Catégorie : Livres

 

Vision aveugle par P. Watts

Fiche de Vision aveugle

Titre : Vision aveugle (Tome 1 sur 2 – Vision aveugle)
Auteur : Peter Watts
Date de parution : 2006
Traduction : G. Goullet
Editeur : Fleuve noir

Première page de Vision aveugle

« Imaginez que vous êtes Siri Keeton.
Vous vous réveillez dans une résurrection atrocement douloureuse, cherchant votre souffle après une apnée du sommeil record de cent quarante jours. Vous sentez votre sang, épaissi par la dobutamine et la leu-enképhaline, se frayer un chemin dans des artères racornies par des mois d’inactivité. Le corps enfle en incréments douloureux : les vaisseaux sanguins se dilatent, la chair se détache de la chair, les côtes craquent dans vos oreilles à cause d’une soudaine et inhabituelle flexion. Vos articulations se sont grippées à force de ne pas servir. Vous êtes un homme-bâton, figé en une perverse rigor vitae.
Vous hurleriez, si vous aviez assez de souffle. »

Extrait de : P. Watts. « Vision aveugle – Vision aveugle. »

Béhémoth par P. Watts

Fiche de Béhémoth

Titre : Béhémoth (Tome 3 sur 3 – Rifteurs)
Auteur : Peter Watts
Date de parution : 2003
Traduction : G. Goullet
Editeur : Fleuve noir

Première page de Béhémoth

« Quand on a perdu ses yeux, avait entendu dire Achille Desjardins, on les récupère dans ses rêves.
Cela n’arrivait pas qu’aux aveugles : n’importe qui de diminué par la vie se rêvait complet. Les quadruples amputés couraient et jouaient au football, les sourds entendaient des symphonies, les cœurs brisés aimaient à nouveau. L’esprit avait sa propre inertie ; il avait tellement pris l’habitude d’un certain rôle au cours de toutes ces années qu’il rechignait à abandonner l’ancien paradigme.
Il finissait par le faire, bien entendu. Les visions radieuses disparaissaient, la musique cessait, le flux sensoriel imaginaire se réduisait à quelque chose de plus adapté à des orbites vides et des cochlées dévastées. Mais cela prenait des années, des décennies… au cours desquelles l’esprit se torturait nuit après nuit avec le souvenir de ce qu’il avait perdu. »

Extrait de : P. Watts. « Béhémoth – Rifteurs. »

Rifteurs par P. Watts

Fiche de Rifteurs

Titre : Rifteurs (Tome 2 sur 3 – Rifteurs)
Auteur : Peter Watts
Date de parution : 2001
Traduction : G. Goullet
Editeur : Fleuve noir

Première page de Rifteurs

« Le lendemain du jour où Patricia Rowan sauva le monde, une partie de sa conscience se retourna contre elle à cause d’un dénommé Elias Murphy.
Elle n’avait pas vraiment besoin d’un retour de bâton supplémentaire. Ses lentilles tactiques ne cessaient déjà de lui montrer morts et dégâts, en nombres bien trop vagues pour qu’on puisse parler d’estimations. Cela faisait seulement seize heures : les ordres de grandeur eux-mêmes n’étaient guère que de simples suppositions. Les machines continuaient malgré tout à essayer de préciser les pertes, tant de millions de vies, tant de milliards de dollars, comme si quantifier l’apocalypse la rendait anodine.
Ça pourrait marcher, d’ailleurs ! se dit-elle. 
Les monstres les plus effrayants se débrouillaient toujours pour disparaître juste avant qu’on allume la lumière. »

Extrait de : P. Watts. « Rifteurs – Rifteurs. »

Starfish par P. Watts

Fiche de Starfish

Titre : Starfish (Tome 1 sur 3 – Rifteurs)
Auteur : Peter Watts
Date de parution : 1999
Traduction : G. Goullet
Editeur : Fleuve noir

Première page de Starfish

« L’abysse devrait vous clouer le bec.

Le soleil n’a pas touché ces eaux depuis un million d’années. Les atmosphères s’y accumulent par centaines, les fosses pourraient avaler douze Everest sans le moindre rot. On dit que la vie elle-même a commencé au fond des océans. Possible. Sa naissance n’a pas dû être facile, à voir ce qu’il en reste… des créatures monstrueuses, aux formes cauchemardesques façonnées par la pression, l’absence de lumière et les famines chroniques.

