Catégorie : Livres
Le secret des anneaux de Saturne par Donald A. Wollheim
Fiche de Le secret des anneaux de Saturne
Titre : Le secret des anneaux de Saturne
Auteur : Donald A. Wollheim
Date de parution : 1954
Traduction : M. Goldschmidt
Editeur : Daniber
Première page de Le secret des anneaux de Saturne
« Plateforme d’envol
Bruce Rhodes ne s’attendait certes pas au terrible choc que lui réservait cette belle matinée de juin. N’était-ce pas le plus beau jour de sa vie ? Il faisait un soleil magnifique, on allait lui remettre ses diplômes de licence et puis il y aurait leur dernière réunion à ses camarades de cours et à lui, la dernière de l’année avant le départ en vacances. Il avait toujours été très populaire parmi ses condisciples. Très bien coté également comme élève, il avait obtenu d’excellentes notes en astronomie et en mécanique spatiale, ce qui lui ouvrait toutes grandes les portes du collège d’État où il pourrait obtenir rapidement son grade d’ingénieur-pilote de l’espace.
Lorsqu’il entra dans la grande salle qui avait servi de décor à ses longues et fastidieuses journées d’études, il se sentait parfaitement à l’aise et fut surpris de constater le silence que déclencha son arrivée. »
Extrait de : D. A. Wollheim. « Le secret des anneaux de Saturne. »
Le mystère des lunes de Mars par Donald A. Wollheim
Fiche de Le mystère des lunes de Mars
Titre : Le mystère des lunes de Mars
Auteur : Donald A. Wollheim
Date de parution : 1955
Traduction : M. Goldschmidt
Editeur : Daniber
Première page de Le mystère des lunes de Mars
« L’empreinte mystérieuse
En fait, Nelson Parr était parfaitement au courant des débats continuels qui n’avaient cessé de proliférer autour de la fameuse question martienne, mais il ne s’y était pas intéressé outre mesure. Cela faisait cinq ans à peine qu’il avait, pour la première fois, posé les pieds sur la Terre et son esprit s’était attaché à découvrir une à une les merveilles de cette vieille planète. En dehors de ses cours de perfectionnement à l’Académie de Navigation Spatiale, il avait consacré la plupart de ses loisirs à visiter les musées, à goûter la nourriture des Terriens, à s’incorporer à leur vie, à leurs coutumes. Il n’avait donc pas accordé trop d’importance à l’évolution de cette question martienne qui semblait tant préoccuper les législateurs. »
Extrait de : D. A. Wollheim. « Le Mystère des lunes de Mars. »
Des mondes à profusion par Margaret St. Clair
Fiche de Des mondes à profusion
Titre : Des mondes à profusion
Auteur : Margaret St. Clair
Date de parution : 1974
Traduction : F. Straschitz, B. Martin, P. Billon, P. J. Izabelle, A. Dorémieux, R. Durand, C. Grégoire, A. Merlin, A. Rosenblum
Editeur : Opta
Sommaire de Des mondes à profusion
- Beaulieu
- Manuel de mariage
- Le temps des prophètes
- Adieu la terre
- La croisade des ténèbres
- Son et lumières
- Le dieu a soif
- Les altruistes
- Escale
- Les vins de la Terre
- Les questions
- Le bazar bizarre
- Quel ennemi ?
- La déesse au coin de la rue
- L’oeuf du mois
- La mort de chaque jour
- Lazare
Première page de Beaulieu
« LA couleur des cheveux de la jeune femme, pensa Denton, méritait un seul qualificatif : celui d’« éhonté » – un or éhonté ; et même l’or qui parait son cou et ses poignets avait des reflets éhontés lorsqu’elle se pencha pour lui ouvrir la porte de la voiture de sport verte au volant de laquelle elle était assise.
« Montez, » lui dit-elle, et elle ne souriait pas.
Denton obéit. Était-ce le début du mythe favori de tous les hommes, la blonde passionnée dans la décapotable verte ? Bien que le docteur eût prévu une opération exploratoire pour le lundi suivant, Denton était, il le savait, jeune et de bonne apparence. Les signes extérieurs de sa maladie – une certaine pâleur cireuse de la peau – n’étaient perceptibles qu’à la vue exercée d’un médecin. Les randonnées dans les vallées et les collines qu’il avait faites durant l’été lui avaient donné un hâle sportif. Le mythe était donc possible. »
Extrait de : M. St Clair. « Des mondes à profusion. »
Un milliard d’années plus tard par Robert Silverberg
Fiche d’Un milliard d’années plus tard
Titre : Un milliard d’années plus tard
Auteur : Robert Silverberg
Date de parution : 1968
Traduction : P. Arnaud
Editeur : Presses de la cité
Première page d’Un milliard d’années plus tard
« Quelque part dans l’hyper-espace. 11 août 2375.
