Catégorie : Livres

 

Les enfants de Mathusalem par Robert A. Heinlein

Fiche de Les enfants de Mathusalem

Titre : Les enfants de Mathusalem (Tome 4 sur 5 – Histoire du futur)
Auteur : Robert A. Heinlein
Date de parution : 1941
Traduction : F. Straschitz, T. Eliroff
Editeur : Gallimard

Première page de Les enfants de Mathusalem

«  Mary, vous êtes une idiote de refuser sa main ! »

Mary Sperling fit le compte de ses pertes et rédigea un chèque avant de répondre. « La différence d’âge est trop importante. » Elle lui tendit le bon de crédit. « Je ne devrais pas jouer avec vous – parfois vous me semblez trop sensible.

— Aucun rapport. N’essayez pas de changer de sujet. Vous ne devez pas avoir loin de trente ans… et vous ne resterez pas toujours jolie.

Mary sourit tristement. « Comme si je ne le savais pas !

— Bork Vanning, qui n’a sûrement guère plus de quarante ans, est un citoyen privilégié. Vous devriez sauter sur l’occasion. »

Extrait de : R. A. Heinlein. « Histoire du futur – Les enfants de Mathusalem. »

Révolte en 2100 par Robert A. Heinlein

Fiche de Révolte en 2100

Titre : Révolte en 2100 (Tome 3 sur 5 – Histoire du futur)
Auteur : Robert A. Heinlein
Date de parution : 1953
Traduction : F. Straschitz, P.-P. Durastanti
Editeur : Gallimard

Première page de Révolte en 2100

« Oiseau de passage

Je m’appelle Holly Jones et j’ai quinze ans. Je suis très intelligente, mais ça ne se remarque pas parce que j’ai l’air d’un ange mal cuit. Insipide.

Je suis née ici, à Luna City, ce qui semble surprendre ceux de la Terre. En réalité, je suis de la troisième génération ; mes grands-parents faisaient partie des pionniers qui ont fondé le Site n°1, où se trouve maintenant le Mémorial. J’habite chez mes parents, à l’Artémis, le nouvel immeuble en copropriété dans Pression Cinq, deux cent cinquante mètres sous la surface, près de l’Hôtel de ville. Mais je n’y suis pas souvent – trop occupée.

Le matin, j’assiste aux cours du collège supérieur technique. L’après-midi, j’étudie ou je vais voler avec Jeff Hardesty – mon associé. Ou bien, chaque fois qu’un astronef de tourisme arrive, je guide les rampants. Ce jour-là, le Gripsholm a aluni à midi, et je me suis allée tout droit de l’école à l’American Express. »

Extrait de : R. A. Heinlein. « Histoire du futur – Révolte en 2100. »

Les vertes collines de la Terre par Robert A. Heinlein

Fiche de Les vertes collines de la Terre

Titre : Les vertes collines de la Terre (Tome 2 sur 5 – Histoire du futur)
Auteur : Robert A. Heinlein
Date de parution : 1951
Traduction : P. Billon, J.-C. Dumoulin
Editeur : Gallimard

Première page de Les vertes collines de la Terre

« Jockey de l’espace

Juste au moment où ils partaient, il entendit le téléphone l’appeler par son nom.

« Ne réponds pas, supplia-t-elle. On va manquer le lever de rideau.

— Qui est à l’appareil ? » lança-t-il. L’écran s’illumina ; il reconnut Olga Pierce et, derrière elle, le bureau de Colorado Springs du Transit Translunaire.

« On demande M. Pemberton. On demande… Oh ! c’est vous, Jake. Vous êtes de corvée. Vol 27, de Supra-New York au Terminal spatial. Un hélicoptère vous prendra dans vingt minutes.

— Comment ça se fait ? Je suis le quatrième sur la liste de départ.