Même à cet endroit, l’intérieur de la coque, l’abysse vous pèse dessus comme la voûte d’une cathédrale. Ce n’est pas un endroit où on braille conneries et futilités. Si tant est qu’on parle, on le fait sans élever la voix. Mais ces touristes-là semblent tout bonnement n’en avoir rien à foutre. »

Extrait de : P. Watts. « Starfish – Rifteurs. »

Women in chains par T. Day

Fiche de Women in chains

Titre : Women in chains
Auteur : Thomas Day
Date de parution : 2012
Editeur : ActuSF

Sommaire de Women in chains

  • La ville féminicide
  • Eros-center
  • Tu ne laisseras point vivre…
  • Nous sommes les violeurs
  • Poings de suture

Première page de La ville féminicide

« Alors que la douanière mexicaine – en surpoids flagrant, uniforme impeccable, gants de latex aux mains, cigarette aux lèvres – fouille son sac, Sergeï ne peut s’empêcher de penser à sa mère : cette grosse vache impotente, aux énormes mamelles tombantes, ancienne reine-maquerelle de la mafia de Saint-Pétersbourg, qu’il a laissée le cul noir de merde dans son loft de Fort Worth, un téléphone portable déchargé dans un coin de la chambre, la carte sim à l’opposé, le chargeur planqué en hauteur.

T’es toujours occupée à te plaindre, mamá ; maintenant que tu fais la limace pour pouvoir appeler de l’aide, ta nuisette collante de chiasse, tu as enfin de bonnes raisons. »

Extrait de : T. Day. « Women in chains. »

This is not America par T. Day

Fiche de This is not America

Titre : This is not America
Auteur : Thomas Day
Date de parution : 2009
Editeur : ActuSF

Sommaire de This is not America

  • Cette année là, l’hiver commença le 22 novembre
  • American drug trip
  • Eloge du sacrifice

Première page de Cette année là, l’hiver commença le 22 novembre

« Maintenant, Frenkel est mort. Aucun doute n’est possible. De toute façon, on savait tous les trois – Frenkel, De Vries et moi – que ça finirait comme ça. Tout a une fin : les soirées enfumées à mettre au point des tirs triangulaires croisés entre deux blagues salaces, les naïves du week-end qui puent l’usine et savent d’avance que ce n’est pas encore ce soir qu’elles ont tiré le gros lot, les aubes sales et froides de la guerre de Corée où toute oreille bourdonne, le goût et la chaleur accueillante des méninges humaines, les neiges mortes de Sibérie. Même les souvenirs plus anciens, mieux enfouis, s’effacent : les tiques gonflées de sang que l’on déloge patiemment, l’odeur fauve des loups occupés à copuler, l’impact et, avant, la vitesse… sous les étoiles. »

Extrait de : T. Day. « This is not America. »

Sympathies for the devil par T. Day

Fiche de Sympathies for the devil

Titre : Sympathies for the devil
Auteur : Thomas Day
Date de parution : 2011
Editeur : Bélial

Sommaire de Sympathies for the devil

  • Une forêt de cendres
  • A l’heure du loup
  • L’erreur
  • La mécanique des profondeurs
  • La notion de génocide nécessaire
  • Démon aux yeux de lumière

Première page de Une forêt de cendres

« Chère mère,

En ce vingt-deuxième jour de mai, ma vie semble prendre une tournure inattendue.

Je suis toujours à l’orée des terres impies, là où, par temps clair, les ténèbres du Cercle rongent l’horizon. Je sais que vous ignorez tout de ce spectacle. Rien ne le dépasse, ni en beauté ni en puissance. Posées sur l’horizon vaincu, les ténèbres forment un mur de nuages fuligineux, instables, qui se dresse jusqu’aux cieux, dévorant le soleil pendant la majeure partie du jour.

