Catégorie : Livres
L’esclave reine par H. Rider Haggard

Fiche de L’esclave reine
Titre : L’esclave reine
Auteur : H. Rider Haggard
Date de parution : 1918
Traduction : J. Petithuguenin
Editeur : Néo
Première page de L’esclave reine
« Le scribe Ana
Ceci est l’histoire de moi-même, Ana, le scribe, fils de Méri, et de certains des jours que j’ai passés sur la terre. J’écris ces choses maintenant que je suis très vieux, sous le règne de Ramsès, troisième du nom, lorsque l’Égypte est redevenue puissante comme autrefois. Je les écris avant que la mort me prenne, pour qu’elles soient ensevelies avec moi dans la tombe, car, de même que mon âme s’éveillera à l’heure de la résurrection, ces mots que j’ai tracés s’éveilleront peut-être quand le temps sera venu et révéleront à ceux qui vivront après moi ce que j’avais appris sur la terre. Qu’il en soit selon les décrets de Ceux d’en-haut ! Moi, j’écris et ce que j’écris est vrai.
Je conte l’histoire de Sa Majesté divine, que j’ai aimée et aime comme mon âme, Séti Méneptah II, qui est né le jour où je suis né, l’épervier qui a pris son vol avant moi vers le ciel. Je conte l’histoire d’Userti la Superbe, sa reine, qui épousa ensuite Sa Majesté divine Saptah, et que j’ai vue gisant dans sa tombe à Thèbes. »
Extrait de : H. Rider Haggard. « L’Esclave Reine. »
Eve la rouge par H. Rider Haggard

Fiche de Eve la rouge
Titre : Eve la rouge
Auteur : H. Rider Haggard
Date de parution : 1911
Traduction : A. Ralli
Editeur : Carrousel
Première page de Eve la rouge
« Murgh la Mort
On ignorait tout cela en Angleterre et en Occident, avant la bataille de Crécy, sous le règne du roi Édouard III. Personne pour dire le terrible fléau que l’Orient – d’où vient la lumière et la vie, la mort et les décrets de Dieu – avait déchaîné sur le monde. Qui, en Europe, connaissait même le nom du Cathay, cette terre peuplée par des centaines de millions de Jaunes, aux visages impassibles ? Bien peu d’hommes, certes. Pourtant ce lointain pays avait déjà eu le temps de devenir très vieux avant que nos États, que nos empires, eussent pris corps, taillés dans la montagne, arrachés à la forêt, à la plaine sauvage. Mais ils auraient tremblé, s’ils avaient eu des yeux pour voir, les rois et les princes, les prêtres et les marchands, les soldats, les citadins et les pauvres paysans. Tremblé lorsque l’Orient envoya ses présents ! »
Extrait de : H. Rider Haggard. « Eve la Rouge. »
Coeur du monde par H. Rider Haggard

Fiche de Coeur du monde
Titre : Coeur du monde
Auteur : H. Rider Haggard
Date de parution : 1930
Traduction : R. Lécuyer, R. Nolane
Editeur : Néo
Première page de Coeur du monde
« Don Ignatio
Les circonstances auxquelles les pages qui suivent doivent d’avoir été imprimées sont assez curieuses pour mériter d’être racontées. Il y a quelques années, un Anglais, que nous appellerons Jones, bien que ce ne soit pas son vrai nom, se retrouva par hasard à la tête d’une mine proche de la rivière Usamacinto, dont le cours supérieur sert de frontière entre l’État mexicain du Chiapas et la République du Guatemala.
Force est de constater que la vie de mineur au Chiapas, bien qu’elle offre des compensations, ne correspond guère à l’idéal pour un Européen. Pour commencer, le travail y est éprouvant, désespérément dur, et quoique le climat soit assez sain dans les montagnes, il existe des vallées où les hommes meurent des fièvres. Quant à la chasse, il ne faut pas y compter car les forêts sont trop denses pour y traquer le gibier et, si ce n’était cela, les essaims des diverses espèces d’insectes venimeux qui les hantent rendraient de toute façon ce sport impossible. »
Extrait de : H. Rider Haggard. « Coeur du Monde. »
Béatrice par H. Rider Haggard

Fiche de Béatrice
Titre : Béatrice
Auteur : H. Rider Haggard
Date de parution : 1890
Traduction : Hephell
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande
Première page de Béatrice
« C’était l’arrière-saison ; l’après-midi sur son déclin penchait vers le crépuscule ; temps nuageux et couvert ; mais les nuages se déchiquetaient et s’évaporaient dans le bleu profond du firmament. La mer, calme comme un lac, semblait endormie, tout en grossissant pendant son sommeil, par le renflement de la marée montante. Cette lente progression était inappréciable à l’œil. Béatrice, debout à l’extrémité des Dog’s rocks, les yeux fixés sur les longues algues brunes attachées à la pierre, léchées, tirées, mordues par les vagues, regardait ces délicates traînées flotter et ondoyer comme des cheveux de femme, sur le gouffre vert, insondable !
La brume produite, non par les vents d’ouest, mais simplement par l’obscurité, s’étendait sur la surface et semblait, en voilant les contours terrestres, rendre le silence plus silencieux encore.
Bientôt Béatrice renonce à considérer ce spectacle ; la grande armée des fantômes blancs l’absorbe tout entière. »
Extrait de : H. Rider Haggard. « Béatrice. »
La fille de la sagesse par H. Rider Haggard

