Catégorie : Livres

 

Les mines du Roi Salomon par H. Rider Haggard

Fiche de Les mines du Roi Salomon

Titre : Les mines du Roi Salomon (Tome 11 sur 14 – Allan Quatermain)
Auteur : H. Rider Haggard
Date de parution : 1885
Traduction : R. Lécuyer
Editeur : Néo

Première page de Les mines du Roi Salomon

« OÙ JE FAIS LA CONNAISSANCE DE SIR HENRY CURTIS

Lorsqu’on y réfléchit, c’est quand même une chose bizarre que l’idée me voit venue, à mon âge, c’est-à-dire à cinquante-cinq ans bien sonnés, de prendre la plume pour me mettre à écrire un livre. Je serais curieux de savoir quelle tournure il aura quand il sera terminé, si toutefois j’ai jamais la patience d’aller jusqu’au bout ! J’ai accompli beaucoup de choses au cours de mon existence, qui me paraît fort longue, sans doute parce que j’ai commencé à me débrouiller très jeune. À l’âge où les autres enfants vont encore à l’école, je gagnais déjà mon pain dans la vieille colonie du Cap. Depuis lors, je n’ai pas cessé de m’occuper ou de commerce, ou de chasse, ou de pêche, ou d’exploitations minières. Et, malgré cela, il y a seulement huit mois que j’ai réussi à faire fortune. Cette fois, c’est un fort joli magot que je possède – je ne sais, même pas encore à quel chiffre il faut l’évaluer –, mais je ne crois pas que je consentirais, pour le conquérir, à revivre les quinze ou seize mois que je viens de passer ; non, même pas si j’étais sûr d’en sortir indemne. Il est vrai que je suis un timide, que j’ai horreur de la violence, et que je suis dégoûté des aventures. »

Extrait de : H. Rider Haggard. « Les mines du roi Salomon – Allan Quatermain. »

Heu-Heu ou le monstre par H. Rider Haggard

Fiche de Heu-Heu ou le monstre

Titre : Heu-Heu ou le monstre (Tome 6 sur 14 – Allan Quatermain)
Auteur : H. Rider Haggard
Date de parution : 1924
Traduction : M. Madouraud
Editeur : Recto-Verso

Première page de Heu-Heu ou le monstre

« LA TEMPETE
 
À présent, moi, le rédacteur, dont le devoir a été, en tant qu’exécuteur testamentaire (ou assimilé), d’offrir au public tant d’histoires liées plus ou moins directement aux aventures de mon estimé ami, feu Allan Quatermain – ou Macumazahn, Celui-qui-regarde-dans-la-nuit comme les indigènes africains avaient coutume de l’appeler – j’en viens à l’une des plus curieuses de toutes. Avant d’en dire davantage, je dois confesser qu’il me l’a racontée dans sa maison, baptisée « La Grange », dans le Yorkshire, où je séjournais, quelque temps avant qu’il ne partît avec Sir Henry Curtis et le Capitaine Good pour sa dernière expédition au cœur de l’Afrique, expédition dont il ne revint jamais.

À l’époque, j’avais rédigé de copieuses notes sur une histoire qui m’avait frappé par son caractère étrange et suggestif, mais le fait est que je les égarai par la suite et ne pus jamais compter sur ma mémoire pour retranscrire ne serait-ce que leur substance, avec la précision qu’aurait désirée, j’en étais certain, mon défunt ami. »

Extrait de : H. Rider Haggard. « Heu-Heu ou le monstre – Allan Quatermain. »

La fleur sacrée par H. Rider Haggard

Fiche de La fleur sacrée

Titre : La fleur sacrée (Tome 5 sur 14 – Allan Quatermain)
Auteur : H. Rider Haggard
Date de parution : 1915
Traduction : A. Rosenblum
Editeur : NEO

Première page de La fleur sacrée

« FRÈRE JEAN

Je doute que, pour ceux qui le connaissent, le nom d’Allan Quatermain ait le moindre rapport avec des fleurs et en particulier des orchidées. Cependant le hasard m’a fait participer à une chasse à l’orchidée si extraordinaire que je ne veux pas en voir les péripéties rester ignorées. Du moins vais-je les relater et si, par la suite, quelqu’un est tenté de les publier, ma foi… libre à lui.

