Catégorie : Livres

 

Miles Vorkosigan par Lois McMaster Bujold

Fiche de Miles Vorkosigan

Titre : Miles Vorkosigan (Tome 6 sur 20 – Saga Vorkosigan)
Auteur : Lois McMaster Bujold
Date de parution : 1991
Traduction : A. Rosenblum
Editeur : J’ai lu

Première page de Miles Vorkosigan

« — Je suis affecté à la flotte spatiale ! s’exclama dans un cri de joie l’enseigne qui se trouvait le quatrième avant Miles dans la file d’attente. (Radieux, il parcourut à la hâte son ordre de mission, le feuillet de plastique tremblant légèrement entre ses mains.) Je suis nommé officier subalterne préposé à l’armement sur le croiseur impérial Commodore Vorhalas. Je dois me présenter immédiatement à l’astroport de la base de Tanery pour mon transfert orbital.

On le poussa doucement, et il s’écarta d’un petit saut qui n’avait rien de militaire, pour laisser la place au suivant.

— Enseigne Plause.

Le sergent entre deux âges assis derrière le bureau réussissait à arborer une mine à la fois blasée et supérieure tandis qu’il brandissait posément, entre pouce et index, une nouvelle enveloppe. Depuis combien de temps occupait-il ce poste à l’Ecole militaire impériale ? se demanda Miles. Combien de centaines – de milliers – de jeunes officiers étaient passés sous ses yeux indifférents à ce moment suprême de leur carrière ? Avaient-ils commencé à se ressembler tous au bout de quelques années ? Les mêmes uniformes verts impeccables. »

Extrait de : L. McMaster Bujold. « Miles Vorkosigan – Saga Vorkosigan. »

Les frontières de l’infini par Lois McMaster Bujold

Fiche de Les frontières de l’infini

Titre : Les frontières de l’infini (Tome 10 sur 20 – Saga Vorkosigan)
Auteur : Lois McMaster Bujold
Date de parution : 1989
Traduction : B. Emerich
Editeur : J’ai lu

Sommaire de Les frontières de l’infini :

  • Les montagnes du deuil (Tome 5 sur 20 – Saga Vorkosigan)
  • Le labyrinthe (Tome 9 sur 20 – Saga Vorkosigan)
  • Les frontières de l’infini (Tome 10 sur 20 – Saga Vorkosigan)

Première page de Les montagnes du deuil

« — Lieutenant Vorkosigan, vous avez une visite.

Le garde, crispé, s’écarta pour laisser entrer l’individu qu’il escortait dans la chambre d’hôpital avant de refermer la porte derrière lui.

Le nez retroussé, l’œil vif, ainsi que l’expression franche et douce du visage, prêtaient à cet homme un faux air de jeunesse malgré ses tempes grisonnantes. Son costume civil était de coupe et de couleur discrètes, à l’image de celui qui le portait. De la lointaine époque où il avait exercé les fonctions d’agent secret, Simon Illyan, le chef de la Sécurité impériale de Barrayar, avait gardé l’habitude de passer inaperçu.

— Salut, patron, fit Miles.

— Vous m’avez l’air dans un sale état, observa plaisamment Illyan. Ne vous donnez pas la peine de me saluer.

Miles ricana, ce qui le fit souffrir. Du reste, tout son corps le faisait souffrir, hormis ses bras, bandés et immobilisés des omoplates jusqu’au bout des doigts : les analgésiques faisaient encore effet. Miles se tortilla sous ses couvertures pour chercher en vain une position plus confortable. »

Extrait de : L. McMaster Bujold. « Les frontieres de l’infini – Saga Vorkosigan. »

L’apprentissage du guerrier par Lois McMaster Bujold

Fiche de L’apprentissage du guerrier

Titre : L’apprentissage du guerrier (Tome 4 sur 20 – Saga Vorkosigan)
Auteur : Lois McMaster Bujold
Date de parution : 1986
Traduction : G. Blattmann
Editeur : J’ai lu

Première page de L’apprentissage du guerrier

« Le sous-off, un grand type vêtu de l’uniforme vert des forces impériales, maniait ses feuillets d’instructions comme un bâton de maréchal. Il les avait roulés et, distraitement, s’en frappait la cuisse tout en promenant sur le groupe d’hommes alignés devant lui un regard chargé de mépris et de défi.

