction : J.-P. Pugi
Editeur : Calmann Lévy
Première page de La mort en cage
« L’unique voiture du monorail de Gracchus laissa brusquement derrière elle l’obscurité du dernier tunnel et fut nimbée par la clarté chaude et dorée de la vallée. Jim Todhunter découvrait Egremont et ce qu’il voyait le comblait de bonheur.
La vallée et la communauté qui y vivait paraissaient aussi idylliques que le voulait leur réputation. Et si Jim regrettait Gracchus et les recherches sur la mort qu’il avait effectuées dans cette ville, il ne pouvait considérer le fait d’être muté à Egremont comme une sanction. Un tel transfert évoquait plutôt un prix de consolation.
Jim déplia la carte que Noël Resnick, le Maître du Mouroir d’Egremont, lui avait fait parvenir juste avant son départ. Pendant que le monorail descendait en soupirant vers les faubourgs, il tenta de faire correspondre les tracés de ce plan avec les détails de la scène qui s’offrait à lui. »
Extrait de : I. Watson. « La Mort en cage. »
L’inca de Mars par Ian Watson

Fiche de L’inca de Mars
Titre : L’inca de Mars
Auteur : Ian Watson
Date de parution : 1977
Traduction : D. Neumann
Editeur : Calmann Lévy
Première page de L’inca de Mars
« A trente mille kilomètres de la terre, la sonde Zayits fonçait pour effectuer sa rentrée dans l’atmosphère. Le robot « Lièvre » allait se poser en douceur sur les champs de neige du Kazakhstan. Ses parachutes de freinage s’ouvriraient à six mille mètres. A quatre mille mètres, le parachute principal, de couleur orange, s’ouvrirait à son tour. Sa corolle déployée trancherait sur la neige, qui, bien que le plus fort de l’hiver fût déjà passé, recouvrait encore le sol russe d’un duvet blanc et craquant.
Du flanc du robot « Lièvre » fusa un léger panache d’oxygène et de minuscules débris de métal. Au centre de contrôle de Tyuratam les observateurs aux télémètres, désespérés, annoncèrent l’échec de la dernière et principale correction de trajectoire. Le « Lièvre » était blessé. Ils n’avaient aucun moyen de redresser la course du vaisseau. Ironie du sort : l’angle de plongée était resté le même. L’engin pouvait toujours effectuer sa rentrée dans l’atmosphère sans être totalement carbonisé. Pourtant le « Lièvre » fonçait vers une zone de l’atmosphère à quelques degrés au sud de l’Équateur et se trompait de pays.
Le parachute principal devait toujours s’ouvrir automatiquement à quatre mille mètres. Mais les Andes culminaient plus haut. Et le haut plateau habité – l’Altiplano bolivien – qu’elles entourent s’élève à cette hauteur, dans l’air raréfié, comme un faubourg de l’espace… »
Extrait de : I. Watson. « L’Inca De Mars. »
L’enchâssement par Ian Watson

Fiche de L’enchâssement
Titre : L’enchâssement
Auteur : Ian Watson
Date de parution : 1973
Traduction : D. Pemerle
Editeur : Le livre de poche
Première page de L’enchâssement
« CHRIS SOLE s’habillait rapidement. Eileen l’avait déjà appelé une première fois. La seconde fois, le facteur venait de passer.
« Il y a une lettre du Brésil ! cria-t-elle du bas de l’escalier. Une lettre de Pierre…»
De Pierre ? Dans quel but écrivait-il ? Il appréhendait d’avoir de ses nouvelles. Depuis la naissance de leur enfant, Eileen était si distante, si indifférente, accaparée par ses problèmes personnels, par Peter et par ses souvenirs. Et, face à cette indifférence, Chris ne se sentait plus de taille à lutter. Disons, pour être franc, qu’il avait baissé les bras. Quel effet aurait donc sur elle la lettre de son ancien amant ? Surtout, qu’elle ne fasse pas trop de vagues, espéra-t-il.
La porte-fenêtre lui résuma le spectacle habituel de champs noirs, des autres maisons du personnel et de l’hôpital qui, à moins d’un kilomètre de là, portait à son sommet l’anxiété matinale dont il était souvent, au détour des collines, la proie. Il y jeta un rapide coup d’œil. Il se réveillait et il allait se rendre à l’hôpital. Pour ces deux raisons, il frissonna. »
Extrait de : I. Watson. « L’enchâssement. »
Chronomachine lente par Ian Watson

