Catégorie : Livres

 

Le loupiot par Paul-Jean Hérault

Fiche de Le loupiot

Titre : Le loupiot
Auteur : Paul-Jean Hérault
Date de parution : 1991
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le loupiot

« Ils le virent arriver par la bande de circulation depuis la grande baie du bureau.
Il se tenait bizarrement, comme s’il s’appuyait sur sa jambe droite seulement. Et sa main droite paraissait prête à saisir la rampe. Pourtant, le déroulement de la bande était constant, et les rares secousses n’avaient rien de bien méchant.
Comme il se rapprochait, ils distinguèrent mieux sa vieille combinaison marron, tellement vague qu’elle flottait autour de lui, dissimulant les lignes de son corps.
Tout semblait anonyme, en lui. Taille moyenne, visage quelconque, à part une cicatrice qui barrait en oblique le sourcil droit… A la réflexion, sa figure presque trop banale incitait à revenir sur la première impression… parce qu’elle ne trahissait absolument rien, aucun sentiment. Brusquement, le personnage n’était plus si anonyme que ça ! »

Extrait de : P.-J. Hérault. « Le Loupiot. »

Le destitué par Paul-Jean Hérault

Fiche de Le destitué

Titre : Le destitué
Auteur : Paul-Jean Hérault
Date de parution : 2008
Editeur : Editions l’officine

Première page de Le destitué

« On ne lui avait même pas permis d’enfiler sa combin’ d’uniforme ! L’un des deux Gardes Spatiaux qui étaient venus le chercher dans sa cellule lui avait seulement agrafé ses galons sur la combin’ jaune criard de détenu et, sur sa poitrine, les insignes de son ancienneté et des campagnes qu’il avait faites dans sa carrière.
Il se sentait humilié, rejeté, sali… Quoi qu’on ait pu lui reprocher il ne méritait pas cette cérémonie dégradante. Il y avait un fossé entre son erreur et cette sanction ! Et il ne comprenait toujours pas le pourquoi de tout ça ?
Pâle, le visage contracté, le regard levé vers le ciel pour ne pas voir le décor de ce lieu même où il avait été nommé officier, huit ans auparavant ; un cadet s’était agenouillé, un officier s’était redressé ; il serrait les dents pour ne pas se laisser aller. »

Extrait de : P.-J. Hérault. « Le destitué. »

Le chineur de l’espace par Paul-Jean Hérault

Fiche de Le chineur de l’espace

Titre : Le chineur de l’espace
Auteur : Paul-Jean Hérault
Date de parution : 1995
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le chineur de l’espace

« Glen porta machinalement la main à son front. Il lui semblait émerger lentement d’un long coma. Au point que ses yeux clignèrent à la lumière et il se détourna.
Curieusement il se souvenait pourtant de tout. Comme si chaque événement qui s’était produit, chaque geste, presque, était imprimé dans sa mémoire. Comme s’il avait fait un rêve dont tous les détails lui seraient restés.
En somme c’était un peu lui et un autre qui avaient vécu ces quatorze derniers jours.
Il avait déconnecté.
Le traumatisme moral de l’accident, probablement. Parce que physiquement il était en bon état. Le système automatique antichoc de la couchette avait fonctionné, au moment du long crash, et la partie supérieure du module de la Sauterelle n’avait pas été touchée. Seul le dessous avait trinqué. Là où se trouvait le poste de contrôle-pilotage, avec Pali aux commandes. »

Extrait de : P.-J. Hérault. « Le Chineur de l’Espace. »

Le bricolo par Paul-Jean Hérault

Fiche de Le bricolo

Titre : Le bricolo
Auteur : Paul-Jean Hérault
Date de parution : 1986
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le bricolo

« Dans le grand disque transparent, les deux hommes avaient l’air fatigué. Les traits creusés, pas rasés, ils remontaient de temps à autre la visière de leur casque pour passer la main sur leurs yeux. Leur uniforme gris était humide de transpiration.
Une voix s’éleva soudain :
-Avez-vous des nouvelles du prospecteur de S 22 ?
Celui qui pilotait l’engin jura.
-Non. Il n’a pas été récupéré ?
-Pas d’informations sur lui. Vous avez juste le temps d’y aller. Le compte à rebours est maintenant en phase rouge.
Le pilote grimaça.
-Quel emmerdeur, ce type, bordel. Jusqu’au bout il nous aura empoisonnés. Il reste combien ? »

Extrait de : P.-J. Hérault. « Le Bricolo. »

Le barrage maudit par Paul-Jean Hérault

Fiche de Le barrage maudit

Titre : Le barrage maudit
Auteur : Paul-Jean Hérault
Date de parution : 1972
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le barrage maudit

« Gentil, ici. La pièce où nous a fait entrer le lieutenant Pereira est fraîche en ce début d’après-midi. Il habite une petite maison des faubourgs sud de Tète.

Perez s’est laissé enfouir dans les profondeurs d’un fauteuil club. Prudemment, je me suis contenté du bord d’un canapé, beaucoup moins moelleux. Besoin de toute mon attention.

Pour l’instant, Pereira nous confectionne des boissons allongées d’eau gazeuse, devant les portes ouvertes d’un petit bar mural. Plus Portugais que nature, le lieutenant. Pas très grand, mince, le visage étroit et une – petité-moustacé – aux poils  »

Extrait de : P.-J. Hérault. « Le barrage maudit. »

La grande migration par Paul-Jean Hérault

Fiche de La grande migration

Titre : La grande migration
Auteur : Paul-Jean Hérault
Date de parution : 2008
Editeur : Rivière blanche

Première page de La grande migration

« — … Allez-y massacrez-nous ! Vous avez l’occasion de tuer près de 6.000 asiatiques, ici, maintenant, tout de suite… et des dizaines de millions avec ce que vous avez trouvé dans notre base. Vous pouvez anéantir l’Union Asiatique, et l’Europe n’aura plus qu’à négocier avec le Groupement américain pour tenter de signer une paix commerciale avec ces requins.

