Catégorie : Livres
La mort noire par Olivier Peru et Patrick McSpare

Fiche de La mort noire
Titre : La mort noire (tome 5 sur 5 – Les Hauts Conteurs)
Auteur : Olivier Peru et Patrick McSpare
Date de parution : 2012
Editeur : Scrineo
Première page de La mort noire
« Roland attendit que le bateau s’immobilise pour décrisper ses mains du bastingage. Une houle vicieuse s’était acharnée à lui empoisonner ce dernier jour de voyage, et le calme revenait seulement maintenant, alors que le lourd bâtiment entrait au port. Définitivement fâché avec les fantaisies enfantines où il se rêvait grand navigateur, le jeune homme dressa un constat sans appel : deux ans d’amnésie à croupir dans les geôles des sorcières ne l’avaient pas guéri de sa tendance au mal de mer.
Enfin soulagé de sentir de nouveau un sol ferme sous ses pieds, il inspira une grande goulée d’air frais et s’avança sur le pont. Le jour déclinait, et les lueurs des torches illuminaient l’horizon de mille feux. Sur les quais, de nombreux ouvriers s’affairaient à leurs travaux de maintenance ou de fret. Roland repensa à sa première venue à Londres. L’hiver 1190, déjà… À l’époque, il s’était émerveillé de découvrir le spectacle magique qu’offrait cette grande ville, la première qu’il visitait de toute sa courte existence. »
Extrait de : O. Peru + P. McSpare. « La Mort Noire – Les Hauts Conteurs. »
Treize damnés par Olivier Peru et Patrick McSpare

Fiche de Treize damnés
Titre : Treize damnés (tome 4 sur 5 – Les Hauts Conteurs)
Auteur : Olivier Peru et Patrick McSpare
Date de parution : 2011
Editeur : Scrineo
Première page de Treize damnés
« – Roland, Roland, Roland, ne cessait de se répéter le jeune homme. Je m’appelle Roland. Roland Cœur de quelque chose… Cœur de quoi ? Roland, Grand Cœur. Non, ce n’est pas ça. Cœur de Feu… De Glace. Cœur d’Or… Cœur d’Artichaut, Cœur de Pierre. Non, toujours pas. Je dois me rappeler. Ne pas les laisser me prendre mon nom aussi…
Comme il l’avait déjà fait plusieurs fois durant des heures, des jours peut-être, Roland ferma les yeux, tâchant de mieux regarder en lui. À la recherche de souvenirs de plus en plus lointains, il devait maintenant fournir des efforts considérables pour raviver les cendres froides de son passé. Certaines bribes de son enfance lui revenaient, une auberge, deux sœurs, un petit village d’Angleterre… D’autres, plus récentes et plus étranges, se glissaient parfois dans son esprit, mais il ne leur trouvait aucun sens. Il ne parvenait pas à réécrire sa propre histoire. Un monstre buveur de sang, un homme-bête, une cape pourpre… Qu’était tout cela ? »
Extrait de : O. Peru + P. McSpare. « Treize Damnés – Les Hauts Conteurs. »
Coeur de lune par Olivier Peru et Patrick McSpare

