Catégorie : Livres
Chez les passants de Auguste de Villiers de L’Isle-Adam

Fiche de Chez les passants
Titre : Chez les passants
Auteur : Auguste de Villiers de L’Isle-Adam
Date de parution : 1890
Editeur : BnF
Sommaire de Chez les passants
- L’étonnant couple Moutonnet
- Une soirée chez Nina de Villard
- Notre Seigneur Jésus-Christ sur les planches
- Souvenir
- Hamlet
- Augusta Holmès
- Lettre sur un livre
- La suggestion devant la loi
- Le réalisme dans la peine de mort
- Le candidat
- Peintures décoratives du foyer de l’Opéra
- La tentation de Saint Antoine
- Le cas extraordinaire de M. Francisque Sarcey
- Le socle de la statue
- La couronne présidentielle
- Au gendre insigne
Première page de L’étonnant couple Moutonnet
« Ce qui cause la réelle félicité amoureuse, chez certains êtres, ce qui fait le secret de leur tendresse, ce qui explique l’union fidèle de certains couples, est, entre toutes choses, un mystère dont le comique terrifierait si l’étonnement permettait de l’analyser. Les bizarreries sensuelles de l’Homme sont une roue de paon, dont les yeux ne s’allument qu’au-dedans de l’âme, et, seul, chacun connaît son désir.
Par une radieuse matinée de mars 1793, le célèbre citoyen Fouquier-Tinville, en son cabinet de travail de la rue des Prouvaires, assis devant sa table, l’œil errant sur maints dossiers, venait de signer la liste d’une fournée de ci-devants dont la suppression devait avoir lieu le lendemain même, entre onze heures et midi. »
Extrait de : A. de Villiers de L’Isle-Adam. « Chez les passants. »
Axël par Auguste de Villiers de L’Isle-Adam

Fiche de Axël
Titre : Axël
Auteur : Auguste de Villiers de L’Isle-Adam
Date de parution : 1890
Editeur : BnF
Première page de Axël
« Le chœur claustral dans la chapelle d’une vieille abbaye.
Au fond, grande fenêtre à vitrail. – À gauche, les quatre rangs des stalles. Elles s’élèvent insensiblement, en hémicycle, contre la haute grille circulaire fermée et voilée de draperies. Au fond, près de la grille, porte basse, aux degrés de pierre, communiquant au cloître.
À droite, faisant face aux stalles, les sept marches et le parvis du maître-autel invisible. – Le tapis se prolonge jusqu’au milieu du chœur, au bord des dalles tumulaires. Sur la deuxième marche, clochette et encensoirs d’or. Plus haut, corbeilles de fleurs. La lampe du sanctuaire éclaire seule l’édifice, entre les grands piliers, chargés d’ex-voto, qui supportent l’abside principale : là, s’élève, sur des ailes, la chaire de marbre blanc. »
Extrait de : A. de Villiers de L’Isle-Adam. « Axël. »
Akëdysséril par Auguste de Villiers de L’Isle-Adam

Fiche de Akëdysséril
Titre : Akëdysséril
Auteur : Auguste de Villiers de L’Isle-Adam
Date de parution : 1885
Editeur : FB Editions
Première page de Akëdysséril
« La ville sainte apparaissait, violette, au fond des brumes d’or : c’était un soir des vieux âges : la mort de l’astre Souryâ, phénix du monde, arrachait des myriades de pierreries aux dômes de Bénarès.
Sur les hauteurs, à l’est occidental, de longues forêts de palmiers-palmyres mouvaient les bleuissements dorés de leurs ombrages sur les vallées du Habad : — à leurs versants opposés s’alternaient, dans les flammes du crépuscule, de mystiques palais séparés par des étendues de roses, aux corolles par milliers ondulantes sous l’étouffante brise. Là, dans ces jardins, s’élançaient des fontaines dont les jets retombaient en gouttes d’une neige couleur de feu. »
Extrait de : A. de Villiers de L’Isle-Adam. « Akëdysséril. »
Trente et Quarante par Edmond About