Fiche de La fille de la sagesse
Titre : La fille de la sagesse (Tome 4 sur 4 – Elle)
Auteur : H. Rider Haggard
Date de parution : 1923
Traduction : H. Demeurisse, E. Renoir
Editeur : Néo
Première page de La fille de la sagesse
« Le manuscrit que l’on va lire ici fut découvert dans les papiers de feu Horace Holly assez longtemps après sa mort. Une enveloppe le renfermait ; en quelques mots griffonnés dessus, ordre était donné de renvoyer au présent éditeur « à l’époque prescrite », termes tout d’abord incompréhensibles. Il lui parvint néanmoins en temps voulu sans aucune explication ; le timbre de la poste portait Londres W. et l’adresse était dactylographiée, si bien que le destinataire en ignore encore la provenance.
Une fois ouvert, le paquet se trouva contenir deux épais carnets reliés en parchemin ou plutôt en peau de chèvre ou de mouton. Chacun de ces carnets, en papier extrêmement mince et résistant, contient un grand nombre de feuillets. Leur fabrication n’est pas européenne et leur aspect indique plutôt une origine orientale, peut-être chinoise.
Aucun doute n’était possible sur l’identité de l’ancien détenteur de ces carnets : le nom de M. Holly lui-même figure en effet à l’encre rouge sur la couverture du premier. Lui seul doit avoir également rédigé les notes de voyage des premières pages ; les feuillets suivants sont recouverts d’une sténographie à première vue indéchiffrable, mélangée à de minuscules caractères arabes. Elle se trouva n’appartenir à aucun système connu et, malgré tous les efforts, resta plus de deux ans sans être lue. »
Extrait de : H. Rider Haggard. « La fille de la Sagesse – Elle. »
Aycha par H. Rider Haggard

Fiche de Aycha
Titre : Aycha (Tome 2 sur 4 – Elle)
Auteur : H. Rider Haggard
Date de parution : 1905
Traduction : M. Benoit
Editeur : Néo
Première page de Aycha
« Franchement, c’est toujours ce que l’on n’attend pas qui arrive !… S’il est quelqu’un au monde dont je croyais bien ne plus entendre jamais parler, c’est de Louis-Horace Holly et cela pour la bonne raison que je le supposais mort.
Et dire que j’ai pu, lui trouvant l’aspect banal de quelque communication sans intérêt, jeter de côté ce paquet fripé, enveloppé de papier brun, à l’adresse tracée d’une main inconnue, et le laisser deux jours entiers sommeiller dans l’oubli ! De fait, il y sommeillerait peut-être encore si une autre personne, intriguée, ne l’avait ouvert pour y trouver un manuscrit en partie brûlé et deux lettres à mon nom. La première était signée : L. -H. Holly ; je la transcris ci-dessous :
Mon cher Monsieur,
J’ai pu m’assurer que vous viviez encore et – chose étrange –, je suis, moi aussi, encore de ce monde… pour quelque temps.
Dès que j’eus repris contact avec la civilisation, je tombai sur un exemplaire de She, votre livre – le mien plutôt –, traduit en hindoustani. »
Extrait de : H. Rider Haggard. « Aycha – Elle. »
She par H. Rider Haggard

Fiche de She
Titre : She (Tome 1 sur 4 – Elle)
Auteur : H. Rider Haggard
Date de parution : 1886
Traduction : J. Hillemacher
Editeur : Néo
Première page de She
« Mon visiteur
Il y a des événements dont chaque circonstance, chaque détail semblent gravés dans la mémoire de telle manière que nous ne saurions les oublier. C’est le cas pour la scène que je me propose de décrire : elle se présente aussi clairement à mon esprit, en ce moment, que si elle s’était déroulée hier.
Il y aura ce mois-ci environ vingt ans que moi, Louis-Horace Holly, j’étais assis, une nuit, dans mon appartement de Cambridge, piochant je ne sais plus quel problème de mathématiques. J’allais passer mon agrégation dans une semaine, et mon tuteur aussi bien que mon collège s’attendaient à ce que je m’y distinguasse. Finalement, exténué de fatigue, j’envoyai promener mon livre et, m’approchant de la cheminée, je pris une pipe que je bourrai. Sur cette cheminée, il y avait une bougie devant un miroir long et étroit. Comme j’allais allumer ma pipe, j’aperçus ma figure dans la glace et me mis à songer ; l’allumette enflammée se consuma jusqu’à me brûler les doigts, m’obligeant ainsi à la jeter. »
Extrait de : H. Rider Haggard. « She – Elle. »
Le peuple du brouillard par H. Rider Haggard