Fiche de Coeur de lune
Titre : Coeur de lune (tome 3 sur 5 – Les Hauts Conteurs)
Auteur : Olivier Peru et Patrick McSpare
Date de parution : 2011
Editeur : Scrineo
Première page de Coeur de lune
« La muraille entourant Dijon apparaissait au loin. Roland, qui chevauchait en avant, se retourna vers ses deux compagnes, Mathilde la Patiente et Elena. Cette dernière évita négligemment le regard du jeune homme.
Partis de Londres, ils avaient débarqué à Rouen, sept jours auparavant, pour traverser le comté de Flandre, puis le comté de Champagne. Leur voyage s’achevait ici.
Quelque temps plus tôt, après un séjour printanier dans son village natal de Tewkesbury, Roland était revenu à Londres, dans la grande demeure de l’ordre où l’attendaient ses amis, Corwyn le Flamboyant et Mathilde. Les trois compagnons faisaient partie des Haut-Conteurs, une caste légendaire dont les membres, reconnaissables à leur cape pourpre, couraient sans cesse le monde. Durant leurs périples, ces prestigieux aventuriers se confrontaient à toutes sortes de mystères et découvraient parfois une page du Livre des Peurs, redoutable objet mystique dont nul ne connaissait l’origine. Six mois auparavant, à Paris, Roland, Mathilde, Salim l’Insondable et leurs alliés avaient vaincu Vlad, le Roi Vampire, et Lothar Mots-Dorés, l’ennemi juré de l’ordre. »
Extrait de : O. Peru + P. McSpare. « Cœur de lune – Les Hauts Conteurs. »
Roi Vampire par Olivier Peru et Patrick McSpare

Fiche de Roi Vampire
Titre : Roi Vampire (tome 2 sur 5 – Les Hauts Conteurs)
Auteur : Olivier Peru et Patrick McSpare
Date de parution : 2011
Editeur : Scrineo
Première page de Roi Vampire
« Vingt mille habitants ! Perché sur le balcon, Roland sentait le vertige le gagner tandis qu’il se répétait ce chiffre démesuré. Même dans les rêves d’aventures qui peuplaient jadis ses nuits, il n’avait jamais envisagé de se retrouver un jour dans cette ville au nom magique : Londres.
Mais il n’était plus le fils de l’aubergiste de Tewkesbury, l’enfant qui passait ses journées à aider son père à la Broche Rutilante. Roland faisait désormais partie des Haut-Conteurs, la caste légendaire qui enflammait les esprits à sa seule évocation. Combien cet ordre comptait-il de membres portant la cape pourpre, exactement ? Roland s’interrogea, pour la centième fois. Le saurait-il un jour ? Il n’en connaissait que quatre. Corwyn le Flamboyant, le vieux sage apparu le premier à l’auberge, et qui avait payé par de terribles blessures sa découverte de la page 7 du Livre des Peurs. Les yeux de Corwyn, désormais, ne voyaient plus, et Roland ignorait si cette infirmité devait perdurer… »
Extrait de : O. Peru + P. McSpare. « Roi Vampire – Les Hauts Conteurs. »
La voix des rois par Olivier Peru et Patrick McSpare

Fiche de La voix des rois
Titre : La voix des rois (tome 1 sur 5 – Les Hauts Conteurs)
Auteur : Olivier Peru et Patrick McSpare
Date de parution : 2010
Editeur : France Loisirs
Première page de La voix des rois
« Novembre 1190, Tewkesbury,
comté de Gloucestershire, royaume d’Angleterre
Vingt et un litres de bière et trois de vin. Sept volailles, quatre faisans et trois porcelets assortis d’une quinzaine de bols de soupe. Un panier de fruits et deux plateaux de fromages. Un duel d’ivrognes gagné par deux dents cassées à rien. Il était midi passé et enfin le calme revenait dans l’auberge.
Comme à son habitude, à midi comme le soir, Roland aidait son père et ses sœurs à débarrasser les tables. Empilant assiettes de bois, bols et gobelets, le garçon pensait, encore et toujours, aux discussions qu’il avait indiscrètement écoutées en servant de table en table.
Depuis peu, la Broche Rutilante, l’auberge de son père, connaissait de florissantes affaires et de plus en plus de nouveaux clients en franchissaient la porte. »
Extrait de : O. Peru + P. McSpare. « La voix des rois – Les Hauts Conteurs. »
L’héritier des fées par Estelle Faye