Cela se passait en… oh ! peu importe l’année, c’était il y a fort longtemps, quand j’étais beaucoup plus jeune. J’avais organisé une expédition de chasse au nord du fleuve Limporo qui borde le Transvaal. J’avais pour compagnon un gentleman appelé Scroope, Charles Scroope. Il avait quitté l’Angleterre pour Durban par goût du sport. C’était seulement une de ses raisons : l’autre était une demoiselle que je nommerai Miss Margaret Manners pour la commodité du récit.

Ces deux jeunes gens étaient fiancés et avaient un profond attachement l’un pour l’autre. Malheureusement, ils s’étaient querellés à propos d’un autre gentleman avec qui Miss Manners avait dansé quatre danses consécutives, dont deux avaient été promises à son fiancé, à un bal organisé pendant la saison de la chasse en Essex, où ils demeuraient. »

Extrait de : H. Rider Haggard. « La fleur sacrée – Allan Quatermain. »

L’épouse d’Allan par H. Rider Haggard

Fiche de L’épouse d’Allan

Titre : L’épouse d’Allan (Tome 2 sur 14 – Allan Quatermain)
Auteur : H. Rider Haggard
Date de parution : 1889
Traduction : R.-P. Castel
Editeur : NEO

Première page de L’épouse d’Allan

« JOURS D’ENFANCE

Peut-être se souviendra-t-on que dans les dernières pages de son journal, écrites juste avant sa mort, Allan Quatermain fait allusion à son épouse morte depuis longtemps, affirmant qu’il a amplement parlé d’elle ailleurs.

Quand on eut connaissance de sa mort, ses papiers me furent remis, à moi, son exécuteur littéraire. Parmi ceux-ci je trouvai deux manuscrits ; celui qui suit est l’un d’eux. L’autre est simplement le récit d’événements auxquels Mr. Quatermain ne fut pas personnellement mêlé, un roman zoulou dont l’histoire lui fut contée par le héros bien des années après que se fut produite la tragédie. Mais pour l’heure nous n’avons rien à faire de celui-ci.

J’ai souvent songé (ainsi commence le manuscrit de Mr. Quatermain) à consigner sur le papier les événements en rapport avec mon mariage, et la perte de ma très chère épouse. Bien des années ont maintenant passé depuis cet événement et le temps a dans une certaine mesure atténué l’ancienne douleur ; le ciel sait pourtant qu’elle est encore assez vive. En deux ou trois occasions, j’ai même commencé ce récit. »

Extrait de : H. Ridder Haggard. « L’épouse d’Allan – Allan Quatermain. »

Un visage pour l’éternité par C. S. Lewis

Fiche de Un visage pour l’éternité

Titre : Un visage pour l’éternité
Auteur : C. S. Lewis
Date de parution : 1956
Traduction : M. D. Le péchoux
Editeur : Le livre de poche

Première page de Un visage pour l’éternité

« Je suis vieille maintenant et n’ai plus grand-chose à craindre de la colère des dieux. Je n’ai ni mari ni enfant, à peine un ami, au travers desquels ils pourraient me nuire. Mon corps, cette maigre charogne qu’il faut encore laver, nourrir et couvrir d’oripeaux, ils peuvent bien le détruire comme bon leur semble. La succession est assurée. Ma couronne passera à mon neveu.