Fiche de Trente et Quarante
Titre : Trente et Quarante
Auteur : Edmond About
Date de parution : 1859
Editeur : BnF
Première page de Trente et Quarante
« Lorsqu’on lui présenta les dernières listes de recensement, il y écrivit lui-même, d’une petite écriture sèche et hérissée comme un chaume :
« Jean-Pierre Bitterlin, de Lunéville ; 60 ans d’âge, 35 ans de services effectifs, 11 campagnes, 2 blessures ; capitaine de 1834, chevalier de 1836, retraité en 1847, médaillé de Sainte-Hélène. »
Sa personne courte et compacte semblait roidie par l’habitude du commandement plus encore que par les années. Il n’avait jamais été ce que les couturières appellent un bel homme ; mais en 1858 il lui manquait un millimètre ou deux pour avoir la taille réglementaire du soldat. Tout me porte à croire que son corps s’était tassé peu à peu sur les grandes routes, à force de mettre un pied devant l’autre : une, deux ! Ses pieds étaient courts et ses mains larges. »
Extrait de : E. About. « Trente et Quarante. »
Tolla par Edmond About

Fiche de Tolla
Titre : Tolla
Auteur : Edmond About
Date de parution : 1855
Editeur : Hachette
Première page de Tolla
« La famille Feraldi n’est pas princière, mais elle marche de pair avec bien des princes. Alexandre Feraldi, comte du Saint-Empire, baron de Vignano, chevalier de l’ordre de Constantin, est un des soixante patriciens inscrits sur les tables du Capitole. Il n’a jamais voulu entrer dans l’armée pontificale, où son père était lieutenant-colonel. Une santé délicate, l’instruction sérieuse qu’il a reçue au collége de Nazareth, et, par-dessus tout, la nécessité de rétablir les affaires de sa famille, lui a fait embrasser l’étude des lois et de la jurisprudence. Le temps n’est plus où l’on trouvait dans chaque Romain l’étoffe d’un soldat, d’un laboureur et d’un jurisconsulte ; mais les patriciens ont conservé le respect des trois arts glorieux qui firent la grandeur de leurs ancêtres. Le comte Feraldi, docteur en droit sans déroger, se maria en 1816 à Catherine Mariani, fille du marquis de Grotta Ferrata. »
Extrait de : E. About. « Tolla. »
Risette par Edmond About

Fiche de Risette
Titre : Risette ou Les millions de la mansarde
Auteur : Edmond About
Date de parution : 1859
Editeur : BnF
Première page de Risette
« RISETTE, seule.
Elle est assise et travaille à un chapeau ; elle chante.
Tradéri, déri ; tradéri, déra,
Encore ce ruban rose,
Et le chapeau, et le chapeau,
Encore ce ruban rose
Et le chapeau sera fini.
Tradéri, déra, tradéri, déri, déri, déri.
Elle se lève ; l’examinant. Très coquet, très coquet. Voyons comme il va. Elle le met sur sa tête, se place devant un petit miroir avec révérence. « Bonjour, ma toute belle. Bonjour, chère ! » Si l’on voulait, pourtant !… Mais, bah ! j’aime mieux mon petit bonnet de linge ! Chantant. »
Extrait de : E. About. « Risette ou Les Millions de la mansarde – Vaudeville en un acte. »
Madelon par Edmond About

Fiche de Madelon
Titre : Madelon
Auteur : Edmond About
Date de parution : 1867
Editeur : Hachette
Première page de Madelon
« Le samedi 22 décembre 1839, par un beau soleil couchant, entre quatre et cinq heures, deux jeunes gens de bonne mine discutaient au pied d’un orme des Champs-Élysées. Le plus élégant des deux, M. Belley, était un fils de riche cordonnier, attaché par faveur aux Affaires étrangères, et mille fois plus aristocrate depuis trois ans que le maréchal de Richelieu. L’autre, un peu négligé dans toute sa personne, était le comte de Mayran, démocrate à tous crins, sculpteur passionné et élève de l’atelier de David, en attendant qu’il devînt millionnaire et marquis. Ces messieurs, si éloignés l’un de l’autre par la naissance et l’éducation, étaient liés ensemble comme on l’est à Paris, sans savoir ni comment ni pourquoi ; leur amitié vivait d’un éternel contraste. Pour le moment, ils étaient sous l’impression d’un fait assez étrange qui venait de se passer sous leurs yeux, et qui les avait frappés le plus diversement du monde. »
Extrait de : E. About. « Madelon. »
Les mariages de province par Edmond About

