Catégorie : Livres
Cérès et Vesta par G. Egan

Fiche de Cérès et Vesta
Titre : Cérès et Vesta
Auteur : Greg Egan
Date de parution : 2015
Traduction : E. Perchoc
Editeur : Bélial
Première page de Cérès et Vesta
« Depuis son cocon, Camille plongea le regard dans la noirceur ponctuée d’étoiles, attendant que la terreur la submerge. Elle s’accorda un instant de paix. Chaque minute qu’elle passait éveillée gaspillait ses ressources et augmentait le risque qu’on repère sa signature thermique, mais elle n’osait se résoudre à entrer en hibernation sans l’assurance d’être suffisamment en sécurité pour survivre à une collision au moins. Si elle se détachait dès le tout premier impact – encore éveillée, toujours en vue de Vesta –, elle avait une chance de pouvoir regagner l’astéroïde. Au-delà, ce serait fatal.
Le cocon n’était que quelques centimètres plus grand que sa combinaison, et ses épaisses parois en acrylique ne lui laissaient qu’une vision terne et déformée malgré la transparence impeccable de sa visière. »
Extrait de : G. Egan. « Cérès et Vesta. »
Axiomatique par G. Egan

Fiche de Axiomatique
Titre : Axiomatique
Auteur : Greg Egan
Date de parution : 1995
Traduction : F. Lustman, S. Denis, G. Valéry
Editeur : Le livre de poche
Sommaire de Axiomatique
- L’assassin infini
- Lumière des événements
- Eugène
- La caresse
- Soeurs de sang
- Axiomatique
- Le coffre-fort
- Le point de vue du plafond
- L’enlèvement
- En apprenant à être moi
- Les douves
- La marche
- Le p’tit-mignon
- Vers les ténèbres
- Un amour approprié
- La morale et le virologue
- Plus près de toi
- Orbites instables dans la sphère des illusions
Première page de L’assassin infini
« Une chose est immuable : quand un mutant camé au S commence à brouiller la réalité, c’est toujours moi qu’ils envoient dans le vortex pour remettre les affaires en place.
Pourquoi ? Ils me disent que je suis stable. Fiable. Sûr. Après chaque compte rendu de mission, les psychologues de la Firme (de parfaits inconnus, toujours) secouent la tête d’étonnement à la lecture de leurs données, et me disent que je suis exactement la même personne que lorsque « je » suis entré.
Le nombre d’univers parallèles est un infini non dénombrable – infini comme les nombres réels, pas simplement comme les entiers – ce qui rend difficile la quantification de ces phénomènes en l’absence de définitions mathématiques élaborées mais, pour parler grossièrement, il semble que je sois inhabituellement invariant : plus semblable d’univers en univers que la plupart des gens. À quel point ? Dans combien d’univers ? Suffisamment pour être utile. Suffisamment pour faire le travail. »
Extrait de : G. Egan. « Axiomatique. »
A dos de crocodile par G. Egan

Fiche de A dos de crocodile
Titre : A dos de crocodile
Auteur : Greg Egan
Date de parution : 2005
Traduction : F. Lustman
Editeur : Bélial
Première page de A dos de crocodile
« Leila et Jasim étaient mariés depuis dix mille trois cent neuf ans quand ils commencèrent à envisager de mourir. Ils avaient connu l’amour, élevé des enfants et vu prospérer leur descendance, génération après génération. Ils avaient visité une dizaine de mondes et vécu au sein de mille cultures. Ils avaient plusieurs fois repris des études, démontré des théorèmes et acquis puis délaissé toutes sortes de sensibilités artistiques et de savoir-faire. Ils n’avaient pas tout vécu, loin de là, mais quel aurait été le sens de la pluralité des individus si chacun essayait d’épuiser toutes les permutations de l’existence ? Il y avait des expériences, ils en convenaient, que tout le monde devait faire, mais d’autres qui ne concernaient qu’une poignée de gens dans l’immensité de l’espace et du temps. »
Extrait de : G. Egan. « À dos de crocodile. »
L’énigme de l’univers par G. Egan