Lorie, je ne sais quand tu prendras connaissance de cette lettre. Te parviendra-t-elle jamais ? Je peux aussi bien décider d’effacer le cubimessage dès que j’aurai fini de l’enregistrer. Ou peut-être oublierai-je de te le donner quand je serai de retour de cette aventure.
Ce n’est pas seulement parce que je suis un vidj déséquilibré, ce qui par ailleurs ne fait aucun doute. Mais plusieurs années auront passé avant que je ne puisse te donner ces lettres, et ce que je te dis maintenant ne semblera plus très important ni intéressant. Comme de toute façon j’ai ces cubimessages, pourquoi ne pas tout y graver pour toi, faire un enregistrement de ce que je fais et de ce qui m’arrive ici ?
Je pense qu’il serait convenable de t’appeler ce soir sur le réseau du téléphone intergalactique pour te souhaiter un heureux anniversaire, puisque nous avons vingt-deux ans aujourd’hui. »
Extrait de : R. Silverberg. « Un milliard d’années plus tard. »
Un jeu cruel par Robert Silverberg
Fiche d’Un jeu cruel
Titre : Un jeu cruel
Auteur : Robert Silverberg
Date de parution : 1967
Traduction : M. Deutsch
Editeur : J’ai lu
Première page d’Un jeu cruel
« LA CHANSON QUE CHANTAIENT LES NEURONES
— La douleur est instructive, haleta Duncan Chalk.
Il gravissait les barreaux de cristal du mur est de son cabinet. Très haut au-dessus de lui trônaient son bureau miroitant et le boîtier d’appel incrusté grâce auquel il contrôlait son empire. Il aurait pu effectuer l’ascension sans la moindre peine grâce à un gravitron porteur. Pourtant, tous les matins, il se contraignait à cette escalade.
Toute une suite l’escortait : Leontes d’Amore aux babines mobiles de chimpanzé, Bart Aoudad, Tom Nikolaides, célèbre par ses épaules, d’autres encore. Pourtant, Chalk, une fois encore attentif aux leçons de la douleur, constituait le centre d’attraction du groupe.
Ses chairs tremblotantes frémissaient. La blanche armature du squelette qui les sous-tendait ployait sous l’effort. Trois cents kilos de viande : voilà à quoi se résumait Duncan Chalk. Son gros cœur racorni battait farouchement, insufflant la vie à ses muscles lourds. »
Extrait de : R. Silverberg. « Un jeu cruel. »
Trips par Robert Silverberg
Fiche de Trips
Titre : Trips
Auteur : Robert Silverberg
Date de parution : 1976
Traduction : J. Chambon
Editeur : J’ai lu
Sommaire de Trips
- Traverser la ville
- Ce qu’il y avait dans le journal de ce matin
- Une mer de visages
- Schwartz et les galaxies
- Trips
- Un personnage en quête de corps
- Les jeux du Capricorne
- Partir
Première page de Traverser la ville
« Le premier jour de l’été, ma femme-du-mois, Silena Ruiz, a trouvé le moyen de barboter le programme directeur de notre district au centre informatique de Fort Ganfield et de disparaître avec. Un garde du fort a avoué qu’elle était parvenue à entrer en lui faisant du charme et qu’elle l’avait drogué. Certains affirment qu’elle est maintenant à Conning Town ; d’autres ont entendu dire qu’elle avait été vue à Morton Court ; d’autres encore prétendent qu’elle a gagné le Mill. À mon avis, peu importe où elle est partie. Ce qui importe, c’est que nous n’avons plus notre programme. Voilà onze jours que nous vivons sans, et les choses commencent à se gâter sérieusement. La chaleur est abominable, mais il faut que nous branchions chaque thermostat sur la commande manuelle avant de pouvoir nous servir de notre système de refroidissement je crois bien que nous serons cuits avant d’en avoir terminé. »
Extrait de : R. Silverberg. « TRIPS. »
Tom O’Bedlam par Robert Silverberg
Fiche de Tom O’Bedlam
Titre : Tom O’Bedlam
Auteur : Robert Silverberg
Date de parution : 1985
Traduction : P. Berthon
Editeur : Robert Laffont
Première page de Tom O’Bedlam
« Cette fois, Tom s’était senti poussé vers l’ouest par une force intérieure. Une direction qui en valait bien une autre. En allant vers le couchant, il arriverait un jour aux confins des terres et de là peut-être lui serait-il possible de s’élancer vers les étoiles.
Ce jour de juillet, l’après-midi touchait à sa fin quand il déboucha au sommet de la pente abrupte bordant le lit à sec d’un cours d’eau et s’arrêta dans un champ calciné pour reprendre son souffle et faire le point. Il se trouvait à peu près à deux cents kilomètres à l’est de Sacramento, sur le versant le plus aride de la montagne, dans le courant de la troisième année du nouveau siècle qui, à ce que l’on disait, devait voir se terminer les souffrances de l’humanité. Tom songea que cela se réaliserait peut-être, mais mieux valait ne pas trop y compter.