Fiche de L’héritier des fées
Titre : L’héritier des fées
Auteur : Estelle Faye
Date de parution : 2025
Editeur : Nathan
Première page de L’héritier des fées
« La nuit s’effilochait lentement à l’horizon des dunes. Le museau au ras du sable, les oreilles aux aguets, la gerbille solitaire profitait des derniers lambeaux d’obscurité pour lécher les précieuses gouttes de rosée au sol avant l’évaporation de l’aube. Tapi derrière un renflement de la dune, le chat des sables ne la quittait pas des yeux.
Le prédateur avait passé des heures de ténèbres à guetter le petit animal appétissant et tiède, laissant le brun clair de ses poils se confondre avec le désert, le vent glacé soulever autour de lui des volutes de poussière, jusqu’à ne faire plus qu’un avec le Rub’al Khali. Le vaste territoire aride s’étendait jusqu’aux vallées fertiles. On le disait habité par les djinns et par ces bandits nomades sombres et cruels, qui à force de courir les dunes étaient devenus eux-mêmes des ombres, des projections du soleil sur l’erg, presque des mirages armés de cimeterres et assoiffés, non pas d’eau, comme le chat ou la gerbille, mais d’or et de sang. »
Extrait de : E. Faye. « L’héritier des fées. »
Les ombres de Willowthorne par Estelle Faye

Fiche de Les ombres de Willowthorne
Titre : Les ombres de Willowthorne
Auteur : Estelle Faye
Date de parution : 2025
Editeur : Rageot
Première page de Les ombres de Willowthorne
« Le cœur battant, de la sueur dégoulinant sur son front, Cyril se plaqua contre le mur lambrissé de chêne sombre. Le vernis sur le bois luisait dans le halo des lampes à la lueur surnaturelle, un luxe d’ordinaire réservé aux palais, ou aux hôtels particuliers des grands aristocrates. Mais Willowthorne n’était pas n’importe quelle université.
L’une des lumières vacillait pourtant, un peu plus loin dans le couloir, elle grésillait et s’éteignait par intermittence dans son globe de verre facetté. C’était la plus proche de l’ancienne bibliothèque. Cyril réprima un frisson. Un des verres de ses lunettes s’était brisé, ce qui rendait sa vision du monde légèrement confuse et, à ce moment précis, un peu plus inquiétante. Il tendit l’oreille. Des cris d’enthousiasme résonnaient dans les escaliers derrière lui, des bruits de course. Cyril déglutit. Ses bourreaux. C’étaient ses bourreaux qui se rapprochaient, ces étudiants de noble naissance qui l’avaient choisi comme souffre-douleur dès le premier jour. »
Extrait de : E. Faye. « Les ombres de Willowthorne. »
Cicatrices par Estelle Faye

Fiche de Cicatrices
Titre : Cicatrices
Auteur : Estelle Faye
Date de parution : 2026
Editeur : Rageot
Première page de Cicatrices
« Il y a une forêt sous la mer, quelque part au nord de l’Angleterre. Des centaines de troncs d’arbres devenus fossiles, au milieu du grand calme des profondeurs. J’avais vu des images dans un reportage télé quand j’avais dix ou onze ans, de ces reportages qu’on regardait aux alentours de minuit, Annabel et moi. Ma meilleure amie Annabel.
À cette époque, nous n’étions pas censées veiller aussi tard, mais pour mon oncle c’était un soir d’inventaire. Alors, Annabel et moi, nous tirions dans le salon toutes les couettes et les couvertures, nous nous bâtissions une grotte douillette au milieu du vieux tapis élimé par le temps. Nous nous serrions l’une contre l’autre, dans le halo de lumière de l’écran, aux aguets malgré tout, prêtes à regagner notre chambre dès qu’on entendrait la camionnette cahoter dans l’arrière-cour.
Annabel avait passé un tutu doré à paillettes par-dessus son pyjama rose, moi j’avais un serre-tête licorne dans les cheveux. Nous nous sentions comme deux princesses échappées de leur chambre pour aller danser au bal, et nous partagions le fond d’un paquet de barquettes à la fraise que nous avions gardé de la récré.
Je me souviens des images bleues et sereines, la caméra sous-marine glissant entre les troncs gris et les bancs de minuscules poissons aux reflets d’argent. Je me souviens d’Annabel assise à côté de moi, fascinée, retenant son souffle, ses mains crispées sur son flamand rose en peluche – Annabel était le genre de fille à avoir un flamand rose en peluche, des robes à volants et des blousons en faux cuir. Je l’adorais et je l’admirais. »
Extrait de : E. Faye. « Cicatrices. »
L’été de la reine bleue par Estelle Faye