Contrairement à ce qui est écrit dans ma précédente lettre, demain je ne traverserai pas la banquise pour l’île de Skye, où une rébellion mérite amplement ma fureur dévastatrice. Mon voyage vers le pays du Mal s’est arrêté au château d’Eilean Donan, ruines moites et glacées où se terrent les descendants dégénérés du clan MacRae. »

Extrait de : T. Day. « Sympathies for the devil. »

Stairways to hell par T. Day

Fiche de Stairways to hell

Titre : Stairways to hell
Auteur : Thomas Day
Date de parution : 2010
Editeur : Bélial

Sommaire de Stairways to hell

  • Mes escaliers pour l’enfer
  • Extermination Highway
  • Dirty Boulevard
  • Punishment Park
  • Blanche-neige au pays du grand méchant loup

Première page de Extermination Highway

« D’abord, l’odeur s’impose : lourde puanteur de caoutchouc brûlé, de pneus cuits et recuits par le soleil au point de s’effriter, de verre brisé, de carburants au goutte à goutte, de skaï brûlant, de cendriers pleins à dégueuler, de produit lave-glace…

Au loin, quelques grattements se font entendre, quelques halètements animaux, quelques courses – griffes sur la tôle tiède.

Ton corps en alerte t’oblige à ouvrir les yeux. La curiosité mêlée d’inquiétude… plus forte que toi. Tu ne peux pas lutter. Toute résistance est vaine. Ils sont de plus en plus proches. Menaçants – griffes sur la tôle tiède.

La lumière pénètre ton œil, en brûle le fond, t’offre l’aveuglement, suivi de quelques nuages d’insectes lumineux. Phosphènes. Enfin ton regard trouve un chemin vers la réalité : un minuscule triangle de ciel nocturne apparaît. »

Extrait de : T. Day. « Stairways to hell. »

Rêves de guerre par T. Day

Fiche de Rêves de guerre

Titre : Rêves de guerre
Auteur : Thomas Day
Date de parution : 2001
Editeur : Mnémos

Première page de Rêves de guerre

« Parfois, sous les rayons tièdes d’Anta, l’astre qui éclaire le Monde, les cimetières dorment sous de grands champs de fleurs. Voilà à quoi pense Drex, l’enfant défiguré, alors qu’il s’amuse, qu’il fauche à coups de pied les tiges les plus épaisses, jetant à terre les dernières corolles de la saison, riant et criant parfois. En compagnie de son gypte, il joue sous un ciel embrasé par l’aube, camaïeu céleste qui, de l’orange automnal, monte jusqu’à des bleus d’été coiffés de nuages.
C’est dans ce champ que le peuple enterre ses morts, au cœur de cette prairie qui jouxte la forêt des Sylvains, surnommée Forêt-Piège par les grands voyageurs. Bien entendu, il est interdit à un enfant de s’y rendre seul et encore plus de ravager les grands bouquets de clochettes blanches, les champignons héliotropes, les immenses fleurs épineuses qui ressemblent à des boucliers dressés pour la guerre. »

Extrait de : T. Day. « Rêves De Guerre. »

Les continents perdus par T. Day

Fiche de Les continents perdus

Titre : Les continents perdus
Auteur : Thomas Day
Traduction : J.-D. Brèque
Date de parution : 2005
Editeur : Denoël

Sommaire de Les continents perdus

  • Le prométhée invalide par W. J. Williams
  • Tirkiluk par I. R. MacLeod
  • Apartheid, Supercordes et Mordecai Thubana par M. Bishop
  • Le train noir par L. Shepard
  • Le pays invaincu par G. Ryman

Première page de Le prométhée invalide

« Mary se réveilla dans la salle commune de l’auberge, à l’issue d’un bref songe de roses et de mort. Une fois pleinement lucide, elle se rappela que des églantines poussaient sur la tombe de sa mère et se demanda si elle n’avait pas été visitée par l’esprit de celle-ci.
C’était sur la tombe de sa mère que son amant lui avait appris son intention de l’enlever. Et c’était là que tous deux avaient fait l’amour pour la première fois.
Mary se croyait enceinte. Son amant la croyait dans l’erreur. Les choses en étaient là.
Mieux valait ne pas y penser, conclut-elle. Battant des cils pour chasser le sommeil, elle se redressa sur son siège, dans la salle commune de l’auberge du Caillou, et décida d’étudier sa grammaire italienne à la lueur d’une bougie. »

Extrait de : T. Day. « Les Continents Perdus. »