Catégorie : Livres
Le printemps russe 1 par Norman Spinrad
Fiche de Le printemps russe 1
Titre : Le printemps russe 1
Auteur : Norman Spinrad
Date de parution : 1991
Traduction : L. Carissimo
Editeur : Denoël
Première page de Le printemps russe 1
« M. Goddard, secrétaire d’État : « Tôt ou tard, Bill, nous devrons bien finir par nous rendre à l’évidence : l’Amérique latine est incapable de se défendre seule. »
Bill Blair : « Se défendre contre quoi, monsieur le ministre ? »
M. Goddard : « Se défendre dans la vie. Mettre sur pied une économie moderne avec une monnaie stable, nourrir sa population et sauvegarder les apparences d’un gouvernement démocratique. On ne peut pas dire que ce soit le cas pour le moment et les leçons de l’histoire n’incitent pas à l’optimisme. En restant passifs, nous abdiquons toute responsabilité. »
Bill Blair : « Vous voulez dire que nous devrions intervenir ouvertement dans les affaires des pays latino-américains dont la politique intérieure n’est pas à notre goût ? »
M. Goddard : « Je veux dire que nous devons faire ce qu’il faut pour mettre en place des gouver- »
Extrait de : N. Spinrad. « Le printemps russe – Tome1. »
Le livre d’or par Norman Spinrad
Fiche de Le livre d’or
Titre : Le livre d’or de la science fiction
Auteur : Norman Spinrad
Date de parution : 1978
Traduction : P. Duvic, M. Deutsch, J. Guiod, J. Chambon, F.-M. Watkins
Editeur : Pocket
Sommaire de Le livre d’or
- Le dernier des Romani
- Subjectivité
- Les anges du Cancer
- Le dernier hurrah de la horde d’or
- Le grand flash
- L’herbe du temps
- Continent perdu
- Nulle part où aller
- La beauté de la chose
- Souvenir de famille
- Tous les sons de l’arc-en-ciel
- Black out
Première page de Le dernier des Romani
« La route fut longue et la chaleur accablante, dit l’homme à la moustache gominée. Un Collins, garçon, s’il vous plaît.
Le serveur adipeux tendit la main vers la console, pressa le bouton « Collins », et demanda :
— Gin, rhum, vodka ou grawa ?
— Gin, bien sûr, dit l’homme à la moustache gominée. Faire un Collins au grawa, non mais ! (Il alluma un grand cigare vert olive.)
Le garçon pressa le bouton « gin » et tapota le servobar. Le récipient de plastique transparent plein de liquide brumeux surgit par l’orifice de service du comptoir.
L’homme à la moustache noire et gominée regarda le verre, puis la console, puis le garçon.
— Ne me tenez pas pour impoli, l’ami, dit-il, mais je me suis toujours demandé pourquoi il y a encore des serveurs, quand n’importe qui pourrait appuyer sur ces stupides boutons. »
Extrait de : N. Spinrad. « Le livre d’or de la science-fiction. »
Le chaos final par Norman Spinrad
Fiche de Le chaos final
Titre : Le chaos final
Auteur : Norman Spinrad
Date de parution : 1967
Traduction : M. Pétris
Editeur : Presses Pocket
Première page de Le chaos final
« Bart Fraden était assis sur le bord de son bureau, dans une attitude à la fois tendue et nonchalante, tel un grand félin au repos. Après tout, merde, se dit-il en mordant voracement dans la chair succulente de la cuisse de faisan, une planque pareille ne pouvait pas durer éternellement.