Tout ça fait partie du jeu, songea Miles. Au garde-à-vous, il essayait de ne pas trembler dans son short et ses baskets. Rien de tel pour déstabiliser un homme que de le laisser poireauter à moitié nu au beau milieu de l’automne. Miles étudiait attentivement le sous-off chargé de surveiller les épreuves, méditant sur les procédés, conscients ou inconscients, qui lui permettaient d’arborer cet air supérieur. Il y avait certainement là matière à s’instruire…

— Vous participerez aux épreuves deux par deux, annonça le gradé.

Sans avoir l’air d’élever le ton, il parvenait à se faire entendre jusqu’à l’extrémité des rangs. Encore une combine efficace, se dit Miles. Ça lui rappelait l’habitude qu’avait son père, lorsqu’il était en rage, de baisser la voix jusqu’à ce qu’elle ne soit plus qu’un mince filet, contraignant ainsi ses interlocuteurs à une attention redoublée. »

Extrait de : L. McMaster Bujold. « L’apprentissage du guerrier – Saga Vorkosigan. »

Barayar par Lois McMaster Bujold

Fiche de Barayar

Titre : Barayar (Tome 3 sur 20 – Saga Vorkosigan)
Auteur : Lois McMaster Bujold
Date de parution : 1991
Traduction : M. Deutsch
Editeur : J’ai lu

Première page de Barayar

« J’ai peur. Cordelia repoussa le rideau de la fenêtre du salon de la résidence Vorkosigan et son regard plongea dans la rue inondée de soleil, trois étages plus bas. Un long véhicule argenté s’était engagé dans l’allée semi-circulaire menant au portail. Une fois passé la grille aux barreaux acérés et les massifs d’arbustes importés de la Terre, il fit halte. C’était une voiture officielle. La portière arrière s’ouvrit et un homme en uniforme vert en sortit. Bien que la vue plongeante déformât la perspective, Cordelia reconnut le commandant Illyan à ses cheveux bruns. Il était tête nue, selon son habitude. Marchant à grands pas, il eut bientôt disparu sous le portique. Je n’ai pas vraiment à me faire de bile tant que la Sécurité impériale ne vient pas nous chercher au beau milieu de la nuit. N’empêche, une boule d’angoisse lui nouait l’estomac. Mais qu’est-ce qui m’a pris de venir sur Barrayar ? De jouer ma vie à pile ou face ?

Des bottes martelèrent le corridor. Il y eut un grincement quand la porte du salon s’ouvrit. Le sergent Bothari passa la tête par l’entrebâillement et poussa un soupir de satisfaction en voyant que Cordelia était bien là.

— C’est l’heure, milady.

— Merci, sergent.

Cordelia laissa retomber le rideau et se retourna pour s’examiner une dernière fois dans le miroir surmontant l’archaïque cheminée. »

Extrait de : L. McMaster Bujold. « Barrayar – Saga Vorkosigan. »

Cordelia Vorkosigan par Lois McMaster Bujold

Fiche de Cordelia Vorkosigan

Titre : Cordelia Vorkosigan (Tome 2 sur 20 – Saga Vorkosigan)
Auteur : Lois McMaster Bujold
Date de parution : 1986
Traduction : M. Deutsch
Editeur : J’ai lu

Première page de Cordelia Vorkosigan

« Des écharpes de brume grises et impalpables flottaient à travers la forêt. Sur les hauteurs, le brouillard que commençait à réchauffer le soleil naissant devenait plus lumineux, mais au fond du ravin silencieux régnait encore la fraîche pénombre de l’aurore.

Le capitaine Cordelia Naismith, le souffle court, s’arrêta un instant pour rajuster les bretelles de son sac à dos. Après avoir jeté un coup d’œil vers son botaniste, elle reprit l’ascension en repoussant d’un geste impatient une mèche humide qui lui tombait dans les yeux. La prochaine fois, elle choisirait une zone d’exploration à basse altitude. Certes, sur cette planète, la gravité était un peu plus faible que sur la colonie de Beta, la sienne, mais, en hauteur, l’air était quand même trop raréfié pour diminuer la contrainte physiologique.

À l’approche de la lisière de la forêt, la végétation se faisait plus dense. Pliés en deux, ils grimpaient, pataugeant dans le ruisseau boueux qui serpentait le long du ravin.