Fiche de Les mariages de province
Titre : Les mariages de Province
Auteur : Edmond About
Date de parution : 1868
Editeur : Hachette
Sommaire de Les mariages de province
- La fille du chanoine
- Mainfroi
- L’album du régiment
- Etienne
Première page de La fille du chanoine
« Voici dans quelle occasion cette histoire me fut contée par le plus honnête homme de Strasbourg. C’était l’hiver dernier ; nous allions faire en pays badois une de ces battues dont on rapporte un cent de lièvres au moins, sous peine de passer pour bredouille. Celui qui nous donnait cette fête et qui m’y conduisait dans sa voiture était le notaire Philippe-Auguste Riess ; il est mort cette semaine après une agonie de six mois, et la vieille ville démocratique le pleure. Tous ceux qui pensent librement, et il y en a beaucoup dans ce noble coin de la France, recherchaient ses conseils et suivaient ses exemples ; il exerçait amicalement sur ses égaux l’autorité que donne un bon sens infaillible doublé d’une irréprochable vertu. Aucune œuvre de bienfaisance intelligente ne fut entreprise sans son concours : il était l’âme de la digne et patriarcale cité. »
Extrait de : E. About. « Les mariages de province. »
Les mariages de Paris par Edmond About

Fiche de Les mariages de Paris
Titre : Les mariages de Paris
Auteur : Edmond About
Date de parution : 1856
Editeur : BnF
Première page de Les mariages de Paris
« Lorsque j’étais candidat à l’école normale (c’était au mois d’octobre de l’an de grâce 1848), je me liai d’amitié avec deux de mes concurrents, les frères Debay. Ils étaient Bretons, nés à Auray, et élevés au collège de Vannes. Quoiqu’ils fussent du même âge, à quelques minutes près, ils ne se ressemblaient en rien, et je n’ai jamais vu deux jumeaux si mal assortis. Mathieu Debay était un petit homme de vingt-trois ans, passablement laid et rabougri. Il avait les bras trop longs, les épaules trop hautes et les jambes trop courtes : vous auriez dit un bossu qui a égaré sa bosse. Son frère Léonce était un type de beauté aristocratique : grand, bien pris, la taille fine, le profil grec, l’œil fier, la moustache superbe. Ses cheveux presque bleus frissonnaient sur sa tête comme la crinière d’un lion. »
Extrait de : E. About. « Les Mariages de Paris. »
Le roi des montagnes par Edmond About

Fiche de Le roi des montagnes
Titre : Le roi des montagnes
Auteur : Edmond About
Date de parution : 1857
Editeur : BnF
Première page de Le roi des montagnes
« Le 3 juillet de cette année, vers six heures du matin, j’arrosais mes pétunias sans songer à mal, quand je vis entrer un grand jeune homme blond, imberbe, coiffé d’une casquette allemande et paré de lunettes d’or. Un ample paletot de lasting flottait mélancoliquement autour de sa personne, comme une voile le long d’un mât lorsque le vent vient à tomber. Il ne portait pas de gants ; ses souliers de cuir écru reposaient sur de puissantes semelles, si larges que le pied était entouré d’un petit trottoir. Dans sa poche de côté, vers la région du cœur, une grande pipe de porcelaine se modelait en relief et dessinait vaguement son profil sous l’étoffe luisante. Je ne songeai pas même à demander à cet inconnu s’il avait fait ses études dans les universités d’Allemagne ; je déposai mon arrosoir, et je le saluai d’un beau : Guten Morgen. »
Extrait de : E. About. « Le Roi des montagnes. »