Il rejeta avec désinvolture la cuisse entamée dans le précieux plateau d’argent posé sur le bureau en noyer ciré, prit la bouteille de vin du Rhin bien frais à demi pleine et en but une rasade pour faire passer la bouchée de gibier. Le jaja était bon, foutrement bon même – et il avait intérêt à l’être, vu que chaque bouteille de cette gnôle coûtait trente confédollars à l’État de la Ceinture Libre. Le faisan, par contre, était un peu secot. Trop cuit. Mais, admit volontiers Fraden, Ah Ming a encore bien du mérite à se concentrer sur ses fourneaux pendant que ce cher vieil État de la Ceinture Libre se déglingue autour de nous. »
Extrait de : N. Spinrad. « Le chaos final. »
La grande guerre des bleus et des roses par Norman Spinrad
Fiche de La grande guerre des bleus et des roses
Titre : La grande guerre des bleus et des roses
Auteur : Norman Spinrad
Date de parution : 1980
Traduction : C. Canet
Editeur : Pocket
Première page de La grande guerre des bleus et des roses
« ASSIS torse nu. dans le cockpit ouvert du Père Neptune, Royce Lindblad jouait avec le vent d’ouest sur la frange du grain orageux qui approchait rapide ment, utilisant, pour gouverner le voilier, la barre, l’écoute, et le fond de son pantalon en velours vert. Les éclairs déchiraient en crépitant les nuages noirs qui s’amoncelaient derrière lui, mais pas une goutte de pluie ne tombait sur les courtes lames azurées de la Mer des Îles. Très haut à l’aplomb du mât, des olifants d’un jaune éclatant se laissaient eux aussi emporter par le vent sur leurs grandes ailes immobiles, défiant débonnairement les éléments de leur voix cuivrée. Tant que ces oiseaux restaient dans le ciel, le grain ne risquait pas de se transformer en tornade : il n’était donc pas nécessaire de rentrer le mât et la voile pour continuer au moteur. »
Extrait de : N. Spinrad. « La grande guerre des bleus et des roses. »
La dernière croisière du Dragon-Zéphyr par Norman Spinrad
Fiche de La dernière croisière du Dragon-Zéphyr
Titre : La dernière croisière du Dragon-Zéphyr
Auteur : Norman Spinrad
Date de parution : 1982
Traduction : J. Guiod
Editeur : Presses de la cité
Première page de La dernière croisière du Dragon-Zéphyr
« JE suis Genro Kane Gupta, Vacuo-Capitaine du Dragon-Zéphyr, et peut-être est-ce là mon ultime récit. Par la force des choses, c’est également l’histoire du Vacuo-Pilote Dominique Alia Wu, mais elle a rejoint le Grand Unique, et je ne possède ni l’adresse me permettant de présenter son point de vue dans le style romanesque de la fin du XXe siècle, ni l’intuition susceptible de me dicter le sens que doit prendre son histoire.
Ce récit n’est donc censé refléter que ma propre conscience. Certes, j’ai une connaissance si claire de mes imperfections en tant qu’instrument subjectif que, loup de mer aux temps anciens plutôt que Vacuo-Capitaine au Second Âge des Étoiles, j’eusse été cruellement tenté d’adopter le style littéraire connu sous le nom de « Livre de bord », grâce auquel des capitaines moins versés que moi-même dans l’art du conteur ont pu jeter sur le papier des descriptions laconiques d’événements quotidiens et tout relater, de la position du navire aux incidents les plus tragiques, dans la même prose, égale, stylisée et objective. »
Extrait de : N. Spinrad. « La dernière croisière du Dragon-Zéphyr. »
La der des ders par Norman Spinrad
Fiche de La der des ders
Titre : La der des ders
Auteur : Norman Spinrad
Date de parution : 1985
Traduction : J. Guiod
Editeur : Presses de la cité
Première page de La der des ders
« Six semaines avant le jour des élections, Elmer Powell, le célèbre organisateur de sondages, reçut un appel téléphonique d’un fonctionnaire anonyme de l’ambassade du Koram, qui lui fit une proposition à laquelle il ne comprit pas grand-chose, mais qu’il pouvait encore moins refuser.
Hassan al Korami désirait une consultation privée, pour laquelle il offrirait à Powell l’équivalent d’un million de dollars dans la devise de son choix.
Il n’y avait qu’une condition : Hassan voulait lui parler sur-le-champ, ce qui signifiait que Powell devait s’envoler dans moins de vingt-quatre heures pour Koramibad. C’était à prendre ou à laisser.
Powell accepta, bien entendu. Trois heures plus tard, une limousine de l’ambassade du Koram l’attendait devant son bureau de Washington : malgré la circulation, il ne lui fallut qu’une heure et demie pour gagner l’aéroport international de Dulles. »
Extrait de : N. Spinrad. « La der des der. »
L’enfant de la fortune par Norman Spinrad
Fiche de L’enfant de la fortune
Titre : L’enfant de la fortune
Auteur : Norman Spinrad
Date de parution : 1985
Traduction : G. Abadia
Editeur : Le livre de poche
Première page de L’enfant de la fortune
« C’est ainsi qu’après moult storias racontant l’aventure éternelle dans ses multiples incarnations temporelles et extratemporelles, je me résous enfin ici à exposer l’histoire de mon propre wanderjahr telle qu’elle demeure ancrée au plus profond des souvenirs de mon cœur. Rétameurs, enfants de la route, samouraïs sans maître, troubadours, hippies, Roms, Archies, ermites zen et cow-boys, d’innombrables avatars du bohémien archétype ont suivi la Route pavée de briques jaunes qui serpente éternellement à travers l’espace et le temps depuis les villages et les forêts les plus reculés de la Terre préhistorique jusqu’aux San Francisco et Samarkand de l’histoire mythique, via les premières multiarches qui affrontèrent les océans stellaires à une vitesse désespérément infra-luminique, jusqu’aux cités célestes des mondes les plus reculés. Les chanteurs passent, et les avatars aussi, mais la chanson »
Extrait de : N. Spinrad. « L’enfant de la fortune. »
L’autre côté du réel par Norman Spinrad
Fiche de L’autre côté du réel
Titre : L’autre côté du réel
Auteur : Norman Spinrad
Date de parution : 2015
Traduction : J. Martinache, I. D. Philippe
Editeur : Milady
Sommaire de L’autre côté du réel
- Les avaleurs de vide
- Deus ex
Première page de Les avaleurs de vide
« Dans un scintillement d’arcs-en-ciel lancés par la combinaison-miroir qui lui collait à la peau, dans un tourbillon de cape noire, Jofe D’mahl surgit de l’écran-chatoiement formant la paroi intérieure du grand salon à bord de son vaisseau, accompagné des premières mesures de la Cinquième Symphonie de Beethoven. L’écran se rida en passant par toutes les couleurs du spectre tandis que la chair de D’mahl le traversait, annonçant visuellement sa présence par des lumières stroboscopiques aux reflets mercuriels et aux effets Doppler. Des têtes se tournèrent, des corps se figèrent et la réception s’interrompit le temps d’un long battement de cœur cependant qu’il saluait ses invités d’une légère inclinaison du buste teintée d’ironie. Puis la soirée reprit son rythme lorsqu’il s’avança sur le sol couvert de brouillard et se dirigea vers un plateau flottant chargé de flambois. Il avait fait son entrée.