Ainsi donc, délivrée de la peur, je vais consigner dans ce livre ce que nulle personne heureuse n’oserait écrire. J’ai l’intention d’accuser les dieux, spécialement celui qui demeure sur la Montagne Grise et de raconter tout ce qu’il m’a fait depuis les origines, comme si je portais plainte contre lui devant un juge.
Mais il n’y a pas de juge entre les dieux et les hommes, et le dieu de la montagne ne me répondra pas. Terreurs et fléaux ne sont pas une réponse. »

Extrait de : C. S. Lewis. « Un visage pour l’éternité. »

Tactique du diable par C. S. Lewis

Fiche de Tactique du diable

Titre : Tactique du diable
Auteur : C. S. Lewis
Date de parution : 1942
Traduction : E. Huser
Editeur : Editions Empreinte

Première page de Tactique du diable

« Je prends note de ce que tu me dis de l’influence que tu exerces sur les lectures de ton protégé et du soin que tu prends à le mettre aussi souvent que possible en contact avec son ami matérialiste. Mais n’es-tu pas un peu naïf ? On dirait que tu t’imagines l’arracher par le raisonnement aux griffes de l’Ennemi. Ceci aurait été possible s’il avait vécu quelques siècles plus tôt. À cette époque-là, les humains savaient encore reconnaître quand une chose était prouvée et quand elle ne l’était pas. Et lorsqu’elle était prouvée, ils y croyaient vraiment. Ils faisaient encore le lien entre la pensée et l’acte, ils étaient prêts à changer leur manière de vivre quand la logique le leur conseillait. Mais, par le moyen de la presse et des autres médias, nous avons réussi en grande partie à modifier cela. Ton homme a été habitué, depuis son enfance, à abriter une douzaine de philosophies contradictoires dans son cerveau. En jugeant d’une doctrine, l’essentiel pour lui n’est pas de savoir si elle est « vraie » ou « fausse », mais si elle est « abstraite » ou « pratique », « démodée » ou « moderne », « souple » ou « rigide ». Les slogans, et non le raisonnement, seront tes meilleurs alliés pour l’éloigner de l’Église. »

Extrait de : C. S. Lewis. « Tactique du diable. »

Le grand divorce entre le ciel et la terre par C. S. Lewis

Fiche de Le grand divorce entre le ciel et la terre

Titre : Le grand divorce entre le ciel et la terre
Auteur : C. S. Lewis
Date de parution : 1945
Traduction : G. Teyssonnière de gramont, J. Des gouttes
Editeur : ??

Première page de Le grand divorce entre le ciel et la terre

« J’étais apparemment en train de faire la queue pour prendre l’autobus au bord d’une longue et pauvre rue. Le soir tombait, il pleuvait. J’avais erré pendant des heures par les mêmes rues toujours sous la pluie et toujours dans cette lumière crépusculaire. Le temps semblait s’être arrêté à l’heure lugubre où seuls quelques magasins sont éclairés et où il ne fait pas encore assez sombre pour que leurs vitrines soient réconfortantes. Ne ferait-il donc jamais nuit ? Ma promenade ne me conduirait-elle jamais dans les beaux quartiers de la ville ? Si loin que j’allasse, je ne trouvais que des maisons lépreuses, des petits marchands de tabac, des palissades auxquelles pendaient des affiches en lambeaux, des dépôts de marchandises sans fenêtres, des gares sans trains, et des librairies du genre de celles qui vendent des livres pornographiques. Je ne rencontrerais jamais personne.

Excepté ceux qui attendaient l’autobus, la ville entière semblait vide. Je crois que c’est pour cela que je m’accrochai à la queue. J’eus tout de suite de la chance, car au moment où je prenais ma place, une petite femme irascible qui était devant moi entraîna brusquement un homme qui l’accompagnait. »

Extrait de : C. S. Lewis. « Le grand divorce entre le ciel et la terre. »

L’abolition de l’homme par C. S. Lewis

Fiche de L’abolition de l’homme

Titre : L’abolition de l’homme
Auteur : C. S. Lewis
Date de parution : 1943
Traduction : ??
Editeur : Editeur Raphael