— Vous étiez le quatrième. À présent, vous êtes le pilote remplaçant de Hicks… et le psy vient de le recaler. »

Extrait de : R. A. Heinlein. « Histoire du futur – Les vertes collines de la Terre. »

L’homme qui vendit la Lune par Robert A. Heinlein

Fiche de L’homme qui vendit la Lune

Titre : L’homme qui vendit la Lune (Tome 1 sur 5 – Histoire du futur)
Auteur : Robert A. Heinlein
Date de parution : 1950
Traduction : P. Billon, J.-C. Dumoulin
Editeur : Gallimard

Première page de L’homme qui vendit la Lune

« Ligne de vie

Le président tapa du maillet pour obtenir le silence. Les cris et les huées s’apaisèrent à mesure que le service d’ordre autoproclamé obtenait des excités qu’ils se rassoient. Debout à son pupitre près du président de séance, l’orateur semblait inconscient du charivari. Son visage d’une neutralité qui confinait à l’insolence restait de marbre. Le président se tourna vers lui et l’interpella sur un ton de colère et d’ennui.

« Docteur Pinero, dit-il en appuyant légèrement sur le titre, je dois vous présenter mes excuses pour le vacarme indécent suscité par vos remarques. Je m’étonne que mes collègues oublient la dignité qui convient aux hommes de science au point d’interrompre un orateur…» Il marqua un temps, l’air pincé. «…quel que soit le caractère provocateur de son intervention. » Pinero lui adressa un sourire proprement insultant. Le président se domina visiblement. »

Extrait de : R. A. Heinlein. « Histoire du futur – L’homme qui vendit la Lune. »

Le flot du temps par John Taine

Fiche de Le flot du temps

Titre : Le flot du temps
Auteur : John Taine
Date de parution : 1932
Traduction : P. Singer
Editeur : Le rayon fantastique

Première page de Le flot du temps

« RETOUR EN ARRIÈRE

NOUS avons exploré jusque dans ses recoins les plus sauvages et les plus reculés une région que tout le monde, sauf un très petit nombre de gens, considère comme inaccessible au cerveau humain. Cependant, lorsque, après vingt-cinq années passées, je jette un regard en arrière sur le drame colossal qui s’est déroulé à une vitesse phénoménale devant nos perceptions bouleversées, il n’est pas à mes yeux d’incident plus mystérieux dans toute cette affaire que la confiance aveugle avec laquelle nous acceptâmes notre guide – le vénérable Georges Savadan – purement d’après ses dires. Une fois cette confiance accordée, le reste suivit magistralement, à un rythme inéluctable. Ce fut comme le déchargement de la montre de Sylvester quand le ressort cassa ; un accident banal précipita des événements que le temps avait tenus en suspens depuis des millénaires. »

Extrait de : J. Taine. « Le Flot du Temps. »

L’étoile de fer par John Taine

Fiche de L’étoile de fer

Titre : L’étoile de fer
Auteur : John Taine
Date de parution : 1930
Traduction : C. Renard
Editeur : Le rayon fantastique

Première page de L’étoile de fer

« LE JEUNE docteur Colton était perplexe. Son patient, homme d’un certain âge, aux cheveux grisonnants et à la musculature puissante, ne présentait aucun trouble organique ni aucun symptôme de dépression nerveuse. Un examen des plus complets n’avait rien révélé pourtant, Swain était très malade, beaucoup plus même qu’il ne le croyait. Vingt ans passés en tant que médecin-missionnaire dans la jungle du Haut-Congo, dans les miasmes pestilentiels des marécages avaient sapé les racines même de sa vitalité. En son for intérieur, il savait bien quel mal le rongeait, mais il était si gravement atteint qu’il s’efforçait de s’illusionner sur la véritable nature de son étrange maladie. Autrefois, l’ex-missionnaire était franc comme l’or ; aujourd’hui on n’aurait pu trouver plus grand menteur sur toute la planète. »

Extrait de : J. Taine. « L’Étoile de Fer. »

Germes de vie par John Taine

Fiche de Germes de vie

Titre : Germes de vie
Auteur : John Taine
Date de parution : 1931
Traduction : E. et A. Glatigny
Editeur : NEO

Première page de Germes de vie

« LA « VEUVE NOIRE »

« Défense d’entrer. Danger. » Peint en lettres rouges sur une porte d’acier vert, ce laconique avertissement avait pour but d’ôter aux curieux l’envie de pénétrer dans le laboratoire où des courants de vingt millions de volts pouvaient être mis en jeu.