D’mahl choisit une sphère violette, fourra le flambois dans sa bouche et mordit dans une spongiosité friable, exquise, qui l’emporta, irrésistible lame de velours, vers un orgasme gustatif. Un assortiment inédit, création d’une certaine Lina Wolder, recommandé par Jiz, et, comme d’habitude, elle avait déniché une perle. Il incorpora le »
Extrait de : N. Spinrad. « L’autre côté du réel. »
Jack Barron et l’éternité par Norman Spinrad
Fiche de Jack Barron et l’éternité
Titre : Jack Barron et l’éternité
Auteur : Norman Spinrad
Date de parution : 1969
Traduction : G. Abadia
Editeur : J’ai lu
Première page de Jack Barron et l’éternité
« — Dégagez la piste, les boys, fit Lukas Greene d’une voix traînante en agitant sa main noire (et il se plut, mauvais, en cet instant, à penser : noire) en direction des deux hommes (Nègres, formula-t-il perversement, par lassitude intérieure peut-être) revêtus d’uniformes de la police d’État et de la National Guard (bougnoule à gauche et gobi à droite) du Mississippi.
— Oui, monsieur le Gouverneur, firent les deux hommes à l’unisson (tandis que l’oreille de Greene, prise dans ce qu’objectivement il appelait son moment d’irresponsabilité masochiste, entendait : « Oui, Missié Gouve’neu’ »).
— Bon Dieu d’Ébène, fit le gouverneur Greene à la porte quand elle se fut refermée sur les deux hommes. Qu’est-ce qui me prend aujourd’hui. Ce putain de Shabazz, pensa-t-il. Ce bougre d’emmerdeur de Nè…
Encore ce mot. Et c’était ça, en fait. Malcolm Shabazz, Prophète de l’Union des Musulmans Noirs, Président du Bureau National des Leaders Nationalistes Noirs, Lauréat du Prix Mao de la Paix et Cacique Suprême des Chevaliers Mystiques de la Mer, était ni plus ni moins qu’un Nègre. »
Extrait de : N. Spinrad. « Jack Barron et l’éternité. »
Il est parmi nous par Norman Spinrad
Fiche d’Il est parmi nous
Titre : Il est parmi nous
Auteur : Norman Spinrad
Date de parution : 2009
Traduction : S. Denis, R. C. Wagner
Editeur : J’ai lu
Première page d’Il est parmi nous
« — Amuse-toi bien à sauver l’Univers, Dex ! fit sèchement Ellie. Et tente de ne pas descendre trop de bière !
— Tu es vraiment obligée de me gâcher le plaisir ? marmonna Dexter Lampkin avec aigreur.
Elle lui déposa un bécot sur la joue.
— C’est juste que je préférerais que tu n’enroules pas ta foutue Alfa autour d’un arbre, est-ce trop demander ? dit Ellie. On fait la paix ?
— On fait la paix, grogna Dexter avant de refermer la porte derrière lui.
Ça faisait bien trois ans qu’il se rendait à ces machins du premier mercredi du mois. Une douzaine de fans de son roman depuis longtemps épuisé, auto-proclamés « Transformationalistes », se réunissaient pour boire de la bière et faire tourner un joint avec des airs de conspirateurs, en se persuadant qu’ils finiraient par sauver le monde. »
Extrait de : N. Spinrad. « Il est parmi nous. »