Fiche de L’été de la reine bleue
Titre : L’été de la reine bleue
Auteur : Estelle Faye
Date de parution : 2024
Editeur : Nathan
Première page de L’été de la reine bleue
« Chloé. Ma Chlo. Je ne sais pas quand tu recevras ce message. Ils nous ont dit qu’on aurait pas de réseau au centre. Enfin pas toujours. À cause des orages. Je vais arriver juste au début de la saison des orages. L’été. Premier mai, début de l’été. À GP, notre Grand Paris à nous, c’est là que commence le temps des canicules, et des nuages de poussières qui teintent de jaune le marron du ciel. Tu te souviens, ma Chlo, quand on était gamines, qu’on grimpait en douce sur le toit de l’immeuble, sur le gazon sec et cramé d’une tentative de végétalisation ratée ? Quand on avait quoi, sept, huit ans, on pouvait encore voir un peu de bleu au-dessus du brun… Pourtant, je m’en rends compte maintenant, on n’a jamais pensé à partir. On rêvait, bien sûr… Tu te souviens comme on rêvait ? Que plus tard, on serait très riches, enfin riches assez pour aller vivre sous la bulle de Paris Centre, là où il y a du faux ciel clair et des vrais parcs verts avec des plantes vivantes, et de l’air filtré donc je ne cracherais pas mes poumons dès qu’il arrête de pleuvoir… Ça nous arriverait jamais, bien sûr, on en était parfaitement conscientes, alors nos rêves devenaient de plus en plus délirants, pour compenser. Même ça, on a fini par arrêter, je me rappelle plus trop comment.
C’est drôle, un peu, quand on y pense, que jamais on ait parlé de partir. »
Extrait de : E. Faye. « L’été de la reine bleue. »
L’île pirate par Estelle Faye

Fiche de L’île pirate
Titre : L’île pirate (tome 3 sur 4 – Les magies de l’Archipel)
Auteur : Estelle Faye
Date de parution : 2023
Editeur : Nathan
Première page de L’île pirate
« Il existe une île, quelque part sur la mer Turquoise, différente de toutes les autres. Là-bas, les plages sont de sable noir et rouge. Des cactus verts et des vignes poussent sur les pentes grises des montagnes, qui sont d’anciens volcans depuis longtemps endormis. Là-bas, les couleurs sont plus étranges qu’ailleurs. On y trouve des vallées claires comme la lune, des lacs aux eaux jaune safran.
Cette île est différente aussi parce qu’il n’y a pas de roi ni de reine. Elle n’obéit ni à un calife ni à un sultan. Ses habitants choisissent librement ceux qui les gouvernent. Ses ports sont protégés par de solides fortifications de pierre, avec des canons tournés vers le large. Car ce ne sont pas de simples marins qui s’arrêtent sur ces rivages : ce sont des équipages pirates. Cette île s’appelle Kallisté.
C’est là-bas que se rendaient Kassem et la navigatrice Elissa. Depuis que Nour, la petite sœur de Kassem, était devenue une sirène, tous deux communiquaient à marée basse au travers des flaques laissées par la mer sur la plage. Nour le guidait dans sa recherche de trois livres anciens porteurs d’un savoir inouï. »
Extrait de : E. Faye. « Les magies de l’archipel – L’île pirate. »