Le laboratoire, simple cube de béton armé, aurait pu être pris par le profane pour une usine moderne, à ce détail près qu’il n’avait pas de fenêtres. Ce n’était pas là aberration d’architecte fantaisiste : certaines expériences devaient en effet se poursuivre dans l’obscurité, ou dans la demi-pénombre d’un éclairage spécial, soigneusement filtré. Cette absence de fenêtres donnait au massif bloc rectangulaire un aspect particulièrement sévère, mais pour les hardis pionniers de la fondation Erikson qui y domptaient les éclairs d’une foudre artificielle, le labo était plus beau qu’un Parthénon dans sa radieuse jeunesse. »

Extrait de : J. Taine. « Germes de vie. »

Strate-à-gemmes par Terry Pratchett

Fiche de Strate-à-gemmes

Titre : Strate-à-gemmes
Auteur : Terry Pratchett
Date de parution : 1981
Traduction : D. Haas
Editeur : Pocket

Première page de Strate-à-gemmes

« C’était, évidemment, une journée magnifique. Une journée pour le catalogue de la Compagnie. À ce moment-là, le bureau de Kin donnait sur un lagon frangé de palmiers. Des rouleaux se brisaient contre les récifs, au large. La plage était une merveille de corail blanc broyé et de coquillages étranges.

Mais ce qu’aucun catalogue n’aurait montré, c’était la masse cauchemardesque de la stratificatrice montée sur un ponton, le petit modèle pour îles et atolls de moins de quinze kilomètres. Kin regarda un nouveau mètre de plage sortir de la gigantesque extrudeuse noire. »

Extrait de : T. Pratchett. « Strate-à-gemmes. »

Roublard par Terry Pratchett

Fiche de Roublard

Titre : Roublard
Auteur : Terry Pratchett
Date de parution : 2012
Traduction : P. Couton
Editeur : L’Atalante

Première page de Roublard

« Où nous faisons la connaissance de notre héros, où notre héros fait la connaissance d’une orpheline de l’orage et se confronte à monsieur Charlie, un quidam qui passe pour un scribouillard

Il pleuvait de telles hallebardes sur Londres qu’on aurait cru voir danser des embruns ; chaque goutte se démenait pour prendre l’avantage sur ses congénères en attendant de s’écraser par terre. C’était un déluge. Égouts et canalisations débordaient, vomissaient – régurgitaient en quelque sorte – débris de gadoue, de vase et de saletés, chiens, chats et rats crevés, voire pire ; restituaient au monde des hommes tout ce dont ils avaient cru se débarrasser ; se bousculaient, gargouillaient et se ruaient vers la Tamise gonflée, toujours accueillante ; rompaient ses digues, bouillonnaient et tournoyaient comme une soupe innommable cuisant dans un chaudron ignoble ; le fleuve suffoquait comme un poisson à l’agonie. »

Extrait de : T. Pratchett. « Roublard. »

Le peuple du tapis par Terry Pratchett

Fiche de Le peuple du tapis

Titre : Le peuple du tapis
Auteur : Terry Pratchett
Date de parution : 1992
Traduction : P. Marcel
Editeur : J’ai lu

Première page de Le peuple du tapis

« Ils s’étaient baptisés les Munrungues. Cela signifiait le Peuple, ou les Vrais Hommes.

C’est un titre dont tout le monde se gratifie, au départ. Et puis, un jour, une tribu en rencontre une autre et lui donne un nom : l’Autre Peuple, par exemple, ou, si la journée ne s’est pas bien passée, les Ennemis. Si seulement ils pouvaient avoir l’idée d’inventer un nom comme D’Autres Vrais Hommes, ils éviteraient bien des problèmes par la suite.

Non que les Munrungues soient en aucune façon primitifs. Forficule répétait toujours qu’ils possédaient un riche héritage culturel autochtone. Des histoires, il voulait dire.

Forficule connaissait toutes les vieilles légendes et un grand nombre de nouvelles, et il les leur contait, tandis que la tribu entière l’écoutait, captivée, et que les feux de camp croulaient en cendres dans la nuit. »

Extrait de : T. Pratchett. « Le peuple du tapis. »