Première page de L’abolition de l’homme

« Les hommes vides

Alors il donna l’ordre de tuer, de tuer tous les petits enfants. Christmas Carol
 
Nous n’accordons pas assez d’importance, à mon avis, aux manuels scolaires. C’est pourquoi j’ai choisi l’un d’eux comme point de départ des réflexions qui suivront. Je ne crois pas que ses deux auteurs aient de mauvaises intentions, et de plus ils ont eu la courtoisie de m’en faire envoyer un exemplaire. Et pourtant il m’est impossible de leur faire le moindre éloge. Me voilà dans l’embarras, je ne veux pas mettre au pilori deux modestes enseignants qui ont sans doute fait de leur mieux, mais la tendance réelle de leur livre est telle que je ne puis garder le silence. Je me propose donc de cacher leur nom et de les appeler Gaïus et Titius, leur manuel sera le Livre vert. Mais il s’agit bien d’un livre qui n’a rien d’imaginaire. »

Extrait de : C. S. Lewis. « L’Abolition de l’homme. »

Cette hideuse puissance par C. S. Lewis

Fiche de Cette hideuse puissance

Titre : Cette hideuse puissance (Tome 3 sur 3 – La trilogie cosmique)
Auteur : C. S. Lewis
Date de parution : 1945
Traduction : F. Straschitz
Editeur : Néo

Première page de Cette hideuse puissance

« VENTE D’UN BIEN DU COLLÈGE

— « Le mariage, » se récitait Jane Studdock à elle-même, « a été créé pour que les époux s’apportent mutuellement compagnie, aide et réconfort ». Elle n’était pas allée à l’église depuis son enfance, sauf six mois auparavant, pour se marier, et les termes du rituel s’étaient gravés dans sa mémoire.

Par la porte ouverte, elle pouvait voir la petite cuisine d’une propreté impeccable. Les lits étaient faits, et le ménage aussi. Elle n’avait plus rien à faire jusqu’à six heures, si toutefois Mark rentrait pour dîner. Il y avait une réunion à l’Université aujourd’hui et il était presque certain que Mark l’appellerait à l’heure du thé pour lui dire que la réunion risquait de se prolonger fort tard et qu’il dînerait sur place. »

Extrait de : C. S. Lewis. « Cette hideuse puissance – La trilogie cosmique. »

Voyage à Vénus par C. S. Lewis

Fiche de Voyage à Vénus

Titre : Voyage à Vénus (Tome 2 sur 3 – La trilogie cosmique)
Auteur : C. S. Lewis
Date de parution : 1943
Traduction : F. Straschitz
Editeur : Néo

Première page de Voyage à Vénus

« Je quittai la gare de Worchester et me mis en route pour parcourir les trois milles qui me séparaient de la villa de Ransom. Je pensais à celui que j’allais voir et me disais que personne ici n’aurait pu deviner la vérité à son sujet. La lande désertique qui s’étendait devant moi (le village se trouve loin au nord de la gare) ressemblait à n’importe quelle autre. Il était cinq heures de l’après-midi, et le ciel lourd et plombé était bien celui d’un après-midi d’automne. Les rares maisons et les quelques bouquets d’arbres roux ou jaunâtres n’avaient rien de remarquable. Qui aurait pu croire qu’à peu de distance de là j’allais serrer la main d’un homme qui avait vécu, bu et mangé dans un monde situé à quarante millions de milles de Londres, qui avait vu la Terre sous l’aspect d’une minuscule étincelle de lumière verte, et qui avait parlé avec des créatures dont la vie avait commencé avant même que notre planète fût habitable ?

Car Ransom, sur Mars, n’avait pas seulement rencontré des Martiens, mais aussi des créatures nommées eldila, en particulier le grand eldil qui est le maître de Mars ou, pour parler le langage le langage local, l’Oyarsa de Malacandra. »

Extrait de : C. S. Lewis. « Voyage à Vénus – La trilogie cosmique. »