Fiche de L’énigme de l’univers
Titre : L’énigme de l’univers (Tome 3 sur 3 – Cosmology)
Auteur : Greg Egan
Date de parution : 1995
Traduction : B. Sigaud
Editeur : Le livre de poche
Première page de L’énigme de l’univers
« — Très bien. Il est mort. Allez, parlez-lui.
Le bioéthicien était un(e) laconique jeune asexe avec des nattes rastas blondes et un T-shirt sur lequel, entre deux pubs payées, clignotait le slogan : DITES NON À LA TDT ! Ille contresigna le formulaire de décharge sur le minicom de la légiste puis se retira dans un coin de la salle. Le traumato et l’infirmier poussèrent sur le côté leur chariot de matériel résurrecteur et la légiste s’élança, seringue hypodermique au poing, pour administrer la première dose de neuropréservatif. Inutile avant la mort légale – massivement toxique pour plusieurs organes dans un intervalle de quelques heures –, ce cocktail d’antagonistes du glutamate, d’inhibiteurs calciques et d’antioxydants arrêterait presque immédiatement les changements biochimiques les plus destructeurs dans le cerveau de la victime. »
Extrait de : G. Egan. « L’Énigme de l’Univers – Cosmology. »
La cité des permutants par G. Egan

Fiche de La cité des permutants
Titre : La cité des permutants (Tome 2 sur 3 – Cosmology)
Auteur : Greg Egan
Date de parution : 1994
Traduction : B. Sigaud
Editeur : Le livre de poche
Première page de La cité des permutants
« Paul Durham ouvrit les yeux, cilla devant la clarté inattendue de la pièce puis tendit paresseusement la main pour la placer dans une flaque de soleil au coin du lit. Des poussières voltigeaient dans le rayon lumineux qui pénétrait obliquement entre les rideaux disjoints, et chaque particule semblait apparaître et disparaître comme par magie, évoquant un souvenir d’enfance de la dernière fois où il avait trouvé cette illusion si irrésistible, si hypnotique : Il se tenait sur le seuil de la cuisine, la lumière de l’après-midi sectionnait la pièce où poussières, grains de farine et volutes de vapeur tourbillonnaient dans la tranche d’air étincelante. L’esprit momentanément brouillé par le sommeil, il essayait encore de s’éveiller, de se ressaisir, de mettre de l’ordre dans sa vie, et il lui sembla tout aussi logique de juxtaposer ces deux fragments – de voir des poussières flotter dans le soleil à quarante ans de distance – que de suivre l’écoulement ordinaire du temps d’un instant au suivant. Puis il s’éveilla un peu plus, et la confusion se dissipa. »
Extrait de : G. Egan. « La Cité des permutants – Cosmology. »
Isolation par G. Egan

Fiche de Isolation
Titre : Isolation (Tome 1 sur 3 – Cosmology)
Auteur : Greg Egan
Date de parution : 1992
Traduction : F. Lustman
Editeur : Le livre de poche
Première page de Isolation
« Seuls mes clients les plus paranoïaques me téléphonent en plein sommeil.
Bien évidemment, personne ne désire qu’un appel sensible soit décodé et affiché sur l’écran d’un vidéophone ordinaire ; même si la pièce n’est pas sous écoute, on peut capter dans tout le voisinage le bruit radioélectrique engendré par l’affichage du message décrypté. La plupart des gens se contentent néanmoins de la solution habituelle : une modification neurale permettant au cerveau d’effectuer lui-même le décodage et de transmettre directement le résultat aux centres visuels et auditifs. Le mod que j’utilise, Maître-Chiffre (NeuroComm, 5 999 $), fournit également un larynx virtuel en option pour une sécurité bidirectionnelle totale…
… ou presque. Même le cerveau laisse échapper des champs électriques et magnétiques minimes. »
Extrait de : G. Egan. « Isolation – Cosmology. »
ZeroS par P. Watts

Fiche de ZeroS
Titre : ZeroS
Auteur : Peter Watts
Date de parution : 2018
Traduction : G. Goullet
Editeur : Bélial
Première page de ZeroS
« Asante part en hurlant. L’enfer est une chambre de réverbération pleine de cris, d’eau de mer et de chocs métalliques. Des ombres monstrueuses passent sur les cloisons, de la lumière verte ondule et s’entrecroise sur la moindre surface. Telles des créatures qui surgissent d’un lagon brillant, les Sāhilites émergent du puits central en ouvrant le feu : le milieu du corps de Rashida explose en une brume sombre, sa moitié supérieure tombe sur le pont. Kito est toujours en train de se traîner vers le fusil à harpon sur le séchoir… comme si un vieil outil de pêche pouvait repousser ces monstres avec leurs flingues, leur air comprimé et leurs petites cartouches qui s’enfoncent loin dans votre chair avant de vous montrer l’effet sur vos intestins de la libération de cinq cents atmosphères.
Asante a moins que ça. Il n’a que ses poings.
Il s’en sert. Se jette sur la Sāhilite la plus proche au moment où elle braque son arme sur Kito, frappe frénétiquement alors que le pont gémit, se dérobe et s’incline. »
Extrait de : P. Watts. « ZeroS. »
Eriophora par P. Watts