Juste devant lui, il aperçut un groupe de sept ou huit hommes déguenillés et rassemblés autour d’un vieux van sur coussin d’air dont les flancs rouillés étaient couverts d’éclairs de peinture rouge et jaune. Il était difficile de savoir s’ils réparaient le véhicule ou s’ils se disposaient à le voler. Peut-être les deux à la fois. Deux hommes étaient allongés dessous, la tête et les épaules au niveau de la boîte de vitesses, tandis qu’un troisième bricolait le filtre à air. »
Extrait de : R. Silverberg. « Tom O’Bedlam. »
Thomas le proclamateur par Robert Silverberg
Fiche de Thomas le proclamateur
Titre : Thomas le proclamateur
Auteur : Robert Silverberg
Date de parution : 1985
Traduction : C. Fargeot
Editeur : Denoël
Sommaire de Thomas le proclamateur
- Danger : religion ! par Brian W. Aldiss
- Thomas le proclamateur par Robert Silverberg
Première page de Thomas le proclamateur
« Lune, étoiles, flambeaux
Combien de temps cette nuit durera-t-elle ? L’obscurité, bien que percée çà et là par la lueur de la lune, des étoiles, des flambeaux, règne, dense, opaque. Dans la vallée, ils chantent, psalmodient ; la fumée âcre de leurs torches monte jusqu’au sommet de la colline où se tient Thomas, flanqué de ses plus proches disciples. Des lambeaux de vieux hymnes flottent entre les arbres. « J’ai scindé le Rocher des Âges… Ô Dieu, du fond des Cieux, viens à notre secours… Jésus, Joie de mon âme, laisse-moi m’élever vers toi. »
Thomas est au centre de l’attention générale. Une sorte de halo invisible, d’intangibles vibrations électriques, émanent de sa silhouette massive ; Saul Kraft, petit et frêle à côté de lui, en paraît comme éclipsé. Saul, pour l’instant, reste dans l’ombre, mais il joue dans les événements de cette nuit un rôle considérable. « Plus près de toi, mon Dieu… » Thomas fredonne la mélodie, puis entonne les paroles. »
Extrait de : R. Silverberg. « Thomas le proclamateur. »
Thèbes aux cent portes par Robert Silverberg
Fiche de Thèbes aux cent portes
Titre : Thèbes aux cent portes
Auteur : Robert Silverberg
Date de parution : 1992
Traduction : F. Lasaygues
Editeur : J’ai lu
Première page de Thèbes aux cent portes
« L’impact sensoriel l’assaillit de toutes parts dès le premier moment de son arrivée : un bombardement furieux d’odeurs, de visions, de sons – autant de perceptions nouvelles, toutes aussi intenses les unes que les autres, et animées d’une étrange vie intérieure. Des visions lumineuses firent cercle autour de lui. Puis il erra pendant une période de temps indéterminée à travers des forêts de rêve aux feuillages chatoyants. L’air même avait une texture, contradictoire et déroutante, douce et âpre à la fois, pesante et légère jusqu’au vertige. L’Égypte courait au-dedans de lui tel un fleuve indomptable, effervescente, levant des tourbillons d’étincelles, son immensité et sa stupéfiante puissance vitale l’étourdissant follement.
Il inhalait de la magie. Il s’en étouffait. Le simple fait de respirer était une véritable lutte – il était tellement abasourdi qu’il devait se concentrer pour s’en rappeler les différentes phases. Mais le vrai problème était le manque d’orientation. »
Extrait de : R. Silverberg. « Thèbes aux cent portes. »
Starborne par Robert Silverberg
Fiche de Starborne
Titre : Starborne
Auteur : Robert Silverberg
Date de parution : 1995
Traduction : I. Tolila
Editeur : J’ai lu
Première page de Starborne
« Seize années-lumière de la Terre aujourd’hui, cinquième mois du voyage, et l’impalpable force d’accélération de l’hyperespace continue d’augmenter la vitesse du vaisseau spatial. Trois parties de Go sont en cours dans le salon du Wotan. Le capitaine élu pour l’année se tient sur le seuil de la pièce fortement éclairée, regardant distraitement les joueurs : Roy et Sylvia, Léon et Chang, Heinz et Elliot.
Voilà des semaines que le Go fait fureur à bord. Les joueurs – dix-huit à vingt membres de l’expédition ont attrapé le virus à ce jour, plus d’un tiers de l’équipage – restent assis pendant des heures, étudiant des stratégies, combinant des variantes, saisissant les pierres polies noires et blanches entre le pouce et l’index, les posant sur le plateau de bois avec le claquement sec d’usage. Le capitaine ne joue pas, bien que ce jeu l’ait à une époque captivé jusqu’à l’obsession, une époque lointaine, presque une autre vie ; ses responsabilités à bord exigent déjà de lui une bien trop grosse dépense d’énergie pour qu’il trouve le moindre plaisir à simuler une conquête territoriale. »
Extrait de : R. Silverberg. « Starborne. »