La voix de l’homme ne trahissait pas seulement de la colère mais aussi un désespoir qui atteignit Goulven en plein visage. Peut-être parce qu’il avait compris que cette angoisse ne le visait pas, lui, mais les milliers d’hommes et de femmes du personnel asiatique de la base, en immense majorité des scientifiques, pas des combattants. Il y avait juste un petit détachement de sécurité dans cette base secrète. Elle avait résonné dans la grande pièce aux parois de béton, enfouie à plusieurs dizaines de mètres dans le sol rocheux. »

Extrait de : P.-J. Hérault. « La grande migration. »

La fresque par Paul-Jean Hérault

Fiche de La fresque

Titre : La fresque
Auteur : Paul-Jean Hérault
Date de parution : 1981
Editeur : Fleuve noir

Première page de La fresque

« Lid était allongé sur une couche de mousse, près de l’ouverture de la hutte. Les yeux grands ouverts, il regardait sans les voir les branches entrelacées formant le toit conique.
Une mouche ronronnait près de sa tête depuis un moment et il finit par la chasser d’une main lasse. C’était le matin, un rayon de soleil traversait la hutte venant d’un trou dans la paroi.
Il n’avait pu dormir, la tête trop pleine, encore, des cris, du tumulte de la bataille de la veille. La nuit était tombée sans que l’un des camps obtienne la victoire décisive. Impossible de combattre, dans l’obscurité on pouvait aussi bien étrangler un ennemi qu’un frère. Alors les adversaires s’étaient retirés, comme d’accord.
Rien n’avait été dit, mais la Tradition était là pour indiquer la marche à suivre. Le combat reprendrait ce matin. Jusqu’au massacre final ! »

Extrait de : P.-J. Hérault. « La Fresque. »

La fédération de l’amas par Paul-Jean Hérault

Fiche de La fédération de l’amas

Titre : La fédération de l’amas
Auteur : Paul-Jean Hérault
Date de parution : 2004
Editeur : Fleuve noir

Première page de La fédération de l’amas

« – …Finalement, on s’en tire plutôt bien, hein Cap ? Mais je serai plus tranquille quand on aura filé, dit l’immense type de droite, devant le comptoir lumineux du faux bar. Ces Miliciens de l’Administrateur avaient une sale gueule, tout à l’heure.
Il fallait bien, à Michelli Strati, le plus grand des deux hommes, sa voix d’ex-Sarge-Major, habituée à gueuler les ordres, dans le vacarme du combat, pour se faire entendre de son compagnon, dans ce brouhaha de cris, et de rires vulgaires. Ce n’était pas la délicatesse qui régnait, sur cette planète excentrée, loin des circuits économiques. M 75 II, de la constellation de la Flèche, sous simple Protectorat d’Altaïr, était même une caricature de ces planètes peuplées de pionniers, en retard d’un siècle, sur l’Univers habité, le Monde, comme on disait couramment. Dans tous les domaines… Y compris dans celui des cafet’. »

Extrait de : P.-J. Hérault. « La fédération de l’amas. »

La famille par Paul-Jean Hérault

Fiche de La famille

Titre : La famille
Auteur : Paul-Jean Hérault
Date de parution : 1987
Editeur : Fleuve noir

Première page de La famille

« Romaric traversa tranquillement le grand hall de la V.F.A. Il venait de livrer sa dernière cassette, avec les corrections demandées par le comité de visionnage et, cette fois, il avait l’acceptation de la direction de diffusion.
Une fille de la direction d’antenne le héla au passage. Il l’avait déjà rencontrée deux ou trois fois et obliqua vers elle en jetant un regard vers la sortie. La bulle qu’il avait commandée, en haut, n’était pas encore arrivée.
Ils bavardèrent trois ou quatre minutes et il la quittait quand Brason déboula dans le hall en se pressant.
– Oh, Rom… C’est pour toi la bulle là ?
Romaric jeta un œil au panneau près des grandes portes et identifia son numéro de compte.
– Oui, c’est pour moi.
– Écoute, ils m’ont encore collé des corrections impossibles et je dois leur rendre mon truc ce soir. Ça t’ennuie de me la laisser ? »

Extrait de : P.-J. Hérault. « La Famille. »

L’intervention finale par Paul-Jean Hérault

Fiche de L’intervention finale

Titre : L’intervention finale
Auteur : Paul-Jean Hérault
Date de parution : 2013
Editeur : Bragelonne

Première page de L’intervention finale

« La douleur est intolérable. Des ondes parcourent mon corps, broyant chaque muscle, vrillant chaque nerf…
De la tête aux pieds, je ne suis que douleurs. Et les ondes accélèrent leur rythme… Je finis par émettre un long râle.
Et puis, je fais surface.
Nom de Dieu ! Je n’ai jamais souffert comme ça, au réveil… Oui, la conscience est là : je jure comme un perdu.
C’est seulement à ce moment-là que mes sens se remettent à fonctionner. J’entends les sirènes d’alarme.
Qu’est-ce qui…
Mes yeux s’ouvrent, je vois la petite chambre et les câbles qui me relient aux machines, tout autour de moi.
Mais que se passe-t-il à la fin ? La rogne, maintenant. Une colère immense qui me fait me dresser sur la couchette. Pourquoi ce réveil abominable ?
Ah oui, la Base, l’hibernation… Non, pas la Base, justement. Je me trouve dans l’annexe abyssale sur Vaha, au fond d’un plateau sous-marin. »

Extrait de : P.-J. Hérault. « L’Intervention finale. »