Enfin, la forêt prit fin et ils émergèrent à l’air libre. »

Extrait de : L. McMaster Bujold. « Cordelia Vorkosigan – Saga Vorkosigan. »

Opération Cay par Lois McMaster Bujold

Fiche de Opération Cay

Titre : Opération Cay (Tome 1 sur 20 – Saga Vorkosigan)
Auteur : Lois McMaster Bujold
Date de parution : 1988
Traduction : G. Blattmann
Editeur : J’ai lu

Première page de Opération Cay

« La planète Rodeo tournoyait à une vitesse vertigineuse au large du hublot. Une femme, que Leo Graf avait vue débarquer en même temps que lui du navire de saut, la suivit du regard un moment avant de s’asseoir sur une des banquettes de la station de transfert. Elle ferma les yeux, respirant avec peine, les rouvrit, rencontra ceux de Leo et haussa les épaules, gênée. Leo lui adressa un sourire compréhensif. Il compatissait ; lui-même avait la chance de n’avoir jamais été sujet au mal de l’espace. Il s’avança pour prendre la place de la voyageuse devant le hublot panoramique.

La couche de nuages effilochés tourbillonnant dans l’atmosphère de la planète laissait entrevoir une vaste étendue désertique de sable rouge. Rodeo était un monde marginal, inhabité en dehors des exploitations minières et pétrolières de GalacTech.

Que venait-il faire dans ce trou ? Ce n’était pas la première fois qu’il se posait la question. Les interventions techniques souterraines n’étaient pas trop dans ses cordes. »

Extrait de : L. McMaster Bujold. « Opération Cay – Saga Vorkosigan. »

Horizon par Lois McMaster Bujold

Fiche de Horizon

Titre : Horizon (Tome 4 sur 4 – Le couteau du partage)
Auteur : Lois McMaster Bujold
Date de parution : 2009
Traduction : B. Domis
Editeur : Bragelonne

Première page de Horizon

« Le marché de la Brasse battait son plein. Les narines de Faon frémirent,assaillies par les odeurs fortes: poissons, palourdes, bestioles emballées dans des algues qui agitaient les pattes et ressemblaient à des écrevisses géantes; friture des beignets, crabes en train de bouillir, fruits secs, fromages; piles de linge usagé et mal lavé; poules, chèvres, moutons, chevaux. À tout cela se mêlait l’odeur forte et humide du Gris, tellement large à cet endroit que la rive opposée du fleuve s’estompait dans la lumière de ce matin d’hiver.

L’eau couleur de plomb miroitait en silence au-delà de la foule animée, rassemblée au pied des falaises séparant le Quartier Haut de Grise-Bouche de la partie de la ville située au bord de l’eau, plus bruyante et — Faon devait bien l’admettre — pestilentielle. Le long des rives boueuses étaient alignés des chalands arrivés au bout du voyage, des coches prêts à repartir, mais aussi des bateaux de pêche et des caboteurs qui allaient et venaient plus en fonction du rythme de la mer distante d’une quinzaine de kilomètres que des humeurs du fleuve. Les rues sinuaient entre les échoppes, les tavernes de bateliers et les cabanes — toutes construites à partir de chalands démontés, ou dans certains cas laissés intacts, mais sur roues et tirés à terre par des boeufs et posés à même le sol. Leurs propriétaires prétendaient attendre de pied ferme la prochaine inondation qui tenterait — sans succès, d’après eux — de débarrasser Grise-Bouche de la saleté et de la puanteur de la Brasse en emportant le Quartier Bas vers la mer, pendant que le Quartier Haut assisterait au spectacle, bien au sec. »

Extrait de : L. McMaster Bujold. « Horizon – Le couteau du partage. »

Passage par Lois McMaster Bujold

Fiche de Passage

Titre : Passage (Tome 3 sur 4 – Le couteau du partage)
Auteur : Lois McMaster Bujold
Date de parution : 2008
Traduction :
Editeur : Bragelonne

Première page de Passage

« Dag chevauchait paisiblement, l’esprit uniquement occupé par la perspective d’un déjeuner à la ferme des Prébleu, probablement suivi d’une sieste, quand la flèche passa en sifflant devant son visage.