Fiche de Le peuple du brouillard
Titre : Le peuple du brouillard
Auteur : H. Rider Haggard
Date de parution : 1894
Traduction : J.-P. Debenat
Editeur : Néo
Première page de Le peuple du brouillard
« La faute du père retombe sur la tête du fils
Cet après-midi de janvier s’acheminait vers la nuit, l’air était froid et calme, si calme que pas la moindre ramille des hêtres dénudés ne remuait ; un frimas ténu, mi-givre, mi-neige, recouvrait l’herbe des prairies ; les sapins s’élançaient, ténébreux, vers un ciel d’acier, et une étoile solitaire dominait la cime du plus grand d’entre eux. Une route courait à la lisière des sapins, et là, en cette soirée qui marque le début de notre histoire, un jeune homme indécis tournait son regard tantôt vers la droite, tantôt vers la gauche.
À sa droite, il y avait deux grilles de fer forgé aux volutes fantastiques, soutenues par des piliers de pierre surmontés de griffons de marbre noir qui serraient des écussons et des bannières où s’inscrivait la devise Per ardua ad astra. Au-delà des grilles s’étirait une large allée carrossable, bordée de chaque côté par une double rangée de chênes, de ceux que l’Angleterre seule puisse nourrir, grâce aux conditions remarquables du sol, aux soins de l’homme et à trois ou quatre siècles de maturation. »
Extrait de : H. Rider Haggard. « Le peuple du brouillard. »
Le jour où la Terre trembla par H. Rider Haggard

Fiche de Le jour où la Terre trembla
Titre : Le jour où la Terre trembla
Auteur : H. Rider Haggard
Date de parution : 1919
Traduction : J. Finné
Editeur : Néo
Première page de Le jour où la Terre trembla
« Arbuthnot se présente
Le lecteur pardonnera sans doute à l’auteur de ces pages, Humphrey Arbuthnot, de consacrer tout un chapitre à se présenter, voire à retracer ses origines avant d’entreprendre la narration des aventures dans lesquelles le Destin a voulu qu’il jouât un rôle de premier plan. Pareille présentation un peu longue, peut-être, me paraissait pourtant indispensable.
Je suis né il y a quarante ans, dans ce village même du Devonshire où je suis revenu rédiger mes souvenirs. Seule la maison où j’habite n’est plus la même. Je vis à présent au prieuré, une ancienne résidence, très belle pour qui aime ce style, avec des pièces pannelées, un splendide parc verdoyant, bordé de petits bois, et de merveilleux jardins dans lesquels, vu le doux climat dont profite cette région de l’Angleterre, fleurissent bon nombre de plantes que d’aucuns croiraient trouver seulement dans des pays plus ensoleillés. La vue est parfaite, elle aussi, car la maison domine le riche paysage du Devonshire, collines, vallées, versants escarpés de grès rouge et, au loin, devant mes yeux, la mer moutonneuse. »
Extrait de : H. Rider Haggard. « Le jour où la terre trembla. »
Allan Quatermain par H. Rider Haggard

Fiche de Allan Quatermain
Titre : Allan Quatermain (Tome 14 sur 14 – Allan Quatermain)
Auteur : H. Rider Haggard
Date de parution : 1887
Traduction : J. Finné
Editeur : Néo
Première page de Allan Quatermain
« Ce 23 décembre,
« Je viens d’enterrer mon fils, mon merveilleux fils dont j’étais si fier, et je me sens le cœur brisé. Il est bien dur de perdre de la sorte son enfant unique, mais la volonté de Dieu doit s’accomplir. Qui suis-je,
d’ailleurs, pour me plaindre ? La grande roue du Destin roule comme un djaggernat et nous écrasera tous, tour à tour, tôt ou tard – le quand importe peu : elle finira par nous écraser, le reste est silence. Nous ne nous soumettons pas à elle, comme les Indiens, mais fuyons de-ci, de-là, implorant la pitié – en vain, car le sombre Destin ne cesse jamais de gronder comme un orage et, le jour qu’il aura fixé, il nous réduira en poussière.
Pauvre Harry ! Partir si jeune, alors que la vie commençait à s’ouvrir pour lui ! Il s’acquittait avec grand honneur de ses obligations à l’hôpital et venait de passer brillamment ses derniers examens. J’étais fier de ses résultats, plus fier que lui, je crois. Puis il a dû gagner la clinique des varioleux. Il m’avait écrit ne pas craindre la variole et ressentir même une certaine joie à pouvoir acquérir l’expérience pratique qui lui manquait. »
Extrait de : H. Rider Haggard. « Allan Quatermain – Allan Quatermain. »