Fiche de Eriophora
Titre : Eriophora
Auteur : Peter Watts
Date de parution : 2018
Traduction : G. Goullet
Editeur : Bélial
Première page de Eriophora
« Au début de notre voyage, je m’amusais à chacun de mes dégels à calculer la distance qu’on avait parcourue jusque-là, puis je regardais à quelle époque ça correspondrait si l’Eriophora était une machine à voyager dans le temps, si nous remontions l’histoire au lieu de nous enfoncer dans le cosmos. Oh, regarde : le temps d’atteindre notre premier chantier et nous voilà revenus à la Révolution industrielle. Deux chantiers nous ont emmenés à l’âge d’or de l’Islam, sept à la dynastie Shang.
J’essayais sans doute ainsi de conserver une sorte de lien, de mesurer cette entreprise vraiment immortelle sur une échelle perceptible viscéralement par la viande. Sauf que ça n’a pas marché. Bien au contraire : vouloir ne serait-ce qu’essayer de circonscrire la Diaspora dans les pitoyables limites de l’histoire terrestre a fini par m’apparaître complètement absurde et orgueilleux. »
Extrait de : P. Watts. « Eriophora. »
Au-delà du gouffre par P. Watts

Fiche de Au-delà du gouffre
Titre : Au-delà du gouffre
Auteur : Peter Watts
Date de parution : 2015
Traduction : G. Goullet
Editeur : Bélial
Sommaire de Au-delà du gouffre
- Les choses
- Le Malak
- Ambassadeur
- Nimbus
- Le second avènement de Jasmine Fitzegerald
- L’île
- Eclat
- Géantes
- Un mot pour les païens
- Chair faite parole
- Les yeux de Dieu
- Hillcrest contre Velikovski
- Ephémère
- Le colonel
- Une niche
- Maison
Première page de Les choses
« Là, je suis Blair. Je m’échappe par l’arrière tandis que le monde entre par l’avant.
Là, je suis Copper. Je me lève d’entre les morts.
Là, je suis Childs. Je garde l’entrée principale.
Les noms n’ont pas d’importance. Ce sont des symboles, rien de plus ; toutes les biomasses sont interchangeables. Ce qui importe, c’est qu’elles sont tout ce qui subsiste de moi. Le monde a brûlé tout le reste.
Je me vois par la fenêtre qui avance à grandes enjambées dans la tempête, étant Blair. MacReady m’a dit de brûler Blair s’il revient tout seul, mais MacReady pense toujours que je suis l’un de lui : non, je parais Blair et je suis à la porte. Là, je suis Childs, et je me fais entrer. Je partage une brève communion, des vrilles se tordent à partir de mes visages et s’entremêlent : je suis BlairChilds échangeant des nouvelles du monde. »
Extrait de : P. Watts. « Au-delà du gouffre. »
Echopraxie par P. Watts

Fiche de Echopraxie
Titre : Echopraxie (Tome 2 sur 2 – Vision aveugle)
Auteur : Peter Watts
Date de parution : 2014
Traduction : G. Goullet
Editeur : Fleuve noir
Première page de Echopraxie
« Une pièce blanche, vierge d’ombre et de topographie. Aucun angle : c’est une condition indispensable. Aucun coin ni aucune intrusion mobilière, aucun éclairage directionnel, aucune géométrie de lumière et d’ombre dont l’intersection, vue d’un endroit quelconque de la pièce, pourrait évoquer le Signe de Croix. Les parois, ou plutôt la paroi consistait en une seule surface incurvée légèrement bioluminescente, une enceinte sphéroïde aplanie à contrecœur à la base par égard pour la convention bipède. C’était un utérus géant de trois mètres de diamètre, avec même quelque chose qui pleurnichait en chien de fusil par terre.
Un utérus dont tout le sang était à l’extérieur.
Elle s’appelait Sachita Bhar et tout ce sang était aussi dans sa tête. »
Extrait de : P. Watts. « Échopraxie – Vision aveugle. »