Pris de panique, il tendit son bras droit et arracha sa femme de sa selle. Il tomba sur la gauche, les entraînant tous deux à l’abri derrière leurs chevaux; il ouvrit grand son InnéSens encore balbutiant – toujours pas plus d’une centaine de pas, bon sang! – et tiraillé entre des pensées concernant Faon, le couteau à sa ceinture, l’arc débandé dans son dos et combien et où sont-ils? Le tout occulté par la soudaine douleur qui le foudroya quand il reçut leurs deux poids sur sa jambe convalescente. Dans son cri, « Étincelle, reste derrière moi ! » se transforma en « Argh ! » quand sa jambe plia sous lui. La jument de Faon s’emballa. Son cheval, Tête de Cuivre, broncha et tira sur les rênes toujours enroulées autour du crochet qui remplaçait la main gauche de Dag; il ne parvint à rester debout que grâce à cela et au soutien de Faon installée sous son bras, une fois son
équilibre retrouvé.

— Dag ! glapit Faon, ployant sous son poids.

Dag se redressa, renonçant à se tortiller pour attraper son arc, quand il identifia enfin la source de l’attaque – pas à l’aide de son InnéSens, mais avec ses yeux et ses oreilles. Son beau-frère, Brin Prébleu, se précipitait dans la cour de la vieille écurie, agitant un arc dans les airs.

— Oh, pardon ! Désolé ! leur cria-t-il. »

Extrait de : L. McMaster Bujold. « Passage – Le couteau du partage. »

Héritage par Lois McMaster Bujold

Fiche de Héritage

Titre : Héritage (Tome 2 sur 4 – Le couteau du partage)
Auteur : Lois McMaster Bujold
Date de parution : 2007
Traduction :
Editeur : Bragelonne

Première page de Héritage

« La cérémonie s’était achevée deux heures auparavant, mais Dag en était encore grisé. Les extrémités lestées du bracelet de mariage noué autour de son bras dansaient en cadence avec le trot cossard de son cheval. En selle à ses côtés, Faon – ma jeune épouse, voilà de quoi faire tourner la tête d’un homme – lui rendit son sourire, le regard joyeux.

Ma fermière d’épouse. Ce mariage n’aurait pas dû être possible. Il y aurait des conséquences.

Il y avait eu des problèmes avant, il y en aurait encore après. Mais pas aujourd’hui. À cet instant précis, à la lumière du plus bel après-midi d’été qu’il ait jamais connu, il ne ressentait qu’une joie infinie.

Une fois la première dizaine de kilomètres derrière eux, Dag constata que sa compagne avait tout aussi envie que lui d’échapper au dénouement de la fête. Ils traversèrent le dernier village sur la route du fleuve en direction du nord, après quoi le chemin que prirent les deux voyageurs se transforma en une sorte de sentier plein d’ornières. Au fur et à mesure qu’ils avançaient, les fermes se firent moins nombreuses, isolées les unes des autres par des zones boisées de plus en plus vastes. »

Extrait de : L. McMaster Bujold. « Héritage – Le couteau du partage. »

Ensorcellement par Lois McMaster Bujold

Fiche de Ensorcellement

Titre : Ensorcellement (Tome 1 sur 4 – Le couteau du partage)
Auteur : Lois McMaster Bujold
Date de parution : 2006
Traduction : J. Lopez
Editeur : Bragelonne

Première page de Ensorcellement

« Faon arriva à la maison au puits un peu avant midi. La bâtisse ressemblait plus à une ferme qu’à une auberge et se dressait au bord de la route en ligne droite sur laquelle Faon avançait péniblement depuis deux jours. La cour, ouverte aux voyageurs, était délimitée par de vieux bâtiments en rondins disposés en demi-cercle, au milieu duquel se trouvait le puits couvert promis. Pour dissiper le moindre doute, quelqu’un avait accroché à l’un des poteaux un panneau représentant le puits et avait inscrit au-dessous la liste des produits en vente à la ferme, ainsi que leur prix. Chaque ligne minutieusement écrite était accompagnée d’un petit dessin et de rangées de cercles colorés figurant les pièces de monnaie nécessaires à leur achat, pour ceux qui ne savaient déchiffrer ni les mots ni les nombres. La mère de Faon lui avait appris à lire, à compter et aussi à tenir les comptes, ainsi que de nombreuses autres choses utiles à une maîtresse de maison. Elle fronça les sourcils en pensant tout à coup : Si je suis si intelligente, alors qu’est-ce que je fais dans ce pétrin ?

Elle serra les dents et plongea la main dans la poche de sa jupe à la recherche de sa bourse. Elle n’était pas lourde, mais il y avait bien de quoi s’acheter du pain. »

Extrait de : L. McMaster Bujold. « Le Couteau Du Partage – Ensorcellement. »