Fiche de Chronomachine lente
Titre : Chronomachine lente
Auteur : Ian Watson
Date de parution : 1979
Traduction : E. Vonaburg
Editeur : Editions J. C. Lattès
Sommaire de Chronomachine lente
- Ton sang, tel du lait
- Sur un tabouret en bois d’étoile
- Agoraphobie, an 2000
- Une histoire d’amour programmée
- La fille qui était de l’art
- La belle convergence de nos amours géodésiques
- Rêves d’immunité
- Mon âme à la nage dans un bocal à poisson rouge
- Les réfugiés de Roentgen
- Nos rêves renversés
- De la cuisson du héros-prime au printemps
- L’horizon événementiel
- La machine à voyager très lentement dans le temps
Première page de Ton sang, tel du lait
« Avez-vous déjà hurlé à votre infirmière de s’en aller, de vous laisser tranquille – l’avez-vous haïe comme vous n’avez jamais haï quelqu’un ? Et l’avez-vous suppliée, comme vous n’avez jamais supplié personne de toute votre fière existence ?
Nous étions dix dans la salle, emprisonnés dans nos réseaux de plastique, mais il n’y en avait que trois qui comptaient vraiment, Shanahan, Grocholski et moi, parce que nous étions trois chefs. Mais c’était un grand coup pour eux, en vérité, trois chefs à la fois ! Avec quelle habileté l’hôpital ne faisait-il pas des distinctions entre les braves ordinaires et nous : la dose supplémentaire de sensibilisateurs neurologiques dans la seringue, l’absence de tout narcotique. Nous étions là, suspendus au bord à vif de la douleur, grinçant des dents tandis qu’on ouvrait les robinets, et parfois, quand nos vaisseaux sanguins brûlaient comme un second système nerveux en flammes dans notre corps, et que nous avions l’impression d’être rôtis sur un gril, de l’intérieur vers l’extérieur – alors nous cédions, nous nous mettions à hurler, alors que les braves, lorsqu’ils se faisaient traire, gémissaient, mais sans aller jusqu’au cri. »
Extrait de : I. Watson. « Chronomachine lente. »
Ambassade de l’espace par Ian Watson

Fiche de Ambassade de l’espace
Titre : Ambassade de l’espace
Auteur : Ian Watson
Date de parution : 1977
Traduction : H.-L. Planchat
Editeur : Calmann Levy
Première page de Ambassade de l’espace
« Entre, Rajit », lança le Professeur ; et le garçon au turban pénétra dans la pièce en suivant l’écho de son claquement de doigts.
(Tout avait dû se passer ainsi…)
Un lézard émeraude se balançait sur l’un des murs de plâtre blanc ; la membrane de sa gorge tremblotait d’une manière convulsive. Sur la table étaient posés une poterie, des livres d’exercices, une statuette en bronze d’un dieu tibétain copulant avec une partenaire remarquablement souple, et une grande boîte. Une persienne entrecoupait les rangées de palmiers et les arbres qui bourgeonnaient à l’extérieur, produisant un effet d’échiquier. Une des deux chaises cannées était occupée par le professeur africain, l’autre par un Chinois dont la tunique vert olive et l’étui typique (contenant ou non un pistolet) indiquaient qu’il s’agissait d’un Dobdob, membre d’un service de police de l’administration des Communications spatiales, le Bardo, qui s’occupait également de toutes les affaires intérieures de la planète.
« J’ai entendu dire que tu voulais être lama quand tu serais plus grand, Rajit ? »
Le garçon acquiesça vivement de la tête. »
Extrait de : I. Watson. « Ambassade de l’espace. »